Communiqué du LKP

Elie Domota

Pointe-à-Pitre, 18 février 2011

Au Mouvement Ouvrier et démocratique français, Au Mouvement Ouvrier et démocratique mondial, Au Comité international contre la répression, CICR,

Chers Camarades, Chers Amis,

L’Etat colonial français veut se venger après la fière mobilisation du peuple Guadeloupéen avec le LKP en 2009. Il veut se venger et singulièrement de l’UGTG. Depuis la suspension de la grève générale qui a abouti à la signature de l’Accord sur les salaires du 26 février (Accord BINO) et à la signature du protocole du 4 mars 2009, l’Etat français n’a pas cessé de harceler les travailleurs, en particulier ceux de l’UGTG, en les condamnant à des peines de prison ferme ou avec sursis, à des milliers d’euros d’amendes, en les mettant en garde à vue, en diabolisant, en discréditant sans cesse l’action syndicale. Les magistrats français se sont mobilisés le jeudi 10 février 2011 pour défendre l’indépendance de la justice et cela en réponse aux propos de Nicolas Sarkozy mettant en cause la responsabilité des juges et des policiers suite à l’assassinat de la jeune Laëtitia en France. Cette mobilisation avait pour but de réaffirmer la séparation des pouvoirs d’une part, tout en mettant en exergue le manque de moyens pour rendre la justice « au nom du peuple Français », d’autre part. Ce mouvement s’est normalement étendu à la Guadeloupe. Mais, au vu de ce qui se passe dans notre pays nous sommes amenés à nous poser la question : la justice est-elle réellement indépendante en Guadeloupe ?

Car en Guadeloupe, la machine répressive fonctionne à plein régime ; jugez-en vous-mêmes à travers ces quelques exemples parmi tant d’autres :

Mardi 14 Septembre 2010, l’ensemble de la salle d’audience (y compris la prévenue Régine DELPHIN déléguée syndicale de l’UEC-UGTG (Union des employés du commerce) est évacuée à la demande du président du tribunal qui refuse à notre camarade le droit légitime de s’exprimer en créole. Elle est condamnée à sans avoir pu se défendre ni son avocat plaider, à un mois de prison avec sursis et plus de 10 000 euros d’amendes par la Cour d’Appel de Basse-Terre pour des faits liés à la mobilisation des salariés de la société SODIMAT qui exigeaient l’application de l’accord BINO.

Charly LENDO et José NAEJUS (Dirigeant de l’UGTG et l’UTHTR, Union des Travailleurs de l’Hôtellerie et de la Restauration) sont convoqués devant le tribunal de Basse-Terre. A l’audience, le président, visiblement embarrassé, fait remarquer au procureur la faiblesse de l’accusation. Et pourtant, nos deux camarades, reconnus innocents dans cette affaire montée de toutes pièces entre la direction de l’hôtel, la gendarmerie et la préfecture, sont condamnés à 1000 euros d’amendes pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN.

Charly LENDO et Tédy COUPIN (Dirigeants de l’UTHTR-UGTG, C. Lendo est aussi secrétaire général adjoint de l’UGTG) sont convoqués devant les tribunaux à la demande des patrons de l’hôtellerie qui se plaignent d’avoir été menacés par les deux camarades dans le cadre des réunions NAO. Une simple plainte du patron de GHTHG (Groupement des Hôteliers de Guadeloupe) aura suffi pour faire convoquer nos deux camarades devant les tribunaux. Pourtant, Bruno TIMA, délégué du personnel à la Distillerie DAMOISEAU, se présente à la gendarmerie du Moule pour déposer plainte contre Hervé DAMOISEAU, gérant de l’usine, car ce dernier l’aurait menacé de mort en représailles au mouvement de grève en cours. Curieusement, la gendarmerie du Moule refuse d’enregistrer la plainte.

Gabriel BOURGUIGNON, Secrétaire Général de l’UTAS-UGTG, Dirigeant de l’UGTG qui a déjà passé un mois en captivité sans procès en 2002 et libéré suite au versement d’une caution de 15 000 euros. Il est à nouveau convoqué devant les tribunaux ainsi que Michel MADASSAMY dans l’affaire dite « TEXACO – SARA ».

Rappelons-nous aussi l’information judiciaire ouverte par le parquet, après la signature de l’accord général du 04 mars, à l’encontre d’Elie DOMOTA, Secrétaire Général de l’UGTG, pour incitation à la haine raciale et à l’extorsion de signature. Cette tentative de déstabilisation faisait suite à une première tentative d’intimidation du porte parole du LKP pour incitation à la commission de meurtre et tout cela afin, une fois de plus, de jeter le discrédit sur l’UGTG et sur le LKP.

