Luttes syndicales MAINTENANT !

Déclaration FSC

L’orientation dite du « syndicalisme rassemblé », la recherche du dialogue social entre « partenaires sociaux responsables », mises à l’honneur ces dernières années par la plupart des directions syndicales sous pilotage de la Confédération Européenne des Syndicats, a pu apparaître un temps comme la solution « raisonnable » aux problèmes rencontrés par les travailleurs : mieux vaudrait rechercher la « négociation » qu’engager la lutte frontale et compter sur le rapport de forces.

Le bilan de cette orientation est aisé à faire comme l’illustre par exemple, quelle que soit la manière dont on tourne la chose, la défaite récente subie sur les retraites.

Mais il y a plus pour mesurer le gouffre qui sépare cette orientation de ce qu’il convient de mettre en œuvre pour conserver des chances de remporter des victoires !

C’est que nous vivons une période particulière qui est celle de la crise du système capitaliste, entamée depuis le milieu des années 70 et qui ne cesse de s’aggraver à mesure de l’imposition des politiques antisociales censées officiellement y remédier ! La crise la plus grave et la plus profonde depuis celle de 1929.

Si à certaines périodes, dans d’autres conjonctures économiques, politiques, nationales et internationales, du « grain à moudre » a pu être concédé aux travailleurs et servir de faire valoir au mouvement syndical réformiste, l’heure n’est plus aux concessions consenties par le grand patronat  : le fonctionnement et les contradictions contemporaines du système imposent la régression permanente (exploitation renforcée, paupérisation des masses, précarisation…) et les classes dominantes prétendent imposer la remise en cause de TOUS les acquis sociaux et démocratiques de l’après-guerre et des plans de rigueur drastiques !

Ni grain à moudre, ni miettes à distribuer, il n’y a dans ce contexte, aucune place pour des négociations issues du « dialogue social » ! La démarche de F. Fillon ces derniers jours, annonçant les mesures de son plan de rigueur AVANT MEME la rencontre avec les organisations syndicales en est l’illustration !

Et pourtant, le communiqué intersyndical publié 18 août multipliait les signaux apaisants et les concessions, reprenant l’essentiel de l’argumentation patronale : inquiétudes sur « la stabilité de la monnaie commune et l’avenir de l’Union Européenne » (un comble, quand on sait quel avenir cette Union, sa Banque centrale et son Euro, associées au FMI, réservent aux peuples grecs, espagnols, irlandais et portugais !), affirmation de la nécessité de « la maîtrise des déficits publics »(au nom de laquelle on sacrifie entre autres la Fonction Publique)…

Or, comment construire des mobilisations d’ampleur si on s’associe, même indirectement, aux mensonges des premiers responsables de la crise, à savoir ceux qui, au pouvoir, servent prioritairement les intérêts du capital financier ?

L’appel incantatoire au « dialogue constructif » avec les capitalistes et leurs représentants politiques, la volonté de « sauver le capitalisme de lui-même » (discours du secrétaire général de la CES en 2008), la recherche du « moindre mal » par l’accompagnement des politiques antisociales… tout ceci débouche sur le pire de la régression.

La construction des mouvements sociaux indispensables, leur ampleur et leur détermination passent donc nécessairement par la conscience ET de la nature de la crise que nous vivons ET de ce qu’il convient de faire pour une issue positive.

Cela suppose un débat de fond avec les travailleurs soumis à la propagande massive des médias de masse pour avaliser l’idée que la dette publique ne laisse pas d’autres choix que la réduction des dépenses de l’Etat et des sacrifices, c’est-à-dire en fait l’affaiblissement considérable des services publics, de nouvelles privatisations et la progression de la misère pour les plus démunis comme pour les couches moyennes.

De ce point de vue, aucune direction syndicale n’a entrepris ce travail !Pire, lorsque le communiqué intersyndical national du 18 août dernier constate que « les échanges à cinq ont confirmé des différences d’appréciation quant aux causes de la crise et aux solutions à y apporter »,les directions de la CGT ou de la FSU n’en tirent pas les conséquences et persistent dans la recherche d’une unité de sommet factice et donc préjudiciable au mouvement !

La clarté face à la crise est essentielle pour le mouvement syndical et pour refuser que les travailleurs en fassent les frais. C’est pourquoi le Front Syndical de Classe s’adresse à tous les militants fidèles au syndicalisme de lutte en les invitant à engager partout le débat avec les travailleurs sur la nature de la crise, à dénoncer l’entreprise de propagande médiatique et gouvernementale visant à faire accepter les sacrifices aux travailleurs et à préparer la nécessaire et incontournable confrontation avec le pouvoir et ses soutiens, sans aucune espèce d’illusion à propos des échéances électorales de 2012 !

Le Front Syndical de Classe, 31 août 2011

Monique Pinçon-Charlot, 23 août 2011 :

« Oui, ce débat [sur les déficits publics] est totalement faussé. Le déficit et la dette sont des armes économiques et idéologiques. Les néolibéraux s’en servent pour accélérer leur agenda politique et balayer les droits sociaux sur la planète »

Frédéric LORDON, 11 août 2011 :

Le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette – dont il n’a cessé de crier les dangers… quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé. Jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement, nulle part, n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré.

