Perdre du poids et des pesos, par Sundred Suzarte Medina

Les inspecteurs de l'Entreprise Electrique débattent de la méconnaissance de la consommation énergétique dont fait preuve la direction du la boutique Sublime, à Centro Habana. Photo : Agustín Borrego.

source : Trabajadores

Traduit de l’espagnol par Marc Harpon pour Changement de Société

Une fois encore, Changement de Société propose une traduction d’un article publié dans Trabajadores, le journal de la centrale syndicale cubaine, la CTC. Cette publication, en effet, parce qu’elle souhaite toucher les travailleurs cubains, offre des articles faciles d’accès portant sur des problèmes concrets qui lui permettent de traiter de sujets économiques et sociaux, voire administratifs et juridiques, sans pour autant perdre de vue la convergence inévitable entre l’intérêt privé et l’intérêt national dans un pays socialiste. Traitant des « problèmes économiques du socialisme », elle fait ainsi le lien entre le socio-économique et le politique. C’est dire quelle importance a Trabajadores pour ce qui est de l’actualisation du modèle économique et social du Parti et de la Révolution, dont le moment fort, le Sixième Congrès du PCC, approche à grands pas. (Note de Marc Harpon)

Les obstacles à un meilleur fonctionnement du système électrique du pays sont encore nombreux.

« Non, je ne connais pas la consommation électrique mensuelle de mon unité, ni le montant des dépenses qu’elle représente. L’entreprise se charge de ça. Les inspecteurs viennent, font des vérifications, et ils passent leur chemin. Ils ne m’appellent pas. De fait, je me rends compte maintenant que ceci est mon compteur. C’est tout, je ne sais même pas le lire ! » Ces mots sont ceux de Adys Jimenez, administratrice de la boutique Sublime, à Centro Habana, devant les inspecteurs de la compagnie électrique de la capitale et une de nos équipes.

Le manque de communication entre les entreprises publiques et les unités qui leurs sont subordonnées, qui opèrent essentiellement en monnaie nationale, a émergé comme l’un des problèmes les plus récurrents durant une tournée menée par l’entreprise électrique de La Havane dans le but de détecter les irrégularités du fonctionnement énergétique.

D’après Odalis Castillo, spécialiste des services publics, les administrateurs dans chaque centre de travail sont les responsables ultimes de l’énergie.

« S’ils ne savent ni comment se consomme l’électricité, ni ce qu’indique le plan la concernant, ni le moment où ils sont facturés, c’est parce qu’ils n’ont pas conscience de la nécessité de faire des économies : chacun peut gaspiller librement et laisser l’entreprise payer la facture ensuite, en s’en lavant les mains »souligne Castillo.

 

S’il est évident que les chefs doivent connaître le montant des dépenses, il est particulièrement nécessaire que chaque entreprise informe adéquatement ses unités sur la consommation et appliquent les mesures quand il y a une explosion injustifiée de la consommation.

Maribel Serrano, administratrice du marché industriel Fin de Siglo, à droit d’après le plan à 7 000 KW-h, mais ignore combien elle consomme réellement parce que « la facture arrive à l’entreprise [la maison mère, ndt]». Même ainsi elle est sûre que la surconsommation est élevée.

« Ce bâtiment a six étages, le premier nous appartient, mais au second vivent des personnes qu’on héberge là parce qu’elles ont été victimes de désastres naturels et attendent là. Elles ne payent pas l’électricité, tout ce qu’elles consomment nous revient, et elles ont des équipements de toutes sortes : autocuiseurs, ventilateurs, et dans certains cas elles en font un usage inconsidéré. » fait remarquer Serrano.

En effet, les locaux qui, pour différentes raisons, n’appartiennent à aucune entreprise, passent au Gouvernement de la municipalité et, parfois, celui-ci les octroie à des personnes naturelles.

Néanmoins, tant que les bénéficiaires n’ont pas de document légal leur permettant d’officialiser la propriété du lieu ou d’un autre similaire, l’électricité demeure sous la responsabilité de l’entité qui possédait les lieux avant de passer entre les mains du Pouvoir Populaire. Pour Castillo, ces situations doivent être évaluées afin qu’elles ne portent pas atteinte aux économies d’énergie du pays.

A l’entreprise électrique revient la responsabilité de chercher, en coopération avec le gouvernement, une formule pour que ces personnes prennent mieux conscience de l’utilisation irrationnelle de l’énergie ou qu’elles payent leur consommation d’une façon ou d’une autre.

Au-delà de ces considérations, la méconnaissance de la consommation réelle à Fin de Siglo n’est pas la seule préoccupation d’Antonio Rodriguez, inspecteur à Centro Habana. Parce qu’il s’agit d’une construction fermée, hermétique, la boutique est conçue pour fonctionner avec des équipements à air conditionné. Toutefois, elle n’utilise que des ventilateurs.

Les comptes ne sont pas clairs

Une autre des inquiétudes les plus récurrentes dans le secteur des services réside dans la difficulté pour accéder aux compteurs, du fait de négligences ou d’inattention. Dans de nombreux cas, les cadrans se trouvent dans les magasins et pour les lire, il faut passer par-dessus les marchandises.

D’après Rodriguez, rien ne peut barrer l’accès à un compteur. « Normalement, on informe le chef de l’unité de cette situation, mais dans de nombreux cas, il dit qu’il ne peuvent pas faire autrement. Ils te libèrent la zone un jour et le suivant les choses reviennent à la situation antérieure. Parfois ils ne se rendent pas compte qu’il s’agit de la sécurité des travailleurs, parce qu’en cas d’accident tu dois accéder rapidement et facilement au disjoncteur électrique. Au contraire, il faudrait grimper par-dessus les sacs et les boîtes » déclare l’inspecteur.

D’après Oscar Hernandez, spécialiste de l’entreprise dans la municipalité de Guanabacoa, à La Havane, le voltage des compteurs est déficient dans de nombreux cas et certains cadrans doivent être changés parce que leur disque a un peu glissé.

« Cela a pour conséquence un gaspillage d’énergie. Il existe aussi des lieux sans emplacement pour le compteur, ce qui favorise les violations » indique-t-il.

Les obstacles à un meilleur fonctionnement du système électrique du pays sont encore nombreux et vont du manque de prévoyance aux fraudes. Le désintérêt des certains administrateurs relativement à la consommation de leurs entités dénote un laisser-aller et une certaine apathie ; mais il est encore plus décevant de voir comment certaines entreprises assument tranquillement le coût de leurs unités sans se préoccuper de savoir si les travailleurs connaissent le fonctionnement d’un compteur, ou s’ils prennent en main l’application du plan.

Assumer la dépense énergétique de façon responsable et ne pas la mettre au second plan doit être une priorité de tous, puisqu’il s’agit d’une dépense importante et dont dépend, en partie, le fonctionnement du pays.

Jusqu’à ce que soient résolues les erreurs de lectures, le dépassement du contrat de l’entreprise en matière de consommation ou la ventilation qui laisse encore à désirer, on ne pourra fournir un service efficace ni contribuer aux économies d’énergie.

 

 

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