La financiarisation de l’accumulation, par John Bellamy Foster (1/4)

 

 

Paul Baran, Paul Sweezy, Fidel Castro et Leo Huberman en 1960

Paul Baran, Paul Sweezy, Fidel Castro et Leo Huberman en 1960

source : Monthly Review

Tarduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

John Bellamy Foster est professeur de sociologie à l’Université de l’Oregon. Il fait partie des éditeurs de la Monthly Review. Cet article est une version remaniée d’une conférence faite par l’auteur à la Quinzième Conférence Nationale sur l’Economie, organisée par la Société d’Economioe Politique Brésilienne à l’UNiversité de Maranhão, à São Luis le 3 Juin 2010. Changement de société publiera la traduction du texte en quatre livraisons. (Note de Marc Harpon)

En 1997, dans son dernier article publié, Paul Sweezy faisait référence à « la financiarisation du processus d’accumulation du capital » qu’il présentait comme l’une des trois principales tendances économiques au tournant du siècle (les autres étant la croissance du pouvoir des monopoles et la stagnation). (2). Les lecteurs familiers de la théorie économique comprendront que la formule était conçue pour être paradoxale. Toutes les traditions de la théorie économique, à des degrés divers, ont cherché à séparer analytiquement le rôle de la finance de celui de « l’économie réelle ». L’accumulation est conçue comme une formation authentique de capital, qui augmente la production totale de marchandises, au contraire de la valorisation des titres financiers, qui augmente la richesse nominale mais pas la production. En mettant en lumière la financiarisation de l’accumulation, Sweezy signalait donc ce qu’on peut regarder comme « l’énigme du capital » de notre époque. (3)

En effet, la finance a toujours joué un rôle central, même indispensable, dans l’accumulation du capital. Jospeh Schumpeter a décrit la création ad hoc de crédit comme une des traits définissant le capitalisme. « Le marché de l’argent », ajoutait-il, « est toujours […] le quartier général du système capitaliste. » (4). Pourtant quelque chose a changé dans la nature du capitalisme durant les dernières décennies du vingtième siècle. L’accumulation- la formation réelle de capital dans le domaine des biens et des services- a été de plus en plus subordonnée à la finance. La peur bien connue de Keynes que la finance en vienne à dominer la production s’est finalement concrétisée.

Quand Sweezy a fait cette observation concernant la financiarisation de l’accumulation du capital, il y a plus de dix ans, il n’a attiré que peu d’attention. Mais aujourd’hui, après la plus grande crise économique et financière depuis la Grande Dépression, nous ne pouvons plus ignorer les questions qu’il soulève. Plus que jamais, comme l’a dit Marx, « une accumulation de dettes » apparaît comme « une accumulation de capital », la première effaçant peu à peu la seconde. Comme le montre le graphique 1, l’endettement net des ménages a dépassé de loin le total de l’investissement net en capital fixe durant le dernier tiers de siècle- dans un processus culminant en 2007-2009 avec l’éclatement de l’énorme bulle immobilière-financière et l’effondrement et du crédit et de l’investissement.(5)

En effet, depuis les années 1970 nous avons assisté à ce que Kari Polanyi-Lewitt a nommé très justement « La Grande Financiarisation » (6). La financiarisation peut se définir comme le passage structurel du centre de gravité de l’économie capitaliste de la production à la finance. Ce changement s’est manifesté dans tous les aspects de l’économie, y compris : 1) l’augmentation de la part des profits financiers dans les profits totaux ; 2) la hausse de la dette dans le PÏB ; 3) la croissance de la part du FIRE (finance, assurance et immobilier [en anglais : Finance, Insurance, Real Estate, ndt]) dans le revenu national ; 4) la prolifération d’instruments financiers opaques et exotiques ; et 5) l’expansion du rôle des bulles financières. (7) En 1957 l’industrie représentait 27% du PIB étasunien, tandis que le FIRE représentait seulement 12%. En 2008 la relation s’est inversée, avec une part de l’industrie tombée à 12% et une hausse du FIRE à 20%. (8) Même avec le recul lié à la Grande Crise Financière, tout porte à croire que cette tendance générale à la financiarisation de l’économie se poursuit, avec des politique économiques néolibérales qui aident et encouragent cette évolution. La question devient dès lors : Comment une telle inversion des rôles de la production et de la finance peut-elle s’expliquer ?

