Mélenchon veut rassurer… les entreprises ! par Gautier Weinmann

Jean-Luc Mélenchon

source : Faire Vivre et Renforcer le PCF

« Productifs » de tous les pays, unissez-vous ? »

Décidément, avec la crise financière, les masques tombent !

Le projet de société du PS est dévoilé : faire l’austérité à la place de la droite, comme en Grèce ou au Portugal.

Du côté du Front de Gauche, on propose un peu plus de taxation de ceci, un peu de rachat de titre de cela : braves gens, faites votre marché !

Dans Le Monde, notre candidat Jean-Luc Mélenchon se félicite que « Europe Ecologie-les Verts, qui dénonce comme nous (sic !) l’oligarchie ou la politique de la BCE » ou encore de la « résistance précieuse » du socialiste (bourgeois) Arnaud Montebourg.

On croit rêver !

Puis il a cette déclaration sur tous les plateaux télé : face à la crise, « ce ne sont pas les marchés qu’il faut rassurer (encore heureux !), ce sont les producteurs, c’est-à-dire les entreprises et les salariés  ».

Tiens donc ! Entreprises, salariés, même combat ?

« Producteurs de tous les pays, unissez-vous », le nouveau slogan de la social-démocratie mondiale !

Un candidat communiste aurait plutôt tendance à sortir du cadre et à annoncer : « les producteurs, ce sont les salariés, tout est à nous, le capitalisme doit cesser ! ».

La finance parasitaire ne sort pas d’autre chose que du mode de production capitaliste : Karl Marx dénonçait un mode de production capitaliste qui a « fait surgir une nouvelle aristocratie de la finance et une nouvelle catégorie de parasites sous forme de faiseurs de projets, lanceurs d’affaires et directeurs purement nominaux ; en un mot, tout un système de filouteries et de tromperies ayant pour base le lancement de sociétés, l’émission et le commerce d’actions ».

Jean-Luc Mélenchon est la coqueluche des grands médias : fondamentalement, il les rassure. Après tout, la finance exagère, tout comme les agences de notation, protégeons la production et tous les productifs qui vont avec !

Et puis, le leader de l’« extrême (Front de) gauche » est bien dans l’air du temps : les ultra-riches ne se disent-ils pas prêts à payer un peu pour que tout continue comme avant ? Le financement des États par la BCE ne commence-t-il pas à être défendu par les économistes du système eux-mêmes ?

Les communistes qui regardent ce jeu politicien doivent se dire : pour combien de temps encore les idées révolutionnaires seront absentes du débat politique national ?

Gautier Weinmann

9 commentaires

  1. Pas tout à fait d’accord avec cette position ! Je considère le Front de Gauche comme une tentative de pas en avant susceptible de rassembler une majorité ! Alors 2 pas en arrière en cas de succès? J’attends de voir la preuve du programme qui ne serait pas respecté ! Car ce programme est quand même bien teinté de progrès en tout cas par rapport au passé et me paraît même supérieur au programme commun . Les commentaires sur les Entreprises je les partage sauf sur les petites et voire les moyennes entreprises à part d’en annoncer la nationalisation complète du secteur privé . Ce serait irréaliste et l’histoire pas très éloignée abonde dans ce sens ! Bien sûr ce pas en avant ne devra pas être une finalité je pense même que pour faire avancer les choses un peu plus vite que l’attente d’une autre Présidentielle des referendum pourraient avoir lieu ce qui n’a pas été rejeté par J.Luc Mélanchon ! Pour cette avancée la démocratie réelle à part égale avec l’opposition devra faire son apparition dans les médiazs dits « grands publics » car nous devront gagner la bataille des idées que les conservateurs ne peuvent que perdre : la vérité contre le flot de mensonge et de censure déversé depuis tant d’années ! Alors c’est une supplique que j’adresse au courant Progressiste et Révolutionnaire, le tout ou rien c’est fini !!!

  2. c’est fou,
    Jean-Luc Mélenchon se dit de gauche et pourtant, comme le regrette Gautier Weinmann, il n’a aucun programme d’internement des bourgeois dans des centres de rééducation.
    Mélenchon est socialiste, il fera du socialisme avec le PG et aussi FdG contrairement au PS qui usurpe le terme socialisme.

  3. Si les mots ont un sens…
    « les producteurs, c’est-à-dire les entreprises et les salariés », a dit JLM.
    Les « entreprises » (privées et publiques), pas « les patrons ».
    Nuance.
    Il n’oublie pas « les salariés », terme dont vous ne lui faites pas crédit sauf pour les opposer faussement au concept d’entreprise.
    On comprend bien pourquoi JLM emploie cette formule si on la replace dans le contexte de son discours : il dénonce l’ultra-financiarisation destructrice d’entreprises et d’emplois en masse, cause d’une crise mondiale sans précédent dont précisément les salariés et les plus démunis de par le monde font les frais.
    De là à en conclure que JLM ne se démarque pas des actuels oligarques charitables, c’est faire l’impasse sur l’ensemble des positions et propositions du Front de Gauche.
    De là à penser que JLM n’est pas révolutionnaire (au sens marxiste léniniste), vous ne vous trompez pas puisque lui-même ne se définit pas comme tel.
    Reste à préciser où et par quoi commence le combat anticapitaliste. Je pense que JLM et le FdG s’y inscrivent pleinement.
    Walter

    • Cher Walter

      D’après ce que vous dites, Jean-Luc Mélenchon défend l’économie réelle (les entreprises) contre la dérive financière qui a conduit à la situation actuelle.

