Etats-Unis : la bassesse des hauts profits, par Phil Orchard

source : Green Left Weekly

Traduit de l’Anglais par Marc Harpon pour Changement de Société 

Wall Street continue à ériger des monument en l’honneur de sa propre rapacité. Le journal britannique The Guardian a rapporté le 12 avril que Goldman Sachs a payé ses cinq directeurs généraux 70 millions de dollars en 2010.

Le dernier rapport du Département du Travail du Bureau des Statistiques du Travail, publié le 27 Juillet 2010, affirmait que le salaire médian horaire des travailleurs civils était de 16,55 dollars. Les travailleurs de l’industrie recevaient 15,70 dollars et les fonctionnaires des Etats et des collectivités locales recevaient 22,04 dollars.

En face, les cinq directeurs généraux de Goldman Sachs, ont gagné en moyenne 38356 dollars par jour en 2010.

Le Guardian a déclaré que sœur Nora Nash, des sœurs de Saint-Francis à Philadelphie, a décrit cette rémunération comme « un péché ».

Nash a déclaré au Guardian : « Il y a une culture de la cupidité et cette culture me fait penser qu’il y a un fossé philosophique et éthique entre ces compagnies et les gens ordinaires dans la rue.

« La classe moyenne disparaît […] Il y a une immense bonté dans la culture américaine, que noient la cupidité et l’égoïsme. »

Le Guardian dit que Nash rejoindra un groupe interconfessionnel qui questionnera les directeurs de Goldman Sachs à la réunion générale de la Banque d’Investissement en Mai. Nash a dit : « J’ai le sentiment que nous faisons face à un monde des affaires qui est presque au bord de l’effondrement. Les choses ne peuvent plus continuer ainsi. »

Les récompenses de Goldman Sachs ont été octroyées seulement trois ans après la plus grosse crise financière globale depuis la Grande Dépression.

Le New York Times du 9 avril déclarait : « La disparité est particulièrement âpre dans les périodes où les compagnies nagent dans les liquidités. Durant le quatrième trimestre, les profits des entreprises américaines ont connu une augmentation étourdissante de 29,2%, la croissance la plus rapide en plus de 60 ans. […]

« Jusqu’ici, la reprise ne s’est pas diffusée vers le bas […]. Les PDG dans la finance, la technologie, l’énergie et autres touchent des chèques de plusieurs millions de dollars [….]. La rémunération médiane pour les 200 compagnies les plus importantes était de 9,6 millions l’an dernier. »

Le gouvernement des Etats-Unis est embourbé dans un endettement de plus de 14 billions de dollars et plie sous le poids des énormes coupes dans les dépenses du dernier budget fédéral.

Le gouvernement fait également face au risque de court-terme d’un défaut de paiement de ses emprunts à moins que le Congrès n’accepte une hausse du plafond de la dette d’ici à la mi-mai.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Camey, a prédit en avril 2012 que le défaut de paiement du gouvernement étasunien « jetterait l’économie mondiale dans le chaos ». Il a prévenu que « jouer les poules-mouillées »  avec l’économie est « une affaire risquée ».

Les travailleurs étasuniens font face à une grande incertitude. Le chômage est proche des taux à deux chiffres et les emplois et services publics sont assiégés par les administrations des Etats et l’administration fédérale.

La richesse continue à être transférée aux échelons supérieurs de la société étasunienne, avec la complicité de tous les échelons du gouvernement.

Le président du corps des étudiants de l’Université de Wisconsin, Michael Wilson a déclaré, dans une lettre à socialistworker.org datée du 12 avril : « Durant les 30 années qui nous séparent de Ronald Reagan- un vent mondial de privatisations, d’austérité et de dérégulation- la richesse du monde a été concentrée dans un nombre de plus en plus réduit de mains, au prix du développement humain et de la sécurité humaine. »

Le 6 avril, le Huffington Post expliquait que, en dépit du rythme auquel les affaires se sont remises de la crise financière, « les milieux d’affaires se préparent déjà pour gagner une autre bataille budgétaire : la révision du code des impôts des entreprises. »

Dans son discours sur l’Etat de l’Union, le président Barack Obama a dit qu’il espérait abolir les niches fiscales dont bénéficient les grandes entreprises.

