La Révolution dans le système mondial du XXI° Siècle Leyde E. Rodríguez Hernández

Source : rebelion

Traduction : Alma Cuba Si Lorraine

Dans une Réflexion intéressante intitulée « Le sort de Moubarak est jeté »,

Fidel Castro Ruz, le leader de la Révolution Cubaine, livre une analyse selon laquelle le monde se trouve confronté, et pour la première fois, à trois problèmes: la crise climatique, la crise alimentaire, et la crise politique. Mais dans une Réflexion antérieure, en référence à « La grave crise alimentaire », il se demandait: « Les Etats-Unis pourront-ils arrêter la vague révolutionnaire qui secoue le Tiers Monde? »

En toute raison, dans ces conditions globales de crise climatique, crise alimentaire et crise politique, les Etats-Unis n’auraient pas beaucoup de possibilités et de capacités pour résister ou arrêter une vague révolutionnaire qui secoue en permanence le Tiers Monde. Ses armes nucléaires puissantes, ses satellites, et son pouvoir sur les médias se révèleraient impuissants et inutilisables face à la ferveur révolutionnaire des peuples, indépendamment de la couleur de leurs révolutions et du contenu de leurs revendications.

Au début du XXI° Siècle, il en coûtera beaucoup d’efforts aux Etats-Unis pour contenir l’effondrement de leur empire, qui cause, en sa condition de première puissance impérialiste, des guerres catastrophiques pour l’humanité et, évidemment, des trois problèmes essentiels énoncés par Fidel dans sa Réflexion.

Devant la poussée d’une situation révolutionnaire mondiale face à la crise globale du capitalisme, la Révolution et son impact dans la transformation des Relations Internationales revêt une importance vitale pour les peuples. On s’attend à ce que les nouveaux processus révolutionnaires qui surgissent au XXI° Siècle contribuent à un changement radical dans les Relations Internationales actuelles, toujours sous le contrôle d’une poignée de puissants, autoproclamés « Communauté Internationale » aux fins de maintenir en échec les pays du Sud, que ce soit par le contrôle du capital, le Conseil de Sécurité de l’ONU, le pouvoir des médias, ou le pouvoir militaire.

D’où l’importance d’étudier la Révolution dans son aspect théorico-conceptuel et ce qu’elle signifie pour la transformation – aujourd’hui plus que jamais – des Relations Internationales. Le concept de Révolution a été abordé de manière relativement systématique par la théorie sociale et il existe différentes acceptions du terme, selon les diverses interprétations idéologiques, élitistes et historiques.

Depuis l’Antiquité les théoriciens de la politique se sont intéressés aux problèmes relatifs au changement cyclique de pouvoir, aux efforts individuels et collectifs pour abattre un gouvernement par la violence, ainsi qu’à la compréhension des raisons morales et économiques de la Révolution. En général, ils attribuent les sentiments révolutionnaires qui apparaissent dans un Etat à une discordance entre les désirs du peuple et sa situation concrète, divergence qui donne lieu à un désaccord affirmé concernant les fondements sur lesquelles cette société devrait s’organiser et fonctionner.

La théorie politique contemporaine s’est penchée sur la distinction entre les révolutions authentiques et d’autres phénomènes qui ont été appelés souvent du même nom, par exemple:

– le coup d’état de caractère militaire ou appuyé par les militaires,

– la prolongation illégale du mandant d’un leader ou d’un président et autres prises de pouvoir relativement soudaines par des petits groupes d’individus des strates élevées,

– diverses formes de révoltes populaires, paysannes, urbaines, religieuses

– et jusqu’aux processus de déstabilisation ou de rupture politique connus dans leurs formes diverses: étatiques, régionaux, coloniaux, ethniques ou religieux. Alors qu’aucun de ces phénomènes n’a une relation nécessaire obligatoire et directe avec un véritable changement révolutionnaire de la société.

Au XX° siècle, le point de vue des théoriciens bourgeois de la politique internationale est d’analyser la Révolution comme une forme de conflit violent dans les Relations Internationales. L’école de la « real politic » a souligné que les révolutions font partie de la dynamique conflictuelle des états et de l’inévitable lutte pour le pouvoir des principaux protagonistes de la politique internationale.

