Changement de modèle économique à Cuba, par Ángel Guerra Cabrera

source : La Jornada (Mexique)

Traduction :  Simone Bosveuil-Pertosa (NPA)

Ángel Guerra Cabrera, journaliste cubain résident au Mexique et rédacteur au journal La Jornada, in ARGENPRESS.info

 

Partie I. Vendredi 7 janvier 2011

Le changement de modèle économique qui s’est mis en marche à Cuba marque une borne décisive dans la Révolution, et probablement, dans l’histoire mondiale des luttes pour le socialisme étant données la singularité qui a marqué cette dernière et son importance dans les mouvements de transformation à l’échelle latino-américaine, tiers-mondiste et universelle.

« L’actualisation » du modèle- qui n’est pas une réforme dévastatrice – se propose de préserver la ligne socialiste, car ce sera « la planification et non le marché qui caractérisera l’économie » et par conséquent, de maintenir et d’élever la qualité des conquêtes en matière d’éducation et de santé gratuites, de sécurité sociale pour tous dont le maintien est impossible avec le modèle économique en vigueur. Pour y parvenir, il est prévu un éventail de mesures comme la décentralisation progressive des décisions, la réalisation d’économies substantielles des ressources, l’augmentation des exportations, la substitution des importations par le renforcement de l’offre de produits sur le marché interne. Il est aussi prévu de faire en sorte que le salaire rémunère des résultats effectifs, l’élévation de la productivité par rapport au salaire moyen, l’instauration d’un secteur de travailleurs individuels et de micro-entrepreneurs , source d’emploi pour des centaines de milliers de gens qui resteront disponibles sur les listes pléthoriques de l’Etat et levier créateur de productions et de services que l’entreprise d’Etat n’a pas pu assumer. Il est prévu aussi la transformation en coopératives de nombreuses entreprises publiques comme des salons de coiffure, des ateliers de mécanique automotrice, des services de restauration et des taxis.

En somme, ce qui est proposé, c’est un changement de cap radical dans la manière d’organiser et de diriger non seulement l’économie mais aussi la société, dans les méthodes et le style de travail du Parti Communiste de Cuba (PCC) et du gouvernement et dans une meilleure différenciation de leurs fonctions respectives. Pour comprendre cela, il faut remonter à la trajectoire de changement dans la continuité propre à la Révolution depuis ses origines, qui a fait en sorte de se dépasser continuellement elle-même et de s’adapter aux convulsions de l’échiquier international, en même temps qu’elle affrontait la guerre économique la plus longue de l’histoire contemporaine.

L’actualisation du modèle remet en question des concepts qui ont été donnés pour des vérités absolues dans les manuels de feu le socialisme, et elle repose sur la décision de ne pas copier de nouveau d’autres expériences, sans rejeter pour autant leur héritage en ce qu’il pouvait avoir de profitable et même concernant ce que le capitalisme peut avoir de positif. Elle remet en cause des conceptions enracinées mais erronées qui prévalaient sur l’île concernant le système de répartition propre au socialisme, comme conséquence du paternalisme, de l’idéalisme et de l’égalitarisme créés au tout début de la Révolution dans le désir d’arriver le plus tôt possible à une parfaite justice sociale. L’actualisation exige un changement des mentalités.

Elle avait été annoncée peu avant dans le discours de Fidel Castro à l’Université de La Havane en novembre 2005 et par le mouvement provoqué par le président Raul Castro depuis le 26 juillet 2008, lorsqu’il demanda l’ouverture d’un débat national sur les changements « structurels et conceptuels » qui devaient être mis en œuvre dans l’économie. Au cours de ce débat, les sentiments et l’opinion du peuple furent palpables. Ils inspirèrent l’élaboration du Projet des Grandes Lignes de la Politique Economique et Sociale du VI° Congrès du PCC, qui avaient déjà ouverts aux débats dans les organisations de base ainsi que dans les assemblées ouvrières, paysannes, estudiantines et populaires, dont les propositions et les points de vue feront l’objet d’une analyse dans la réunion du parti qui doit avoir lieu en avril, et dont le sujet portera sur l’économie nationale. Le discours de Raul sur le débat à propos de ce document à l’Assemblée Nationale constitue une analyse critique et autocritique mémorable non seulement sur l’économie mais aussi sur la construction du socialisme à Cuba, « point d’inflexion » comme le qualifie Eusebio Leal, l’historien de La Havane, lors d’une rencontre d’intellectuels.

