Syndicat : poids et contrepoids, par Jorge Luis Canela Ciurana

source : Chronique du lundi de Trabajadores, lundi 27 Juin 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

En ces temps de transformations économiques, il est fréquent d’entendre des différences d’opinions entre dirigeants syndicaux à propos de leur place dans ce processus.

Aucun ne doute de la nécessité de paver la voie le mieux possible pour la mise en œuvre des Lineamientos économiques et sociaux approuvés au Sixième Congrès du Parti.

Ils ont également une conscience claire du fait que le mouvement syndical doit améliorer l’efficacité de sa participation à l’actualisation du modèle économique socialiste.

Cet objectif est inscrit dans les fonctions qui ont été définies comme les deux fonctions principales du syndicat dans le socialisme.

La première, organiser les travailleurs et contribuer à leur formation pour accomplir leurs devoirs professionnels.

La seconde, les représenter et défendre leurs droits devant l’administration, c’est-à-dire exercer leur rôle de contrepoids, sous le signe d’une relation fraternelle, constructive, restant conciliable avec l’exigence, le respect de l’éthique du socialisme, la convention collective et la législation régulant l’activité.

Nous tomberions dans une simplification vulgaire si nous supposions que parce que les moyens de production fondamentaux sont une propriété sociale, aucune contradiction, ni même aucun conflit entre des travailleurs et ceux chargés de l’administration socialiste, ne surgit jamais.

Nous ne pouvons pas ignorer qu’en des occasions fréquentes les administrateurs perçoivent négativement toute réclamation syndicale sur l’amélioration des conditions de travail, ou de la sécurité et de la santé au travail, prétextant de l’insuffisance des ressources.

De plus, peuvent émerger des opinions divergentes quand l’administration, dans la recherche d’une efficacité plus élevée, d’économies et d’une plus grande rationalité, lance un réajustement du processus de travail.

Il ne manque pas de cas dans lesquels, par voie administrative, sans discussion préalable avec le syndicat, une clause approuvée par l’accord collectif est éliminée ou ignorée.

Il est aussi légitime pour les dirigeants syndicaux de s’occuper des problèmes de la production et de la productivité, de l’économie de ressources en tous genres, de l’attention aux biens de l’entreprise et de la discipline professionnelle, que de toute réclamation des travailleurs, même d’apparence insignifiante.

Le rôle du syndicat sera toujours d’écouter, de valoriser, de favoriser la compréhension du travailleur quand il s’écarte de la raison, mais aussi de le conseiller, de le défendre et de le soutenir auprès de l’administration quand il a le droit pour lui.

Durant les premières années de la Révolution, après avoir éliminé le latifundio, nationalisé le secteur bancaire, récupéré au profit de la nation les grandes entreprises capitalistes, avec un gouvernement ouvrier, certains n’arrivaient pas à s’expliquer pourquoi, dans cette nouvelle situation, le syndicat devait se préoccuper des demandes et des besoins spécifiques ou particuliers des travailleurs.

La réponse a été donnée au moment opportun par les compañeros Blas Roca et Lázaro Peña, dont je résume quelques idées.

La première est que l’administration agit principalement et en règle générale dans le sens du développement économique et de la production, alors que le syndicat peut faire face aux problèmes particuliers de chaque travailleur et de chaque groupe de travailleur.

La seconde est que le syndicat, comme organisation de tout le collectif de travail, a un contact plus direct et plus vivant avec les travailleurs, peut voir les difficultés qu’ils affrontent et proposer les mesures pour y répondre.

Et la troisième est qu’il ne serait pas possible que l’administration traite directement avec chaque ouvrier individuellement. Le syndicat, consacré explicitement à cette fonction, peut et doit être le lien entre l’entreprise et les travailleurs, l’organisation qui les représente.

L’exercice conscient et conséquent du rôle de contrepoids syndical n’est pas l’expression d’un antagonisme, mais du développement dialectique d’une société qui cherche à concilier l’un et le multiple, comme un grand orchestre dans lequel les instruments, savamment dirigés par le chef d’orchestre, parviennent à une unité harmonieuse de la diversité de leurs expressions sonores.

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