Selon la conception à l’évidence réaliste de Mark N. Hagopian la Révolution se définit comme une crise prolongée dans un ou plus des systèmes traditionnels de stratification (classe, condition sociale, pouvoir) d’une communauté politique, crise qui implique une action délibérée et dirigée par une élite pour abolir ou reconstruire un ou plus des dits systèmes au moyen d’une intensification du pouvoir et du recours à la violence. [1]

 

Dans la même ligne de pensée, pour Crane Brinton et d’autres théoriciens antérieurs à le seconde guerre mondiale, les révolutions ont lieu quand la brèche entre la répartition du pouvoir politique et la répartiton du pouvoir social dans une société devient insupportable.

Dans des circonstances de ce genre les classes sociales qui faisaient l’expérience de quelques bénéfices du progrès souhaitent se développer d’une manière plus rapide qu’au moyen des possibilités concédées par le système et, dès lors, elles se sentent frustrées, paralysées. Le mécontentement concernant la répartition des succès économiques, du prestige social et du pouvoir politique s’étendent. Les valeurs traditionnelles sont ouvertement remises en question et un nouveau mythe social défie l’ancien. Les intellectuels deviennent étrangers à la vie politique et petit à petit passent des critiques nouvelles au retrait de la loyauté à l’égard du système politique. Ceux qui gouvernent commencent à perdre confiance en eux-mêmes et en leur capacité à gouverner et à résoudre les problèmes sociaux. Les anciennes élites deviennent trop rigides pour entraîner les nouvelles derrière elles et accélèrent la polarisation.

La Révolution se produit aussi quand il y a une contradiction profonde entre ceux qui veulent un changement rapide et ceux qui sont opposés à ce changement. Selon Crane Brinton, le point de rupture est atteint quand les instruments de contrôle social chutent, spécialement l’armée, la police, en faisant alliance avec les éléments mécontents ou quand le gouvernement démontre son inaptitude à utiliser ces instruments de contrôle social. [2]

Pour leur part, les points de vues libéraux ou institutionnalistes perçoivent aussi dans les révolutions des faits de nature violente qui perturbent l’évolution progressive, ordonnée, de la société. Ces notions, orientées par les théories du fonctionnalisme, ont trouvé leur apogée dans l’oeuvre du sociologue Américain Talcott Persons, qui a souligné la nécessité du consensus et de l’équilibre dans la société, observant dans le conflit quelque chose de très anormal qui vient précisément rompre l’ordre social. Parsons s’intéressait plus à l’ordre social qu’au changement social, à la stabilité sociale plus qu’à la dynamique des processus, parce que, pour son école le conflit a pour conséquences des perturbations et des dysfonctionnements de la société.

En Europe, un autre versant de ce courant, qui tente de concilier l’étude de l’équilibre et du consensus social avec celle du conflit, a eu une influence marquante de par l’oeuvre des sociologues Max Weber, Ralf Dahrendorf et Emile Durkheim. En dépit de ses contributions théoriques reconnues concernant le comportement collectif, les croyances de la société, le leadership politique et les processus d’intégration, la pensée fonctionnaliste ne se caractérise pas par son caractère révolutionnaire, mais par ses buts pragmatiques et dirigés vers la solution des problèmes immédiats de la société, pour parvenir à préserver l’ordre social capitaliste.

D’une manière ou d’une autre la majorité des sociologues influencés par les idées de Karl Marx ont considéré que le conflit pouvait servir des buts sociaux positifs ou progressistes. Le conflit violent (révolutionnaire) a été classé comme un moyen utile pour la résolution de désaccords à l’intérieur d’une société ou entre les états-nations sur la scène internationale. C’est ainsi que de nombreux politologues de notre temps tiennent le conflit pour une catégorie explicative centrale dans l’analyse du changement social ou de sa progression, à partir d’une théorie complète de la société dans ses aspects de continuité et de changement qui fait de l’analyse des conditionnements de classe et des conditionnements économiques les fondements de toute contradiction sociale et du conflit révolutionnaire mondial.

