Une douteuse libreté conditionnelle, par Saul Landau

René GOnzalez doit être libéré aujourd'hui, vendredi 7 octobre. Comme les quatre autres cubains connus sous le nom de "Cinco heroes" (Cinq Héros), il avait été envoyé par la République de Cuba pour infiltrer les groupes anticastristes de Miami.

source : Progreso Weekly/Progreso Semanal, 28 Septembre 2011

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société

En Europe, le grand public ignore généralement que Cuba est fréquemment la cible de plans terroristes menés par des groupes anticastristes basés à Miami. Alors que le peuple cubain commémore les trente-cinq ans de l’attentat de La Barbade, sur lequel Changement de Société vient de publier une traduction, l’agent René Gonzalez doit être libéré de prison ce vendredi 7 octobre. Comme les quatre autres agents secrets cubains incarcérés à Miami, il a été envoyé par son pays pour infilitrer et surveiller les activités d’organisations anticastristes terroristes, afin d’éviter que ne se reproduisent des événements comme celui de 1976 ou encore comme le décès du touriste italien Fabio DiCelmo, dans l’explosion d’une bombe à La Havane le 4 septembre 1997. Réalisateur de documentaires, journaliste, professeur émérite à l’Université d’Etat de Californie et Vice-Prsident de l’Institute for Policy Studies (Washington DC), Saul Landau prévient des conséquences gravissimes pour la Sécurité de René que risque d’avoir la décision de la Juge Lenard, qui l’oblige à rester à Miami, où il risque sa vie, durant toute la durée de sa liberté condtionnelle.

En 2001, la juge fédérale de Miami, Joan Lenard, a condamné cinq agents cubains à de longues peines de prison pour complot à des fins d’espionage (bien qu’aucune preuve d’espionnage n’ait été produite durant le procès). René Gonzalez, 55 ans, comme les quatre autres, a nié avoir été impliqué dans des faits d’espionage.

René sera libéré le 7 Octobre. Les conditions posées par la juge Lenard exigent que René reste à Miami trois ans durant et qu’il soit surveillé dans le cadre de la libération sur parole, et qu’il n’ait aucun contact avec des terroristes.

Aucune des deux conditions n’a de sens. Un agent cubain avoué vivant à Miami ; un homme qui a infiltré les anticastristes d’Hermanos Al Rescate et à qui aucune compagnie ne vendrait une assurance-vie. Les bookmakers prendront les paris sur la question de savoir quand- et non pas si- il sera assassiné. Les hommes de mains sont nombreux dans la zone.

Le Département de la Justice a autoirsé une floppée d’assassin éhontés (et vantards) à arpenter les rues de Miami et à organiser des diners pour collecter des fonds en leur honneur.Le maire et le conseil municipal de Hialeah ont remis les clés de leur ville à Luis Posada Carriles (connu également comme l’Ousama Ben Laden de l’hémisphère occidental) et Orlando Bosch, aujourd’hui décédé, a reçu des récompenses honorifiques de l’Université de Miami. Des documents déclassifiés de la CIA et du FBI et les témoignages des hommes engagés pour poser les bombes indiquent clairement la responsabilité des deux hommes dans l’explosion d’un avion de ligne cubain au-dessus de la Barbade le 6 octobre 1976.

Ironiquement, la juge interdit à René tout contact avec des terroristes- comme s’il pouvait rechercher la compagnie de ceux qui veulent l’assassiner. Elle aurait pu publier un ordre interdisant aux terroristes d’avoir le moindre contact avec René. Au moins, cela aurait montré qu’elle a un certain sens (bizarre) de l’humour.

Son ordre forçant René à vivre à Miami, où le condamnant à le faire, confirme la soif de sang qui infecte le système judiciaire américain.

En février, Gonzalez avait demandé à la Cour de l’autoriser à retourner à Cuba, où vit sa famille. Il a mentionné le fait, connu de tous les adultes de Miami, que s’il était libéré à Miami, il devrait faire face à un danger de mort sérieux, devant la menace des groupes terrorosites de l’exil cubain.

La semaine dernière, Lenard a refusé la reqête de René pour changer ses conditions absurdes de liberté sur parole. Elle a cependant accepté de réviser ces conditions ultérieurement. Après sa mort peut-être?

La juge a-t-elle la fièvre du sang? Essaie-t-elle de prouver sa réputation de fermeté? Ou applirque-t-elle les principes de « l’amour vâche » à la liberté conditionnelle- pensant : « voyons s’il survit à quelques tentatives d’assassinat et on révisera son affaire »

Peu après l’assassinat de Troy Davis par l’Etat de Georgie, le verdict de la juge Lenard est l’équivalent de la peine de mort pour René. Comme l’a dit un partisan enthousiaste de Rick Perry [l’actuel gouverneur du Texas, ndt], « Il faut des couilles pour tuer un homme innocent »

Il est possible que la juge souhaite obtenir la première place au concours du pire et plus cruel juge des Etats-Unis. Sa performance au procès des Cinq Cubains il y a une décennie lui vaudrait des félicitations spéciales pour sa partialité- rejoignant l’accusation sur presque tout et refusant un changement de lieu pour le procès des cinq agents de la Sécurité d’Etat cubaine, venus en Floride pour infiltrer et surveiller des groupes de l’exil ayant l’intention de mener des actions violentes et terroristes contre Cuba.

Lenard comprenait que les chances pour qu’un jury acquitte des agents cubains à Miami étaient inférieures à celles qu’avait un juif de Berlin d’avoir un procès équitable sous le pouvoir nazi. Lenard a plusieurs fois refusé les requêtes de la défense concernant un changement de lieu, et après que trois juges d’appel aient rendu un verdict en faveur d’un tel changement, l’ensemble de la Cour d’Appel (dont les membres ont été nommés par les républicains) est venu en renfort de sa décision.

Il y a bien sûr une autre possibilité. Avant le premier jugement, un homme vêtu comme un acteur de la série « Les Soprano» a pu approcher la juge dans un supermarché et lui dire combien ses enfants étaient beaux et combien de réussiste leur réservait l’avenir. Et qu’il était sûr qu’elle prendrait la bonne décision lors du procès. Les jurés du tribunal savaient sans aucun doute que l’acquittement des cinq leur aurait fait subir des conséquences inévitables, et bien peu souhaitables, la pire d’entre elles étant l’incendie et la destruction totale de leur maison. Telles sont les règles dans la « République Autonome de Miami ».

Il y a dix ans, une Cour d’Appel a forcé la juge Lenard à réviser son verdict sévère à l’encontre des hommes connus comme les Cinq Cubains. On aurait pu penser que sa haine envers René se serait calmée avec le temps. A moins que le même acteur des Soprano l’ait à nouveau abordée au supermarché pour la prévenir de conséquences possibles si elle devait agir comme un être humain.

Le Groupe de Travail des Nations Unies sur les Détentions Arbitraires et d’innombrables organisations de défense des droits de l’homme, de même que des délégations parlementaires et des lauréats du Prix Nobel, ont rejoint Amnesty International dans la contestation de la légitimité même de l’arrestation des Cinq et des procédures de la cour de la Juge Lenard. En effet, la plupart des observateurs ont conclu que le terme de partialité est beaucoup trop faible pour décrire sa conduite comme présidente de la cour. Mais elle pourrait voir son nom rester gravé dans l’histoire de l’institution judiciaire- comme pire juge de son temps.

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