Gladys Bejerano Portela : « Le futur sera nettement meilleur, bien que le chemin soit difficile »

source : Trabajadores, 20 Juin 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

L’article ci-dessous est un entretien avec Gladys Bejerano Portela, Contrôleuse générale de la République de Cuba et Vice-Présidente du Conseil d’Etat. Il a été publié par Trabajadores le 20 Juin 2011, sous le titre : « Control en favor de la eficiencia », en français, « Le contrôle pour l’efficacité ».

« La responsabilité du contrôle doit reposer entre les mains des chefs et du collectif », a affirmé Gladys Bejerano Portela, controleuse générale de la République, lors d’un des résumés provinciaux de la Sixième Vérification du Contrôle Interne.

La vice-présidente du Conseil d’Etat a aussi réfléchi sur ces thèmes dans une entrevue accordée à Trabajadores.

Quel sens ont l’éducation, l’orientation et la prévention dans le travail visant à favoriser le contrôle des ressources de l’Etat ?

En elles, s’enracine le véritable chemin pour connaître pleinement et être bien informé et, en conséquence de cela, il y a une conscience plus grande des devoirs et un engagement responsable, principalement de la part des dirigeants administratifs.

Nous avons dû faire face à des cas dans lesquels des gens avaient perdu de vue les valeurs et négligeaient sciemment leurs devoirs, pour s’enrichir personnellement.

Il y a aussi beaucoup de compañeros, la majorité de ceux qui assument des fonctions administratives, qui font preuve d’une grande abnégation et ont manifesté leur bonne volonté pour s’acquitter des tâches de direction d’entreprises vivant des moments difficiles. Mais il leur manque la connaissance et la formation, et ils ont subi l’influence de mauvaises habitudes, comme celle de produire à tout prix. Il est certain que produire est très important pour faire le pays avancer et se développer, mais la production doit être de qualité, et conduire à des résultats.

On a félicité certaines entreprises pour avoir mené à bien la production et, après cela, des irrégularités ont eu lieu parce qu’elles n’ont pas maintenu un système de contrôle adéquat.

Et l’éducation et la formation doivent parvenir non seulement jusqu’aux administrations, qui ont la plus lourde responsabilité, mais aussi aux travailleurs.

Quel rôle doit exercer la Contrôleuse Générale de la République dans l’actualisation du modèle économique cubain ?

La mission est précisément de préserver les ressources du pays, d’atteindre une direction économique et administrative efficace, de prévenir les faits de corruption et les actes illicites.

En étudiant les Lineamientos approuvés lors du Sixième Congrès et en écoutant les paroles du compañero Raul dans le Rapport principal et dans les conclusions, nous comprenons que, plus que jamais, nous devons aider l’administration a établir des formules praticables et bureaucratiquement moins lourdes pour renforcer les systèmes de contrôle et qui constituent de véritables instruments de direction.

Les systèmes de contrôle doivent servir à rendre les administrations plus efficaces, et, sur cette voie, la Contrôleuse Générale doit aider et se montrer exigeante.

La mission de la Contrôleuse est de travailler, au milieu de tous les autres facteurs, a assurer ce milieu propice afin qu’avec efficacité, ordre et contrôle se matérialisent les accords du Congrès du Parti.

Alors qu’approchent les deux ans de la création de l’Inspection (Premier Août), que vaut le travail accompli dans un contexte si difficile et si complexe ?

L’étape a été forte, intense. Nous avons du créé un nouvel organe à partir de la Loi 107, approuvée par l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, sans nous arrêter de travailler. Nous nous sommes trouvés dans le besoin d’établir de nouveaux règlements, de changer la structure, d’intensifier la formation des cadres, d’organiser la vérification des nouveaux programmes, d’assumer la responsabilité de l’audit du budget de l’État…

En premier lieu nous avons du consacrer du temps à étudier, à nous former, à renforcer le Système National d’Audit. Nous étions insatisfaits. Nous n’avons pas atteint le niveau nécessaire, mais nous sommes parvenus, par exemple, à achever la formation des inspecteurs et des consultants, à concevoir le règlement interne, les manuels…Nous travaillons aussi à la mise à jour des Normes Cubaines d’Audit.

L’acceptation et le soutien des administrations elles-mêmes nous stimule dans cet effort.

Quel rôle doivent jouer les travailleurs dans leurs collectifs [de travail] respectifs quant au contrôle des ressources matérielles et financières ?

Je pense que tout ce qui s’est fait de grand à Cuba, comme la Révolution elle-même, est l’œuvre des masses, et tout ce qui sera fort, important et décisif doit être accompagné de l’action des travailleurs.

Nous ne sommes pas parvenus à un niveau adéquat de participation, mais ce n’est pas de leur faute, mais de celle des administrations, qui doivent définir correctement les devoirs de chacun, les former, sélectionner les meilleurs…

Le système de contrôle ne peut pas se voir seulement comme un système comptable, puisqu’il est lié à toutes les opérations et les activités, et orienté vers la réalisation de tous les objectifs des centres de travail.

Souvent, les travailleurs ne connaissent pas les questions économiques importantes. C’est pourquoi il faut commencer par les éléments simples et abordables, pour que chacun domine de manière adéquate ce qu’il doit faire et l’effet qu’a son travail.

Il faut aussi renforcer le droit qu’ils ont à exiger que l’administration leur rende des comptes périodiquement, non pas de façon trop générale, mais en des termes qui favorisent l’analyse de fond des problèmes fondamentaux et facilite la participation active des travailleurs, avec leurs idées, leurs critères, leurs initiatives et leurs exigences. Et cela permettra de plus, de bénéficier de tout le potentiel de nos ressources humaines.

Comment voyez-vous le futur du panorama économique cubain au milieu de tant de crises et d’obstacles existant dans le monde ?

Nous sommes tous conscients de ce que le futur, du fait des phénomènes complexes à l’œuvre et de nos propres limites, ne sera pas facile. Il faut avoir confiance en l’avenir et être optimiste. Il n’est plus à prouver que devant des circonstances si défavorables, avec un travail plus efficace, nous pouvons obtenir de meilleurs résultats.

Nous ne devons pas penser que les chosent peuvent être faites par magie, mais nous pouvons aussi perdre la conviction que ce que nous nous sommes proposés de faire est bel et bien faisable.

Nous sommes un peuple formé et habitué à se battre et à vaincre. Si nous matérialisons les directives principales tracées par le Sixième Congrès du Parti, si nous améliorons notre gestion, si nous actualisons notre modèle économique et si nous agissons de façon plus responsable, le futur sera nettement meilleur, bien que le chemin soit difficile. Il n’a jamais été facile.

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