Les luttes se radicalisent à Chypre, par Gary Bono

L'AKEL renforce son poids dans l'exécutif chypriote, suite au départ de l'aile droite de la coalition gouvernementale.

source : People’s World, 26 septembre 2011

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Les récents événements à Chypre, éclatant dans le contexte de la crise mondiale du capitalisme, ont conduit à une radicalisation de la lutte des classes dans cette petite nation insulaire. Comme partout, à Chypre, il y a une tentative du capital et de ses alliés de faire payer au peuple travailleur la crise de leur système. Le train habituel de mesures d’austérité- privatisations, attaques contre les pensions, hausse de l’âge de la retraite- est désormais l’objet des pressions de certains secteurs. Le gouvernement du Président Dimitirs Christofias- un dirigeant de l’AKEL, le Parti Communiste Chypriote- se bat pour protéger les travailleurs de la république contre ces assauts.

Lélections légilsatives à Chypre en mai dernier ont conduit à des conflits politiques sauvages et à des réalignements. Cela a été suivi, par la désastreuse explosion, en Juillet, de la base navale Evangelos Florikas. Après ces événements, le Parti Démocrate centriste, le DIKO, a quitté sa coalition gouvernementale avec l’AKEL.

La raison officiellement avancée a été un désaccord sur la « question de Chypre ». Il s’agit de l’actuelle occupation du tiers nord de l’île par la Turquie, conséquence d’un coup d’Etat de droite râté suivi d’une invasion turque. Mais des déclarations publiques contradictoires et des sources chypriotes rapportent que le départ du DIKO s’explique par une pression politique intense mise sur le parti par certains secteurs du capital et des forces sociales qui en sont les alliés. Parce que Chypre a un système présidentiel, le changement d’alliances politiques n’affecte pas le pouvoir exécutif, et donc le Président Demetris Christofas, de l’AKEL, reste président de la république, et le demeure au moins jusqu’à février 2013. Toutefois, les changements rendront plus difficile pour le gouvernement le fait de protéger les intérêts des travailleurs.

Globalement, l’actuelle crise financière mondiale et la crise financière grecque qui en a résulté n’ont pas affecté Chypre aussi profondément qu’on l’aurait imaginé, mais certains effets ont été ressentis. En premier lieu, la Banque de Chypre détient beaucoup de bons du trésor grec, et le tourisme venu d’Europe, très important pour l’économie chypriote, a souffert d’une baisse aigüe. Le déclin du tourisme a exacerbé la baisse d’activité dans le BTP, parce que les gens ont arrêté de construire des maisons pour la location aux touristes. De plus, compte tenu de l’atmopshère morose d’un secteur touristique habituellement dynamique, les hôtels et autres affaires liées au tourisme ont mis au placard leurs plans d’expansion.

Il y eu quelques développements positifs récemment toutefois.

Le dernier réalignement politique a fait que Chypre a un gouvernement nettement à gauche, au moins si l’on considère l’exécutif, et le dernier remaniement ministériel a poussé ce pouvoir exécutif encore plus clairement vers la gauche.

Par ailleurs, des études géologiques récentes ont indiqué qu’il y avait peut-être des réserves significatives de gaz naturel dans les eaux chypriotes, au Sud du pays. Les cercles réactionnaires en Turquie sont très perturbés de ces perspectives de développement, qui pourraient radicalement altérer l’économie et la géopolitique de la région. Le début du forage, par la compagnie domiciliée aux Etats-Unis Noble Energy, est programmé pour bientôt.

De plus, récemment, il y a eu une augmentation des revenus du tourisme (1), si importants pour le pays.

Finalement, et beaucoup plus essentiellement, contrairement à ce qui se fait partout ailleurs dans le monde, les syndicats et les travailleurs chypriotes font grève et manifestent en faveur des politiques de leur gouvernement et contre les tentatives parlementaires de renégocier d’anciens accords et d’imposer des mesures d’austérité.

Les prochaines semaines seront d’une importance capitale pour l’issue des luttes du peuple travailleur chypriote, disent les commentateurs.

  1. Comme le montre l’exemple de Cuba, le revenu touristique n’est pas nécessairement proportionnel au nombre de touristes en valeur absolu. (note de Marc Harpon)

Un commentaire

  1. Bon blog, bonnes analyses. Bonne continuation camarades.


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