Cette conception scientifique fondamentale de la Révolution est exposée dans l’oeuvre de Marx, Engels et Lénine. Un des prémisses fondamentaux du marxisme a été que l’accentuation des contradictions du capitalisme crée les conditions de la Révolution qui aura à l’abattre et à ouvrir la voie à une société plus juste et solidaire, si l’on tient compte de la proposition contenue dans « Le Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels » [3]

A travers l’analyse de la situation des Relations Internationales au milieu du XIX° siècle, Marx et Engels ont diagnostiqué que la Révolution serait propulsée par le prolétariat des pays industrialisés et, des années plus tard, Engels a prévu comment le développement de l’Europe Occidentale avait oeuvré contre la lutte violente et en faveur de l’action parlementaire pour la classe ouvrière. Plus tard, Lénine a conduit le parti Bolchevique à rompre « le maillon le plus faible de la chaîne impérialiste » dans l’idée que ce serait une contribution à la révolution mondiale, laquelle aurait son centre en Allemagne, selon la logique de la pensée de Marx. [4]

Les révolutions sociales sont déterminées par les lois objectives du développement social et, en même temps ont leur origine dans les contradictions économiques, sociales, politiques internes au système capitaliste. Lénine était convaincu que « les révolutions ne se font pas sur commande, on ne peut pas les faire coïncider avec tel ou tel moment, mais elles mûrissent dans le processus de développement de l’Histoire et éclatent à un moment déterminé par des facteurs internes et externes ». [5]

C’est ainsi que l’interprétation léniniste des Révolutions nous montre que, depuis le XIX° siècle et jusqu’à maintenant, la philosophie de Marx constitue une théorie générale valide pour étudier le mouvement révolutionnaire des sociétés grâce à l’utilisation d’un certains nombre d’outils spécifiques, de catégories ou de variables de base, parmi lesquelles il y a fondamentalement les concepts de Mode de Production et de Lutte des Classes entre Exploités et Exploiteurs. L’influence de Marx transcende de beaucoup celle des théoriciens et des historiens qui, jusqu’à présent, ont interprété le climat national et international en s’inspirant de ses idées, car son oeuvre fournit une vue d’ensemble méthodologique complète et cohérente pour l’analyse de la dynamique des processus sociaux dans un mode de production capitaliste.

Etrangement, l’historien marxiste Anglais Eric Hobsbawm a fait remarquer que le monde capitaliste globalisé, qui a émergé dans les années 90 du XX° siècle, s’est montré énigmatiquement semblable à bien des égards à ce qu’avait pronostiqué Marx en 1948 dans le Manifeste Communiste [6], mais maintenant, sans doute, avec davantage de complexité à cause des conflits et des problèmes globaux liés à l’interaction de phénomènes multiples de caractère économique, financier, militaire, technologique et transnational, accumulés par le système capitaliste lui-même, qui les a engendré sans perspective ou possibilité réelle de solution.

C’est pour cela qu’il est important d’avoir recours à Marx et pour cela que son retour inévitable dans la conjoncture internationale actuelle est un éloge juste. [7]

Les conditions qui sont source d’un conflit humain en puissance, c’est à dire les problèmes socio-économiques, les poussées de violence et d’agressivité qui ont leur origine dans la frustration née de la confrontation entre le rêve et la réalité, le retrait ou l’aliénation des structures sociales existantes, en plus d’autres facteurs semblables à ceux de l’époque de Marx, sont en train de devenir très courants à l’échelle de la planète.

Sous quasi toutes les latitudes du monde, à cause de l’influence grandissante des technologies de l’information et des communications, la brèche entre la satisfaction attendue des besoins et la satisfaction réelle de ceux-ci (aspiration ou désirs) est en train de s’élargir pour beaucoup de pays, de peuples et d’individus. Particulièrement dans le Tiers Monde – le Moyen Orient, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique Latine – régions où les processus de développement social, économique et politique sont rarement aptes à donner satisfaction, compte tenu du rythme croissant des aspirations des peuples.

A l’époque actuelle d’un système capitaliste globalisé et de progrès impressionnants de la révolution scientifico-technique, les problèmes de classe et les problèmes économiques rassemblés dans le conflit ou l’opposition Nord-Sud occupent une position de premier plan dans la dynamique des Relations Internationales.

