Pérou : Discours d’investiture du Président Ollanta Humala

traduit de l’espagnol par Françoise Bague pour Le Parti de Gauche.

C’est avec profond respect et ferveur patriotique que je reçois le mandat de Président de la République.

Je déclare devant le Congrès, devant les présidents amis réunis ici et devant le peuple péruvien que, fidèle au mandat des urnes et en total respect à l’État de Droit, je consacrerai toute mon énergie à créer les bases nécessaires pour que nous effacions définitivement de notre histoire la face poignante de l’exclusion et la pauvreté en construisant un Pérou pour tous, toujours attentif envers les plus faibles de nos frères. J’exigerai de toute l’équipe qui m’accompagne dans l’Exécutif le même engagement et la même énergie.

La démocratie péruvienne sera complète lorsque la justice et la paix sociale, la souveraineté nationale et la sécurité de nos familles constitueront le socle de notre nation, lorsque l’égalité sera le patrimoine de tous et lorsque l’exclusion sociale aura disparu, même dans les endroits les plus éloignés du pays. Nous voulons que l’expression même d’« exclusion sociale » soit effacée pour toujours de notre langage et de notre réalité. J’assumerai cette gageure avec ma parole et avec ma vie.

Il y a presqu’un siècle, en 1914, Víctor Andres Belaúnde, un des grands intellectuels et politiciens du XXème siècle, à la fin d’un discours à l’Université Nationale Majeure de San Marcos, a interpellé les jeunes dans une déclaration qui était, en même temps, un cri de guerre et une requête : NOUS VOULONS UNE PATRIE !

Plusieurs années après, cette déclaration a été reprise par José Carlos Mariátegui et Víctor Raúl Haya de la Torre, en la transformant en pensée et en action. Cette revendication de la patrie et de la nation a été, tout comme maintenant, le rêve brûlant des générations et des peuples.

Depuis la fondation de la République, la patrie constitue une aspiration vers un destin commun, un espoir, une promesse inachevée pour laquelle le peuple péruvien a été toujours prêt à donner sa vie dans la paix et dans la guerre, pour la défendre et pour la léguer à ses enfants avec fierté et conviction.

La patrie est notre Histoire commune, c’est le lieu dans lequel tous les péruviens et toutes les péruviennes nous voulons vivre en paix et en démocratie. Pour cette raison, nous nous sentons tous fiers de notre drapeau, symbole de nos luttes et de notre amour de la paix.

Cette aspiration à une patrie accueillante est celle qui ouvre le chemin au progrès social. Pour la rendre possible nous nous présentons devant le peuple et c’est pourquoi nous sommes ici. J’assume cette gageure comme un défi et comme une promesse que j’exprime aujourd’hui devant tous les péruviens et péruviennes, et spécialement devant mes fils et devant tous les enfants du pays, qui seront le futur de cette nation. C’est notre patrimoine le plus riche. Pour eux et grâce à eux, je vais réaliser ma promesse de faire de ce pays un lieu où tous puissent jouir du même droit à l’épanouissement et au bonheur, à une vie digne et à une vieillesse protégée.

Péruviennes et péruviens :
Le cinq juin une majorité de citoyennes et de citoyens a exprimé son désir de voir que la croissance économique et l’inclusion sociale marchent de paire pour transformer notre pays en une patrie de chances pour tous.

L’accroissement démesuré des conflits, beaucoup d’entre eux démesurément violents, nous prouvent, jour après jour, qu’il est urgent de réparer les injustices, de redresser le cap et de rétablir le dialogue dans notre société.
Le Pérou est un pays polyglotte et multiculturel. Cette diversité multiple constitue sans doute notre plus grande richesse. Toutefois, pendant longtemps il a existé un discours et une pratique de l’exclusion, du rejet de la différence, un « toi, tu n’es pas pareil que moi !» qui a protégé la discrimination et l’intolérance. Ceci s’avère pour le moins étrange car les comportements exclusifs proviennent souvent de ceux qui font l’éloge de notre diversité culturelle.

