La SINA a recommandé à Washington l’utilisation de filtres pour l’Internet à Cuba, Armando Santana Martínez

La Section des Intérêts Nord Américains (SINA) à La Havane a toujours joué un rôle actif dans l'organisation des activités des "dissidents" cubains..

source : Trabajadores, 26 Août 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

La Section des Intérêts des États-Unis à La Havane (SINA), a enquêté sur l’utilisation d’Internet à Cuba et à recommandé à Washington l’introduction de filtres pour violer les règles établies par les fournisseurs d’accès de l’île.

Un câble rendu public ce jeudi par Wikileaks et intitulé « Naviguer sur le réseau à La Havane » décrit comment des fonctionnaires de la SINA dans la capitale ont testé divers lieux de navigation pour voir si les sites des organisations « allocataires » de Washington pouvaient être consultés dans les réseaux cubains.

Le document, dit sensible, précise qu’il est impossible d’accéder depuis l’île aux pages du Directoire Démocratique Cubain, du Centre Cubain pour une Cuba Libre, du Groupe d’Appui à la Dissidence, tous déterminés à détruire à tout prix la Révolution cubaine.

Le bureau étasunien a informé en conséquence que « La SINA cherchera à améliorer les conditions locales d’accès à Internet et à analyser l’impact que cela peut avoir sur les opérations des sites internet amis et sur les actions qui nous intéressent » tout en recommandant l’utilisation de filtres pour violer la régulation cubaine. Elle a déclaré recevoir « avec enthousiasme tous les apports venus de Washington, où se poursuit un travail pour développer des programmes contournant les filtres internet appliqués ici  [à Cuba] ».

Jonathan Farrar, chef de la SINA en 2008, en sa possession une liste de centres d’accès à Internet à La Havane, et avec son conjoint, il a rendu visite à quelques unes de ces installations pour en connaître les tarifs, la vitesse de débit, les usagers, les technologies et les possibilités du moteur de recherche Google Cuba.

Le couple a comparé les résultats des moteurs de recherche google.cu et google.com. Le premier, selon Farrar, après une recherche sur le mot SINA, propose une liste de pages sur les actions subversives de l’officine et des « dissidents » dans l’île, alors que le second signale en premier lieu la page de la Section des Intérêts à La Havane.

Dans un paragraphe intitulé « Où surfer ? » Farrar a précisé que depuis les centres visités « on peut accéder au site web de la Section des Intérêts des États-Unis, au Département d’État, aux Nations Unies » et ajoute qu’il est également possible de lire en ligne le Washington Post et le New York Times.

« On peut de plus accéder aux sites web d’Organisations non-gouvernementales liées aux droits de l’homme à l’échelle internationale comme Human Rights Watch et Amnesty International. On peut même télécharger tout le rapport 2007 de HRW si l’on est patient et qu’on attend vingt minutes. L’accès se fait par satellite, et la rapidité d’accès était seulement un peu inférieure aux vitesses d’accès à la Section des Intérêts et dans la résidence du Chef des Missions lui-même » précise le rapport.

Cuba a condamné en mars dernier le citoyen Nord-Américain Alan Gross à 15 ans de prison pour des actes délictueux contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’État, après avoir vérifié sa participation directe à un projet subversif du gouvernement des États-Unis pour tenter de détruire la révolution en utilisant les NTIC en dehors du contrôle des autorités. L’objectif était de promouvoir des plans de déstabilisation contre divers secteurs sociaux, d’après une information officielle publiée dans l’île.

Internet à Cuba

La priorité du gouvernement cubain continue d’être l’accès social au réseau, comme l’a expliqué Boris Moreno Cordovés, vice-ministre de l’Informatique et des Communications (MIC), en intervenant dans la Commission des Relations Internationales de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, qui a siégé en Juillet dernier.

Devant les députés, il a souligné la position responsable de l’île, qui, face à un contexte de limitations financières, de blocus, d’agression, continuera à intensifier l’accès à Internet des centres scientifiques, culturels, artistiques, des bibliothèques, des hôpitaux, des unités de l’administration locale, provinciale et nationale, et de centres d’accès collectifs pour la population.

Il a avancé à cette occasion que l’accès à Internet exige des investissements significatifs qui seront faits progressivement, et qui dépendent de la quantité d’usagers à satisfaire. Il a insisté sur le fait que l’accès à domicile des cubains sera offert à mesure que les conditions économiques le permettront, suivant le développement de l’infrastructure nécessaire.

Sur le câble Venezuela-Cuba, le vice-ministre a précisé que, durant les prochains mois, commencera le transfert des services par satellite vers la fibre optique, ce qui signifiera une amélioration de la vitesse de connexion, mais pas une baisse des coûts.

Le gouvernement des États-Unis entrave l’accès de Cuba à des contenus et outils internet importants, mesure qui fait partie du blocus économique de l’île, « qui se voit empêchée de participer au commerce électronique », comme le prouve l’exemple de la fermeture ou de la censure de nombreuses pages dédiées au commerce cubain.

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