Le conflit Nord-Sud est une tendance qui s’est accentuée depuis la disparition de la confrontation Est-Ouest, qui a dominé le contexte international au cours de la longue « Guerre Froide ». La brèche entre les riches et les pauvres ou entre le Nord et le Sud tend à s’élargir à une vitesse sans précédent, parce que les pays capitalistes développés, où habitent un peu plus de 20% de la population mondiale, s’approprient ou bénéficient de 80% des richesses produites ou naturelles de la planète. Dans les dernières décennies du XX° siècle et dans la première du XXI°, les politiques économiques néolibérales ont creusé l’abîme et accru le pillage qui éloigne les pays sous développés des puissances centrales du capitalisme mondial.

En relation avec le conflit Nord-Sud, apparaissent de grave problématiques globales, telles que la croissance démographique exponentielle dans les pays du tiers-monde, la pénurie alimentaire, précisément quand la planète entre dans une phase critique à cause de l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, la crise écologique par la détérioration de l’environnement, la contamination des mers, des fleuves, la réduction des forêts, les atteintes à la couche d’ozone dans l’atmosphère supérieure et la mise en évidence du changement climatique par la fonte des grandes masses de glace des calottes polaires de la Terre et du réchauffement global qui l’accompagne, qui sont la menace d’une terrible catastrophe aux conséquences imprévisibles pour la survie de l’espèce humaine.

Ces problèmes qui frappent l’humanité sont la conséquence directe de l’exploitation sans frein et de la barbarie capitaliste. La responsabilité majeure de cet état de choses échoit aux pays les plus développés du système capitaliste qui ont atteint des niveau élevés d’expansion économique sur la base d’un modèle de vie et d’une économie hautement consumériste et gaspilleuse.

Devant le panorama de désolation du système capitaliste, en particulier de sa périphérie pauvre et sous-développée, les sciences sociales reviennent à la pensée de Marx pour adopter de nouveaux modèles socio-économiques qui tirent profit avec olus d’efficacité des ressources humaines et naturelles, contribuent à les préserver, à les renouveler, par des politiques de développement durable, au bénéfice de l’humanité entière.

Dans le Nord aussi, de vastes secteurs populaires aux Etats-Unis et en Europe souffrent des inégalités économiques et des injustices propres aux sociétés capitalistes divisée en classes sociales antagonistes sous la loi de ce qu’on appelle l’ère technologique ou post-industrielle. Même aux temps de la globalisation économique le processus de développement capitaliste produit toujours des effets pervers et dissymétriques en ce qui concerne les bénéfices obtenus par les peuples. Dans les pays du Nord et dans ceux du Sud, la rupture ou la déconnection avec les mécanismes traditionnels de domination capitaliste joue un rôle crucial dans la croissance du potentiel de conflit révolutionnaire engendré par l’opposition entre les riches et les pauvres ou entre une minorité de privilégiés et la majorité soumise à la dictature du capital.

La Révolution sera inévitable dans le système mondialisé du XXI° siècle car au cours de l’Histoire la lutte des classes a été le moteur du changement social. Les révolutions constituent l’unique voie possible pour résoudre l’antagonisme entre riches et pauvres à l’intérieur des sociétés et pour la transformation des Relations Internationales vers un système véritablement démocratique, juste et humain.

Pour la recherche de cet objectif, la théorie et la stratégie de la Révolution reposent dans le marxisme et les idées de Lénine puisque, comme l’a signalé le Che « en définitive, il faut prendre en compte que l’impérialisme est un système mondial, la dernière étape du capitalisme, et qu’il faut l’abattre dans une grande confrontation mondiale. La finalité stratégique de cette lutte doit être la destruction de l’impérialisme (…) L’élément fondamental de cette stratégie sera donc la libération réelle des peuples(…) » [8] Dans la pensée du Che il n’y a que par la Révolution que l’on peut arriver à un ordre social plus solidaire, à l’abolition du capitalisme et la formation d’un « homme nouveau ». [9]

A la lumière des évènements actuels au Vénézuéla, en Bolivie, en Equateur et dans d’autres pays d’Amérique Latine, y compris les révolutions pacifiques latino-américaines du XX° siècle, nous pourrions dire que la Révolution ou la prise du pouvoir politique par les exploités n’entraînent pas forcément la violence ou la guerre révolutionnaire. Marx était conscient de ce rôle de la violence dans l’histoire, mais il l’estimait moins important que les contradictions inhérentes à la société ancienne pour atteindre le but ultime des prolétaires et des exploités: la défaite du capitalisme.