Mais, précisément cette diversité culturelle vient de fait de comprendre que notre nation est un creuset de races et de traditions. Ce sont elles qui, par exemple, soutiennent notre extraordinaire gastronomie, aujourd’hui admirée et reconnue dans le monde. Parce que nous sommes différents, mais au fond semblables, nous basons notre existence sur le travail et l’effort quotidien. Nous sommes diversité et créativité. Nous sommes imagination et travail. Et cette diversité, que nous voulons intégratrice et non marginale, constitue le fondement de notre richesse.

Notre pays, laborieux, honnête et divers, est brisé et blessé. Il souffre de l’abandon des politiciens et d’un État insensible, bureaucratique et centralisateur. Un État qui a tourné le dos à l’intérieur du pays, un État qui souffre du « mal des montagnes » et qui refuse de gravir les Andes et de s’étendre dans notre Amazonie. Un État guetté par la corruption et le gaspillage, éloigné de ses citoyens, incapable de les protéger de la violence et la criminalité.
Je rêve d’un Pérou où la vie ne serait pas un danger, où les villes seraient des espaces sûrs où le citoyen serait protégé. Pour cela, nous avons besoin de davantage d’état, de plus de patrie et que la corruption soit sanctionnée.

La démocratie a exprimé dans les urnes un mandat et ce mandat doit être honnête. Reconstituer la valeur de la parole donnée devant le peuple constitue l’axe de la récupération d’un système de valeurs morales inhérentes à la République.

Toutefois, transformer le pays il n’est pas une tâche facile. Non seulement parce que le changement est toujours une tâche multiple, mais aussi parce qu’il implique la prise de conscience et le dépassement de nos problèmes et la volonté d’une nouvelle forme de coexistence. La réalité exige des transformations afin que l’égalité, la tolérance, la reconnaissance de notre diversité et un développement qui nous englobe tous soit, en même temps, un acte civique et un engagement collectif. La réalité nous interpelle quotidiennement et exige de nous un nouveau contrat social qui rende possible la coexistence harmonieuse de tous les péruviens.

J’évoque ici à nouveau la figure de Haya de la Torre et de son héritage, concrétisé singulièrement dans la Constitution de 1979, qui constitue pour moi une véritable inspiration par son contenu national, de démocratie et de liberté.

Le grand Nelson Mandela, dans un célèbre discours prononcé dans le cadre de l’UNESCO, a affirmé, avec la conviction qui le caractérisait, que l’égalité, l’équité économique et la justice sociale étaient la base de toute démocratie. Il a dit : « Il n’y a pas démocratie avec de la misère, il n’y a pas démocratie avec des disparités sociales ». Et parce que je crois dans la justice de cette phrase, j’ai juré de respecter et de défendre la démocratie. La fortifier dans ses valeurs égalitaires pour la rendre légitime devant le peuple et il en sera ainsi.

Aujourd’hui, devant vous je renouvelle ce serment. Je veux que vous voyiez en moi un véritable soldat de la République, un gardien jaloux de l’État de Droit et un défenseur des droits humains et de la liberté de presse et d’expression.

Déjà en 1931, l’historien Jorge Basadre affirmait que « le Pérou devait terminer son processus de formation historique. Lié plus que jamais au continent et à l’humanité, le pays doit trouver en lui, sa réalité et sa solution » C’est pourquoi, pour chercher et trouver pour le Pérou, pour notre Pérou une solution intégratrice aux « des compartiment étanches» que décrit Basadre, nous proposons une Grande Transformation, le début d’une nouvelle époque, qui n’est pas autre chose qu’une nouvelle coexistence entre tous les péruviens.

Notre administration sera un gouvernement pour tous.

Les caractéristiques de ce gouvernement peuvent se résumer dans les termes suivants : réforme, démocratie, libertés, inclusion, redistribution, croissance, paix avec justice, sécurité, décentralisation, transparence, souveraineté et concertation.

