Tombées face contre terre

source : Morning Star, 28 Juin 2011 (Editorial).

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Le Premier Ministre Grec, George Papandreou a supplié le parlement de faire son « devoir patriotique » lundi soir et de soutenir la guerre économique de son gouvernement contre les travailleurs de son pays.

« Patriotique » est un mot étrange dans ces circonstances, puisque les seuls bénéficiaires du soi-disant sauvetage de Papandreou sont les banques étrangères.

Les millions de travailleurs grecs qui prennent part à la grève générale de 48 heures agissent pour défendre leur intérêt de classe et leur intérêt national.

Il n’ont aucun intérêt à remercier et à choyer les banques allemandes, françaises, italiennes, étasuniennes et britanniques qui ont parié sur les prêts à l’État grec.

Ils savent, comme le savent les prêteurs cyniques de la fameuse « troïka »- le FMI, la Banque Centrale Européenne et la Commission Européenne- que, même si Papandreou persuade le parlement d’accepter son programme d’austérité, la Grèce ne pourra pas se tenir à son nouveau plan de remboursement.

Ces escrocs ont affirmé l’année dernière que les 110 milliards d’euros de soi-disant « plan de sauvetage » acceptés par Papandreou arriveraient en Grèce courant 2013, moment auquel son économie revigorée lui permettra de le retourner aux marchés financiers.

Cela n’a jamais été une possibilité, puisque, plutôt que la croissance économique, l’austérité a été le prix à payer pour le prêt.

Les banquiers qui tirent les ficelles sont contents de gagner du temps, attendant que leurs titres soient garantis par l’UE ou par les gouvernements des États membres, et payés destructions d’emplois, en baisses de salaires et de pensions, privatisations d’actifs et suppressions de services.

La Grèce n’est pas unique. Un scénario similaire a affligé l’Irlande quand une fausse image de sa produgialité excessive a été peinte pour les médias de masse.

En réalité, un faible nombre de Banques irlandaises, aidées et encouragées par leurs homologues plus puissantes de Grande-Bretagne, s’étaient engagées dans une spéculation hasardeuse, étaient tombées face contre terre et l’élite politique irlandaise s’est rassemblée autour d’un nouveau sauvetage.

Le tour de passe-passe financier a littéralement mis en faillite le peuple irlandais tout en préservant le gagne-pain d’un certain nombre de banques européennes, en grande partie britanniques, qui avaient un découvert de l’ordre de 320 milliards d’euros.

Les banques internationales sont également vulnérables au Portugal, où le gouvernement du Parti Socialiste de Jose Socrates a assuré sa propre défaite aux élection générale du 5 Juin en imposant au peuple le programme d’austérité des banquiers.

Pas besoin de dire que les Sociaux-Démocrates et les Chrétiens Démocrates, expressément plus à droite, qui ont formé un gouvernement de coalition poursuivent les mêmes attaques contre les salaires, les pensions, l’emploi et les services.

L’Espagne semble avoir désamorcé pour l’instant la nécessité du sauvetage en lançant son propre programme d’austérité, avant même d’aller voir la troïka la queue entre les jambes.

Le Premier Ministres Jose Luis Rodriguez Zapatero a imposé une loi de réforme des salaires plus tôt ce mois-ci, rendant moins coûteux les licenciements, bien que le lobby des affaires veuille qu’on affaiblisse encore les droits sur le lieu de travail.

Etant donnée la stagnation de l’économie espagnole et l’échelle du découvert des banques espagnoles impliquées dans l’économie portugaise, il est difficile d’imaginer que la vie reste rose pour Madrid.

Alors que, avant qu’il ne soit trop tard, les pays faisant face à des crises financières auraient pu dévaluer leur monnaie ou élever les taux d’intérêts, aucun de ces mécanismes n’est autorisé aux pays de la zone euro, où l’État le plus puissant impose les niveaux de l’intérêt et le taux de la monnaie.

Les travailleurs grecs ont raison de rejeter ce qu’on leur demande comme trop coûteux, comme devraient le faire leurs camarades d’autres pays européens, y compris la Grande-Bretagne.

On devrait dire aux gouvernements de renégocier les dettes et d’investir pour la croissance plutôt que d’adopter des programmes d’austérité sans issue qui n’arrangent que les milieux des affaires et les riches.

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