Marx a prévu une série de chocs d’intensité croissante entre le prolétariat et la bourgeoisie (entre exploités et exploiteurs) jusqu’à l’explosion d’une Révolution qui déboucherait à la fin sur le renversement de la bourgeoisie et l’édification d’une société socialiste. Avec sa dynamique propre, spécifique, dans plusieurs régions et pays du système international, la collision inévitable entre classes sociales antagonistes sera une variable du changement et de l’émancipation de l’homme au XXI° siècle.

Les Révolutions et le Système des Relations internationales

Les théories marxistes ne nous ont pas fourni une étude ample et systématique des répercussions des révolutions sur le système des Relations Internationales de notre époque. Quelques politologues tombent d’accord sur le fait que le système du monde moderne est formé dans une large mesure par les révolutions, les conflits et les guerres. [10]

Les quatre derniers siècles ont été marqués par de grandes et historiques révolutions de caractère bourgeois, socialiste et/ou de libération nationale. Pour la théorie marxiste les révolutions sont les locomotives de l’histoire en ce qu’elles accélèrent les processus de développement et de progrès de l’humanité. Depuis le XVII° siècle les révolutions ont fait des apports importants au développement de la modernité. Les révolutions ont non seulement donné l’impulsion aux transformations politiques et sociales à l’intérieur des nations, mais aussi à la dynamique même des Relations Internationales.

Le système international de dimension planétaire qui existe de nos jours est le résultat de l’expansion géographique et de la complexification du système des Etats qui a émergé en Europe au XVII° siècle, après un long processus historique qui, commencé approximativement aux XIV° et XV° siècles, aurait embrassé plusieurs centaines d’années et convulsionné le continent.

En somme, le système international est la conséquence du surgissement du capitalisme qui a établi de nouvelles structures politiques et de la création des Etats-Nations-Territoires modernes, qui ont mis en pratique les aspirations politiques des intellectuels de la Renaissance et de la bourgeoisie qui faisait son ascension comme classe dominante. Les XVII°, XVIII° y XIX° siècles ont été la scène de l’expansion de ce système qui a été jusqu’à embrasser les cinq continents.

Le capitalisme européen triomphant, avec une technologie, une science et des institutions politiques plus solides, soumirent à leur domination coloniale les terres « découvertes » et conquises par la force des armes en Amérique, Asie et Afrique.

Les révolutions historiques qui ont marqué ces siècles et ont eu une influence sur l’évolution et la forme prise par le système des relations internationales ont été les suivantes:

Au XVII° siècle: Les Révolutions hollandaises et anglaises.

Au XVIII° siècle: Les révolutions nord-américaine, française, haïtienne et ses conséquences dans les révolutions d’Indépendance en Amérique Latine, au début du XIX°.

Au XIX° siècle: Les Révolutions européennes de 1848 [11] et la Commune de Paris en 1871. [12]

L’expansion du capitalisme a créé le marché mondial et mis en contact les régions les plus éloignées de la planète sur la base de l’exploitation la plus brutale, du pillage, du génocide des populations autochtones et de l’imposition de la culture européenne. Pendant cette période de l’histoire, de nouveaux Etats ont surgi sur les continents soumis, avec le consentement de l’Europe ou de par la lutte des peuples pour leur indépendance. L’assimilation des républiques américaines au système international européen qui leur a étendu sa reconnaissance de droit, a constitué la première grande expansion d’un système qui, jusqu’à l’orée du XX° siècle maintiendra son centre hégémonique dans l’Europe bourgeoise dominatrice.