Notre volonté n’est pas celle de copier des modèles, nous voulons, comme Basadre, que le Pérou cesse d’être le lieu problématique qu’il était et qu’il est encore ; pour cela, nous voulons construire un chemin original, un modèle péruvien de croissance avec de la stabilité, une démocratie et une insertion sociale. Nous prendrons ce qu’il y a de bon dans d’autres expériences, mais comme disait le sage indien José Carlos Mariátegui, il n’aura pas de plagia ni de copie mais une création héroïque.

Le mandat auquel nous avons fait référence exige une responsabilité dans la conservation des valeurs sociales, économiques et culturelles effectuées jusqu’à présent et qui sont un patrimoine de tous.

Pour cette raison, nous maintiendrons et consoliderons une croissance saine de l’économie et de ses standards macro-économiques ; nous respecterons les règles fiscales pour affronter des crises externes éventuelles ou des catastrophes naturelles ; la construction des ouvrages d’infrastructure, grands et petits ; les programmes sociaux ; la promotion du tourisme et de la culture péruvienne et nous honorerons les accords commerciaux avec des pays et des blocs amis.

Nous favoriserons une économie nationale de marché ouverte au monde qui rende réel notre engagement de croissance en incluant le social et la démocratie.

Ceci implique que l’État agisse comme promoteur non seulement de la croissance, mais aussi du progrès social. En donnant la priorité à l’éducation, à la santé et à la nutrition infantile, en améliorant les conditions de travail, particulièrement le CAS et les Services Non Personnels. En investissant dans des infrastructures, des écoles, des centres médicaux, des crèches et en améliorant le salaire de base.

Un État qui utilise ses ressources pour aider à régulariser l’inconséquence, qui offre un crédit avantageux aux patrons de petites et moyennes entreprise et qui aide l’esprit d’entreprise des péruviens que souhaitent créer une affaire et la faire prospérer.

Je veux profiter de cette intervention pour communiquer que le Salaire Minimal Vital des travailleurs soumis au régime de l’activité privée subira une augmentation immédiate de 75 sols à partir d’août et de 75 sols de plus en 2012, pour atteindre ainsi 750 sols. Mais ces augmentations doivent favoriser un processus continu de réévaluation du salaire de base lié à la productivité et à la croissance économique, en rapport avec une politique globale de réduction de l’inconséquence et protéger et de renforcer les petites et moyennes entreprises.

Notre défi est d’effectuer cette grande transformation de manière progressive et persistante pour qu’elle ne soit pas accompagnée de pressions déstabilisatrices de nos équilibres budgétaires et macro-économiques.

Notre idéal de changement ne se conçoit pas sans concertation, sans dialogue politique et sans la collaboration des gens. Dans ce but, nous installerons un Conseil Économique et Social, sur la base de l’actuel Accord National dont nous avons souscrit les politiques. Ce Conseil sera dirigé depuis la Présidence de la République avec l’appui du Président du Conseil des Ministres, et il sera composé par des chefs d’entreprise, des travailleurs et des représentants de la société civile. Il sera consacré à élaborer des études pour la mise en œuvre de politiques publiques du gouvernement et aura un caractère consultatif.

Faire de l’intégration sociale une priorité exige que l’ensemble des programmes sociaux soient groupés et soient articulés dans un Ministère du Développement et de l’Intégration Sociale, pour que le développement puisse effectivement arriver à ceux qui en ont le plus besoin.

Le programme ENSEMBLE sera progressivement étendu pour atteindre les 800 secteurs les plus pauvres du pays.

Les adultes en situation de pauvreté et qui ne reçoivent aucune aide de l’État doivent recevoir la solidarité de la nation. Des foyers dans lesquels se conjuguent l’âge avancé et la souffrance de la pauvreté, exigent une action sociale qu’on ne peut pas reculer. À ces foyers nous ferons arriver les 250 sols du programme PENSION 65. Sa mise en œuvre sera immédiate et nous atteindrons les 800 secteurs les plus pauvres de pays progressivement.