      Il me semble cependant que le capitalisme a existé avant de devenir l’actuel capitalisme financiarisé. Dès lors, la défense de l’économie réelle n’est-elle pas, plutôt qu’une rupture avec le capitalisme, une tentative de retour au capitalisme d’antan? Par ailleurs, c’est dans le capitalisme industriel que le capitalisme financier trouve ses racines : le capitalisme, en effet, se définit par le fait qu’on ne produit plus des valeurs d’usage mais des valeurs d’échange. Ce que l’on veut, ce ne sont pas les chaussures, mais les euros que leur fabrication et leur vente rapportent.

      En d’autres termes, la logique de cette économie réelle que représentent les entreprises conduit tout droit à l’autonomisation de la sphère de la circulation, régie par la valeur d’échange, c’est-à-dire à la financiarisation de l’économie, qui fait qu’on échange ce que l’on a pas et sans trop savoir ce que l’on a (produits dérivés, à l’origine du problème des subprime), est le symptôme.

      D’autre part, les salariés ne sont pas la classe ouvrière. Je connais des cadres surpayés qui sont des salariés.

      MArc HArpon (ex-militant du Parti de Gauche)

  4. Je trouve l’attaque assez faible.

    Ce n’est pas un scoop.
    Mélenchon ne veut pas transformer en un mandat de 5 ans toutes les entreprises françaises en coopératives.
    Le PCF ne le veut pas non plus.
    Par contre, c’est certainement un objectif à plus long terme.
    Et le programme partagé prévoit d’encourager la création de coopératives, la reprise de leur entreprise par les salariés etc.

  5. Et on pinaille… Encore et toujours… Encore cet inlassable combat de rassemblement… Arrêtons de nous épuiser à nous battre entre nous à la fin… La droite et leurs amis ne perdent pas de temps eux…

    C’est vrai que ce qu’ils proposent au PS, c’est mieux !! Plutôt que les salariés, rassurons plutôt les marchés non?? L’austérité, et vite !!!! Allez, 3% de dette, et dès 2012 hein, pas de blague!?

    A moins de faire la révolution, qui représente le mieux ce qu’on pense???

  6. marc vous avez raison sur le procès de circulation des capitaux mais comme Walter et Joannès je salue le point de vue de Melenchon: il parle à très juste titre d’un changement fondamental de l’économie vers une « planification écologique », fondée sur la participation citoyenne.
    D’après tout ce que j’ai lu de Chavez et de Mélenchon ils sont sur la même ligne.
    Mais il est vrai que ni l’un ni l’autre ne sont des marxistes « orthodoxes »🙂

    Bien à vous et un grand MERCI pour ce site très intéressant.

  7. Cher Marc Harpon,
    Je sais bien depuis pas mal de temps ce que vous m’expliquez en retour. Hélas, s’en contenter mordicus dans la situation catastrophique où nous nous trouvons ne sert à pas grand-chose si ce n’est à s’isoler avec la satisfaction de la bonne conscience de ne pas déroger à la lettre (mais peut-être à l’esprit) du combat marxiste. Le débat entre anti-capitalisme ou anti-libéralisme me paraît académique.

    Je voulais simplement attirer votre attention sur deux points :
    -1/ votre « orthodoxisme » vous amène à des conclusions objectivement fausses voire méprisantes pour certaines : »Mélenchon veut rassurer les entreprises » – « « Producteurs de tous les pays, unissez-vous », le nouveau slogan de la social-démocratie mondiale ! » – « Et puis, le leader de l’« extrême (Front de) gauche » est bien dans l’air du temps : … ».
    -2/ Votre critique tombe à côté : JLM ne se définit pas comme communiste, ce que vous semblez lui reprocher : « Un candidat communiste aurait plutôt tendance… »
    Vous oubliez le contexte politique réel dans lequel il intervient actuellement : celui d’un « Front » se situant à « Gauche » dans le cadre d’une campagne électorale. Pas celui d’un parti d’avant-garde marxiste-révolutionnaire préparant un soulèvement insurrectionnel, pour le moment du moins.
    Sauf à démontrer que JLM ne défend pas un projet de Gauche porteur d’une dynamique anticapitaliste qui passe par une critique radicale de l’actuel ultralibéralisme dévastateur, rien ne vous permet d’affirmer qu’il rassure les marchés et les médias.
    Je vous renvoie aux 5 points fondamentaux du programme qu’il défend :

  8. Walter à Marc Harpon
    Rectificatif :
    Je vous ai confondu avec Gautier Weinmann et vous ai attribué des citations dont vous n’êtes pas l’auteur. Veuillez bien m’excuser. Mais dans la mesure où votre réponse semble concorder avec le point de vue de GW, je crois ne pas être tombé trop à côté, moi aussi !
    Cordialement


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