Ils ne peuvent pas faire sauter Cuba en vol, par Francisco Rodriguez Cruz

Source : Trabajadores, 6 Octobre 2011

traduit de l’espagnol et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société 

Le 6 octobre 1976, le vol CU-455 de la Cubana de Aviacion quitte l’aéroport de Seawell, dans l’île caribéenne de la Barbade, à destination de la Jamaïque. Peu après le décollage, l’avion explose en vol. L’origine criminelle de l’événement est prouvée et tout porte à croire que le terroriste anticastriste Luis Posada Carriles, qui vit aujourd’hui lbrement aux Etats-Unis d’Amérique, sans jamais avoir été jugé pour ce crime, est le cerveau de l’attentat. Freddy Lugo, employé de l’agence de détectives que dirigeait alors Posada à Caracas qui a posé les explosifs, a passé dix-sept années derrière les bareaux. Comme chaque 6 Octobre depuis le crime, les cubains commémorent la tragédie. Chroniqueur à Trabajadores, le journal de la centrale syndicale cubaine, Francisco Rordiguez Cruz rappelle dans cet article l’attitude exemplaire du peuple cubain face à cet attentat.

Il y a déjà à Cuba plus d’une génération de personnes qui soit étaient en très bas âge soit n’étaient pas nées quand, il y a 35 ans, a eu lieu l’explosion d’origine criminelle d’un avion civil cubain en vol, avec 73 personnes à bord, parmi lesquelles beaucoup de jeunes sportifs qui rentraient chez eux chargés de médailles.

Alors que nous nous rappelons cette date et l’injustice historique encore actuelle, par laquelle les principaux responsables de ces décès et de tant d’autres échappent au châtiment mérité, le problème que nous devrions analyser n’est pas celui de la conduite meurtrière des auteurs de cet attentat et de leurs complices d’hier et d’aujourd’hui, mais notre propre conduite comme nation et comme peuple.

Et ici s’enracine peut-être l’expérience la plus dramatique et la plus précieuse que nous ait laissé un fait aussi triste. Nous avons été capables de créer une société qui, en dépit de tout cela- hostilité terorisme, blocus, subversion- n’a pas cédé à la haine irréfléchie et destructrice contre les siens ni contre d’autres peuples, ni même contre les responsables directs et indirects de tant de malheur.

Nos parents et grands-parents, je le reconnais sans ambages, ont été capables de nous éduquer dans une exigence constante et inlassable de justice, sans faire de nous des partisans de lâches actions de vengeance.

Parmi les parents eux-mêmes des victimes de ce massacre, beaucoup ont été et sont encore un exemple de cette position de principes, comme le montre le fait qu’au bout de 35 ans, ils n’ont pas arrêté de donner le meilleur d’eux-mêmes dans leurs bonnes oeuvres en faveur de leurs compatriotes.

En cela réside la grande différence de systèmes de valeurs entre ceux qui aiment et construisent et ceux qui haïssent et détruisent. C’est pourquoi cet acte commémoratif que nous faisons chaque six octobre ne peut être la répétition vide d’une revendication [de justice, ndt], bien que celle-ci soit totalement pertientne, juste et nécessaire.

Elle doit se changer en une réflexion indispensable sur ce que nous sommes et ce que nous faisons, et sur les raisons pour lesquelles nous devons persévérer dans notre volonté de nous améliorer, en tant que pays, en tant que peuple, et en tant qu’êtres humains.

En ce jour solennel, nous ne pouvons nous contentner de nous rappeler le crime, les criminels et les personnes et pouvoirs qui les entretiennent. D’autant qu’une justice tardive – et manifestement lointaine- rendue d’après des lois étrangères et suivant des procédures douteuses ne nous suffira pas.

Ce qui s’impose c’est de penser très droitement et de nous impliquer chaque fois plus dans la destinée historique du projet social dont la défense ferme et intelligente durant plus d’un demi-siècle a provoqué la rage criminelle contre ces 73 passagers qui ont perdu la vie non loin des côtes de La Barbade.

Nous devons nous soumettre à un questionnement autocritique sur ce que nous pouvons apporter de plus avec notre travail, avec notre intelligence, avec notre audace, pour que la Révolution continue, avec de meilleurs méthodes et de meilleurs résultats économiques et sociaux.

Peut-être le meilleur hommage à ceux qui ont perdu la vie ce 6 octobre 1976, et le plus grand geste de solidarité avec leurs familles, sera-t-il précisément de démontrer que ni les assassins avoués ni les criminels dissimulés, ni ceux d’il y a trente-cinq ans ni ceux d’aujourd’hui, ne pourront jamais dynamiter notre île en plein vol.

Un commentaire

  1. La congressiste républicaine de Floride Ileana Ros Lehiten a joué un rôle important dans l’obtention en 1990 de la grâce d’Orlando Bosch par G.bush père. Cette congressiste a refusé qu’en 2005 Luis Posada Carriles soit inculpé comme terroriste. C’est cette même femme qui vient de déclarer peu avant la libération de René Gonzalez, un des Cinq, que René avait du sang américain sur les mains!
    Qui a du sang sur les mains?


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