Un professeur chinois explique « pourquoi le Parti communiste de Chine (PCC) demeure populaire en dépit de « plusieurs erreurs graves »

source : PCF BAssin d’Arcachon / http://china.org.cn/

Un professeur chinois explique « pourquoi le Parti communiste de Chine (PCC) demeure populaire en dépit de « plusieurs erreurs graves »

A la recherche des raisons expliquant le succès du PCC


Le professeur Xie Chuntao surprend de nombreuses personnes lorsqu’il évoque certaines questions, notamment pourquoi le Parti communiste de Chine (PCC) demeure populaire en dépit de « plusieurs erreurs graves ».


Le directeur adjoint du département d’histoire du Parti de l’École du Parti du Comité central du PCC explore également d’autres sujets comme le fait de savoir pourquoi le PCC n’a pas perdu sa prééminence, comme ce fut le cas en ex-URSS et en Europe de l’Est.
Il aborde ces questions dans le dernier best-seller national,

Pourquoi et comment le PCC marche-t-il en Chine.
Le livre a été publié au mois de mars, en prévision du 90ème anniversaire du PCC célébré vendredi 1er juillet.
« Il est naturel que le 90ème anniversaire soit célébré par une démonstration de ses succès, c’est pourquoi les gens sont très surpris que le livre s’attache plutôt à souligner ses erreurs », a déclaré Xie, qui a étudié l’histoire du Parti pendant presque 30 ans, à China Daily.
« Je ne pense pas que parler des erreurs du Parti ternira son image. Cela montre au contraire qu’il est franc et objectif par rapport à son histoire», a expliqué Xie, l’auteur du livre.
Son ouvrage est l’un des livres « rouges », publications traitant de la révolution communiste et de l’édification socialiste, qui déferlent en ce moment sur les étagères des librairies à travers le pays.
« Les ventes du livre de ce professeur de 48 ans ont surpassé celles de la plupart des autres livres “rouges”, avec au moins 200 000 exemplaires écoulés depuis sa publication », observe Zhang Hai’ou, éditeur en chef adjoint de New World Press, la maison d’édition qui a publié le livre et qui prépare en ce moment une version élargie ainsi qu’en anglais de son best-seller.
Xie écrit notamment qu’au cours des 20 années qui se sont écoulées entre 1957 et 1976, lorsque l’idéologie de gauche s’est imposéeil n’y a eu presque aucune augmentation de salaire pour les ouvriers, alors qu’un Chinois sur quatre souffrait de la faim.

Ce fut l’époque du « Grand bond en avant » (1958-1960) et de la turbulente « Révolution culturelle » (1966-1976).
« Lorsqu’on regarde en arrière, on se rend compte que les plus hauts dirigeants de l’époque ont soutenu ces mouvements pour de “bonnes raisons” et avec de “bonnes intentions”, dans une situation nationale et internationale compliquée », écrit-il encore.

Le « Grand bond en avant » est intervenu en grande partie, car, confrontée à la pression oppressive des puissances mondiales, le président Mao Zedong pensait que la Chine risquait de « disparaître de la surface de la terre » si elle ne remédiait pas rapidement à son retard, explique le livre.
« De la même façon, Mao avait l’intention d’édifier une société socialiste idéale en lançant une large “révolution culturelle », écrit Xie.
« Ces bonnes intentions n’ont cependant pas suffi à fournir de bons résultats ; elles ont été accompagnées des mauvaises méthodes et actions », explique Xie.
Même pendant ces années tumultueuses, le PCC a continué à ouvrir la voie avec des réformes économiques et diplomatiques qui ont eu des répercussions durables.
Le pays a testé avec succès sa première bombe atomique en 1964, a mis fin à sa dépendance aux importations de pétrole en 1965, retrouvé son siège aux Nations unies en 1971 et signé le communiqué commun avec les États-Unis l’année suivante.

Afin de surmonter la difficile période qui a suivi, les dirigeants du PCC ont soutenu le peuple envers et contre tout.

Selon une anecdote célèbre, en plus de réduire son salaire, Mao aurait renoncé à son plat favori, du porc braisé en sauce brune, durant les années de famine et n’aurait mangé qu’un bol de gruau au maïs pour le dîner de son 69ème anniversaire.
« Au moins 20 millions de travailleurs qui avaient eu la chance de trouver un travail dans les villes pendant le “Grand bond en avant” retournèrent dans les zones rurales entre 1961 et 1963, afin de montrer qu’ils avaient pris la mesure des difficultés que traversait le pays », explique le livre.
Mais le cœur du peuple fut avant tout conquis, car les dirigeants reconnurent les erreurs et en tirèrent les enseignements poursuit-il.
Mao assuma la responsabilité du « Grand bond en avant » et les autorités centrales rejetèrent catégoriquement la dévastatrice «Révolution culturelle ».
« L’attitude du Parti fut de ne pas exagérer la gloire, de ne pas nier ou éluder l’échec et d’apprendre de graves erreurs », explique Xie. « C’est toujours le cas. »
Le deuxième volume d’Histoire du Parti communiste chinoise (1949-78) publié cette année consacre environ 200 pages, presque un quart de l’ouvrage, à décrire les erreurs du Parti, notamment celles du «Grand bond en avant » et de la « Révolution culturelle » et leurs conséquences. Il analyse également les causes de l’échec de ces politiques et l’erreur de jugement des dirigeants du Parti, observe Xie.

Dans un chapitre sur la façon dont le PCC gère sa colossale équipe de plus de 80 millions de membres, presque la population de l’Allemagne, Xie a révélé que pour devenir un membre du Parti, il fallait passer par au moins 17 procédures et se soumettre à quelque 100 règles et obligations lorsqu’on est admis.
Au cours des dernières années, au moins 100 chefs du Parti à l’échelle du district ont été sanctionnés pour avoir vendu des emplois, remarque Xie. Des règles ont été mises en place pour éviter une trop grande centralisation du pouvoir des représentants à ce niveau.
L’instauration de règlements pour renforcer la supervision est cruciale pour lutter contre la corruption, explique encore l’auteur.
Pour combattre la corruption, le PCC doit agir au niveau du salaire des représentants officiels et des cadres, souligne Kerry Brown, un chercheur de l’École des études orientales et africaines à l’université de Londres.
« Ils ont une énorme responsabilité et une rémunération très modérée. Les conditions de la corruption sont réunies », explique-t-il.
Outre la corruption, le livre de Xie souligne également d’autres difficultés dans le développement du PCC, notamment les problèmes environnementaux créés par un mode de développement économique extensif et les problèmes sociaux issus de l’écart entre riches et pauvres.
À la différence d’autres livres sur l’histoire du Parti, Pourquoi et comment le PCC marche en Chine raconte de nombreuses histoires accompagnées d’analyses et de commentaires de diplomates étrangers et d’experts, comme Kenneth Lieberthal, directeur du Centre pour la Chine
John L. Thornton et associé au sein de l’Institution Brookings, ainsi que David Shambaugh, professeur et directeur du Programme sur les politiques de la Chine à l’université George Washington aux États-Unis.

« La réunion d’un large éventail d’opinions rend les affirmations du livre plus pénétrantes », affirme Xie.

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s