Après la Libye : le fascisme qui vient , par Marc Harpon

Marc Harpon


Nous sommes dans la merde jusqu’au cou. Mais jusqu’où continuerons-nous à nous enfoncer ? J’espère raconter n’importe quoi lorsque je dis que le pire est peut-être devant nous.

La Corée du Nord n’est pas contente! Pourquoi? Parce que les provocations annuelles (en fait pluri-annuelles) des États-Unis et de la Corée du Sud continuent, et risquent de continuer encore longtemps. Il ne s’agit pourtant que de deux ou trois exercices militaires : juste un petit show dissuasif. Pas vraiment. Dans son édition du 13 Août, le quotidien japonais Asahi Shinbun révélait que le « plan 5027 » des Etats-Unis et de la Corée du Sud, impliquait entre autres que des troupes soient entraînées de façon à pouvoir prendre part à une invasion de la Corée du Nord ou à pouvoir capturer Kim Jong-il. Et puis, 530 000 soldats de sept pays se livrant à une démonstration de force dans la région, cela ne fait pas très pacfiqiue non? D’autant moins que, peu avant les manœuvres, l’AFP avait révélé que certains entraînements visaient à former des soldats capables de détruire les armes nucléaires nord-coréennes.

Cela ressemble donc à tout sauf au respect de la souveraineté du peuple Nord Coréen. Le problème de l’Empire c’est qu’il est aux abois, et qu’un loup aux abois est toujours à deux doigts de faire n’importe quoi. Alors, après la Libye, qui va y passer? L’Iran ou la Corée du Nord?

Vraisemblablement, le pétrole fait de l’Iran un candidat idéal pour une invasion, alors que les ressources pétrolières mon diales sont en train de s’épuiser. Mais s’ils attaquent ce pays, les américains- ou plutôt leurs alliés européens- prennent un risque énorme : celui de la fermeture du Détroit d’Ormuz, qui conduira à des difficultés énormes sur le Vieux Continent. Une fois fermé le Détroit, on est parti pour avoir un peu de mal pour remplir le réservoir des camions qui livrent nos supermarchés. Et ce n’est pas tout. Les coréens du Nord pourraient très bien apporter leur soutien aux iraniens qui, s’ils n’ont pas, comme ils l’affirment, de programme nucléaire militaire, ont toutes les capacités et les compétences nécessaires pour en (re)développer un rapidement. Quant à la Corée, vu qu’on ne l’aime pas trop du côté des grandes puissances impérialistes, il n’est pas impossible qu’un soutien même distant à l’Iran soit l’occasion de déclencher les hostlités, qu’on prépare depuis des décennies.

La Corée du Nord montre déjà les dents. Tout le sens de son programme nucléaire militaire -à supposer toutefois qu’il y ait un sens derrière les décisions des dirigeants Nord-Coréens- est de défendre une souveraineté nationale menacée par la plus grande puissance atomique du monde : les Etats-Unis d’Amérique. Kim Myong Chol, qu’on considère souvent comme le porte-parole officieux de KIm-JOng Il, écrivait récemment que « la Corée du Nord est complètement prête à se lancer dans la première et dernière bataille nucléaire de l’humanité contre les Etats-Unis ».Cela fait froid dans le dos, non?

Imaginez-vous donc cette situation : l’OTAN, et donc la France, embourbées dans une guerre, des files immenses de travailleurs d’Europe de l’Ouest, astreints au rationnement, alors que la pire crise économique de tous les temps n’est pas finie, la menace permanente d’une destruction de la France (et de l’humanité) par le feu nucléaire, tout cela dans le cadre d’un conflit opposant, il faut le reconnaître, le NOrd et le Sud. Ce n’est pas tout : la conflagration pourrait bien arriver plus tard que prévu. Alors imaginez que tout cela se passe quand les premiers réfugiés du climat arriveront, fuyant des pays innondés par la montée des eaux ou des campagnes désertifiées par le changement climatique.

Face à de telles perspectives, il n’y a qu’une seule alternative : socialisme ou barbarie. MAis, en l’absence de parti de masse dirigé par d’authentiques communistes, c’est à la barabarie qu’il faut s’attendre. Une guerre contre l’Iran, un pays musulman de plus, ne manquera pas d’exciter les passions islamophobes et racistes des uns et des autres. Qu’on ne s’attende donc pas à un traitement humain des réfugiés du climat.

Les problèmes de gestion des flux migratoires renforceront le ressentiment guerrier, qui lui-même renforcera ces problèmes. Et puis, alors que la nation subira le rationnement, la rhéotirque d’extrême droite pourra remplacer l’étranger qui vole nos emplois par l’immigré qui vole notre pain.

Sans compter que, comme d’habitude, le juif reviendra sur le devant de la scène. Le raisonnement est simple : si les juifs détiennent (secrètement) tous les pouvoirs, il ne peut pas y avoir de guerre- ni de rationnement, ni d’étrangers voleurs de pain- sans qu’ils l’aient (secrètement) décidé. Et la boucle sera bouclée : on sera revenu en 39-45.

Le néofascisme qui vient a dores et déjà ses milices. Elles ne seront pas aryennes, parce que les temps ont changé. Elles seront pultôt black-blanc-beur, comme les équipes nationales. Il y a une petite bourgeoisie intellectuelle issue des minorités. Or, le petit bourgeois, idéologiquement, se caractérise par deux traits principaux : la peur de tomber dans le prolétariat, l’espoir de rejoindre la vraie bourgeoisie.

Mais cet espoir de rejoindre la grande bourgeoisie met les membres de la petite bouregoisie en compétition les uns avec les autres. C’est pourquoi le petit-bourgeois, au fond, déteste le petit-bourgeois, son semblable, qui n’est jamais que son concurrent. MAis il déteste aussi le parvenu (qu’il rêve d’être), parce qu’il lui apparaît comme celui qui lui a subtilisé sa place. Et le juif est pour lui un quasi-parvenu : son fantasme le place dans les cercles dominants, mais, en même temps, lui refuse toute légitimité à appartenir à ces cercles, car le juif, « apatride », n’est attaché à aucune terre particulière, et donc, menace de toutes les trahir. Pour lui, le juif appartient aux sphères dominantes, mais n’y a pas sa place et donc, forcément, l’a volée à quelqu’un– à lui, bien entendu. C’est commode, parce que cela excuse tous les échecs du petit bourgeois : si je n’ai pas la place dont je rêve, c’est parce que machin est juif ou parce que je suis goy. Ce « parce que je suis goy » a ceci de particulier qu’il peut faire sens pour tout petit-bourgeois, qu’il soit, blakc, blanc ou beur : il peut facilement prendre la forme du « parce que je suis noir » ou du « parce que je suis arabe » ou du « parce que je suis français », étant entendu qu’on ne peut être français si l’on est juif, noir ou arabe.

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