Fidel, dans son « discours de l’Université », affirma: « Une conclusion que j’ai tirée au bout de toutes ces années: de toutes les erreurs que nous avons tous commises, la plus importante fut de croire que quelqu’un connaissait le socialisme ou que quelqu’un savait comment le socialisme se construit ». Il faut supposer que cette affirmation repose sur l’absence de théorie authentique de la construction socialiste comme conséquence de la stérilité du travail théorique en ex-URSS. Avec les mots de Raul, cela donne:…l’édification de la nouvelle société dans le domaine économique est, à mon humble opinion, un trajet vers l’inconnu…

Partie II. 13 janvier 2011

Les « changements structurels et conceptuels » du modèle économique cubain seront introduits graduellement entre 2011 et 2015, c’est-à-dire entre le VI et le VII° congrès du Parti Communiste de Cuba. Le président Raul Castro a fait allusion pour la première fois à l’importance de mettre en œuvre ces changements, dans son discours du 26 juillet 2009 mais en même temps, il a attiré l’attention sur la nécessité de ne pas tomber dans l’improvisation, raison pour laquelle le Projet des Grandes Lignes Economiques et Sociales du VI° Congrès a été dessiné à partir d’une longue période d’études de la part de la Commission Economique , chargée de préparer l’agenda de la réunion. Lorsque les choses ont été suffisamment pertinentes, des expériences pilotes ont été réalisées dont les résultats ont alimenté par la suite les Grandes Lignes ou l’ensemble d’instruments légaux qu’il a fallu instituer avant le VI° congrès et il faudra continuer de le faire après pour mettre ces transformations en pratique.

Le travail de la commission a été mené parallèlement et de façon interactive avec un débat national selon deux processus parlementaires, l’un immédiatement postérieur au discours du Président, l’autre qui a débuté le 1° décembre 2010 et qui se poursuivra jusqu’en février. Le premier avait pour but de collecter les avis de la population sur les vices ou les concepts erronés qui entravent l’économie, les interdits et règlements qui alourdissent la bureaucratie et favorisent la corruption, qu’ils soient spécifiques, qu’ils proviennent de formules ayant échoué, ou bien qu’ils résultent du mélange des deux. Le second, afin de débattre des Grandes Lignes, c’est pourquoi on peut affirmer que cette étape marque le début du VI° congrès du PCC.

En soulignant que la construction socialiste dans le domaine économique est un parcours « vers quelque chose d’inconnu, d’ignoré », Raul a bien montré que pour cette raison, « chaque étape doit être l’objet d’une réflexion profonde et doit être planifiée avant la suivante, pour que les erreurs soient corrigées de façon opportune et rapide et il ne faut pas attendre que le temps fasse les choses de lui-même…car il finit toujours par nous passer la facture, plus amère encore. » L’actualisation du modèle économique a des implications qui exigeront de la part des dirigeants du parti et du gouvernement dans toutes ses instances un degré d’attention maximum. Il ne faut pas sous-estimer la tension sociale que provoque déjà – et ce n’est qu’un début – le fait d’exclure des effectifs de l’Etat près d’un million et demi de personnes en cinq ans, parmi lesquels se trouvent de nombreux personnels de niveau universitaire qui désormais vont devoir chercher à gagner leur vie en tant que travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs ou employés de ces derniers.

Il arrive fréquemment que des personnes ayant des aptitudes pour ce type d’activités et pressées d’améliorer leurs revenus accueillent favorablement les nouvelles mesures, mais il existe une frange de Cubains qui ont toujours travaillé pour l’Etat, ou en tous cas, qui ont profité des aides et des gratuités pendant de nombreuses années et qui, maintenant, sont désespérés et dans le doute. Peut-être que par la suite les faits leur démontreront que le nouvel état de choses ne les lèse pas et qu’il arrange même leurs intérêts personnels mais on ne peut pas affirmer qu’il en sera ainsi dans tous les cas. La direction révolutionnaire a souligné que personne ne sera abandonné, que la sécurité sociale protègera tous ceux qui ne pourront se débrouiller tout seuls et que dans le futur les personnes fragilisées recevront des subsides mais cela ne sera pas le cas pour tout le monde car le budget ne le permet pas. En outre, le livret de rationnement sera supprimé graduellement. A ce sujet, il est nécessaire de bien souligner que si celui-ci en son temps représenta la décision la plus révolutionnaire contre la spéculation et pour une répartition juste, il est devenu depuis des années une entrave à la rétribution socialiste car il bénéficie à part égale au travailleur d’excellence et à celui qui n’apporte rien à la société. Il est devenu un mécanisme qui alimente le marché noir. Je ne mets aucunement en doute la volonté politique du gouvernement cubain à faire en sorte que ces changements soient au final le moins traumatisants possible mais en même temps, comme l’a dit Raul, certaines décisions « ne sont pas populaires », cependant, il va falloir les prendre tout de même pour pouvoir maintenir et même améliorer la gratuité des services d’éducation, de santé et de sécurité sociale.

