Face à l’effacement derrière le Front de gauche et Mélenchon, redonnons confiance dans le PCF dont le pays a besoin !

Communiqué d’Emmanuel Dang Tran

source : Vive le PCF

Pierre Laurent l’a encore répété tel quel ce matin sur RTL : le candidat du PCF pour la présidentielle de 2012, ce sera Jean-Luc Mélenchon. Bravo la démocratie !

Ce n’est pas la « Conférence nationale », réunie ce week-end à Montreuil, qui va le contredire. Cette instance est principalement composée de membres des directions nationale ou départementales ou de camarades désignés par elles. 

Elle va valider le programme « partagé » de « gauche » élaboré sans les communistes et le « paquet électoral » pour 2012.

Les longs marchandages pour se répartir les circonscriptions avec le Pg en disent long sur la « nouvelle façon de faire de la politique » du « Front de gauche ».

C’est peu de dire que le choix de s’aligner derrière le socialiste, mitterrandien et maastrichien qu’est Mélenchon ne passe pas dans le Parti. La vague de rejet est sensible dans tout le Parti malgré tous les artifices pour écarter les camarades de la décision : censure de l’information, intervention directe du secrétaire national, absence d’impulsion des débats etc.

André Chassaigne, candidat à la candidature du Front de gauche, a raison lorsqu’il écrit qu’en définitive, ce n’est pas une question de nom mais une question de démarche et de contenu.

C’est pour cela qu’il a annoncé qu’il se rallierait au choix de la Conférence nationale.

C’est pour cela que nous maintiendrons au vote des communistes, les 16, 17 et 18 juin, ma candidature, une candidature présentée collectivement (par 7 membres du CN, deux secrétaires fédéraux, des dizaines de secrétaires de section… n’en déplaise à l’Huma qui falsifie mes propos).

La direction nationale entend réussir le tour de force d’esquiver tout débat de fond sur la stratégie politique.

Elle a annulé le congrès ordinaire prévu initialement en juin 2011. Les communistes n’ont pas pu définir d’objectifs, en lien avec le mouvement populaire, pour les élections de 2012, ni de programme, sur la base desquels nous aurions pu envisager tout type d’alliance pour ces élections difficiles.

Non, se défiant de l’avis des communistes, derrière le nom de Mélenchon, la direction veut imposer une ligne politique bien précise.

Le « Front de gauche » n’a rien de rassembleur. La méthode Coué pour gonfler les résultats électoraux de 2009 et 2010 n’y change rien. C’est une alliance étriquée avec des partis qui ne représentent rien dans la société.

C’est la poursuite de la stratégie de « métamorphose » du PCF, massivement refusée par les communistes, en un parti comme les autres, enfermé dans les institutions, aligné derrière la social-démocratie, résigné à logique réformiste de l’Europe « sociale ».

Le Front de gauche, c’est la poursuite de l’effacement de l’organisation, des positions révolutionnaires du PCF, la transformation du PCF en groupes de colleurs d’affiche pour Mélenchon, en syndicat d’élus, en organisateur de débat de « spécialistes ».

L’électoralisme du Front de gauche dévalorisera encore la portée historique du vote communiste qui était lié, qui l’est encore avec notre action dans les luttes.

Mélenchon a compris l’aubaine de « l’offre politique » de la direction du Parti pour reproduire, en petit, en farce, l’opération de Mitterrand dans les années 70 qui a réussi à prendre 3 millions de voix au PCF.

Il faut donner un autre signe que ce choix de la résignation. C’est le sens de ma candidature. Des milliers de communistes, des dirigeants d’organisation du PCF ont la volonté de se battre, de faire vivre et de renforcer leur parti dans la lutte des classes. Il faut que cela se sache.

Quand j’entends Pierre Laurent et d’autres dire que Mélenchon, ce serait le « choix de la raison », cela me révolte.

Dans tous les déplacements que j’ai pu faire ces dernières semaines, j’ai rencontré des communistes, des salariés, des agriculteurs qui sont à l’avant-garde des luttes, des jeunes qui aspirent à combattre le capitalisme pour changer de société.

L’attente est immense d’un Parti communiste qui parle clair, qui soit offensif, sans compromis. Ce qu’a représenté historiquement notre parti, à qui notre pays doit toutes ses avancées sociales et démocratiques que le pouvoir au service du capital est en train de remettre en cause, est quelque chose de très fort. Le souvenir de Georges Marchais revient souvent. Le capitalisme est en crise. Il est désavoué massivement. 

Quand trois millions de personnes manifestent pour la défense de la retraite à 60 ans, que 75% de la population condamne la politique du pouvoir sarkozyste, comment rester aligné sur plus petit dénominateur commun de la « gauche » et ne viser que 2012 ?

