En cas de passage en force de la candidature Mélenchon, les communistes de Clichy la boycotteront

Motion de la section de Clichy la Garenne du PCF, source : Réveil Communiste

Les communistes de Clichy la Garenne apprécient de façon positive les résultats des élections cantonales sur la ville. En dépit d’une montée extrêmement préoccupante de l’abstention dans les milieux populaires, leurs candidats Annie Mandois et François Delalleau avec 7, 91% progressent en pourcentage (+2,8 %) et en voix (+7), ce qui n’est pas le cas partout dans les Hauts de Seine où il manque 3003 voix aux candidats, présentés à ce scrutin sous l’étiquette Front de Gauche, pour retrouver les suffrages des candidats PCF aux élections de 2004.

Cette progression est d’autant plus appréciable qu’à Clichy l’alliance PS-Droite (Nouveau-Centre et MODEM) sème le trouble dans l’électorat de gauche, favorise la défiance vis à vis du politique et la montée du vote Front National. Ce bon résultat sur Clichy vient après les progrès enregistrés aux européennes et aux régionales. C’est le fruit d’une campagne de terrain, au plus près des préoccupations concrètes populaires, sans esquiver l’enjeu fondamental des moyens financiers du changement : défense des services publics, doublement de la ligne 13, défense de l’Hôpital Beaujon, mobilisation contre Suez et les surfacturations du chauffage urbain, refus des fermetures de classes et de filière dans les collèges et au Lycée Newton, refus de la fermeture de la caserne des pompiers, etc.

A Clichy, c’est une campagne clairement communiste que nous avons développée, adossée aux actions de terrains des militants communistes. Ainsi, durant la campagne, un millier de signatures ont été récoltées autour de la nécessité de maintenir des services d’urgences sur la ville (services d’incendie et secours, maintien des urgences sur Beaujon). Ces résultats électoraux et les adhésions réalisées montrent clairement, dans le cadre du Front de Gauche, la capacité à rassembler des candidats du PCF.

Soucieux de poursuivre sur cette lancée, avec l’objectif de reconquête de l’électorat populaire, et afin de placer bien en amont leur candidat à l’élection législative au cœur des luttes de terrains de façon à ce qu’il en soit pleinement porteur durant la campagne, les communistes de Clichy ont mis en discussion la candidature de François Delalleau (candidat titulaire), jeune communiste clichois. Ils formulent le souhait que cette candidature soit soumise sans retard aux camarades de Levallois qui doivent aussi désigner le candidat suppléant.

Les communistes clichois ont pris connaissance des travaux du dernier comité national et ne partagent pas la proposition de Pierre Laurent, -soutenue par la première secrétaire de la FD du 92 Brigitte Gonthier-Maurin-, de choisir J.L. Mélenchon pour porter les couleurs du Front de Gauche lors des Présidentielles. Ils estiment que le secrétaire national doit respecter la souveraineté des communistes. Ils condamnent donc, avec force, le déni de démocratie que constitue son interview à BFM–TV, faisant peu de cas du processus de consultation interne pourtant annoncé, et indiquant que le candidat « ne sera pas issu du parti communiste ». A quoi bon dès lors, consulter les communistes ?

Les communistes de Clichy, conformément à leur conception de la démocratie, exigent que les militants soient consultés sur le choix du candidat avant la Conférence nationale, chargée d’élaborer la proposition soumise à l’approbation finale des communistes, et non après.

Tout indique – les observateurs politiques et les médias ne s’y trompent pas-, que le choix de J.L. Mélenchon a été arrêté depuis longtemps, sans consultation des militants, de façon politicienne dans des arrangements de sommet. Ni André Chassaigne, ni André Gérin n’ont bénéficié du moindre soutien du PCF pour exposer le sens de leur candidature, quand dans le même temps, la direction procédait à la promotion évidente de la candidature de J.L. Mélenchon. A. Chassaigne a été censuré dans notre presse, et comme lui, nous déplorons ces mois d’ « hypocrisie » et les tentatives d’ « infantilisation » des militants. A ce jour, rien n’a été fait pour que les communistes disposent de tous les éléments d’information et d’appréciation afin de pouvoir faire leur choix en pleine connaissance de cause, tant les dés semblent pipés.

Aujourd’hui, les communistes sont soumis à un chantage inadmissible : ce serait JL. Mélenchon ou la fin du Front de Gauche. Qui peut croire qu’on peut construire une dynamique profonde, durable et victorieuse sur une telle base ? Il y a besoin de valeurs, de morale, de respect, de loyauté entre partenaires permettant de construire de la confiance, d’une nouvelle conception de la politique, pas de pratiques d’oukases qui bafoueraient la démocratie et conduiraient le Front de Gauche à l’échec.

