Les indignés vus de Cuba, par Juan Dufflar Amel

source : Trabajadores, 02 Juin 2011. (Titre original : « Des millions d’êtres indignés par un système qui leur nie des droits humains fondamentaux demandent la démocratie réelle et un monde meilleur »)

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

La diabolique« dictature » cubaine, qui, d’après nos médias aux ordres, ne respecterait pas les droits de l’homme, n’a pas l’air d’avoir peur de parler des luttes qui se mènent dans le monde entier pour faire respecter ces fameux droits. Elle est même extrêmement optimiste (trop?) concernant les fameux indignés. C’est inexplicable si l’on accepte les analyses dominantes de la situation cubaine, tout aussi inexplicable que l’énorme effort cubain en faveur du droit humain fondamental qu’est la santé. (Note de Marc Harpon)

Ce n’est pas un rêve, ce qui se passe maintenant en Europe, c’est une incontrôlable vague de manifestations et de protestation populaire demandant la démocratie réelle, le changement des structures politiques, du marché du travail, des salaires plus élevés, la justice et la sécurité sociale, l’éducation et des logements décents, droits niés durant des années par les gouvernements néolibéraux qui dirigent dans les pays du Vieux Continent.

La crise économique qui s’est emparée de l’économie mondiale, produit de l’irrationalité du système capitaliste, s’est chargée de détruire le tableau d’une société de libre entreprise, de lois inexorables du marché, de consommation et de développement « durable » présenté comme modèle exemplaire, et a montré crûment les conséquences d’un régime d’exploitation vorace et inhumain.

Les centaines de milliers de jeunes sans emploi, de travailleurs, de retraités et de représentants des différentes couches sociales, qui aujourd’hui se rassemblent pour dire leur indignation dans les centres emblématiques des capitales de Grèce, du Portugal, d’Espagne ou de France, réclamant une vie meilleure, ont remplacé les paisibles touristes qui avaient l’habitude de contempler « les beautés du monde matériel », crées aux par les « horreurs du monde moral ».

L’urgence de changements économiques et sociaux substantiels et la contestation furieuse des politiques d’ajustement et de sortie de crise drastiques, qui aggravent le chômage et les situations précaires, unissent ces multitudes qui remplissent les rues et les avenues, qu’elles soient devant le Parlement en Grèce, à la Puerta del Sol en Espagne, sur la place historique de la Bastille en France ou sur la Place del Rossio à Lisbonne, au Portugal.

Ces mouvements spontanés, comparables à ceux initiés par les masses populaires à Tunis et en Egypte et diffusées plus tard à d’autres nations arabes du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord, sont liés les uns aux autres, non seulement par la similitude des exigence de meilleures politiques économiques, mais aussi par leur rejet des formes de gouvernement qui prévalent dans leurs pays respectifs.

Dans les pays européens, les manifestations sont tantôt des grèves générales tantôt d’énormes rassemblements pacifiques, dans lesquels les jeunes sont ceux qui se distinguent le plus par leur combativité et par leur appartenance aux secteurs les plus touchés par le chômage et le désespoir ou l’incertitude de l’avenir concernant leur formation professionnelle.

Face aux concentrations massives de ceux qu’on appelle les indignés, qui se répandent dans les villes d’Europe, les dirigeants des pays les plus développés et industrialisés du monde : États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Canada, Italie et Russie, membres du Groupe du Groupe des 8 (G-8), se rejoignent sur l’application de mesures extrêmes pour résoudre, aux prix d’énormes pénuries imposées aux masses populaires, la crise qui les accable et mine les base du système capitaliste mondial.

Mais leurs actions ne se limitent pas exclusivement à l’application de politiques de choc, ou au sauvetage des dettes astronomiques de leurs plus grandes sociétés. Ils utilisent leurs corps répressifs pour contenir la soif de profondes transformations des peuples.

Barcelone, Paris et Athènes ont été les témoins de la brutalité féroce des forces de police anti-émeutes et de l’utilisation de gaz lacrymogènes contre les manifestants pacifiques, avec un solde tragique de blessés et de détenus, moyens cependant incapables de faire taire les millions de voix qui, le regard déterminé, lancent des gestes d’indignation et exigent « La démocratie réelle maintenant. »

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