Un commentaire

  1. Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.

    En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie.

    Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation dans toute l’Europe :
    – Pologne : euro manifestation le 17 septembre ;
    – Italie : appel à une grève générale le 6 septembre par la CGIL contre la casse du Code du travail ;
    – Espagne : journée de mobilisation à l’appel des CCOO ;
    – Portugal le 1er octobre. Des mobilisations sont à l’ordre du jour en Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique, Grande-Bretagne.

    En France, le plan Fillon pour réduire le déficit de la France est injuste, inéquitable et inacceptable et pénaliserait une fois de plus les salariés, contrairement aux annonces médiatiques du gouvernement sur la contribution des plus fortunés.

    Alors que, d’après les Comptes de la Nation, le pouvoir d’achat des ménages baisse entre 2007 et 2010, les dividendes versés aux actionnaires explosent et les cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises continuent.

    C’est à partir de ce diagnostic que les cinq organisations syndicales CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires ont décidé de faire du 11 octobre une journée nationale d’action interprofessionnelle unitaire.

    La CGT pose la nécessité de la mobilisation sous les modalités à décider ensemble (rassemblements, manifestations, grèves) pour des mesures immédiates et s’inscrivant dans un processus d’action porteur d’alternatives aux choix actuels.
    Les 10 exigences de la CGT pour sortir de la crise

    1 Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux

    – Dans le privé, ouverture des négociations annuelles obligatoires par anticipation sur 2012 ;
    – dans le public rouvrir la négociation salariale ;
    – porter le Smic à 1 700 euros brut par mois ;
    – résorber les inégalités de traitement entre les femmes et les hommes.

    1 salarié sur 2 gagne moins de 1 500 euros par mois ; l’écart salarial demeure de 25 % entre les hommes et les femmes ; 8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois et la moitié avec moins de 773 euros ; les salaires ont eu la plus faible progression les dix dernières années ; pour la première fois depuis 1945, la masse des salaires versés en 2009 dans le privé a été inférieure à celle de 2008.

    2 Contrôler les aides publiques aux entreprises

    – Respect des critères de création d’emplois ;
    – conditionner aux politiques salariales ;
    – donner des moyens d’intervention aux représentants des salariés sur le bien fondé et l’usage de ces aides.

    Montant des exonérations fiscales et sociales et autres aides publiques aux entreprises : 170 milliards d’euros = 9 millions de Smic annuels (cotisations sociales comprises).

    3 Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements

    – Majorer les cotisations chômage employeur sur les emplois précaires ;
    – élargir l’assiette des cotisations et contributions sociales aux primes, stock-options, intéressement. (1,3 milliard d’euros de recettes) ;
    – élargir les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voire leur filière d’activité ;
    – reconnaitre la pénibilité des métiers ouvrant droit à un départ anticipé en retraite.

    Le système d’indemnisation du chômage ne bénéficie qu’à moins d’un chômeur sur deux. Le chômage des plus de 50 ans touche 810 000 personnes, soit 300 000 de plus qu’en 2008. Mesure spécifique pour les chômeurs en fin de droits, condamnés au RSA après une carrière complète du fait de la réforme des retraites.

    4 Suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires

    – Privilégier les créations d’emplois et l’augmentation des salaires.

    186 millions d’heures supplémentaires au 2e trimestre 2011. équivaut à 400 000 emplois en rythme annuel. 3 milliards d’euros de perte de recettes pour la Sécurité sociale.

    5 Stopper les suppressions d’emplois

    – Orienter les investissements dans le développement industriel, la recherche et la préservation de l’environnement et créer les emplois nécessaires.
    – Stopper la suppression d’un fonctionnaire sur deux et créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics, outils de cohésion sociale et d’efficacité économique et sociale.

    6 Développer les politiques publiques et les moyens des services publics

    – Education,
    – santé,
    – recherche,
    – infrastructures…

    7 Réformer la fiscalité en profondeur

    – Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu et créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus,
    – augmenter l’impôt sur la fortune (ISF),
    – supprimer les niches fiscales inutiles selon leur impact économique et social,
    – soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction,
    – alléger les impôts indirects (TVA) qui pèsent proportionnellement plus sur les plus modestes,
    – réformer l’impôt sur les sociétés en pénalisant le versement de dividendes et la spéculation pour favoriser l’investissement, l’emploi et les salaires,
    – revoir la fiscalité locale afin de réduire les impôts et taxes sur les ménages à revenu modeste,
    – réformer le financement de la protection sociale.

    8 Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour :

    – Financer l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements. En Europe et dans le monde.

    9 Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.

    10 Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique :

    – Création par les états d’un fond, avec le concours de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour financer le développement social et économique et réduire les inégalités.

    Les états ont su créer un fonds de 750 milliards d’euros pour sauver les financiers.


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