Mais il a dit que son action serait accompagnée par une diminution du taux d’imposition global, qui créerait ainsi une politique combinée dont le but serait d’être « neutre sur le plan du revenu ».

Le Post a affirmé que la politique « n’augmentera ni ne diminuera le total de la facture fiscale des entreprises ».

L’article disait : « Stimulée par la perspective d’une restructuration fiscale favorable aux affaires […] la Table Ronde des Affaires et d’autres lobbies très influents utilisent les négociations sur la réforme fiscale pour favoriser l’évasion fiscale et le pardon fédéral pour les sommes dissimulées au fisc. »

En Janvier, Obama a embauché le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, comme président du Conseil sur l’Emploi et la Compétitivité.

Obama a dit qu’ Immelt « comprenait ce qu’il fallait à l’Amérique pour être compétitive dans l’économie mondiale. »

La preuve de cette compréhension a été révélée par le New York Times du 24 Mars qui affirmait que General Electric n’avait payé aucun impôt sur ses activités étasuniennes. Ces activités ont généré un profit de 5,1 milliards de dollars.

Le Times a affirmé que, plutôt que de payer des impôts sur ses profits, General Electric a « demandé une aide financière de3,2 milliards »

« Le succès extraordinaire de General Electric est basé sur une stratégie agressive qui mélange un lobbying féroce pour les allègements fiscaux et une méthode innovante de comptabilité qui lui permet de concentrer ses profit outre-mer […]

Le département fiscal géant de General Electric, dirigé par l’ancien fonctionnaire du Trésor au nœud papillon, John Samuels, est souvent dépeint comme le meilleur cabinet de droit fiscal au monde. 

En effet, le slogan de la compagnie « L’imagination au travail » va bien à ce département. »

Le Times a affirmé qu’  « une revue des fichiers de la compagnie et des rapports du Congrès montre que l’un des avantages les plus frappants de General Electric est sa capacité à faire pression pour des allègements fiscaux, à l’emporter et à tirer parti de ces victoires. »

Citizensfortaxjustice.org (CTJ, Citoyens pour la Justice Fiscale, ndt) a affirmé le 12 avril que, comme General Electric, la compagnie géante Honeywell International a réussi à ne pas payer d’impôts sur ses 12 milliards de dollars de profit pour 2010.

Au lieu de cela, tout comme General Electric, Honeywell International « a enregistré un remboursement d’impôts de 471 millions de dollars, ce qui signifie qu’ Honeywell attend de recevoir cette somme du fisc », a déclaré CTJ.

LE PDG d’Honeywell International Dave Cote a été membre de la Commission Nationale sur la Responsabilité et la Réforme Fiscales/

Forbes.com a affirmé que Cote était aussi « Premier Vice-Président de la compagnie General Electric et PDG de GE Appliances de Juin 1996 à Novembre 1999. »

Le Premier Minsitre Britannique, David Cameron, persévérant dans l’habitude traditionnelle consistant à traiter de façon paternaliste des affaires concernant le sous-continent indien, a blâmé les riches du Pakistan en les accusant le 5 avril de ne pas payer d’impôts.

Le journaliste de Guardian.co.uk a cité Cameron disant que la situation fiscale du Pakistan était sérieuse parce que « trop peu de gens paient des impôts. Beaucoup trop de vos gens les plus riches s’en tirent sans trop payer d’impôts- et ce n’est pas juste. »

Etant donné la complicité du gouvernement étasunien dans le banditisme légal de l’élite des affaires, peut-être la réprimande de Cameron aurait-elle été plus justement dirigée si elle avait visé son allié plus puissant.

En fait, Cameron pourrait commencer par son propre pays. Son gouvernement met en œuvre un programme de 4 ans de sauvages coupes de 81 milliards de livres dans les dépenses, en prenant la crise économique comme prétexte.

Mais le groupe militant UK Uncut a déclaré que plutôt que de faire payer les gens ordinaires pour une crise qu’ils n’ont pas causée, Cameron devrait commencer par mettre un terme à l’évitement fiscal par les grandes compagnies et les riches, qui coûtent à l’Etat britannique une somme estimée à 95 milliards de livres par an.

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