Keynes et Marx

Dans une tentative de répondre au rôle de la finance dans l’économie moderne, le travail de John Maynard Keynes est indispensable. Cela est tout particulièrement vrai de ce qu’il a fait au début des années 1930 quand il travaillait à La Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie (1936). C’est à ce moment là, en fait, que Marx figure au centre de l’analyse de Keynes.

En 1933, Keynes a publié un court texte intitulé « Une Théorie Monétaire de la Production », titre qui était aussi celui de ses conférences de l’époque. Il a insisté sur le fait que la théorie orthodoxe de l’échange était modelée sur la notion d’une économie de troc. Bien qu’on comprenait que la monnaie était employée dans toutes les transactions marchandes sous le capitalisme, la monnaie était néanmoins « traitée » dans la théorie orthodoxe ou néoclassique comme « étant neutre en un certain sens ». On ne supposait pas qu’elle affectât « la nature essentielle de la transaction » comme « transaction entre des choses réelles ». S’opposant frontalement à cette position, Keynes a proposé une théorie monétaire de la production dans laquelle la monnaie était un des aspect effectifs de l’économie.

L’avantage principal d’une telle approche était qu’elle établissait comment les crises économiques étaient possibles. En cela, Keynes lançait une attaque directe contre la notion économique orthodoxe de la Loi de Say, d’après laquelle l’offre créait sa propre demande- c’est-à-dire sur l’idée que la crise économique était, en principe, impossible. Mettant cela en question, il écrivait, « les booms et les dépressions sont des phénomènes propres à une économie dans laquelle…la monnaie n’est pas neutre. » (9).

Dans le but de développer cette intuition cruciale, Keynes a fait la distinction entre ce qu’il appelait une « économie coopérative » (en substance un système de troc) et une « économie d’entrepreneurs », où les transactions monétaires entraient dans la détermination des relations « d’échange réel ». Cette distinction, Keynes l’a expliquée dans ses cours, «  n’est pas sans rapport avec une observation féconde de Karl Marx […]. Il a signalé que la nature de la production dans le monde actuel n’est pas, comme les économistes semblent souvent le supposer, un exemple de M-A-M’, c’est-à-dire d’échange de biens (ou d’effort) contre de l’argent dans le but d’obtenir un autre bien (ou effort). C’est peut-être le point de vue du consommateur privé. Mais ce n’est pas l’attitude des affaires, qui sont un exemple de A-M-A’, c’est-à-dire du fait d’échanger son argent contre un bien (ou un effort) pour obtenir plus d’argent » (10)

« Un entrepreneur », insistait Keynes, dans la lignée de Marx, « s’intéresse non pas à la quantité de produit, mais à la quantité d’argent qui lui tombera dans la poche. Il augmentera sa production s’il peut ainsi espérer augmenter son profit monétaire. » Inversement, l’entrepreneur (ou le capitaliste) diminuera le niveau de production si ses anticipations sont que le profit monétaire n’augmentera pas. L’aspect monétaire de l’échange, décrit par Marx comme A-M-A’, suggérait ainsi que, non seulement le gain monétaire était le seul but de la production capitaliste, mais qu’il était aussi possible que des crises économiques éclatent du fait d’interruptions de ce processus. Après sa discussion du A-M-A’ de Marx, Keynes poursuivait en déclarant dans des termes similaires à ceux de Marx : « La firme pense en termes de sommes d’argent. Elle n’a d’autre objectif au monde que de s’en tirer avec plus d’argent qu’elle n’en avait en commençant. C’est la caractéristique essentielle de l’économie d’entrepreneur » (11)

Keynes, c’est bien connu, n’était pas un universitaire marxiste. (12) L’inspiration immédiate de ses références à Marx dans ses cours était l’oeuvre de l’économiste américain Harlan McCraken, qui avait envoyé à Keynes son livre, Value Theory and Business Cycles, à sa publication en 1933. L’analyse de McCracken se concentrait sur le problème de la demande effective et le rôle de la monnaie dans la tradition de Malthus. Mais il traitait de façon vraiment large de l’histoire de la pensée économique. Dans son chapitre sur Marx, que Keynes citait dans ses notes de cours, et qui vaut bien d’être cité longuement dans ce contexte, McCracken écriviait :