Ce sont aussi, dix jeunes de Petit-Canal emprisonnés pendant un mois sans procès, car soupçonnés, sans aucune preuve, d’être à l’origine d’un incendie durant le mouvement LKP. Ils doivent pointer chaque semaine à la gendarmerie. Aujourd’hui encore, ce ne sont pas moins d’une quinzaine de militants de l’UTHTR-UGTG et de travailleurs dont : Yanise FONTAINE, Bétrice CHARLES, Blaise YENGADESSIN, Franck DAMBA, Elie DOARED, Betty MONTOUT, Florent LATCHOUMAYA, Alix LENDO, Téty COUPIN, Julio LENDO, Edmonde POLIPHENE qui sont convoqués devant un juge d’instruction pour être mis en examen pour homicide involontaire indirect, blessures indirectes, mise en danger de la vie d’autrui et entrave à la liberté de la circulation. La justice française veut les rendre responsables, et singulièrement Charly LENDO, de la mort accidentelle d’un jeune cyclomotoriste en février 2009 durant le mouvement LKP.

Et pendant ce temps, l’enquête sur la mort de Jacques BINO, militant CGTG et membre du Mouvman Kiltirel AKIYO, aura été bâclé. Les patrons qui avaient organisé des milices contre les travailleurs en lutte n’ont jamais été entendus.

Les avocats qui défendent l’UGTG sont eux aussi menacés. C’est le cas de Maître Sarah ARISTIDE, qui a fait l’objet de menaces, d’intimidations et d’agressions et qui a même été sauvagement molesté par des gendarmes le 22 octobre 2010 alors qu’elle tente de rentrer dans le palais de justice pour assurer la défense de Charly LENDO convoqué pour refus de prélèvement ADN. Cette agression a entraîné une interruption de travail. Une plainte a été déposée par l’avocate, et une motion de solidarité adoptée par le Barreau de l’Ordre des avocats de Guadeloupe qui s’est constitué partie civile. Sarah ARISTIDE et son confrère Patrice TACITA ont été mis en examen pour diffamation pour avoir porté plainte contre un magistrat et dénoncer les écoutes téléphoniques dont ils étaient victimes.

Ce sont également trois journalistes de la télé publique qui sont mis en examen pour complicité de diffamation pour avoir publié l’affaire dite des écoutes téléphoniques illégales.

Chers camarades, chers amis, Ces éléments ne sont que quelques exemples d’exactions perpétrés par le pouvoir français et sa justice en Guadeloupe. Ils veulent bâillonner le mouvement syndical, ils veulent faire taire tous ceux qui osent dire NON AU MEPRIS, NON A LA PWOFITASYON, RESPECT DES ACCORDS.

L’UGTG réaffirme qu’elle continue le combat pour la pleine et entière application des accords du 26 février 2009 (Accord BINO) et du 04 mars 2009 et notamment pour la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour la formation et l’insertion des jeunes ; pour l’accès des cadres et diplômés Guadeloupéens au poste à responsabilité ; pour l’arrêt des poursuites à l’encontre des syndicalistes ; pour l’arrêt de la pwofitasyon sur les prix ; pour la défense, la sauvegarde de notre culture et la pratique de notre langue, le créole. Au nom de la solidarité ouvrière internationale, au nom de la démocratie, au nom du droit des Travailleurs de Guadeloupe et de leurs organisations syndicales luttant pour leurs légitimes revendications, nous faisons appel au soutien et à la solidarité.

Le Secrétaire Général

Elie DOMOTA

Un commentaire

  1. Pour bien appréhender la situation Guadeloupéenne, il est important de revenir sur les débats qui ont eu lieu à l’issu des 44 jours de grève générale.

    Le dernier jour de la retransmission des négociations au WTC de Jarry,
    C’était un mardi soir, Elie Domota dans un ultime bras de fer avec ses opposants, évoque le financement occulte de l’UMP par les grands groupes Békés, le préfet de Guadeloupe passe alors par toutes les couleurs imaginables, du rire jaune, au rouge de l’étouffement jusqu’à l’asphyxie violacée, celui-ci annonce alors la fin de la retransmission télévisée des débats, la fin des négociations aura donc lieu à huit-clos loin des médias et du regard de la population.

    A l’évocation de ces financements occultes, le malaise est palpable dans la salle, chez les représentants de l’état, chez les élus comme chez les représentants du patronat. Elie Domota semble avoir fait mouche en touchant le nerf de la guerre, à savoir que le pouvoir n’est pas politique, il est économique et que l’on ne peut rien attendre de la part des membres du gouvernement et des élus dont les campagnes électorales sont financées par de grands groupes privés et dont les intérêts et aspirations ne sont plus ceux du peuple mais ceux de ces mêmes groupes dont ils dépendent, auquel s’ajoutent leurs propres ambitions carriéristes et économiques. Ces quelques phrases du leader du LKP et plus encore les réactions qu’elles ont suscité chez nos dirigeants démontrent de manière indiscutable et aux yeux de tous, les conflits d’intérêts qui régissent le simulacre de démocratie dans laquelle nous vivons et explique pourquoi les monopoles qui étouffent la Guadeloupe, perdurent depuis si longtemps.

