La réalité du déficit : le problème, ce sont les inégalités de revenus, par Sam Webb

 

 source : http://peoplesworld.org/deficit-reality-income-inequality-is-the-problem/

Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Le tonnerre des mesures d’austérité et des coupes budgétaires est presque assourdissant. On pourrait s’imaginer le pays au bord de la faillite, sur le point de « passer de l’autre côté ».

Le vacarme est assez fort pour faire oublier à des gens pondérés que nous sommes le pays le plus riche du monde.

Notre domination n’est plus incontestée au sommet de l’économie mondiale, c’est clair, mais nous créons toujours assez de richesses pour fournir à chaque américain un niveau de vie décent autant que pour résoudre la prétendue crise des finances de l’Etat.

Mais en écoutant les médias dominants et la droite républicaine, on ne devinerait jamais que c’est ainsi. De leur point de vue, nous ne pouvons pas vivre aussi bien qu’autrefois, et, pire, nous ne pouvons aspirer à vivre mieux plus tard.

Le sacrifice est à l’ordre du jour, disent-ils, mais pas le sacrifice en général. Aucun d’entre eux ne demande aux compagnies et aux familles les plus riches de « redonner » , ni de partager la douleur des autres.

Non, ce n’est pas à leur programme. Au contraire, la crise des finances de l’Etat doit être résolue au dépens des travailleurs du secteur public et de l’ensemble des travailleurs, point final. Ils sont ceux qui doivent partager toute la douleur.

Mais où est la logique dans tout ça ?

D’abord, les travailleurs- aussi bien la « classe moyenne » que les pauvres- n’ont pas causé cette crise. Ils n’ont pas été les architectes des politiques économiques qui ont provoqué la crise.

Ensuite, vous ne pouvez pas demander aux travailleurs, avec ou sans emploi, qui ont peu ou pas de réserves financières, de résoudre le problème de l’explosion des déficits.

Soyez réalistes ! Allez prendre l’argent là où il est ! Prenez l’argent de ceux qui en ont beaucoup et qui ont été à l’origine de la crise, c’est-à-dire les familles et les compagnies les plus riches.

Durant les trois dernières décennies, le faussé entre riche et pauvres aux États-Unis a progressé à grands pas. Et les raisons sont incontestables : une structures fiscale de plus en plus dégressive, la dérégulation, les attaques antisyndicales, les délocalisations, la pression sur les salaires, le jeu de la spéculation, et caetera.

Pendant que les deux partis s’associaient à ce larcin commis par l’élite dirigeante capitaliste, la droite républicaine a fait un lifting politique et idéologique complet. Depuis Reagan, elle a non seulement facilité les transferts massifs de richesse en faveur des plus riches compagnies et familles, mais aussi tenté de détruire la capacité à s’organiser politiquement de la classe ouvrière et de ses alliés.

En 2008, le vol (légal et illégal) des travailleurs par les riches a atteint des niveaux extrêmes et obscènes. Et pourtant, ni les Républicains ni l’étage supérieur de notre société capitaliste n’étaient satisfaits de leurs gains malhonnêtes. Durant les deux premières années de la présidence d’Obama, ils se sont opposés même aux plus légères mesures pour enrayer et renverser ce processus. Et avec les victoires républicaines au niveau fédéral et au niveau des États durant les élection du printemps dernier, la droite Républicaine prépare son offensive.

Prétendant malhonnêtement avoir reçu un mandat pour couper dans les programmes du peuple au nom de la responsabilité fiscale et du besoin de revitaliser l’économie, le parti républicain insiste pour que ceux qui ont le moins à sacrifier se encore sacrifient plus, tout en laissant tranquille ceux qui ont des billions de dollars qu’ils n’ont pas gagnés et qui pourraient facilement, s’ils étaient redistribués de façon radicale, combler les déficits budgétaires, éliminer la pauvreté, et fournir la sécurité économique pour tous.

Le problème général auquel doit faire face le pays n’est pas celui de l’irresponsabilité fiscale mais celui de l’inégalité de revenu brut.

Il est possible de mettre de l’ordre dans notre fiscalité afin de remettre à flots notre navire économique, mais seulement si nous retransférons massivement des billions de dollars de revenus non gagné des familles et corporations les plus riches aux poches des travailleurs et du trésor public à tous les niveaux : ville, Etat, Etat fédéral.

Les actions du peuple du Wisconsin nous montrent ce qu’il en coûtera au niveaux local, régional et national de rendre effectif un changement si radical.

Seule une mobilisation massive et continue du mouvement ouvrier, des victimes de l’oppression raciste, de gens de toutes ethnie, de femmes, de jeunes, de personnes âgées et d’autres, pourra renverser les attaques venant de l’extrémisme de droite et mette notre pays sur une trajectoire qui place les gens avant les profits.

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s