Le programme « Crèche Plus » pour les enfants de 0 à 3 années sera également appliqué progressivement dans les 800 secteurs de pauvreté extrême du Pérou, aujourd’hui sur la base du programme ENSEMBLE. Le combat CONTRE la malnutrition infantile sera une priorité, soutenu par la mise en œuvre d’un programme de nutrition infantile qui comprendra des petits-déjeuners et des déjeuners dans les écoles.

Nous ferons les efforts nécessaires pour atteindre dans tout le système éducatif la journée de 8 heures d’étude et stimuler la culture du sport et des loisirs, en renforçant les compétences interscolaires dans le domaine de la culture et des disciplines sportives, en réponse à la donnée alarmante que plus qu’un tiers d’élèves dans les grandes villes du Pérou courent un risque d’obésité.

Nous entamerons le programme « bourse 18 », qui intégrera les programmes existants et qui permettra que les jeunes de basses ressources économiques et de hauts résultats scolaires puissent continuer leurs études de niveau supérieur dans des institutions publiques et/ou privées, dans des programmes universitaires ou de techniciens supérieurs.

Nous renforcerons le système d’accréditation universitaire. Les diplômes nationaux qui, dans certains cas, sont pratiquement donnés, feront l’objet d’une procédure nationale rigoureuse pour sauvegarder la qualité éducative.

Dans le cadre Santé, nous renforcerons le système de santé et installerons le Système d’Attention Mobile d’Urgence (SAMU) par une expérience pilote à Lima et trois autres capitales de département ainsi que la création d’un Programme de Fourniture d’Accès aux Génériques de Qualité.

Nous renforcerons les premiers soins dans les secteurs les plus pauvres de Pérou.

Durant les 5 prochaines années nous construirons des hôpitaux dans chacune des 50 capitales de province où ils n’y en a pas encore. Nous réaliserons ainsi notre engagement d’avoir au moins un hôpital dans chaque province du Pérou.

Les paysans du Pérou et, en général les pauvres du milieu rural, seront prioritaires. AGROBANCO recueillera des fonds pour l’octroi de crédits à l’agriculture familiale, et nous établirons des modules de développement agricole accessibles aux différentes formes d’associations agricoles et de producteurs.

Le Pérou établira une nouvelle relation entre l’État et le marché, différente de celle inefficace de l’État interventionniste ou de l’État minimal et exclusif. Dans cette nouvelle relation, l’État sera un promoteur de l’investissement et du développement, garant de l’exercice des droits et des libertés, promoteur des chances pour tous.

Une bonne partie des conflits de la planète sont dus au manque d’eau. Il n’est pas possible que le Pérou que nous voulons construire ne développe pas une politique souveraine d’utilisation des ressources naturelles, une politique qui garantisse l’exploitation rationnelle et équilibrée de l’eau, la terre, les forêts, la biodiversité, le gaz et les minéraux. Ces ressources de tous le péruviens contribueront à l’éradication de la pauvreté et de l’inégalité. On encouragera l’activité privée sur les ressources naturelles, mais celles-ci seront exploitées dans des conditions de respect des populations, des travailleurs et de l’environnement.

De même, nous évoluerons profondément dans la politique d’ordre territorial qui nous permette d’établir de manière participative l’utilisation rationnelle de notre territoire.

Les profits extraordinaires des entreprises minières doivent contribuer à l’effort national pour le combat contre la pauvreté. Les contrats seront respectés et la négociation permettra, je n’en doute pas, je le répète je n’en doute pas, que cette contribution significative profite à tout le pays. Ma détermination est très claire, j’ai la volonté et la conviction pour atteindre cet objectif. Dans cette affirmation se trouvent ma parole et mon engagement vis-à-vis du peuple péruvien.

