Camila Vallejo Dowling : Discours inaugural en tant que présidente de la Fédération des étudiants du Chili –FECH-.

Camila Valejo

Source : http://www.diarioaportes.cl/portal/index.php?option=com_k2&view=item&id=366:discurso-de-asunci%C3%B3n-de-camila-vallejo-dowling-a-la-presidencia-de-la-federaci%C3%B3n-de-estudiantes-de-chile-fech&Itemid=4

Changement de Société remercie Maurice Lecomte pour cette traduction et sa présentation.

LA RIVOLUZIONE O LA RIVOLUZIONE (1) (présentation par Maurice Lecomte)

A. Cet article en espagnol du Monde diplomatique est en fait la transcription du discours d’investiture de Camila Vallejo devenue Présidente de la Fédération Etudiante du Chili –FECH-.

J’ai vainement cherché une traduction en français, n’en ai pas trouvé et l’ai donc traduit avec mes bricolages (traducteurs google + reverso). Etant entendu que je ne connais rien en espagnol et que je ne suis pas traducteur, il doit certainement y avoir des choses à redire, mais bon.

Je trouve ce texte très intéressant car Camila Vallejo, jeune étudiante en géographie de 22 ans, jeune communiste organisée dont l’engagement est clairement dit par elle et connu, y traite de :

Sa nouvelle responsabilité. Le terme m’intéresse et m’accroche. C’est surtout un concept renvoyant à une éthique de la personne nécessairement en lien avec un autre extérieur [je pense ici très général, à l’environnement par exemple] dont un collectif humain [La jeunesse Communiste, La FECH, Le Peuple chilien notamment mais aussi la classe sociale (Adverse ? Ennemie -elle a déjà été accusée d’être manipulée par les communistes !-) ?].

Il me semble que vivre, c’est dans son cheminement exercer sa responsabilité, et Camilla Vallejo présente le canevas du comment elle compte s’y prendre pour ce faire.

Elle en appelle à la responsabilité éthique [il revient au groupe politique de faire ce qu’il dit vouloir faire] des Etudiants de Gauche de faire une politique par leur participation au faire de cette politique et la démocratie.

Elles’inscrit d’emblée dans l’histoire, la sienne, celle de la FECH, celle du Chili. Elle est l’une des paires de mains parmi une multitude d’autres qu’elle sait avoir existées et exister. Ce sont cette multitude qui vont réaliser le faire. Le Que faire ? Eh bien, c’est ceci et donc plus précisément ce qui suit.

Elle amène un certain nombre de précisions [partie que j’ai surlignée en rouge] concernant le processus qu’elle voudrait mettre en place et en œuvre. Elle positionne nationalement cette organisation devenue la plus large possible des étudiants sur un re-tricotage de réseaux sociaux dans et également hors Université, vers tous les problèmes sociaux qui l’entourent [soit l’ensemble des problèmes quotidiens auxquels le peuple est confronté]. Ce faire réalise l’organisation dont le mouvement a besoin pour se réaliser, tout en se réalisant en le construisant. Elle lance ainsi un immense chantier afin de concrétiser ce faire national qu’elle appelle. Il s’agit de l’outil de la force à construire et la force de l’outil qu’il conviendra de mouvoir afin qu’il atteigne les objectifs auxquels il est assigné.

(1) J’ai piqué ce titre dans « La lettre à la vieille dame indigne…Hairstyle…«  de Danielle Bleitrach, lettre d’un groupe d’étudiants dans lequel elle se retrouve aux cours suivis. A l’oreille, cela me plait mais c’est surtout le contexte dans lequel est apparu cette expression qui est intéressant.

http://histoireetsociete.wordpress.com/2011/10/09/la-lettre-a-la-vieille-dame-indigne-hairstyle/

B. Au Chili, après l’ère Pinochet il est probable qu’il ne devait et doit encore pas rester grand-chose en termes d’organisation populaire, quand à l’organisation communiste… Je me souviens d’un film qui traitait de cela, « La rue Santa Fe » ;

http://www.advitamdistribution.com/IMG/pdf/dp_rue_santa_fe.pdf

http://www.legrandsoir.info/Chili-rebelle-par-Max-Keler.html

Ceci étant, le Chili est aussi et surtout le pays où la politique libérale que nous connaissons maintenant beaucoup plus concrètement sous nos latitudes a été initiée et s’est développée très largement sans entraves grâce à Pinochet. Peut être n’est-ce pas tout à fait un hasard si c’est ce peuple là qui nous envoie ce genre de message.