A la fin du XIX°, en plein essor du capitalisme monopolistique dans sa phase impérialiste, deux nouvelles puissances, l’une en Amérique, les Etats-Unis, et l’autre en Asie, le Japon, ont affronté l’Europe sur le terrain de la suprématie internationale. Le système international, aux portes du XX° siècle commence à devenir global et le centre hégémonique amorce un déplacement vers d’autres continents.

Pour l’importance des révolutions qui ont bouleversé le monde – celle d’Octobre 1917, de Chine en 1949 et celle de Cuba en 1959, parmi d’autres de libération nationale dans le tiers-monde – le XX° siècle inaugure une nouvelle ère dans la politique internationale. Le puisant mouvement anti-colonialiste et anti-impérialiste qui s’est particulièrement développé depuis 1945 a donné le coup de grâce à l’ancien système colonial des principales métropoles capitalistes. Ce processus historique a conduit à la formation de nouveaux états indépendants, principalement dans le tiers-monde.

Les révolutions ont une influence immédiate bien au delà des frontières nationales des Etats, elles introduisent des sauts historiques et des bouleversements sociaux qui déterminent ou conditionnent la politique extérieure des pays en un scénario de changement et de continuité qui a un impact sur le climat général des relations internationales et contribue à l’évolution et à la formation du système international.

Pour la première fois dans l’histoire des Relations Internationales, le système mondial a atteint une dimension effectivement globale ou planétaire. Actuellement, c’est un système auquel sont intégrés plus de 190 Etats en interaction, auxquels s’ajoute une multiplicité d’entités multinationales, non directement étatiques, avec une influence politique dans certains cas plus grande que celle de la politique extérieure individuelle de nombreux d’Etats.

Le système international a continué sur des bases hétérogènes en dépit de l’effondrement ou du renoncement stratégique de l’Union Soviétique et du bloc européen socialiste qui ont déterminé la fin de la confrontation Est-Ouest et un changement conjoncturel dans la corrélation des forces favorables au système capitaliste avec les Etats-Unis grisés par leur domination unipolaire. Ces modifications abruptes de la carte géopolitique mondiale situèrent la formation économico sociale capitaliste dans une position de suprématie non remise en question pendant une période historique déterminée du système mondial.

Cependant, à gauche, nous pensons que le système international va vers une période de transition du capitalisme au socialisme vu qu’y coexistent toujours dans un dilemme de coopération et d’hostilité des Etats capitalistes, impérialistes, socialistes, développés et sous-développés avec des régimes de divers types: réactionnaires et révolutionnaires. On doit prendre en compte que la dynamique de la politique internationale ne se développe pas seulement entre états car la solidarité internationale entre les peuples, les sociétés et les différents secteurs sociaux, qui luttent pour un monde meilleur et possible, ont commencé à déborder des cadres nationaux pour se transformer en une force essentielle de la transformation révolutionnaire des Relations Internationales.

Avec les crises multiples que traverse l’humanité, crise du climat, crise alimentaire et crise politique, le scénario de la politique mondiale pourrait être signé par de nouveaux processus révolutionnaires au niveau de ce que Lénine appelle « les maillons les plus faibles de la chaîne impérialiste ». Les caractéristiques spécifiques de ces changements pourraient apporter des éléments qualitativement nouveaux pour la construction d’un système international pluri polaire comme alternative à la recomposition multipolaire des Relations Internationales à l’initiative des Etats-Unis et de l’Union Européenne, puissances intéressées par l’obtention d’un équilibre au niveau du pouvoir mondial qui serve à perpétuer la domination des Etats les plus faibles du système et la pratique d’une politique coordonnée de manière à contenir ou faire reculer le phénomène révolutionnaire global.

Dans ce scénario, les révolutions à Cuba, au Vénézuéla, en Bolivie et en Equateur représentent la concertation pour l’avancée du pôle sud-américain vers la construction de cinq pôles de pouvoir pluriels et idéaux qui favorisent un authentique processus révolutionnaire jusqu’au Socialisme du XXI° siècle, tandis que l’impérialisme continue encore à être l’antichambre de la Révolution sociale, comme l’avait observé Lénine en 1917, mais aujourd’hui dans la dimension plus globale du conflit Nord-Sud dans les relations internationales.