Le gaz du Lot 88 de Camisea, sera prioritairement orienté vers la consommation interne.

Nous mènerons une politique de massification de la consommation du gaz naturel pour le faire arriver dans les maisons. En 5 ans la ville de Lima pourrait disposer approximativement de 400.000 branchements.

Avec la garantie de respecter la législation en vigueur qui établit le caractère obligatoire de l’approvisionnement du marché interne, nous mettrons en œuvre des actions pour que le prix du ballon de GLP diminue significativement, ce qui se répercutera favorablement dans l’économie de la majorité de la population péruvienne, sans introduire des distorsions sur le marché, ni favoriser la contrebande. De même, nous augmenterons l’utilisation du GNV comme combustible bon marché et accessible à tous.

Nous insisterons sur la diversification de la source énergétique en faveur de gaz et des énergies renouvelables et favoriserons le développement de l’industrie pétrochimique. Dans cette mesure nous fortifierons le règlementation et l’accès compétitif aux sources d’énergie pour le transport, en évitant les suppléments tarifaires.

Nous encouragerons la construction de stations hydro-électriques, en renforçant Electroperú et les entreprises électriques étatiques régionales, et en promouvant les usines privées, par un bilan adéquat qui accorde la priorité à la demande nationale. L’État évaluera la participation d’Electroperú dans les nouveaux accords d’investissement.

Nous reconstruirons une véritable Marine Marchande du Pérou pour exécuter les dispositions de la « Loi Réactivation et Promotion de la Marine Marchande Nationale. Nous renforcerons le SIMA y ENAPU comme entreprises efficaces et nous chercherons à ce que la construction de plus d’aéroports soit aussi orientée vers la promotion du tourisme.

Nous prendrons les mesures nécessaires pour que le Pérou ait sa ligne aérienne phare et que le marché commercial aérien soit plus ouvert et et plus concurrentiel , surtout pour abaisser les tarifs et étendre la communication à l’intérieur du pays.

Dans le domaine de l’infrastructure, on continuera l’exécution de travaux relatifs aux routes tels que les projets IIRSA Interocéanique du Sud, Interocéanique du Nord, les programmes côte-Montagne et nous soutiendrons l’élaboration et la construction de projets ferroviaires.

Le gouvernement national sera le principal allié des gouvernements régionaux et locaux. Une de nos premières mesures sera l’installation d’un mécanisme de relations fluides entre le gouvernement et les présidents régionaux, y compris la reconnaissance de l’Assemblée de Gouvernements Régionaux.

Pour l’exécution des politiques publiques nationales, le gouvernement effectuera des réunions décentralisées en recherchant le dialogue avec les autorités régionales, maires et représentants de la société. Les engagements d’obligation mutuelle feront l’objet d’un suivi depuis le gouvernement.

Nous consoliderons le processus du budget participatif. Nous favoriserons l’utilisation des Conseils de la Concertation Locale et Régionale actuellement affaiblis voire dans certains cas harcelés, comme moyen d’aborder une analyse de gestion partagée.

Dans le cas concret de Lima, qui a grandi de façon désordonnée et chaotique, nous donnerons suite à l’investissement pour le transport public dans la ville.

J’annonce qui, dans un délai de deux mois, une nouvelle étape dans la reconstruction des villages du sud touchés par le séisme de 2007 sera entamée, ce qui sera effectué avec le concours des équipes d’ingénierie des FFAA.

Le gouvernement en réponse à l’alerte mondiale sur le changement climatique s’engage à renforcer le règlement et se consacrer avec sérieux aux tâches de préservation de notre biodiversité, de la ressource hydrique et des glaciers. La prévention de catastrophes sera une priorité pour nous.

Le gouvernement observe qu’un des graves problèmes qui provoque crainte et frustration dans la population soit celui de l’insécurité. C’est le résultat de 30 ans d’échecs et de très peu de réussites et ceux qui subissent les conséquences de la violence du crime organisé, le trafic de drogues et des bandes organisées sont les plus pauvres. Nous voulons changer cette absence d’ordre politique et le manque d’une politique d’état efficace en la matière.