« En traitant de l’échange et de la métamorphose des marchandises, il [Marx] commençait par parler de M-A-M (Marchandise pour Argent pour Marchandise). Il ne considérait pas un tel échange comme différent en principe du troc puisque l’objet de l’échange était de transférer une marchandise inutile ou presque inutile à son possesseur en échange d’une marchandise de grande utilité, et la monnaie intervenait comme un moyen commode d’effectuer la transaction. La double transaction n’indiquait aucune exploitation, car il supposait que dans chaque transaction il y avait échange de valeurs, ou quantités de travail cristallisé, équivalentes, de sorte que la marchandise finale n’avait ni plus ni moins de valeur que la marchandise originale, mais elle avait une plus grande utilité pour l’acquéreur. Ainsi la métamorphose M-A-M représentait un échange de valeurs équivalentes sans aucune exploitation…

Mais la métamorphose A-M-A’ était fondamentalement différente. Et c’est en expliquant cette formule que Marx traita minutieusement de la nature et la source de la plus-value. Dans ce cas, l’individu commence avec de l’argent et finit avec de l’argent. Le seul motif possible, alors, pour accomplir les deux échanges était de s’en tirer avec plus d’argent qu’au début. Et la mesure dans laquelle le second A ou A’ excède le premier mesure la plus-value. Toutefois, la plus-value n’a pas été créée dans la circulation des marchandises mais dans la production (13). »

Dans une lettre à McCracken, datée du 31 août 1933, Keynes l’a remercié pour son livre, ajoutant :

« Parce que je l’ai trouvé d’un grand intérêt, en particulier peut-être les passages concernant Karl Marx, dont je n’ai jamais été aussi familier que j’aurais dû » (14)

Se basant sur la présentation de Marx par McCracken, Keynes a entrepris d’expliquer qu’une crise pouvait intervenir si A excédait A’, c’est-à-dire si les capitalistes n’étaient pas capables, dans le langage de Marx, de « réaliser le profit potentiel généré dans la production, et finissaient par perdre de l’argent ». « Marx, expliqua Keynes, frôlait une vérité approximative quand il affirmait que la supériorité continuelle de A’ serait interrompue par une série de crises, d’intensité croissante, ou de faillites d’entreprises et de sous-emploi, durant lesquelles, supposait-il, A [par opposition à A’] devait être trop élevé. Ma propre thèse, si on l’accepte, devrait au moins servir à une réconciliation entre les disciples de Marx et ceux du Major Douglas [un des chefs de file britanniques des théoriciens des crises de sous-consommation], épargnant les économistes classiques dans leur croyance que A et A’ sont toujours égaux ! »

La formule générale du capital, ou A-M-A’, suggère Keynes, rend non seulement crédible les vues du Major Douglas, mais aussi les perspectives sur la sous-consommation qui furent celles des « [John] Hobson, ou [William T.] Foster et [Waddill] Catchings […] qui croient en la thèse de la tendance à la déflation et au sous-emploi inhérente au capitalisme. » (15) Peu après avoir lu Value Theory and Business de McCracken et rencontré sa présentation de la formule A-M-A’ de Marx, Keynes a fait explicitement référence dans ses cours au « problème de la réalisation de Marx » comme étant lié au problème de la demande effective. (16)

Sans une grande connaissance directe de l’analyse de Marx, Keynes a ainsi saisi les implications de la formule générale du capital de Marx, son rapport à la critique de la Loi de Say, et la nécessité d’intégrer en un seul système l’économie monétaire et l’économie réelle, la production et la finance, qu’elle indiquait. Tout cela convergeait avec les tentatives faites par Keynes de construire une théorie monétaire de la production (c’est-à-dire une Théorie générale). Comme devait l’observer Sweezy plus d’un demi-siècle après quand les conférences de Keynes sur la théorie monétaire de la production ont commencé à attitrer l’attention, ces remarques sur la formule générale du cpaital de Marx indiquaient que : 1) Keynes « était sur des problèmes importants plus proche de la façon de penser de Marx sur la monnaie et l’accumulation du capital qu’il ne l’était de l’orthodoxie néoclassique dominante » et 2) « il avait mieux compris ce qui est important chez Marx que n’importe qu’elle autre économiste bourgeois » (17)