En France, l’organisation populaire, dont la communiste, est bien malade, moribonde, mais à la différence du Chili, nous nous sommes largement débrouillés tout seuls pour en arriver là, après une période d’essor terminée depuis une bonne trentaine d’années. Quasiment tout serait à reprendre, …si toutefois nous [Qui ?] le souhaitions un jour…

[Qui ?], en effet, car à observer le processus de ces primaires socialistes, il s’agit bien du groupement socialiste ayant remis la décision de l’élection de son dirigeant [ainsi que du contenu de son programme] à un autre regroupement totalement fluctuant et aléatoire, donc d’un transfert de sa responsabilité à un « on ne sait en fait trop qui » variable selon les contingences du moment « médiatique-politique » bourgeois en place [Bien sur qu’il y a une lutte (guerre) de classes et nous sommes en train de la gagner !]. Il s’agit là d’une sorte de chef d’œuvre en matière de destruction de « la responsabilité » du « regroupement socialiste ». Bien plus que l’antithèse absolue, c’est une politique [puisque élections ont été faites ainsi] antagonique à celle que ce que développe Camila Vallejo ; « CommeÉtudiants de Gauchenous ressentonsla responsabilité éthique de faire une politique« . Car enfin, cet abandon de responsabilité, c’est aussi et nécessairement l’abandon du « devoir de faire » pour réaliser/concrétiser cette responsabilité. Ce n’est certainement pas la classe bourgeoise qui se chargera de cette responsabilité bien qu’elle en soit devenue dépositaire de part l’allégeance réalisée par le moyen de la primaire. Le groupement socialiste a tout simplement établi son irresponsabilité. Il n’est rien à attendre de lui et toutes les stratégies s’articulant autour de lui sont vaines.

Alors bien sur, il n’y a pas que le groupement socialiste … et de tout ce qui s’agrège à lui –cela fait à la fois beaucoup …et rien. L’état des lieux n’est pas réjouissant.

Peuple de Gauche pourquoi m’as-tu abandonné ?…,

dans ce temps même où nous commérons le 50ème anniversaire de cette « Journée portée disparue » du 17 octobre 1961, le massacre des Franco-Algériens de Paris manifestant pacifiquement par la police du Préfet Maurice Papon,

ce crime d’État !…,

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2271, 2272, 2273, 2274

qu’il me faille aujourd’hui sur mon chemin saluer avec déférence l’un des tortionnaires emblématique de cette guerre d’Algérie, Jean Marie Le Pen ;

« Dans cet océan de menteries, de duperies et de subversion  se détache, par surprise, de façon solennelle, une « fausse note » – qui dame le pion à la doxa ambiante et dominante – celle de Le Pen que l’on nous a fait croire de sulfureux, des  décennies durant, de l’homme par qui passent tous les malheurs. Le voilà saluer les « combattants de Syrte qui résistent contre le monde entier », en Libye. « Je tire mon chapeau, je le dis carrément, aux combattants de Syrte qui donnent un exemple de courage et de détermination » lance-t-il avant de juger également que le gouvernement syrien était « légitimé dans sa lutte contre les bandes armées ». Qui l’eut cru ? Le Pen devient en effet comme le juge notre ami Kataliseur, sur ce blog, « le dernier gramme d’honneur de la France sauvée, in extrémiste, dans sa chute dans les abîmes, par celui que nous attendons le moins ! ». http://allainjules.com/2011/10/18/libye-limpossible-victoire-des-gueux-du-cnt/

