Outrage au drapeau, par Alina Martínez Triay

Le terroriste Luis POsada Carriles


source : Trabajadores, 14 Juin 2011

Traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

A Miami, on veut changer le Jour du Drapeau des Etats-Unis en Jour de Posada Carriles.

Si on disait aux familles des victimes des attentats des Tours Jumelles à New York que le Jour du Drapeau de leur pays serait consacré à un terroriste international connu, ils seraient sans doute offensés et indignés.

Et ce n’est pas une mauvaise blague : ce 14 Juin, alors que les étasuniens rendent hommage au symbole le plus important de la nation, le maire de la ville de Hialeah, ville du conté de Miami-Dade, a décidé de le déclarer officiellement Jour de Luis Posada Carriles et de remettre les clés de la ville au cerveau de l’explosion en plein vol, près des côtes de la Barbade, d’un appareil de Cubana de Aviación avec 73 passagers à bord.

Il est clair que ce personnage n’apparaît pas dans toute sa dimension sinistre aux citoyens de ce pays, acquitté des charges mineures pour lesquelles on le jugeait dans un Tribunal d’El Paso, au Texas. Posada, l’homme qui, durant des décennies, se chargeait avec diligence d’exécuter le sale boulot de la CIA, En particulier contre Cuba, est le protégé du gouvernement de ce pays, qui, pour cacher la double morale avec laquelle il mène sa prétendue croisade contre le terrorisme, a offert récemment à l’opinion publique nationale et internationale le spectacle si édifiant d’une opération militaire spectaculaire pour la capture et l’exécution extrajudiciaire de celui qu’ils présentent comm Oussama Ben Laden, accusé d’être le responsable suprême de l’attentat du 11 septembre.

Mais il est presque certain qu’on n’a jamais parlé aux étasuniens des aventures du terroriste [Posada Carriles] dans les années 1970, au Venezuela, quand il exerçait la « profession » de réprimer et de torturer, ni fait entendre le témoignage de l’économiste Jesus Marrero, torturé par lui en Juillet 1973 dirigeant un groupe de victimes vénézuéliennes du terroriste. Ce groupe, a déclaré Marrero, possède des documents révélateurs, parce qu’ils montrent Posada sous les traits du Commissaire Basilio, quand il était à la tête de la brigade qui a capturé et tué de nombreux révolutionnaires. Ces documents, assure-t-il, confirment sa culpabilité directe dans l’exécution d’actes de tortures et le meurtre de nombreuses personnes.

L’opinion publique des États-Unis connaît encore moins les révélations contenues dans le livre du journaliste canadien Jean-Guy Allard, intiulé Posada Carriles cuatro decadas de terror, où figure, entre autres choses, le témoignage déchirant de la vénézuélienne Brenda Esquivel, qu’on a fait avorter à coups de pieds dans le ventre au bout de huit mois de grosses, immédiatement après l’ordre de Posada : « Finissez-en avec cette mauvaise graine avant qu’elle ne naisse »

Les citoyens du pays de Lincoln ne savent pas non plus que l’individu qu’on veut honorer le Jour du Drapeau a été à la tête d’une agence de détectives au service de l’Opération Condor, menée par les militaires fascistes en Amérique du Sud, ni qu’il a des liens avec le scandale Iran-Contra, ni qu’il a baigné dans des échanges de drogues et d’armes à Ilopango au Salvador, ni qu’il a travaillé pour les appareils répressifs en Amérique centrale, avant qu’on ne retrouve sa trace à Panama dans le cadre d’un complot pour assassiner Fidel Castro, comme l’a révélé Allard.

Il est fort possible qu’ils n’aient pas eu vent des déclarations du salvadorien Francisco Chavez Abarca qui a affirmé lors du procès qui s’est tenu à La Havane que Posada l’avait non seulement recruté et engagé pour commettre des attentats à la bombe dans la capitale cubaine en 1997, mais qu’il a participé personnellement à la préparation du matériel explosif utilisé dans les actions terroristes.

Ils sortiraient de leurs gongs si on leur disait que tout ce « mérite » pour lequel Posada a été baptisé l’Oussama Ben Laden de l’hémisphère occidental, est précisément ce qu’a voulu récompenser la mafia anticubaine ce 14 Juin. Et il n’y a pas à s’étonner qu’ils veuillent consacrer un jour à leur idole puisqu’ils ont fait pareil avec son collègue décédé Orlando Bosch.

En réalité, le terrorisme est d’actualité, et pas seulement chez les pires ennemis que la Révolution cubaine ait en Floride.

Je rejoins le spécialiste de ces questions et universitaire José Luis Méndez quand il affirme que l’assassinat de celui dont on assure qu’il est le vrai Oussama Ben Laden a augmenté la popularité du Prix Nobel étasunien et aplani le chemin vers sa réélection, mais le terrorisme dans le monde demeure intact, parce que les États-Unis et l’OTAN l’utilisent avec l’aval et le mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU.

C’est pourquoi sans la moindre pudeur ils célèbrent à Miami l’impunité de leur « héros », Posada Carriles, sans se préoccuper de ce que l’hommage soit tâché de sang cubain et latino-américain, ni s’offusquer de l’outrage que représente pour le peuple des États-Unis le fait qu’on veuille dédier à un terroriste le jour choisi pour honorer le principal symbole de la nation.

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