    « Conflits d’intérêts », Affaire Bettencourt, Mediator, chlordécone, dioxine, amiante … la liste est longue de ces scandales où l’intérêt privé est privilégié au détriment de l’intérêt commun ou pire encore de la santé publique, et qui envahissent aujourd’hui nos médias.
    Mais ne soyons pas dupe, ceci n’est que la partie émergée du gigantesque iceberg qui gangrène notre société. Les financements occultes ne relèvent pas du mécénat politique, quand un puissant finance un dirigeant politique, il investit une petite somme au regard des profits qu’il engendrera grâce aux exonérations, protection ou attribution de marché et autres ponts d’or que les pouvoirs politiques ainsi corrompus, lui accorderons.

    Nos sociétés modernes, nos états, en se laissant corrompre à leurs têtes et en organisant la fuite des capitaux destinés à la construction de la nation, ce sont laissées déposséder de leurs souveraineté. En regardant l’histoire et sans aucune nostalgie pour l’autocratie, nous constatons qu’avant la révolution industrielle, les pays fonctionnant sous régime monarchique, possédait une réelle souveraineté, politique, économique, garantie par leur dirigeant et si l’histoire nous montre que bien peu de ces souverains se sont montrés bon et soucieux du bien-être de leur peuple, de cette époque, subsiste un seul mérite, la possibilité pour le peuple de se soulever le moment venu contre le responsable de leur servitude, ce même monarque. Après l’avènement de la révolution industriel et du capitalisme libéral, les états ont à force de corruption, perdu peu à peu leur puissance économique pour devenir les pays surendettés que nous sommes aujourd’hui.
    Les nouveaux souverains, ces hyper-capitalistes, ces rois de la finance sont devenus apatrides, donc sans pays, sans peuples … sans foi ni loi pour la nation. Ces pontes de l’économie et de la finance font la pluie et le beau temps sur l’échiquier international, ils créent des famines en spéculant sur les denrées alimentaires et réalisent des bénéfices substantiels, alors que dans le même temps cette hausse des prix qu’ils ont provoqué, engendre la mort de milliers de pauvres qui ne peuvent plus acheter cette denrée devenue trop chère. Ils salissent et polluent ce berceau de l’humanité qu’est la terre au nom du tout profit.
    Ils créent l’exclusion et la souffrance, oubliant que le consommateur, c’est d’abord le travailleur, car ne nous voilons pas la face, ceux qui réalisent le chiffre d’affaires de ces grands groupes, ce ne sont pas ces dirigeants eux-même mais les 90% de gens modestes qui achètent leurs produits, ce mêmes 90% de gens qui travaillent et font fonctionner leurs entreprises.

    Nous avons perdu la maîtrise de notre destin, en laissant à d’autre le droit de décider à notre place de ce qui est bon pour nous et nous constatons aujourd’hui avec tristesse que les puissants qui nous dirigent se sont montrés incapable de construire le monde que nous souhaitons pour nos enfants, scandales financiers, écologiques ou de santé publique, la liste est longue des dérives qui affectent nos sociétés, la promesse d’un monde meilleur ne viendra pas de ces dirigeants dont les choix sont dictés par des intérêts vils et égoïstes et qui n’ont prouvé jusqu’ici que leur incompétence dans la construction d’une société plus juste.

    Que faire pour que la voix populaire se reflète enfin dans les décisions politiques et économiques ? Existe-il aujourd’hui des solutions qui nous permettent de sortir de cette impasse ?

    Oui, les solutions existent mais pour comprendre quelles sont les orientations à prendre, il faut être conscient des mécaniques économiques de ces grands pôles financiers et comprendre leurs réactions lorsque les voix populaires tentent de se faire entendre et infléchir le destin de nos sociétés. Car il faut être réaliste, le mouvement du LKP dont la légitimité et les revendications sont incontestables, n’ont pas fait poser le genou à terre aux grands groupes et l’heure du bilan ne laisse pas entrevoir d’évolution positive. Posons-nous la question de la sincérité des promesses faites par les gouvernants, les industriels, lorsque par exemple, ils nous annoncent des baisses de tarifs, demandons-nous si ces baisses sont effectives et pérennes, et si l’emballage de nos produits n’a pas changé, le contenu est-il le même ou baisse t-on la qualité de nos produits alimentaires pour maintenir les marges et préserver les bénéfices des actionnaires. Lorsque l’on constate que fin 2010, les entreprises du CAC40 ont réalisé plus de 40 milliard de dividendes pour leurs actionnaires, on comprend que les plans de rigueur et d’austérité annoncés ne concerne pas ces actionnaires qui à coup de délocalisation et d’augmentation des prix protègent leurs intérêts … et c’est une fois de plus à la population qu’on demande de mettre la main à la poche.