Responsable, je me sens responsable des saloperies innommables que la France est en train de commettre en ce moment même à Syrte notamment …et j’en suis à faire symboliquement une « paix des braves«  avec Le Pen ! Je constate que pour le même genre d’histoire, le coup de Bush sur l’Irak, il y avait eu quelques manifs, y compris dans notre bled à Marseille, pour dire non, et là après 7 mois de bombardements –excusez du peu, mais vous représentez-vous la masse de destructions humaines et matérielles que cela doit être !-, rien, nada en dehors de 130 péquins à Paris il y a quelques jours ! On réussi à commémorer en dénonciation les tueries des algériens d’octobre 61 en ne pipant mot de nos tueries coloniales présentement en cours, aujourd’hui 18 octobre 2011, hier 17 octobre 2011,… ! Tu parles d’un devoir de mémoire, mais pour quoi faire ! A quoi cela rime t-il ? Nous sommes littéralement schizophrènes ! Nous sommes devenus des irresponsables, un peuple d’irresponsables ! Peut être aussi, suis devenu fou. Si tel est le cas, enfermez-moi.

A côté de cela, c’est fou ce qu’il faut être responsable dans la vie courante ! Il ne faut pas fumer, pas manger gras, manger des fruits, faire de l’exercice, être assuré, mettre des sous dans le parcmètre, faire les queues derrière ce trait là pour respecter les règles de confidentialité aux guichets de l’hôpital, à la banque, … Nous sommes environnés de normes du fait que notre responsabilité est/serait engagée pour ci, ça, le reste, avec des verbalisations amendes à la clé et des polices spécialisées. La norme est d’être responsable. Mon avis est que déclaré d’emblée irresponsable, le catalogue des normes palie à la chose ! Le pouvoir ne s’y trompe pas. Il nous veut irresponsables mais doit tout de même gérer les choses.

Dans ce foutu merdier en expansion tant qualitative que quantitative, ce sont bien entendu les jeunes qui sont aux premières loges et vont de plus en plus en prendre plein la gueule. Il n’est d’autre alternative que de reprendre la démarche militante de base et à la base. C’est pour ça que je trouve intéressant ce discours de Camila Vallejo par lequel elle appelle en fait les étudiants de gauche chiliens à se mettre à leur boulot politique pour que se réalise leur responsabilité. Comaguer a terminé sa dernière émission sur radio galère par un extrait de l’intervention que venait de faire Camilla Vallejo à l’attention des étudiants indignés du monde. Elle peut certes faillir, mais pour l’heure elle tient bien la barre me semble t-il.

Qu’en pensent les jeunes ?

Ben voilà.

Bien à chacun.

ML


Mon nom est Camila Antonia Vallejo Amaranta Dowling et je voudrais, avant tout et devant vous exprimer la fierté que représente et signifie pour moi le présent défi de diriger la plus importante Fédération des étudiants du Chili. C’est une très grande responsabilité de s’inscrire dans plus de 104 ans l’histoire, 104 ans d’aventures et mésaventures, 104 ans de lutte au sein du mouvement étudiant.

C’est un honneur et un grand défi car je viens de l’un de ces endroits qui ne reçoivent pas de décorations, desquels dont peu ou rien n’est dit, parce que peu ou rien n’est connu, de l’un de ces lieux que parfois même on arrive à oublier. J’ai suivi mes cours en secondaire dans un petit Collège dont le nom désigne une terre fleurie ; étrange paradoxe, puisque lors de ces cours nous avons plus respiré de la terre que des fleurs, dans ces salles en bois où s’était accumulé la poussière de générations d’étudiants non emblématiques n’ayant jamais pu ni atteindre ni occuper un quelconque poste important du pouvoir dans notre pays.

Ma carrière, l’une des plus petites de cette Université, est à peine dans la conscience collective, perdue dans les couloirs de la FAU et se confondant avec d’autres disciplines. La Géographie dans cette Université, qui n’a presque ni temps ni espace, est un autre paradoxe.

