Les femmes contre l’agression, par Felipa Suarez Ramos

 

source :http://www.trabajadores.cu/materiales_especiales/coberturas/50-aniverdario-de-giron/mujeres-contra-la-agresion

traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Les membres du Bataillon Féminin Lidia Doce ont assuré la garde d’édifices et d’entités importantes de la capitale, au temps de Giron [La Baie des Cochons, ndt]

Un demi siècle s’est écoulé et Esla Blaquier Ascaño n’oublie pas les moments vécus quand, alors qu’elle faisait partie du bataillon Féminin Lina Doce, elle a accomplis d’importantes missions durant l’agression mercenaire sur le sol national, en avril 1961.

Des mois auparavant, en novembre 1960, elle avait été incorporée à cette unité après avoir fait face à un refus dû au fait qu’elle n’avait que seize ans, et à cause des tabous et préjugés servant à maintenir la femme dans les étroites limites domestiques.

Obtenir l’autorisation de ses parents ne fut pas très difficile, puisque « je suis issue d’une famille avec une formation politique et révolutionnaire, et bien que pour eux, ce fut difficile, compte tenu de l’éducation qu’il m’avaient donnée, comme ils savaient ce que pouvait amener la Révolution, et que pour eux la faire était une satisfaction, ils m’en donnèrent l’autorisation »

Le 15 avril, quand a eu lieu l’attaque contre les bases aériennes de Ciudad Libertad et San Antonio de los Baños, et à l’aéroport civil de Santiago de Cuba, les Lidia Dolce se sont présentées au quartier général du bataillon. En préparation de ce jour, elles avaient surmonté l’entraînement qui leur avait été organisé, et elles avaient l’expérience d’avoir gardé les édifices les plus sensibles de La Havane durant la mobilisation générale décrétée au moment de la passation de pouvoir de Dwigth D. Eisenhower à John F. Kennedy, aux Etats-Unis.

« Le 16, nous participâmes à l’enterrement des victimes des bombardiers ; nous marchions derrière les cercueils. Nous avons aussi participé à cette cérémonie à cause de notre quartier général : nous dormions dans les jardins, dans un appartement ou où nous pouvions, parce que nous étions nombreuses et nous ne tenions pas dans la caserne ; de plus il nous prenions deux repas par jour maximum »

Au matin du 17, après le début du débarquement mercenaire, on a commencé à les transférer vers les édifices les plus importants de la capitale, parmi lesquels figuraient les hauts édifices, les ambassades, les couvents, les grandes écoles et les maisons de retraite.

Avec les prisonniers

Après la liquidation en 72 heures de l’invasion, les prisonniers ont été transférés à La Havane, où la visite de leurs familles a été rapidement autorisée. Dans ce travail, on put également compter sur les Lidia Doce :

« Je n’ai pas participé à la garde des prisonniers, qui étaient suivant ce que je pus observer, bien traités ; ils y en avait à l’hôpital Naval, alors encore en construction, dans des chambres aménagées pour eux et où venaient leurs visiteurs. Nous autres étions chargées de recevoir les parents, d’assurer tout le processus de vérification concernant le prisonnier qu’ils venaient voir, et de les escorter jusqu’aux chambres, armées de nos fusils R-52. Nous restions en poste à la porte, c’est-à-dire que nous n’intervenions en rien dans leurs conversations. »

Autres missions

Elsa a également fait partie de celles qui ont gardé les ambassades du Japon et du Mexique, et les bâtiments des Ursulines, une énorme école pour jeunes filles riches, vivant toutes dans la zone dénommée Les Hauteurs de Miramar.

De même, elle prit part au processus de transformation des bataillions indépendants en ceux de la milice nationale, et dans la formation de l’Organisation des Milices Industrielles, transformée ultérieurement en Defensa Civil, dont elle est la fondatrice. Plus tard, elle passa dans le service dans les Forces Armées Révolutionnaires, où durant de nombreuses années, elle travailla comme journaliste dans la revue Verde Olivo, jusqu’à sa retraite, avec le grade de Major.

« Mon séjour chez les Lidia Doce a constitué un très grand changement dans ma vie ; il a représenté un bond non seulement vers l’indépendance, parce que j’étais habituée à ce que mes parents me guident en tout, mais aussi vers la maturité, au moment où j’ai été face à une arme- je n’en avais jamais vue-, où j’ai du l’armer, la désarmer et aller au champ de tir, et savoir que si à un moment donné il était nécessaire de l’utiliser, je devais le faire. En plus, j’ai dû faire des gardes matinales dans des lieux obscurs, et toute seule. »

 

La Révolution leur a fait confiance

« Je considère que nous confier cette mission démontre l’intérêt immense que portait la direction de la Révoluton et Fidel lui-même à cette affaire, puisque, naturellement, faire garder des écoles et des entités religieuses par des hommes n’aurait pas eu le même effet. Nous étions des femmes, égales à celles qu’il y avait partout, et cela a évité qu’on nous perçoive comme des éléments anticonformistes. Nous agissions toujours avec douceur et mesure.

« La Révolution nous a assigné la surveillance de la capitale, conjointement à quelques bataillons d’hommes, et nous avons eu des camarades détachées à la Cité Sportive, où furent réunis les contre-révolutionnaires pour empêcher qu’ils puissent s’organiser ou mener à bien une quelconque provocation. »

Avec les années, Elsa et ses camarades d’autrefois, sont fières d’avoir accompli sans incident une mission qui a contribué à préserver l’ordre durant et après l’invasion mercenaire d’avril 1961.

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