En résumé, l’actualisation du modèle économique est devenue une question de vie ou de mort, non seulement pour le modèle lui-même mais aussi pour l’amélioration de la qualité de vie de la société dans son ensemble et la survie de la Révolution. Raul a insisté: »ou bien nous rectifions les choses ou bien c’en sera fini de l’époque où nous marchions au bord du précipice ».

Partie III. 21 janvier 2011

Dans les deux articles précédents, j’ai expliqué l’inévitable nécessité de changer le modèle économique de Cuba, en rectifiant des erreurs provoquées paradoxalement par la volonté de parvenir à établir une parfaite justice sociale, même si ce fut parfois en copiant certains procédés sur d’autres expériences qui ont essayé de construire le socialisme. Si nous étudions le message de Fidel aux étudiants en date du 17 novembre 2010 (synthèse des idées de son discours de l’Université de 2005) et les discours de Raul Castro depuis le 26 juillet 2009 jusqu’à celui qui a servi de conclusion à la dernière séance de l’Assemblée Nationale de 2010, et les résumés des débats qui ont été publiés dans la presse cubaine, on voit se dégager divers axes centraux.

Premièrement, ce processus est animé par la décision inébranlable d’assurer l’irréversibilité de la Révolution socialiste cubaine et de ses conquêtes emblématiques, en rationalisant au maximum tous les secteurs de l’économie, en rectifiant les erreurs et les pratiques qui entravent cet objectif, particulièrement lorsqu’elles vont à l’encontre du pouvoir stimulant du salaire. Il s’agit de faire démarrer un grand processus d’accumulation de capital qui soit le support matériel de cet objectif crucial, à commencer par la manière la plus simple d’y arriver, c’est-à-dire en économisant les ressources de tout type au lieu du gaspillage injustifié que l’on a connu.

Deuxièmement, il est stratégiquement très important de travailler d’arrache-pied à l’élévation de la production de l’élevage et de l’industrie qui y est associée, de sorte que dans un délai le plus court possible, peut-être de dix ans, on puisse arriver à produire sur l’île le plus gros des légumes; tubercules et produits carnés nécessaires à la consommation nationale, ainsi qu’à diminuer substantiellement l’importation si coûteuse d’aliments pouvant être produits sur place, et augmenter les exportations traditionnelles et non traditionnelles de ces secteurs d’activité. En somme, atteindre la souveraineté alimentaire tout en sachant qu’un certain niveau de subventions étatiques est nécessaire à l’agriculture, mais il faut que cette aide serve à offrir des prix plus stimulants au producteur et non pas à suppléer des insuffisances. Pour soutenir cette ligne d’action, l’agriculture urbaine est encouragée, tandis qu’apparaît et se développe l’agriculture suburbaine, de même, on a recours à la traction animale pour économiser le combustible, déjà plus d’un million d’hectares de terres appartenant à l’Etat a été confié à des particuliers et à des coopératives et ce mouvement se poursuit, la simplification urgente de la chaîne producteur – consommateur est à l’étude, et la décentralisation des décisions progresse. Voici donc quelques unes des mesures envisagées, malgré la grande résistance de la bureaucratie et de certains esprits attardés.

Troisièmement, il se dégage de tous les phénomènes énumérés le juste équilibre accordé aux facteurs objectifs et subjectifs, sans l’application stratégique desquels le triomphe de la lutte armée de libération, la résistance contre les agressions systématique des Etats-Unis, les conquêtes révolutionnaires propres à Cuba, et sa solidarité permanente avec les peuples du monde n’auraient pas été possibles. Mais cet équilibre n’a pas été assuré avec la même précision dans le domaine de l’économie. Ce concept est associé à un autre qui est également vif dans l’esprit des dirigeants cubains, à savoir que le socialisme, à la différence de toutes les sociétés qui l’ont précédé, se construit consciemment. C’est pourquoi, il ne faut pas compter sur le côté spontané du passage du temps ou sur l’action des mécanismes du marché, mais sur une planification prévisionnelle qui ne néglige pas l’utilisation régulée de ces mécanismes qui font partie des lois et des réalités objectives du développement social. Partant de cela, j’expose mon point de vue à savoir qu’en toute rigueur, dans la Cuba révolutionnaire, il n’a jamais existé de modèle économique dessiné à long terme car l’hostilité de l’impérialisme a été cause de virages tactiques constants et traumatisants, afin de garantir la simple survie au détriment du plein développement des forces productives.

Ce qui permet et oblige pour l’heure à dessiner un modèle économique à long terme, c’est la quantité et la qualité du capital humain forgé par la Révolution, la complexité et la diversité qu’a atteintes la société cubaine, l’analyse critique de l’expérience elle-même et des causes de l’effondrement de l’Union Soviétique, la situation nouvelle d’indépendance et d’intégration en Amérique latine et le déclin de l’hégémonie des Etats-Unis, bien que malgré la crise qu’ils traversent, ils conservent la plus grande puissance militaire de la planète, d’énormes moyens économiques et politiques et qu’ils n’aient rien retranché de l’hostilité de leur politique envers Cuba.

