Cienfuegos, un futur modèle de développement portuaire à Cuba, par Francisco G. Navarro, correspondant de Prensa Latina à Cienfuegos.


Source : Negocios en Cuba, année XIV, n° 5, 2011

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Changement de Société a déjà publié sur les perspectives offertes par la prospection pétrolière à Cuba. Mais le développement du secteur pétrolier suppose des équipements, que les cubains sont en train de prévoir et de construire, comme à Cienfuegos. D’ici quelques années, la Période Spéciale des années 1990, dont les cubains gardent un souvenir amer, sera totalement oubliée, comme le laisse espérer cet article de Negocios en Cuba, le magazine des chefs d’entreprise cubains.

La création du premier Centre de Contrôle du Trafic du pays et d’autres preuves de développement technologique dans ce domaine répondent à la croissance du trafic maritime dans la zone et présagent de solides avancées pour le secteur dans ce pôle pétrochimique.

Le premier Centre de Contrôle du trafic de Cuba constituera un test du développement technologique et opérationnel pour ce port du centre-Sud, d’aujourd’hui à 2007.

Il sera similaire à une tour de contrôle d’aéroports, a expliqué à Prensa Latina l’ingénieur José Ramon Diaz, président de l’Administration Portuaire (AP) locale, une des quatre existant à Cuba depuis 2007, comme le prévoit le Décret-Loi 202.

La croissance du trafic maritime dans la baie de Cienfuegos- 88 kilomètres carrés- prévue dans les six ans à venir, exige qu’on investisse dans une installation de ce type, a-t-il argumenté.

En termes de de nombre de navires, on s’attend au double des plus de 400 attendus en 2010 au terme des six prochaines année s; ce qui représentera quelques 1600 opérations d’entrée et de sortie tous les douze mois.

Si on raisonne en termes de quantités manipulées, il suffit de noter que, l’an dernier, ce port a enregistré 6,8 millions de tonnes, une croissance de 270% par rapport à 2006 et, en 2015, le chiffre doit augmenter de 19,3 millions, les quatre cinquièmes étant classés comme liquides.

La réduction des risques possibles dans les diverses opérations qui doivent avoir lieu dans l’enceinte du port et la régulation du trafic constitueront les principaux objectifs de la « tour de contrôle », dont l’entrée en service présuppose l’installation d’un phare à l’entrée de la baie et la présence d’un personnel homologué par l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

Organiser le port de façon à ce qu’il absorbe la croissance à venir, éviter l’étranglement et assurer l’efficacité dans l’exécution des tâches quotidiennes constituent les grandes lignes de la Stratégie de Développement décidée par l’organisme dirigé par Diaz.

Un des prérequis habituels dans la pratique internationale dans ce domaine dynamique de l’économie est la nécessité d’éviter que les constructions urbaines n’entourent le port, et cela est pris en compte ici.

Parmi les principaux investissements envisagés dans la gestion de l’Administration Portuaire figurent l’acquisition de quatre remorqueurs et d’une chaloupe spécialisée dans les travaux liés au Cap.

La certification des quais pour les opérations impliquant des bateaux de plus de 40 000 tonnes fait aussi partie de la politique portuaire actuelle, laquelle implique de draguer dans différentes zones de la Baie.

Le président de l’AP a affirmé que des investissements de ce type sont rapidement amortis et qu’ils s’accordent aux Lineamientos économiques proposés par le Parti Communiste de Cuba, et approuvés par son récent Sixième Congrès, pour ce qui est du volet consacré à la diminution des coûts du fret. Dans le même sens, le document défend la non utilisation des ports secondaires, pratique qui nuit aux opérations et à laquelle on a recours parce que certaines condition du déchargement manquent dans les deux ports faisant office de destination officielle.

L’ALBA : moteur de la modernisation

Les premiers pas dans la modernisation du port de Cienfuegos, situé à 250 kilomètres au Sud-Est de La Havane et considéré comme l’un des trois principaux de l’île, sont liés à la mise en marche de la raffinerie de pétrole de la firme cubano-vénézuélienne CUVENPETROL, rappelle l’ingénieur Diaz.

Cela s’est fait après la réactivation de l’usine en décembre 2007, dans le cadre de la politique d’intégration de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) dont c’est le projet principal dans le domaine de l’énergie.

Quand s’achèvera le processus actuel d’expansion de la raffinerie de pétrole brut, qui élèvera sa capacité de traitement de 65 000 à 150 000 barils par jour, le port de Cienfuegos devra être équipé d’un terminal pour super-pétroliers, situé sur la côte caribéenne (en haute mer) dans un lieu connu sous le nom de Punta de Las Coloradas.

L’investissement lié à l’industrie pétrolière table aussi sur le développement dans la zone voisine d’une construction hydrotechnique pour recevoir le coke, le souffre et l’asphalte, dérivés du brut, qui seront produits quand l’usine sera au maximum de ses capacités.

Le second projet sera le plus complexe pour nous, affirme le directeur en dessinant une ébauche des installations qui seront construites en relation avec le futur terminal gazier, un des nouveaux équipements contenus dans le programme du Pôle Pétrochimique de Cienfuegos.

Il s’agit d’une autre construction hydrotechnique spécialisée dans la réception des navires transportant du méthane, bateaux qui, habituellement, atteignent une longueur de 300 mètres et un tirant d’eau de 13.

Le dernier projet est celui de la mise en place d’un quai consacré aux cargos de transport de gaz, qui devront alimenter en matière première les futures usines d’ammoniaque et d’urée et pour l’accueil desquels il faut des remorqueurs allant jusqu’à 5 000 chevaux de puissance.

Il y a plus d’un siècle, des visionnaires du développement local ont rebaptisé Cienfuegos le Grand Port des Amériques et ils sont allés jusqu’à imaginer la possibilité d’un chantier naval capable de réparer les grands cargos.

Aujourd’hui, c’est le développement industriel, inclus dans la politique d’intégration de l’ALABA, qui exigera de transformer la ville de 150 000 habitants en un futur modèle de la modernisation portuaire de Cuba.

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