Cependant, la chose la plus terrible est de réaliser que cela n’arrive pas seulement et maintenant pour la seule géographie mais pour l’Administration Publique dont les formations s’étalent entre dix huit et vingt heures parce qu’après dix huit heures il n’y a plus d’Université pour eux, dont ces formations [carrières] devraient être fondamentales pour renforcer le système public. Cela se produit également dans l’Education et nous nous rendons finalement compte que, ce ne sont pas seulement quelques formations éparses, mais toute une branche de la connaissance, un secteur entier de la connaissance qui est tombé en déshérence en raison de la logique de marché appliqué à l’université et mis en œuvre au cours de ces trente dernières années.

Et de ce minuscule lieu oublié de mon origine, relié en sus à mon court laps de vie, à 22 ans, je viens à être la seconde femme présidente de la FECH en plus de cent ans d’histoire. Et vous aurez aussi le privilège d’être les seconds dans l’histoire de l’Université à être accompagnés par une femme à la présidence de notre fédération des étudiants.

Bien, puisque maintenant cela m’est devenu possible, il me revient d’exercer cette charge de Présidente, cependant, je dois dire que moi seule n’aurais jamais obtenu tout cela sans que mes mains soient juste l’une des paires parmi beaucoup autres, qui toutes ensemble lèvent ce projet collectif qui se nomme Gauche Étudiante, entamant son troisième mandat consécutif à la tête de notre Fédération.

Permettez moi de vous en dire un peu plus concernant les Etudiants de Gauche. C’est un groupe politique présent dans de vastes espaces de notre Université, englobant la plus grande diversité possible d’étudiants, car nous entendons que la gauche se construise par la participation et la démocratie, et cette élection où nous avons augmenté de près de 400 les votes par rapport à l’élection précédente nous affirme comme mouvement organiquement lié aux bases étudiantes de notre Université.

Comme Étudiants de Gauchenous ressentons la responsabilité éthique de faire une politique, parce que l’administration du pouvoir sur nous par les puissants nous oblige à toujours nous mêler de ses affaires, parce que ces affaires sont aussi nos affaires et parce que nous ne pouvons pas permettre que certains privilégiés soient ceux qui définissent éternellement les mesures et les contours que notre patrie doit avoir, en l’ajustant toujours à ses intérêts étroits.

Nous croyons que la clé du succès pour le mouvement étudiant est de re-positionner[localiser] la Fédération dans une position de leader à l’échelle nationale, de re-tricoter les réseaux sociaux avec les résidents, les travailleurs, les organisations sociales et les syndicats, les jeunes restés hors de l’université à shooter dans les pierres, en d’autres termes, de tourner notre regard vers tous les problèmes sociaux qui entourent aujourd’hui l’université et avec lesquels nous sommes intimement impliqués et engagés.

Il nous faut rompre avec cette bulle universitaire ayant installé l’individualisme, la concurrence et la réussite personnelle comme modèle de conduite pour les étudiants au détriment des idées et des concepts fondamentaux tels que la solidarité, la communauté et la collaboration entre nous.

Nous nous opposons à l’idée qu’il s’agirait juste d’aller à l’Université, avoir de bonnes notes, quitter dès que possible les cours pour partir vite faire de l’argent sur le marché du travail. Nous avons les yeux suffisamment ouverts pour nous être rendus compte que dehors il y a un monde entier à conquérir, que ce monde là requiert notre engagement, nos efforts et nos sacrifices et au regard des iniquités sociales aveuglantes qui se profilent dans tous les recoins de notre ville, nous ne pouvons pas refermer la porte en prétendant n’avoir rien vu et faire comme si rien n’était arrivé. Notre engagement à la transformation sociale est irréductible.

Parce que nous avons besoin aujourd’hui plus que jamais, d’une discussion approfondie concernant le pays que nous voulons construire et à partir de cette élaboration quel genre d’Université mettre au centre de la dite construction.

Parce que nous ne croyons pas que l’Université soit un espace neutre à l’intérieur de la société, l’Université étant un agent vivant en construction articulé sur le développement du projet concernant le pays que comme citoyens nous levons [construisons] jour après jour. Notre responsabilité réside et se réalise dans/par la création d’une organisation à l’intérieur de celle-ci nous permettant de transformer l’Université, afin de pouvoir transformer la société.