Il est nécessaire de refuser l’idée que l’insécurité est un problème exclusif de la police. C’est pourquoi j’annonce que, puisque le Président de la République préside le Conseil de la Défense Nationale, je présiderai aussi un Conseil National de la Sécurité citoyenne et politique de lutte contre la Criminalité afin de lui donner un caractère plurisectoriel.

En effectuant un effort financier de l’État, nous entamerons un processus progressif d’élimination du système 1 × 1 dans le service policier. Nous augmenterons les salaires de la police dans le cadre d’un système plus vaste qui inclut la réforme de rémunérations du PNP. Nous activerons un Service Policier Volontaire, nous équiperons et relierons les commissariats au réseau numérique, nous installerons des pénitenciers en dehors de Lima et des principales zones urbaines du pays, nous mettrons en oeuvre le travail physique pour les condamnés pour des infractions graves. Nous dissuaderons, par des condamnations plus fortes, l’usage d’armes de feu dans la commission d’infractions de tout ordre. Dans mon gouvernement il n’y aura pas de pardon pour les violeurs, ni pour aucune violence commise contre un enfant. Nous combattrons le féminicide et proposerons une révision de la législation en vigueur.

Nous mènerons une politique contre les drogues qui consolide le modèle de développement alternatif intégral et soutenable péruvien afin de transformer les producteurs, aujourd’hui illégaux, en agents d’une économie légale. Nous ne resterons pas indifférents face à l’accroissement alarmant de drogues entre les adolescentes et jeunes. Nous respecterons le débat qui a été ouvert durant ces années autour de ce sujet, à l’intérieur et dehors du pays, mais nous ne légaliserons aucune drogue ni les cultures illicites mais, au contraire, nous allons les combattre.

Notre politique antidrogue sera souveraine et demandera que la responsabilité partagée avec les pays consommateurs soit une réalité. Nous serons intransigeants sur le contrôle des facteurs de production chimiques et le combat aux bandes de narcotrafiquants.

Nous réduirons la surface illégale de champs de coca, nous ne permettrons pas l’extension de cultures illégales, encore moins dans des parcs nationaux et des zones écologiques. En même temps, le Pérou pourra prendre l’initiative de convoquer un Sommet Présidentiel Régional Antidrogues avec la participation des pays producteurs et consommateurs, leurs présidents étant très préoccupés sur ce sujet.

La corruption est pour nous un élément qui affaiblit à l’État et affecte son développement. C’est, par conséquent, un problème de sécurité. En ce sens, je défends l’imprescriptibilité des infractions de corruption attaquant l’État et la déclaration d’inhabilité à perpétuité d’exercer toute fonction publique pour leurs auteurs ou complices; je propose la suppression des peines conditionnelles des condamnations pour corruption afin que la détention soit accomplie effectivement ; et je défends la suppression des revenus pénitentiaires dans les cas de corruption.

Nous devons mettre fin aux séquelles de la violence terroriste vécues et procéder aux réparations individuelles et collectives. Il est nécessaire que les victimes et deudos refassent leurs vies personnelles et familiales, qu’ils voient leur futur avec d’autres yeux car ils vivent dans une patrie qui les acceptent et qui les reconnaît comme péruviens.

Quant à la Défense nationale, nous voulons d’abord récupérer la morale de nos Forces Armées et les équiper de manière adéquate. On réformera le système de rémunération des FFAA en cherchant à combler la fracture salariale qui existe entre les différents degrés. On fera cela en sauvegardant l’obligation qu’a l’État d’honorer le paiement de pensions, ce qui est un droit fondamental acquis.

