Non au pacte de soumission et d’agression : renégocier la dette

Déclaration du secrétaire-général du Parti communiste portugais (PCP) Jéronimo de Sousa

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L’annonce du soutien du Conseil de l’ECOFIN à l’intervention extérieure au Portugal – cette évolution s’inscrit dans un calendrier soumis aux intérêts du grand capital – n’est pas un soulagement, et elle ne met pas fin non plus à un processus qui n’a pas la moindre légitimité politique ou institutionnelle.

Cette annonce correspond de fait à l’adoption d’un programme d’attaque contre les revenus des travailleurs et du peuple, imposant plus d’injustices et d’exploitation, compromettant les possibilités de croissance et de développement économique du pays, un programme d’abdication de la souveraineté nationale et de capitulation devant les intérêts du capital financier et des groupes économiques.

Une annonce dont le PS, le PDS et le CDS se réjouissent et qu’ilz se préparent à mettre en œuvre dans le cadre national sur la base du programme électoral commun qu’il partage en réalité.

Les conclusions de cette réunion de l’ECOFIN démontrent que le PCP avait raison quand il affirmait que les orientations adoptées pour répondre à la crise (en gardant les mêmes options de classe qui nous y ont conduit) étaient conçues pour ne bénéficier qu’au grand capital financier et pour préparer le terrain à la spéculation et au chantage contre les économies les plus faibles de l’Union européenne.

S’approfondit ainsi le processus de concentration et de centralisation accélérée du pouvoir politique et économique et la dégradation des conditions de vie des peuples qui en découle.

Cette Réunion du Conseil économique et financier de l’Union européenne est le signe encore d’une profonde crise économique et financière dans l’Union européenne, avec des conséquences dévastatrices du point de vue social pour des millions et des millions de travailleurs.

Une crise qui connaît une aggravation au Portugal découlant de plus de 35 ans de politiques de droite et où s’intensifient les contradictions d’un processus, au sein de l’UE, où les grandes puissances et le grand capital prennent de plus en plus la tête d’une politique qui vise à l’extorsion de ressources et l’asservissement de type colonial des pays dits périphériques, parmi eux, le Portugal.

Ce que la réalité d’aujourd’hui démontre, c’est le creusement du fossé de développement économique et social dans l’espace européen. Une union européenne à deux, ou à trois vitesses, qui liquide complètement les thèses et la propagande de la « cohésion économique et sociale » et qui confirme que l’actuelle monnaie unique et les conditions qui lui sont attachées, dans le même temps qu’ils sont un facteur de détérioration de la situation économique et sociale de pays comme le Portugal (avec une récession déjà annoncée pour les 3 prochaines années), bénéficient à des pays comme l’Allemagne, dont les taux de croissance sont les plus élevés de l’Union européenne.

Les conséquences et les impacts différenciés de l’Union économique et monétaire ou les effets pour les peuples de la féroce guerre des monnaies entre le dollar et l’euro – furent ignorés dans cette réunion de l’ECOFIN. Au lieu de cela, nous assistons à la mise en avant du pacte de soumission et d’agression que le PS, le PSD et le CDS ont monté avec l’Union européenne et le FMI.

En échange d’un nouveau prêt de 78 milliards d’euros, le gouvernement portugais se prépare à brader des entreprises et ressources nationales, à couper dans les salaires et les retraites, à augmenter les prix, à fermer les services publics. Un nouveau prêt qui apportera avec lui plus de 30 milliards d’euros d’intérêts (sur 7 ans et demi), sachant que les deux-tiers de cette somme iront dans les poches de l’Union européenne même.

En effet, comment est-il possible que ceux qui nous ont mis dans cette situation, qui pendant des mois ont prêté de l’argent à des banques privées (via la BCE) à des taux 1% pour qu’elles puissent spéculer avec la dette portugaise à des taux de 6/7%, vont désormais encaisser, seulement en intérêts, l’équivalent de cinq ans du budget national pour la santé.

Ce qui véritablement défendrait l’intérêt national, mais que le gouvernement se refuse à faire, c’est la renégociation de la dette publique portugaise.

Renégocier les taux d’intérêt, en disant non aux chiffres scandaleux qui ont été pratiqués ces derniers mois, et en fixant des taux d’intérêt qui permettent, au lieu de la récession, la croissance économique.

Renégocier les délais, en retardant les échéances de paiement de chacune des tranches, en obtenant des marges de manœuvre dans l’immédiat pour les problèmes de liquidité dont se plaint le gouvernement et, dans le même temps, en gagnant du temps pour l’introduction de mesures, notamment la taxation des profits astronomiques des groupes économiques, qui permettent de contribuer au rééquilibre budgétaire et à plus de justice sociale.

Renégocier également les montants à partir d’une réévaluation du gouvernement portugais, notamment de la valeur de la dette qui dérive de la spirale spéculative actuelle et dont les taux d’intérêts sont, à la lumière des intérêts nationaux, illégitimes.

Renégociation immédiate de la dette car les conditions de ce pacte sont insoutenables. Renégocier maintenant et non quand notre pays sera dans des conditions pires du point de vue de son activité économique, de son appareil productif, de sa situation financière.

Il suffirait de jeter un œil sur les conséquences dévastatrices que ces mêmes recettes ont provoqué en Grèce – plus d’endettement et de chômage, dans une spirale de dépendance et de nouveaux et insupportables sacrifices imposés aux travailleurs et au peuple grec – pour conclure que la meilleure alternative qui serve les intérêts nationaux est la renégociation de la dette.

Un processus de renégociation qui loin d’être un acte isolé doit s’insérer dans une politique plus large qui aille de pair avec la diversification des sources de financement de l’État portugais et de ses relations commerciales, ainsi que la convergence avec d’autres pays de l’UE victimes de la spéculation et de l’euro.

Un processus de renégociation qui prenne la valorisation de la production nationale comme l’instrument le plus sûr pour développer le pays, créer de l’emploi, réduire la dette, garantir la souveraineté nationale.

En ce sens, le PCP annonce que, encadrée dans une affirmation claire des intérêts et de la souveraineté nationale et intégrée dans une politique plus globale de réponse aux problèmes du pays, notamment par le moyen de la valorisation de l’appareil productif –, il présentera bientôt au début des travaux parlementaires une proposition de renégociation de la dette publique portugaise.

Une proposition qui représente une option patriotique et de gauche, une option qui serve les intérêts des travailleurs, du peuple et du pays, la seule qui constitue de fait une solution aux problèmes que connaît le pays.

A moins d’un mois des élections, le PCP souligne que les portugais peuvent avec leur vote pour la CDU punir ceux-là mêmes qui sont les responsables de la politique menée ces 34 dernières années et qui aujourd’hui se préparent à poursuivre, sous couvert d’ingérence extérieure, leur politique et leurs objectifs.

Un vote qui sera également un soutien de plus à la lutte non seulement pour le rejet de ce programme mais également de chacune des mesures qu’il comprend. Un vote qui sera une déclaration claire et un soutien à la rupture avec l’orientation actuelle du pays, à la réalisation d’une politique patriotique et de gauche.

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