    Pour tenter d’établir une ébauche de solution, prenons en exemple le dernier coup de gueule d’ Eric Cantonna, on peut y établir un parallèle avec les mouvements sociaux qu’ont connu la Guadeloupe, en effet les motivations de Cantonna sont toutes aussi légitimes que celles du LKP, à savoir, avoir une vision réaliste de la société, de ses problèmes et l’envie de trouver des solutions qui nous amènent vers une société plus juste. La comparaison ne s’arrête pas là car si les bras de fer proposés par Cantonna ou le LKP sont légitimes par les dynamiques qui les nourrissent, ces bras de fer s’avèrent, on le constate aujourd’hui, totalement inefficaces et pour une raison très simple, car ils ne créent pas de contre-pouvoir. En effet, lorsqu’une épreuve de force est tentée en direction des dirigeants économiques, ceux-ci réagissent par une politique auto-protectionniste, en augmentant les tarifs, en baissant la qualité des produits mais pas leurs prix, en délocalisant les industries vers des pays dont la main d’œuvre bon marché est malléable et corvéable à merci, …

    Les solutions existent et M. Cantonna, même si sa proposition reste maladroite, nous ouvre une piste à explorer :

    Retirer son épargne des banques pour le laisser chez soi, même si cette action s’avérerait dans un premier temps déstabilisante pour les banques, ne provoquerait que des réactions protectionnistes de leur part, à savoir comme cité précédemment, augmentation des tarifs … et risquerait d’affaiblir au final et une fois de plus les consommateurs. Tout comme les actions du LKP, si elles devaient aboutir initialement sur situation plus juste, n’ont au final que fragilisé les petites entreprises, la masse populaire et provoqué une augmentation supplémentaire du coup de la vie, et cela non pas à cause du LKP lui-même, mais à cause de la politique des préservations des marges actionnariales qui en a résulté et l’absence de volonté des dirigeants à supprimer les monopoles qui étouffent la Guadeloupe.

    Pour espérer voir bouger les choses, il est donc nécessaire de créer un contre-pouvoir économique et non-plus politique, les élus ayant démontré leur limitation à faire changer la situation. Il faut donc créer un fond d’investissement commun, retirer son épargne, oui mais pour l’investir dans un projet commun et novateur qui permettrait en outre de créer une entreprise d’import de denrée, des magasins où seraient distribuées ces denrées, permettre également l’accès de ces aliments aux commerces de proximité, car il ne s’agit pas de mettre en danger la petite distribution. Une telle entreprise permettrait de faire baisser rapidement et de manière significative et durable, les prix de l’alimentaire et par la concurrence qu’elle créerait, forcerait la grande distribution à revoir leurs marges de manière plus réaliste. Si un tel projet est possible, existe-t-il un frein ou un bémol à sa mise en place ? En interrogeant des Guadeloupéens sur une telle solution, je me suis systématiquement heurté à la même réponse : « Les Guadeloupéens ne sont pas capables de se mobiliser, ils ne voient que leur propres intérêts, ils préfèrent être assistés plutôt que s’engager … »
    Je ne suis pour ma part pas d’accord avec ce constat, je pense que le mouvement du LKP à démontrer la formidable capacité du peuple à se mobiliser pour une même cause et se faire entendre d’une même voix, la population guadeloupéenne à démontrer ainsi qu’elle possédait la force de cohésion et la maturité nécessaire pour reprendre son destin en main.

    Mais pour obtenir une mobilisation financière d’envergure de la part de la population, il est nécessaire d’utiliser les mêmes armes que les industriels, c’est à dire obtenir le soutien de personnalités dans lesquels le peuple se reconnaît (artistes, sportifs de haut niveau), créer une campagne publicitaire où ces mêmes personnalités présenterait l’intérêt d’un tel investissement, intérêt qui est facile à démontrer :

    Imaginez que vous investissiez 200 euros, si par la suite vous faites une économie de 50 euros tous les mois sur vos achats, votre investissement est rentabilisé au bout de 4 mois, l’année suivante vous aurez économisé 600 euros, 6000 euros sur les dix années qui suivent, autant d’argent disponible pour sa maison, les études de ses enfants … Qui serait contre une économie de 50 euros tous les mois et jusqu’à la fin de sa vie ? L’investissement de départ semble bien dérisoire en vue des bénéfices pour tous …


Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s