Nous maintiendrons la retraite reconductible et effectuerons des ajustements salariaux progressifs. Notre premier investissement militaire sera pour le soldat. Nous stimulerons le Service Militaire, en améliorant la paie des conscrits et en installant un Institut Technologique des FFAA pour l’enseignement de spécialités à ceux qui sortent du Service Militaire.

Je confirme mon engagement de développer une politique extérieure multilatérale face à notre région qui a tellement changée au cours de la dernière décennie. L’intégration dans le cadre de UNASUR et de la Communauté Andine de nations sera la principale ligne d’action.

La résolution pacifique des litiges internationaux est la philosophie qui m’inspire et particulièrement en ce qui concerne nos différends avec le Chili. Convaincu par les fondements de notre cause que je défends ardemment, j’affirme que nous accepterons le jugement du tribunal de Haye en ce qui concerne notre réclamation sur la frontière maritime et je suis convaincu que le Chili en fera de même.

Nous vivons dans un monde qui change chaque jour et d’où émergent de nouveaux pouvoirs régionaux. Les conditions sont réunies pour mener à bien une intégration fructueuse dans la région. Nous ne souhaitons pas une économie autarcique, qui se surveille elle-même, isolée du processus de globalisation. Nous préférons une économie intégrée. Intégrée d’abord avec la région et, spécialement, avec nos voisins andins et sud-américains.

Notre région est immense et riche dans des ressources mais aussi en histoire et en cultures communes. Je veux vous rappeler que notre indépendance a été un processus régional, dans lequel nous nous sommes tous unis fraternellement pour obtenir notre liberté et notre souveraineté. Le combat héroïque de nos hommes illustres tels que le général José de San Martín et le libérateur Simón Bolivar, conscients de l’urgence de l’union des peuples de l’Amérique, ont été les précurseurs de l’élan intégrateur actuel. » Sûrement, écrivait Bolivar, c’est l’union qui nous manque pour compléter l’oeuvre de notre régénération ». C’est encore l’objectif en attente pour tous les peuples d’Amérique.

Le gouvernement se propose de reconnaître et de revendiquer les 3 millions de péruviens migrants. Pour commencer, nous améliorerons la défense consulaire des péruviens à l’extérieur et nous réduirons le coût des envois au moyen de conventions qu’effectuera la Banque de la nation. Nous souhaitons que celui qui souhaite revenir dans sa patrie le fasse et pour ce faire nous favoriserons qu’il obtienne des crédits.

Les détails de ces politiques énumérées ici seront présentés par la présidence de Conseil des Ministres devant le Parlement, comme il se doit.

De la tradition militaire que je n’oublie pas et que je garderai dans le coeur jusqu’à la mort je conserve fierté, la ténacité, l’austérité et l’amour pour le Pérou et pour ses intérêts. Dans cette tradition, contrairement à ce que pensent certains, on sait commander mais aussi obéir, il y a une hiérarchie mais aussi de la fraternité, il y a de la discipline mais aussi des échange d’opinions.

Cette tradition se fond avec l’esprit généreux du Pérou, éloigné de la haine. Je ne viens pour faire la guerre mais pour faire la paix, sans vengeance et sans rancœur. Moi, qui ai été accusé de presque tout, j’ai appris à pardonner il y a de nombreuses années, avant même de faire de la politique.

C’est pourquoi, je demande à ceux qui persistent encore dans la rancune de baisser les armes.

À ceux qui demandent des salaires et des droits, je dis qu’ils ne baissent pas leurs drapeaux mais qu’ils sachent que tout changement, pour être soutenable, doit être progressif et rationnel.

À mes partisans je demande responsabilité, loyauté, sacrifice, intelligence et honnêteté.

J’appelle l’opposition à la responsabilité. Je lui demande d’être vigilants et que depuis sa position, elle respecte aussi le décision des urnes, son décision et la nôtre.

En terminant ce message je réitère que je suis un soldat de la démocratie. Et comme dit la phase de l’indépendance : « fermes et heureux par l’union ».

Merci beaucoup à tout le pays
Vive le Pérou !

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