Notre concept d’Université nous parle d’un espace ouvert, participatif et démocratique, avec une communauté universitaire active et en dialogue, une communauté impliquée dans la conception et la conduite des d’études qu’elle y développe.

Notre vision est celle d’une Université se trouvant non pas première au classement compétitif de la concurrence ou diplômée en marketing, ce dont nous entendons beaucoup parler de nos jours, mais se campant d’abord comme contributrice au développement social du pays, recherchant l’excellence concernant la promotion de l’équité dans la composition sociale de ses étudiants, tout autant que le développement de la science et de la technologie pour servir les intérêts du Chili et de son peuple.

Nous croyons en une Université permanente liée aux problèmes posés de nos personnes actives/en activité dans la recherche de solutions avec les apports nouveaux permis par la connaissance.

Cependant, notre réalité présente est bien loin des concepts brièvement exposés ici. Aujourd’hui, l’Université est de plus en plus un projet sans autre objectif que celui affirmé par le Marché. L’enseignement supérieur a un prix et nos Universités sont mesurées par des critères industriels de production comme si elles étaient également des entreprises à l’intérieur du schéma productif de la nation, des entreprises spéciales avec de nombreux équipements dans le processus de production, mais des entreprises en fin de compte.

Dans ce schéma, le rôle clé a été joué par le dé-financement systématique de l’Université publique par l’État à l’époque de la mise en œuvre des politiques néolibérales. L’auto-financement établi en tant que doctrine a produit/entraîné un choc dans ce qui constituait l’essence même du travail de l’Université jusqu’à ce jour, en la soumettant à une logique et des schémas mercantiles qu’elle ignorait. L’Université Publique en situation défavorable a été contrainte de concourir et rivaliser dans ce qu’on appelait le nouveau marché de l’enseignement supérieur [AEL] fixant ses prix, a eu à se vendre pour pouvoir capter ses ressources et poursuivre un projet éducatif. Elle a perdu son éclat et sa couleur, son essence transformatrice et est restée très bon marché dans un coin, incapable de se reconnaître.

Nous parlons là de ce qui a opéré un changement stratégique dans le développement de l’Université, qui a été jusqu’alors insurmontable. Il en a résulté que des secteurs importants du travail universitaire non rentables économiquement sont rapidement tombés dans la misère et l’abandon consacrés par l’Université elle-même, laquelle vit quasiment un chauvinisme institutionnel, où chacun se préoccupe avant tout de sa propre survie, en perdant la vue d’ensemble que possédait notre précédant système d’éducation publique supérieure.


Cette procédure fonctionnant sous la dictature a continué avec les gouvernements de la Concertación qui n’ont pas amené de changements majeurs, mais plutôt la consécration du modèle hérité au moyen d’une gestion plus confortable et même son approfondissement pour quelques secteurs. Néanmoins, les années ont passé et le contrôle du gouvernement est revenu aux mains de ceux qui avaient longtemps régné avec des uniformes de soldats, cette fois sous des vêtements civils.

À notre avis, cela représente un danger mortel pour l’Université Publique aujourd’hui. Nous croyons que le gouvernement des entrepreneurs vise à mettre la touche finale à la privatisation totale de l’enseignement supérieur, en scellant le travail commencé dans l’ombre dans les années quatre-vingt. Les nominations de Harald Beyer et Alvaro Saieh au Conseil de l’Université, les deux principaux promoteurs du modèle de marché et du budget national actuel dans le domaine de l’enseignement supérieur sont deux indicateurs majeurs de cette volonté. Ce sont des mesures qui montrent clairement que le gouvernement se prépare à lancer un programme de privatisation à grande échelle et, par conséquent, l’année 2011 sera stratégique dans leur mise en œuvre.

Ce sera une bataille importante à laquelle notre secteur devra faire face l’an prochain et pour répondre à ce défi que nous devons déployer un mouvement qui aille au-delà des étudiants. Nous avons besoin des universitaires, travailleurs, responsables de l’université, tous ensemble dans la rue pour réclamer que l’État respecte ses Universités, que l’État s’acquitte de l’éducation supérieure publique de notre pays.

