Mercenaires, blocus, lois extra-territoriales. Ne pas faire aux autres ce que vous ne voulez pas qu’ils vous fassent, par Marc Harpon

Les américains ont un problème sérieux avec la démocratie. Si je me souviens bien, on entend par ce terme un système politique dans lequel un peuple se gouverner lui-même. Un pays dans lequel les lois qui s’appliquent sont décidées non par les citoyens et leurs représentants mais par des personnes physiques ou morales non élues sans rapport avec ce pays n’est pas une démocratie mais une colonie. En d’autres termes, un Etat qui promulgue des lois extra-territoriales, c’est-à-dire censées s’appliquer à l’étranger, nonobstant les législations en vigueur dans les pays tiers se comporte comme une métropole à l’égard de territoires vassalisés.

De là, il suit que des textes comme les lois Helms-Burton et Toricelli ou encore l’Iran Sanction Act, sont une insulte non seulement aux pays qu’ils cherchent à écraser- Cuba et l’Iran en l’occurence- mais pour l’intégralité de la communauté internationale. Ces lois, en effet, imposent des sanctions aux entreprises qui font affaire avec les pays mis à l’index. Cela revient à dire qu’une société française comme Pernod Ricard, qui distribue le rhum Habana Club, viole une loi américaine quand elle fait affaire avec Cuba et qu’elle peut, en théorie, faire l’objet de sanctions.

Il y a quelque chose de remarquable dans les sanctions décidées par Washington contre le Venezuela concernant ses relations avec l’Iran. Elles sont odieuses, en tant qu’elles relèvent et de l’insulte et de la menace, mais finalement assez légères. Les filiales de PDVSA, comme CITIGO, sont exclues de son application et de fait, la compagnie pétrolière ne bénéficie de presque aucun des avantages dont on prétend la priver. C’est que les américains, comme le faisait remarquer récemment Progreso Semanal, hebdomadaire bilingue publié en Floride par des cubains-américains plutôt favorables à la Révolution, n’ont pas envie de devoir s’imposer des files d’attentes immenses à l’entrée des stations services, le Venezuela étant un gros exportateur de pétrole qui plus est proche du territoire étasunien.

Les Etats-Unis tremblent devant la perspective de la moindre pénurie. Comme s’ils n’étaient pas déjà assez gavés de Coca-Cola et de hamburgers, comme s’ils n’avaient pas assez de 4×4 et de Cadillac. En revanche, cela ne les dérange pas spécialement d’imposer aux autres ce dont ils ne veulent pas pour eux-mêmes. Passons sur le financement de dissidences mercenaires, sur les affaires Alan Green en tous genres, sur l’appui logistique à la subversion violente et terroriste des Posada Carriles, des magnats de la presse privée vénézuélienne, des putschistses du Honduras ou encore des sécessionnistes boliviens et venons en directement au crime capital commis quotidiennement contre le peuple le plus courageux de la planète : le blocus qui étrangle une petite île pauvre de11 millions d’habitants, coupable d’avoir voulu exercer son droit souverain de nationaliser les biens d’entreprises américaines- non sans avoir fait des propositions d’indemnisation.

Le gouvernement d’Obama a peur de devoir forcer des millions d’américains à faire la queue dans les stations services, mais il ne craint pas d’obliger des millions de cubains à s’approvisionner dans des tiendas où le moindre morceau de fromage est hors de prix, compte tenu du salaire mensuel moyen situé, dit-on souvent sans tenir compte du « salaire social » que constituent les programmes sociaux du gouvernement révolutionnaire, aux alentours de douze euros. Il ne craint pas de priver les malades cubains de certains médicaments, de priver les Universités cubaines de partenariats et de synergies indispensables, de les priver d’outils de travail aussi nécessaires dans le monde d’aujourd’hui que le système d’exploitation Windows. S’il en avait les moyens, l’Empire irait jusqu’à priver les paysans cubains de leurs terres, pour les rendre aux latifundistes déchus avec la Réforme Agraire et il expulserait des milliers de gens de leur maison, pour la rendre à aux héritiers de rentiers oubliés d’avant la Révolution. Et ce n’est pas tout, à encourager comme il le fait, avec la fameuse loi d’ajustement cubain, la fuite des cerveaux et les défections, il ne craint pas du tout de priver l’économie cubaine des forces vives dont elle a terriblement besoin pour mettre en oeuvre « l’actualisation du modèle économique et social » de la Révolution approuvé lors du Sixième Congrès du Parti Communiste.

L’Empire, décidément, n’est pas prêt à s’abstenir de faire aux autres ce qu’il ne veut pas qu’on lui fasse. Mais il semble oublier la raison même pour laquelle il se comporte ainsi : dans ce tout petit pays du Tiers-Monde, il y a eu, le premier janvier 1959 une Révolution et, depuis, les mots patria o muerte, ne sont plus des paroles en l’air. Et c’est pour cette même raison que l’Empire ne peut pas gagner.

3 commentaires

  1. L’empire américain ou l’empire du mensonge…

  2. Les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation.

    ALBERT EINSTEIN

  3. Et la Révolution semble faire tache d’huile, non? Celà ne peut que rendre furieux l’Impérialisme et d’aiilleurs tous les Pays Industrialisés qui craignent comme la peste le réveil des Pays du Tiers-Monde. Et Cuba c’est heureux a su résister et tant mieux si des pays tentent d’en copier le meilleur ! On comprend mieux le temps aidant cette argne contre Cuba, ils ne se trompaient pas « les loups criant au voleur » Le voleur se dit volé, voyons !!!


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