En effet, il est remarquable, en y repensant, de constater combien la pensée de Keynes rejoint ici celle de Marx. Dans les Théories de la plus-value, Marx a signalé ce qu’il a appelé « la possibilité abstraite de la crise » reposant sur A-M-A’. « Si la crise apparaît […] parce que l’achat et la vente s’écartent l’un de l’autre, elle devient une crise monétaire », associée à l’argent comme « moyen de paiement. […] Dans la mesure où le développement de la monnaie comme moyen de paiement est lié au développement du crédit et du crédit excessif, les causes de ce dernier doivent aussi être examinées. » Pour Marx, donc, une crise de réalisation, ou crise de la demande effective, était toujours liée au caractère monétaire du système, et s’étendait nécessairement non seulement au phénomène du crédit mais aussi aux crédit excessif. Cela signale ainsi des crises potentielles de surendettement. (18)

Cachée dans la formule générale du capital, A-M-A’, avancée par Marx, il y avait une tendance du capital à se transformer en une pure économie monétaire (ou spéculative), c’est-à-dire dans laquelle l’argent engendrait l’argent sans lien avec la production de marchandises. Dans A-A’, a-t-il écrit, « la relation du capital atteint sa forme la plus superficielle et la plus fétichisée ». (19) Si A-A’ renvoyait à l’origine au seul capital prêté à intérêts, cette formule s’est métamorphosée au cours du développement capitaliste en une demande spéculative d’argent en général. « Le crédit », expliquait Marx, « détrône l’argent et usurpe sa place ». Le capital a pris de plus en plus la forme « redoublée »  : 1) du « capital réel » c’est-à-dire des stocks de l’usine, de l’équipement et des marchandises générées dans la production, et 2) du « capital fictif», c’est-à-dire la structure des prétentions au capital réel liées aux titres en papier. A partir du moment où l’activité économique était orientée vers la valorisation du « capital fictif » dans le domaine de la finance plutôt que sur l’accumulation du capital réel dans la production, avançait Marx, le capital était changé en une forme spéculative. (20)

 

 

1)Karl Marx, Le Capital

2)Paul M. Sweezy, Paul M. Sweezy, “More (or Less) on Globalization,” Monthly Review 49, no. 4 (September 1997): 3. La mondialisation était, dans la pensée de Sweezy, un phénomène plus long et de plsu grande ampleur, caractéristique de tous les stades du développement historique du capitalisme, et donc pas un effet de changement des modes d’accumulation.

3)Le terme « l’énigme du capital » est emprunté à David Harvey The Enigma of Capital (London: Profile Books, 2010) Biern qu’Harvey n’utilise pas le terme précisément en ce sens, l’approche ici soulignée est généralement en accord avec les conceptions de son dernier livre.

4)Joseph A. Schumpeter, The Theory of Economic Development (New York: Oxford University Press, 1961), 107, 126, and Essays (Cambridge, Mass.: Addison-Wesley, 1951), 170.

The drop in investment in the crisis is reflected in the fact that in 2009 the total capital stock of business equipment in the United States dropped by 0.9 percent from 2008, its first decline since the 1940s; meaning that firms did not even spend enough on new equipment to offset the wear and tear on their existing equipment. “Firms Spend More—Carefully,” Wall Street Journal, August 11, 2010.

5) Une chute de l’investissement dans la crise est reflétée par le fait qu’en 2009 le stock total d’équipement industriel aux Etats-UNis a chuté à 0,9% par rapport à 2008, son premier déclin depuis les années 1940, ce qui signifie que les firmes n’ont même pas dépensé assez sur de nouveaux équipements pour alléger le poids qui pèse sur les équipements existants. “Firms Spend More—Carefully,” Wall Street Journal, August 11, 2010.

6) Kari Polanyi Levitt, “The Great Financialization,” John Kenneth Galbraith Prize Lecture, June 8, 2008, http://karipolanyilevitt.com/documents/The-Great-Financialization.pdf.

7) Pour des preuves de cette tendance, voir John Bellamy Foster et Fred Magdoff, LA Grande Crise Financière (New York, Montly Review Press, 2009). On remarquera que cet usage du terme de « financiarisation », en relation avec une tendance séculaire dans l’économie d’aujourd’hui, est vraiment différent de son usage dans le travail des théoriciens du système-monde tels que Giovanni Arrighi et Beverly Silver, qui la pensent simplement comme une phase des cycles hégémoniques du système-monde capitaliste. Voir Giovanni Arrighi and Beverly J. Silver, Chaos and Governance in the Modern World System (Minneapolis: University of Minnesota Press, 1999), 213.

