Victimes y compris du racisme…

100.000 réfugiés ssont déjà arrivés en Tunisie, il en reste dix fois plus et parmi eux deux types de travailleurs sont particulièrement persécutés. Selon le Financial Times, les Chinois et autre asiatiques déclenchent contre eux le racisme de bandes de voyous, l’article ne précise pas de quel côté sont les dits voyous.  Les Chinois, selon l’article, toujours soucieux de neutralité politique commencent à s’interroger et ils ont envoyé des navires pour transporter d’urgence non seulement leurs propres ressortissants mais ceux d’autres pays asiatiques, ils en ont évacué environ 40.000. Il y a ceux de pays trop pauvres pour sauver leurs immigrants comme le Bengadlesh.  Les Africains eux aussi , si l’on doit en croire cet article du parisien libéré, sont particulièrement visés puisqu’on les prend « pour les mercenaires de Khadafi ».  C’est pour ces gens-là que personnellement je considérais la proposition de médiation de Chavez comme devant être prise en considération. Toute intervention militaire ne peut que leur nuire et risque d’embraser tout le continent africain, où la sitation se dégrade, il n’y a pas que la Côte d’Ivoire, le Burkina Fasso connaît aussi des troubles profonds. (note DB)

Ils sont terrorisés. Certains se sont barricadés chez eux, d’autres se sont cachés dans le désert. Insultés, menacés, frappés, chassés, volés. Leur seul tort est d’être noir, et par conséquent assimilés aux «mercenaires» de Kadhafi. Les Africains de Libye abandonnent tout pour sauver leur peau.

Cissé Ousmane, Ivoirien de 31 ans, regardait la télévision chez lui, à Zouara (ouest de la Libye), quand «les Libyens» sont arrivés.  «Ils ont frappé à la porte, boum, boum, plusieurs fois, il était 2 heures du matin. Ils voulaient rentrer de force. Ils disaient sortez, on va vous tuer, vous êtes des blacks, des étrangers, dégagez». C’est la porte blindée et les barreaux aux fenêtres qui les ont sauvés, lui et sa famille. Des maisons de Nigériens ont déjà brûlé. Deux heures plus tard, ils fuyaient en pleine nuit pour venir s’échouer à Ras Jedir, à la frontière libyo-tunisienne.

Les témoignages se suivent et se ressemblent. Ils sont venus du Mali, du Soudan, du Tchad ou du Ghana en Libye pour trouver un emploi bien payé, aider leurs parents restés au pays, voire s’installer et fonder une famille. «Je gagnais environ deux fois plus qu’au Soudan», explique Moussa, un ouvrier de 33 ans, qui a fui avec ses quatre enfants.

«Ils nous ont agressés, ils nous ont tout pris»

«Invités» à venir en Libye pendant des années par le «panafricain» Mouammar Kadhafi, ces émigrés étaient régulièrement victimes d’actes de racisme. Leur vie a définitivement basculé avec la révolution et la répression féroce menée par les véritables «mercenaires africains» du leader libyen.

Dans les villes «libérées», la chasse aux Africains a commencé, des insultes aux coups en passant par le racket voire le viol. «Les Libyens nous accusent d’être des miliciens de Kadhafi, des mercenaires africains», explique Mohamed Ali, ingénieur soudanais de 40 ans, arrivé de Zawiyah. «Nous ne sommes que de simples manoeuvres !», s’indigne Saïd Moussa, Malien de 42 ans, employé d’une société chinoise à Tiji (ouest). Quand les Chinois sont partis, la population du village leur est «tombée dessus». «Ils nous ont agressés, ils nous ont tout pris».

A Zouara, «les civils voulaient nous tuer, ils ont battu plusieurs d’entre nous. Pour moi, ce sont des animaux», lâche Abdel Ahmed, ouvrier ghanéen de 25 ans. «Ils nous ont chassé de chez nous, nous ont tout volé, ont causé des problèmes aux femmes», dit un autre sous couvert de l’anonymat. Un commerçant soudanais de 20 ans, arrivé de la même ville, explique qu’il est allé se cacher deux jours dans le désert.

«Tout ce qu’on demande à Dieu, c’est de rentrer au pays».

Chacun a une histoire à raconter mais ils restent terrorisés. Au poste-frontière, ils ne se mêlent pas aux autres. Quand on les interroge sur ce qu’ils ont vécu, on vient les interrompre : «Ne raconte pas ce qu’il se passe là-bas, dis qu’il n’y a pas de problèmes», leur lancent des compatriotes par crainte de représailles. Pour refaire leur vie après des années en Libye, ils n’ont pratiquement rien. Saïd Moussa montre une petite valise. «C’est tout ce qu’il me reste après deux ans en Libye. Tout ce qu’on demande à Dieu, c’est de rentrer au pays».

Cissé Ousmane compte s’installer avec sa femme tunisienne à Tunis. Il a réussi à emporter un frigo, une machine à laver «pour les vendre». Après quatre ans en Libye, «il faut tout recommencer à zéro, on ne sait pas ce qu’il va se passer on n’a pas de maison, rien».

LeParisien.fr

4 commentaires

  1. Kadhafi, avec la complicité des fantoches comme Idriss Déby et ses semblables, a fait revivre l’image du « tirailleur sénégalais » de la colonisation et il est à craindre que le divorce ne soit prononcé pour longtemps entre les Noirs et les Arabes.
    L’Union Africaine est morte et…pour au moins une génération!!!

  2. Non! Ce n’est pas seulement Kadhafi et les fantoches, on ne doit pas dédouanner ceux qui accomplissent de tels actes… Quels qu’ils soient, ceux qui s’attaquent à d’autres pour des raisons de race ou de sexe, ou autres doivent être dénoncés. Et surtout on doit réfléchir à ce qui permettra d’empêcher cette situation dont les innocents sont victimes, une intervention militaire de l’OTAN serait la pire des solutions.

    En revanche, la proposition de Chavez était intéressante, on sait très bien que si les situations de guerres tribales sont catastrophiques et que l’on risque de voir la libye devenir une nouvelle Somalie, l’avantage avant d’en faire de simples chefs de guerre est que les réconciliations, les transactions peuvent également intervenir.

    Danielle Bleitrach

    • l’image du  » tirailleur sénégalais » n’est pas encore effacée; C’est une donnée!!!ET JE LE DEPLORE PROFONDEMENT MAIS LA POLITIQUE EST PASSIONNELLE et »diviser pour régner » a été, de tous temps, efficace!!!
      Les impérialistes ne laisseront pas passer une telle opportunité!!!

  3. J’ai vu avant hier un grand moment de journalisme (malheureusement j’ai oublié sur quelle chaine) où l’envoyé spécial en Libye, coté rebelle présentait « comme un crime de plus de Khadafi » les lynchages de travailleurs noirs dans la zone rebelle.


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