Partie IV. 27 janvier 2011.

La Révolution Cubaine a le grand avantage d’être la seule des révolutions socialistes où la direction historique, avec tout son prestige et son autorité, a pu mener la rectification après des décennies passées à tracer la route à suivre. Le président Raul Castro a affirmé:  » le VI° Congrès du Parti (2011) doit être, de par la loi de la vie, le dernier pour la majorité de ceux qui constituent la Génération Historique, le temps qui nous reste est court, la tache gigantesque… nous avons le devoir élémentaire de corriger les erreurs que nous avons commises au cours de ces cinq décennies de construction du socialisme à Cuba et nous emploierons toutes les énergies qui nous restent pour mener à bien ce projet. »

Pour des raisons historiques, la Révolution détient aussi la possibilité de réaliser des changements en tirant parti des expériences réussies ou ratées des autres tentatives de construction du socialisme, y compris l’effondrement du socialisme européen, et en outre, au moment où les idées de Marx et l’objectif socialiste reviennent sur l’échiquier international, du fait de l’insondable crise structurelle du capitalisme. En même temps, réaliser cela dans une situation favorable de transformations sociales et politiques en Amérique Latine qui a favorisé la création de l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique et de l’UNASUR (Union des Nations du Sud), qui sont des institutions pour l’indépendance et l’intégration, sans précédent dans la région. A cela, il convient d’ajouter le fantasme contagieux et vital de l’insurrection des jeunes et de ceux qui sont mécontents. Ce fantasme parcourt en ce moment le monde, depuis la France et l’Angleterre jusqu’à la Grèce, la Tunisie et d’autres pays arabes.

Les changements qui sont proposés à Cuba, étant donné leur importance, exigeaient une gestation et une confrontation depuis la base afin de créer un grand consensus national à travers l’approfondissement et l’extension du débat qui a eu lieu ces deux dernières années, de sorte que les orientations principales se dessinaient avant même le VI° congrès. Ce travail n’a aucunement l’intention de réfuter les calomnies méprisables concoctées contre ce processus dans la marmite capitaliste, mais en revanche, de constater qu’elles expriment leur frustration face à la capacité de la Révolution à se réinventer elle-même pour survivre et à se radicaliser dans les moments les plus délicats.

Une démocratisation accrue de la société sera l’un des résultats encourageants des changements mais, au delà du climat de parlement social dans lequel vit l’île depuis juillet 2008, la décentralisation en chantier accordera une autonomie croissante à des entreprises, des municipalités, et des provinces dans la mesure où vont se créer et être distribuées davantage de richesses et que se forgeront les expérimentations mises en œuvre dans ce but dans les nouvelles provinces d’Artémise et de Mayabeque. Cela créera des conditions beaucoup plus propices à l’élaboration des décisions collectives et à la lutte contre « la manie du secret »que réclame Raul. La » manie du secret », comme il a expliqué, est liée à la volonté de la bureaucratie de cacher ses erreurs et ses défaillances, sous prétexte qu’elles ne doivent pas être rendues publiques afin de ne « pas rendre service à l’ennemi », attitude qu’il a censurée durement. Le président a été très clair lorsqu’il a déclaré que l’unité du peuple sera renforcée si « on applique des méthodes absolument démocratiques dans tout l’ensemble du schéma politique de la nation », et cela depuis le noyau du Parti jusqu’à l’Assemblée Nationale. Il est évident que les media cubains de diffusion de masse sont appelés à accompagner par des initiatives nouvelles et audacieuses cette lutte cruciale pour donner la plus grande transparence à la gestion de l’Etat et du Parti.

En résumé, ce qui se passe à Cuba, c’est une grande croisade de rectification générale des erreurs, la suppression d’interdictions absurdes et l’éradication de concepts erronés ou dépassés par les circonstances qui freinent le développement des forces productives. Il faut mettre au point des batteries de tir ajustées aux obstacles qui empêchent l’application du principe socialiste de distribution, illustré principalement par le salaire, levier sans lequel il est impossible d’atteindre ce développement. En même temps, il existe la volonté politique de n’abandonner personne à son sort, en créant des réseaux d’assistance sociale capables d’appuyer tous ceux qui en auront besoin au cours de ce difficile processus où des centaines de milliers de travailleurs devront se réinstaller dans des activités différentes de celles qu’ils occupent actuellement.

Que personne n’ait de doute sur l’avenir de Cuba, car il s’agit d’un mandat du peuple exprimé mille fois: le pays est résolu à préserver le socialisme qui est « l’unique garantie pour être libres et indépendants ».

 

 

 

 

 

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