8) Robert E. Yuskavage et Mahnaz Fahim-Nader, “Gross Domestic Product by Industry for 1947-86,” Bureau of Economic Analysis, Survey of Current Business, December 2005, 71; U.S. Census Bureau, The 2010 Statistical Abstract, Table 656, “Gross Domestic Product by Industry and State: 2008”; Kevin Phillips, Bad Money (New York: Viking, 2008), 31.

9)John Maynard Keynes, “A Monetary Theory of Production,” dans Keynes, Collected Writings, vol. 13 (London: Macmillan, 1973), 408-11. Comme le dit Kenneth Arrow : “The view that only real magnitudes matter can be defended only if it is assumed that the labor market (and all other markets) always clear, that is, that all unemployment is essentially voluntarily.” Kenneth, J. Arrow, “Real and Nominal Magnitudes in Economics,” Journal of Financial and Quantitative Analysis 15, no. 4 (November 1980): 773-74.

10) John Maynard Keynes, Collected Writings, vol. 29 (London: Macmillan, 1979), 81-82. Voir Dudley Dillard, “Keynes and Marx: A Centennial Appraisal,” Journal of Post Keynesian Economics 6, no. 3 (Spring 1984), 421-24.

11)Keynes, Collected Writings, vol. 13, 89

12)Quand Sweezy a écrit à la jeune collègue de Keynes Joan Robinson en 1982 à propos de la publication des notes de lecture des années 1930 de Keynes dans lesquelles il discute de Marx, pour lui demander si elle avait la moindre information supplémentaire à ce propos, elle a répondu : « J’ai été aussi surprise au sujet du rapport de Keynes à Marx. Keynes m’a dit qu’il avait l’habitude de faire Sraffa lui expliquer le sens de la valeur travail, etc., et lui recommander des passages à lire, mais qu’il n’arrivait jamais à saisir ». Cité par Paul Sweezy, The Regime of Capital,” Monthly Review 37, no. 8 (January 1986): 2.

13) Harlan Linneus McCracken, Value Theory and Business Cycles (Binghampton, New York: Falcon Press, 1933), 46-47.

14) Keynes to McCracken, August 31, 1933, in Steven Kates, “A Letter from Keynes to Harlan McCracken dated 31st August 1933: Why the Standard Story on the Origins of the General Theory Needs to Be Rewritten,” October 25, 2007, Social Science Research Network, Working Paper Series, http://ssrn.com/abstract=1024388.

15) Keynes, Collected Writings, vol. 29, 81-82. Certains reconnaîtront ici le fondement de l’allusion ultérieure faite par Keynes dans La Théorie générale,  au « monde souterrain de l’économie » dans lequel « le grand puzzle de la demande effective » a son existence « furtive »- et où il fait mmention de Marx, d’Hobson et de Douglas. Sur ce point, voir Keynes, The General Theory of Employment, Interest and Money in Keynes, Collected Writings, vol. 7 (London: Macmillan, 1973), 32, 355, 364-71. En renvoyant favorablement dans ses conférences aux partisans américains de la théorie de la sous-consommation que sont WilliamT.Foster et Waddil Catchings, Keynes était clairemnt influencé par le chapitre de McCracken sur ces penseurs. Voir McCracken, Value Theory and Business Cycles, 157-68.

16) Keynes, Collected Writings, vol. 13, 420. Voir aussi Donald Moggridge, “From the Treatise to the General Theory: An Exercise in Chronology,” History of Political Economy 5, no. 1 (Spring 1973), 82.

17) Sweezy, “The Regime of Capital,” 2.

18) Karl Marx, Theories of Surplus Value, Part 2 (Moscow: Progress Publishers, 1968), 509-15. Pour une bonne interprétation des convergences de l’analyse de Marx et de Keynes dans ce domaine, voir Peter Kenway, “Marx, Keynes, and the Possibility of Crisis,” Cambridge Journal of Economics 4 (1980): 23-36.

19) Marx, Capital, vol. 3, 515

20) . Marx, Capital, vol. 3, 607-610, 707; Karl Marx and Frederick Engels, Selected Correspondence (Moscow: Progress Publishers), 396-402; Jan Toporowski, Theories of Financial Disturbance (Northampton, Mass.: Edward Elgar, 2005), 54. Pour une description détaillée de la théorie de Marx du « capital fictif » voir Michael Perelman, Marx’s Crises Theory (New York: Praeger, 1987), 170-217.

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