Choisir entre Mélenchon et Chassaigne, c’est choisir entre deux conceptions incompatibles du Front de Gauche : celle, revendiquée par Mélenchon, d’un dépassement du PCF et du PG et de leur fusion dans un nouveau parti dont il prendrait la tête, et celle avec Chassaigne d’une dynamique de rassemblement populaire et de co-élaboration basée, non sur la disparition ou la dilution du PCF, mais sur l’essor des partis formant le Front de Gauche.

Les communistes de Clichy, qui rappellent la nécessité de rassembler, non une petite gauche étriquée, mais toute la gauche autour d’un programme de transformations radicales, se reconnaissent dans cette seconde conception du Front de Gauche. C’est une des raisons qui les fait soutenir la candidature d’André Chassaigne.

Outre la personnalité incontrôlable de J.L. Mélenchon, déjà en campagne sans jouer collectif, les communistes clichois constatent que ce dernier, – à l’inverse de A. Chassaigne qui fait, au fil des scrutins, la preuve de son aptitude à rassembler bien au delà de l’électorat communiste-, n‘est pas à même de rassembler et conduirait le Front de Gauche à l’échec. La candidature de Mélenchon ne soulève aucun enthousiasme, chute dans les sondages et divise plus qu’elle rassemble. A commencer par les communistes, principaux acteurs de terrains de la dynamique souhaitable, que sa candidature risque de diviser durablement.

Ses prises de position, hier en faveur du Traité de Maastricht, sa participation sans état d’âme au gouvernement Jospin qui a procédé à tant de privatisations, son feu vert donné à l’intervention néo-colonialiste en Libye, son étatisme revendiqué, la faiblesse de ses propositions économiques, monétaires et fiscales, très empreintes de social-libéralisme, se contentant d’écorner le système sans vraiment le remettre en cause, ne plaident pas pour la crédibilité de sa candidature.

Peu crédible, car ne remettant pas vraiment en cause la domination des marchés financiers et s’appuyant sur une conception ancienne de faire de la politique, cette candidature teintée d’archaïsme ne ferait pas le poids face à la démagogie de Mm Le Pen, de Sarkozy ou même des propositions d’accompagnement du capital portées par DSK, Aubry ou Hollande.

Les communistes Clichois se prononcent donc pour que le candidat du Front de Gauche soit issu du PCF, seul candidat à même, dans la situation actuelle, de porter des propositions rassembleuses de bon niveau, à la hauteur des défis de la crise. Dans ce cadre, le choix d’André Chassaigne leur semble le plus pertinent.

Ils tiennent à prévenir solennellement la direction nationale du PCF et celle de la Fédération des Hauts de Seine, que tout passage en force, manœuvres d’appareil ou désinformations, aboutissant à imposer la candidature de J.L. Mélenchon, conduiraient les communistes clichois à ne pas s’associer à la campagne de ce candidat et à refuser de contribuer, sous quelque forme que ce soit, à son financement.

Les communistes de Clichy invitent la direction du PCF et celle de la Fédération des Hauts de Seine à organiser avant la tenue de la Conférence nationale, il en est encore temps, une consultation nationale  et départementale permettant aux communistes de choisir leur candidat. Cela permettra à la Conférence nationale d’élaborer une proposition soumise à approbation les 16, 17 et 18 juin, correspondant vraiment aux attentes des militants.

4 commentaires

  1. Vous avez raison, ce sera bien plus facile de faire passer vos idées face à un gouvernement de droite (socialiste ou pas) ou d’extreme-droite (UMP ou pas)…

    Ce raisonnement est très capitaliste dans le fond : Quand je gagne, je gagne… Quand je perds tout le monde perd ! Npn ?

    PS : Ce qui serait bien, c’est que vous démontiez mes arguments plutôt que de censurer mon message😉

  2. Mais qu’avons nous « gagné », à nous acoquiner avec un ps qui n’a de socialiste que le nom, mais dont les comportements de ses élus à tous les niveaux ne se démarquent jamais fondamentalement de ceux de la droite la plus réac?

    Des exemples? J’en ai à la pelle!

    • Et c’est bien ce que dit Mélenchon aussi: il n’y a rien à gagner en s’acoquinant avec un PS dirigeant la barque, bien au contraire.

      La réaction des communistes de Clichy (en supposant qu’ils parlent au nom de tous les communistes de Clichy) me laisse pantois.

      • Mélenchon a le mérite de vouloir faire le trait d’ union entre les différentes composantes de la gauche radicale…..à force de crier au loup et de se diviser on ne gagnera rien et on fait place aux sociaux démocrates et aux réactionnaires.


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