Les très récents exemples d’insurrection en Tunisie et en Egypte en attestent. Et c’est seulement une avancée.

Notes:

 

1] Referencia de su obra: “The Phenomenon of Revolution and International Politics”, New York, Dodd, Mead, 1974, p. 1, citado por James E. Dougherty, Robert L. Pfaltzgraff en: Teorías en pugna en las relaciones internacionales, Grupo Editor Latinoamericano, Buenos Aires, 1993, p. 323.

 

[2] Alusiones sobre la Revolución tomadas de la obra de Crane Brinton: “Anatomy of Revolution”, New York, Norton, 1938. Véase también sobre el tema de Lyford P. Edward: “The Natural History of Revolution”, Chicago, 1927, y George Pettee: “The Process of Revolution”, New York, Harper & Row, 1938. Ibídem.

 

[3] Para Marx y Engels la abolición de la propiedad privada es un objetivo esencial de la revolución Véase “El Manifiesto del Partido Comunista”. Editora Política, La Habana , 1982, p. 31.

[4] Lenin continuó los estudios de Marx sobre la revolución en la época de una nueva fase del capitalismo, véase entre otros trabajos: “El imperialismo, fase superior del capitalismo, Obras Escogidas, tomo I, Editorial Progreso, Moscú, p. 689; y sobre la doctrina marxista y las tareas del proletariado en la revolución, véase “El Estado y la Revolución ”, Editora Política, La Habana, 1963.

 

[5] Informe en la Conferencia provincial de Moscú de los comités fabriles, 23 de julio de 1918, Obras Completas, Editorial Progreso, Moscú, t. 36, p. 475.

 

[6] Breve artículo titulado “Marx y la globalización”, que constituye la intervención del célebre historiador marxista en un debate sobre Marx con el escritor Jacques Attali, el 2 de marzo del 2006, durante la Semana del Libro Judío en Londres. Véase en Rebelión: http://www.Rebeli o n.org

[7] Véase el folleto: “Efectivamente Marx está regresando: un artículo en la prensa norteamericana y precisiones indispensables”, que contiene el artículo de John Cassidy, “El regreso de Carlos Marx, publicado en The New Yorker, 20-27 de octubre de 1997, y los comentarios de Raúl Valdés Vivó, sobre ese revelador artículo, Editora Política, La Habana , 1998.

 

[8] Ernesto Che Guevara. Mensaje a los pueblos del mundo a través de la continental. 1967. Escritos y discursos. Editorial de Ciencias Sociales, La Habana , 1977, t. 9, p. 397

 

[9] Véase esa concepción en el trabajo de Ernesto Che Guevara: “El Socialismo y el hombre en Cuba”. 12 de marzo de 1965, Ibídem, t. 8, p. 256.

 

[10] Véase de Hannah Arendt: “On Revolution”, Nueva York, Viking, 1965. Sobre la Revolución y las Relaciones Internacionales, consúltese del teórico marxista británico Fred Halliday, el capítulo 6 de su importante obra “Rethinking International Relations, The Macmillan Press, Ltd, London, 1994.

 

[11] La historia de Europa de 1789 a 1848 es la historia de las grandes transformaciones económicas, sociales y políticas que asentaron, de forma definitiva, el capitalismo industrial, véase de Eric Hobsbawn, “Las Revoluciones Burguesas”, Selección de Lecturas, Editorial Pueblo y Educación, La Habana , 1982.

 

[12] Marx y Engels utilizaron ampliamente la experiencia del movimiento revolucionario durante el último tercio del siglo XIX para desarrollar su teoría de la Dictadura del Proletariado. Durante ese período de la vida de Marx y Engels aparecieron obras clásicas tales como: La guerra civil en Francia y Crítica del Programa de Gotha, de Marx, los tomos II y III de El Capital, obra finalizada por Engels después de la muerte de Marx, Anti-Duhring, Ludwig Feuerbach y el fin de la filosofía clásica alemana y Origen de la familia, la propiedad privada y el estado, de Engels, entre las obras principales. Marx y Engels acompañaron su obra teórica de una intensa actividad revolucionaria práctica.

 

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