Le Nicaragua sur de nouveaux chemins économiques, par Hedelberto López Blanch

Le président Daniel Ortega

source : Opciones, 5 Octobre 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Durant les presque cinq ans d’administration sandiniste, le peuple du Nicaragua a connu plus de progrès économiques et sociaux que durant les seize années des gouvernements libéraux antérieurs.

L’administration du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), dirigé par le président Daniel Ortega, qui, selon tous les sondages, sera réélu lors des élections du 6 novembre prochain, a mené une action efficace dans le sens du développement du pays, et en faveur des secteurs les plus pauvres de la population.

Les autorités et les analystes du Nicaragua assurent que cette année, le Produit Intérieur Brut, soutenu par la production de l’industrie agro-alimentaire et le commerce, et par des exportations record, augmentera de 4 à 4,5%,.

L’économiste et professeur de l’Université Thomas More, Mauricio Peralta, a indiqué qu’il y avait une demande interne et externe accrues des produits du Nicaragua et que, en dépit des signes annonciateurs de tempête et des incertitudes aux États-Unis et en Europe, le pays aurait une bonne année économique.

En plus des exportations de produits comme le café, la viande bovine et la volaille, le pays recevra des revenus importants du tourisme et des transferts de fonds de citoyens installés à l’étranger. Venus principalement des États-Unis et du Costa-Rica, ces derniers ont augmenté de 9% relativement à 2010

Les investissements, qui atteindront cette année les 1000 millions de dollars, d’après les déclarations du directeur exécutif de l’Agence Pro Nicaragua, Javier Chamorro, constituent un facteur déterminant.

De nouvelles entreprises, comme une usine brésilienne de chaussures, s’installeront dans le pays d’Amérique Centrale et des études pour la construction d’un port en eaux profondes à Monkey Point, au Sud de Bluefield, dans la Mer des Caraïbes, ont commencé.

Ce projet, associé à un chemin de fer interocéanique, qui permettra le transport de marchandises entre l’Atlantique (Monkey Point) et le Pacifique (El Realejo), était, depuis des lustres, laissé à l’abandon comme un choix inutile, parmi d’autres illusions mortes, comme l’a signalé le journal El Nuevo Diario.

Durant le forum d’investisseurs Crezcamos Juntos (Croissance Commune), tenu à Managua au milieu du mois d’août, Ortega a signé un accord avec l’entreprise brésilienne Andrade Guiterrez pour réaliser deux études sur le fameux port en eaux profondes.

Cette construction bénéficiera au commerce mondial, puisque des millions de tonnes de marchandises d’autres pays pourront être transportées par cette voie alternative à Puerto Cortés au Honduras et au Canal de Panama.

Des dirigeants de l’entreprise de construction Andrade Guitiérrez, ont expliqué que l’étude de préfaisabilité serait faite en six mois et l’étude de faisabilité en 18 mois, pour un total de deux ans. Après la fin de ces études, en deux ans et demi, la route comme le port seront prêts.

L’entreprise brésilienne travaille déjà à un projet hydroélectrique à Brito, dans la zone de Rio San Juan.

En août dernier, le gouvernement a annoncé l’augmentation de 6% du salaire minimum dans 13 secteurs de l’économie. Cette augmentation, bénéficie à 120 000 salariés des secteurs public et privé.

Dans le cadre d’un accord entre le gouvernement, le secteur privé et les travailleurs, le salaire minimum mensuel moyen a été fixé au début de 2011 à 136,3 dollars.

Le progrès économique a permis de créer des milliers de nouveaux emplois, et, d’après la Banque Centrale du Nicaragua, le chômage était de 7,4% en mai dernier, un des taux les plus bas de toute l’histoire du pays.

Depuis 2007, le gouvernement sandiniste a impulsé de nombreux programmes sociaux pour tenter de faire que la majorité de la population sorte de la misère et des conditions dramatiques dans lesquelles elle a vécu pendant des décennies.

C’est ainsi qu’ont été mises en place l’éducation et les soins médicaux gratuits dans des institutions publiques. Toute la population a été alphabétisée avec le programme cubain Yo Si Puedo, et le Nicaragua a été déclaré par l’UNESCO en 2009 troisième pays de la région libre de ce fléau. Avec l’aide économique accordée aux familles, l’absentéisme scolaire enregistré les années antérieures a diminué, puisque ceux qui doivent trouver des ressources par leurs propres moyens sont moins nombreux.

La santé publique s’étend à tout le pays et des programmes comme l’Opération Miracle, qui a rendu la vue à des milliers de citoyens, ont été mis en place (en collaboration avec Cuba et le Venezuela). La mission Todos Con Voz a détecté des personnes handicapées pour qu’elles soient aidées gratuitement chez elles et dans les hôpitaux de ce pays d’Amérique Centrale.

Dans le cadre de l’accord Usura Cero, des microcrédits à faible taux d’intérêt sont offerts aux populations des zones rurales pour développer leurs petits commerces, ce qui a bénéficié à des milliers de personnes.

De même, dans le cadre du programme Hambre Cero, des familles pauvres possédant de petits lopins de terre, reçoivent une aide financière et des animaux d’élevage pour améliorer et augmenter la production et la commercialiser.

Avec le Plan Techo, 160 000 foyers ont reçu environ 1 600 000 lames cannelées de zinc, tandis que 30 000 autres ménages ont vu leur logement réparé ou agrandi, ou ont reçu de nouvelles maisons.

Entre 2010 et 2011 5000 logements ont été accordés à des pauvres qui disposaient seulement de huttes au toit de chaume au de tôle.

Devant ces avancées, le Fond Monétaire International (FMI), connu pour imposer des mesures néolibérales contre les politiques en faveur du bien-être social des peuples, a du reconnaître, par la voix de son envoyé spécial à Managua, Marcello Estevao, que « l’économie nicaraguéenne a continué à croître à un rythme robuste durant le premier semestre de 2011 »

Durant le rassemblement, qui s’est tenu le 19 juillet dernier sur la Plaza de la Fe, à Managua, le président Daniel Ortega a affirmémé que, s’il est réélu en novembre, son gouvernement continuera à améliorer et à renforcer le programme qu’il met en œuvre depuis 2007.

La possibilité que le Nicaragua cesse d’être le second pays le plus pauvre d’Amérique Latine, devant Haïti, dépendent maintenant de la décision que prendra le peuple le 6 novembre prochain.

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