Espérer « tirer à gauche le PS », on a déjà donné après 1981 et 1997! C’est renier nos positions, affaiblir le mouvement social. Ce qui ne change rien pour moi à la nécessité de battre Sarkozy.

Comment pouvons-nous laisser aussi, après le vote de classe à 55% contre la Constitution européenne, le système recycler et dénaturer, avec le FN, l’opposition à l’UE du capital, à l’euro, à l’application des traités et directives désavoués par les peuples ?

Toute notre protection sociale, nos services publics, l’avenir de notre industrie et notre agriculture en dépendent.

Des axes politiques clairs sont nécessaires pour renforcer le Parti, pour retourner à la porte des entreprises, défendre des positions de rupture, y compris dans les syndicats, en bas des cités, pour transformer la colère en luttes.

Là est la raison d’être de notre engagement de communiste, liée à notre perspective de changement de société, le socialisme. 

Certains communistes peuvent ne plus y croire et vouloir faire autre chose que le PCF. C’est leur droit et je les respecte. Mais alors qu’ils ne cherchent pas à détourner ce que représente le PCF !

Voilà ce que nous exprimerons à la Conférence nationale, puis avant le vote des communistes, conscients d’être à contre-courant de l’idéologie qui y sera dominante, mais aussi de la nécessité du renforcement de notre parti.

5 commentaires

  1. EDT parle d’or, mais à quoi sert-il? Il est bien là dans son rôle de figurant, opposant de pacotille manipulé par le direction, tout juste bon à diviser l’opposition au PCF, dans le vain espoir de le reconstituer autour de lui-même. Son courant est apparu dans ce but au 33 ème congrès en 2006, et a su se rendre utile.

  2. je pense que les vrais communistes pas les rigolos qui se battent depuis des années pour un strapontin que le P S veut bien leur faire cadeau ,non les vrais et ils sont nombreux vont comme moi faire une promenade .il y en à marre de cette mascarade
    actuellement beaucoup de peuples d’EUROPE se mette en mouvement nous en FRANCE nous ne sommes pas foutus de rassembler ne serait ce que5000 personnes sur une place
    la raison est simple depuis que la direction du P C à virer les cellules ,la lutte des classes puis la faucille et le marteau sur notre drapeau depuis que MARCHAIS à fait coucou avec MITTERAND et bien nous les vrais communistes nous sommes orphelins pour l’instant
    je fais confiance aux ouvriers,a ceux qui subissent cette merde,je pense que le réveil fera beaucoup de mal à toute cette racaille qui ose prendre le non de communiste fw

  3. Je confirme l’intervention de Gilles Questiaux à propos d’E.DANG TRAN .
    Surnommé par dérision « le petit Lenine » sont projet est surtout personnel et ne sert qu’à augmenter les divisions parmis celles et ceux qui se veulent réellement communistes, tout en faisant le jeu de la direction mutée du PCF !

  4. je trouve désolants les deux commentaires concernant Emmanuel Dang Tran. En quoi le dénigrement systématique d’un camarade constitue-t-il un argument politique ?
    Où joue-t-il le jeu de la direction ? C’est dans la situation présente, le seul vote qui présente une alternative sur le fond aux orientations du Front de gauche. Un « retrait tactique » de sa candidature serait apparu comme une opération politicienne … De toute manière, les camarades qui votent pour lui ne voteront pas pour Mélenchon, et nombre d’entre eux, j’en connais dans ma section et dans ma fédé, n’auraient pas voté pour Chassaigne non plus.

  5. On peut ne pas apprécier les positions d’André Gerin, mais dans ce cas on ne se fait pas élire au CN sur sa liste comme l’a fait Emmanuel Dang Tran.

    EDT, objectivement, divise l’opposition au PCF, et par son sectarisme sert d’épouvantail utile à la direction. Le dénigrement des camarades avec lesquels il s’est librement associé, Jean Jacques Karman, André Gerin, Pasquale Noizet, et des camarades exclus du PCF par la direction (dont ceux de la section de Paris 1er 2ème dont il a boycotté le soutien) est sa pratique systématique. Il ne faut pas se fier à son air de Calimero souffreteux ! Il fait le jeu de la direction fédérale auquel il laisse complètement le champ libre, et maintenant de la direction nationale. Avec un peu de chance, il fera passer Mélenchon. Il aura alors pour la première fois de sa vie été utile à quelque chose, mais pas à faire vivre et renforcer le PCF.

    Ne pas voir que sa candidature favorise Mélenchon, c’est de l’aveuglement. et les camarades qui ne veulent se prononcer que pour un candidat au verbalisme « pur et dur », mais dépourvu de toute crédibilité, cèdent, je le crains, à la tentation du gauchisme le plus creux.


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