Mais il ne s’agit pas seulement d’exiger de l’État ce qu’il doit à nos universités, nous devons aussi nous regarder en vision auto-critique et nous demander quelle Université nous remettons à notre peuple. Nous avons besoin d’un nouvel accord avec l’État pour l’enseignement supérieur public dans notre pays et, nous avons aussi besoin d’un nouvel engagement pour les Universités Publiques pour la population du Chili et les intérêts de notre peuple. Cette Université est l’Université de tous les Chiliens, pas seulement de quelques-uns.

Personne n’est indifférent dans notre institution à la perpétuation des inégalités fondamentales qui déterminent par exemple que les 20% plus riches de la population ont plus de 50% des effectifs en place. Dans n’importe quelle société qui se pique d’être juste et démocratique cette inégalité fondamentale est inacceptable. Devons-nous continuer à éduquer uniquement les seules élites socio-économiques? Ou, nous assurer de mettre en œuvre un système d’accès qui permette à tous les jeunes talents et capacités, indépendamment de leurs origines et capacités de paiement, de pouvoir rester à l’Université ?


Continuerons-nous de permettre qu’uniquement
les disciplines qui sont rentables sur le marché puissent atteindre des niveaux de développement harmonieux de l’excellence?, Ou, nous assurerons-nous effectivement que tous les domaines de la connaissance soient traités équitablement afin qu’ils puissent contribuer à la construction/consolidation de la société que nous désirons, à laquelle nous aspirons et pas seulement en termes économiques, mais aussi en termes de valeurs culturelles, intellectuelles, civiques, c’est-à-dire d’êtres pleinement humains?

Beaucoup voudraient nous faire croire le contraire. Pour nous l’Université ne peut être une entreprise, et l’éducation encore moins une marchandise.

La lutte sera rude, mais l’avenir de l’Université est en jeu et nous n’avons pas l’intention de baisser les bras.

Je ne veux pas conclure mon propos sans référence à un fait qui est pour moi d’une grande importance, quelque chose auquel j’ai déjà fait allusion mais sur lequel je voudrais maintenant m’attarder un peu plus profondément, il s’agit de ma condition de femme :


Comme femme je peux voir et expérimenter intimement les formes actuelles de l’oppression dont nous sommes victimes dans la configuration actuelle de la société. Au Chili, nous disons être un pays développé et nous sommes fiers de notre récente adhésion à l’OCDE, cependant, derrière le rideau du progrès économique et l’optimisme du jaguar d’Amérique latine se cache une histoire d’oppression et de sexisme qui existe encore à ce jour . Les femmes d’aujourd’hui continuent à souffrir toutes sortes de discriminations, lorsqu’elles cherchent du travail, des plans pour leur couverture sanitaire, dans l’échelle des salaires, et même lorsqu’elles participent à la politique.


Pas plus tard qu’hier, j’ai lu quelques idées que je souhaite partager avec vous maintenant parce que je les trouve éclairantes pour ce que je veux dire, je cite ;

« Pour les femmes lorsqu’elles cherchent un travail, en plus d’une qualification il leur est également nécessaire de devoir se présenter gentille et généreuse, mais aussi être drôle, mignonne et affectueuse, mais pas trop. Il leur est demandé d’être présentables selon un jugement au millimètre faisant que son dépassement vaut pour elles d’être tenues pour présomptueuses. Elles sont louées pour être mères et il est exclu qu’elles puissent avoir des enfants.

La femme, quand elle est jeune est suspectée de pouvoir déstabiliser le groupe et elle est repoussée quand les années passent car elle a perdu en compétitivité. Elle est excommuniée quand elle est laide et aussi quand elle est belle. Dans le premier cas on dit qu’elle est répulsive, dans le second qu’elle est une provocatrice. Quand elle n’est ni l’un, ni l’autre elle est le plus souvent traitée de médiocre ».

Ce sont les conditions dans lesquelles les femmes évoluent aujourd’hui, ce sont les conditions que ma Présidence cherchera aussi à transformer.


Publié en espagnol au Chili

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s