╔╝Yannis Ritsos : Epitaphe – Un jour de mai, tu m’as abandonné * Μέρα Μαγιού μου μίσεψες

 L’histoire de la Grèce comme une tragédie que n’en finissent pas de chanter ses poètes et ses musiciens. La chanson ou la rencontre entre l’Histoire avec un grand H, celle qu’écrit la mort d’un jeune ouvrier et les pleurs d’une mère… Je pense à Eluard, Grèce ma rose de raison, et à Ritsos, l’homme « indivisible » comme Neruda: le poète et le révolutionnaire. Je me souviens encore, c’était l’année de la mort d’Aragon, j’avais accompagné gaston Plissonnier au Congrès du KKE, c’est là que j’ai vu Ritsos et Théodorakis, mais comment décrire ce congrèsn où on appelait les militants à préparer leur intervention: « Aristide de Thèbes à la tribune, que Péricles du Pirée de prépare »…Alors j’ai pensé à cette phrase de Ritsos où il décrit le silence de la rue d’un village écrasé par la lumière méditerranéene , ce pays aussi dur que le silence » où il suffit qu’une femme vétue de noir passe pour que l’on retrouve le souffle d’Homère.  Je vous en prie, tentez pour une fois de suivre tous les liens de cette page, ils en vallent la peine…
GREECE- Αχ Ελλάδα σ’αγαπώ !
Dornac ,En mai 1936, une grève des ouvriers du tabac à Thessalonique se termine dans le sang : un jeune ouvrier est tué par les forces de l’ordre.
Sa photo : gisant sur le sol, une femme penchée sur lui, est publiée dans le journal.
Yannis Ritsos, touché par cet événement, écrit un recueil de poèmes, Epitaphe (EΠΙΤΑΦΙΟΣ).
Le dictateur Metaxas fera brûler l’ouvrage en place publique.
En voici un extrait :

III. Un jour de mai tu m’as abandonné (Μέρα Μαγιού μου μίσεψες- méra maguiou mou misepsès).

Μέρα Μαγιού μου μίσεψεςΜέρα Μαγιού σε χάνωΑνοιξη γιέ που αγάπαγεςΚι ανέβαινες απάνω.

Στο λιακωτό και κοίταζες

Και δίχως να χορταίνεις

Αρμεγες με τα μάτια σου

Το φως της οικουμένης

Αρμεγες με τα μάτια σου

Το φως της οικουμένης

Και μου ιστορούσες με φωνή

Γλυκειά ζεστή κι αντρίκια

Τόσα όσα μήτε του γιαλού

Δεν φτάνουν τα χαλίκια

Και μου ‘λεγες πως όλ’ αυτά

Τα ωραία θαν’ δικά μας

Και τώρα εσβήστης κι έσβησε

Το φέγγος κι η φωτιά

     Un jour de mai tu m’as abandonnéUn jour de mai je te perdsAu printemps, fils, que tu aimaisTu es parti, là-haut.

Dans la véranda, tu regardais

Et tu ne te rassasiais pas

Tu semblais traire de tes yeux

La lumière du monde

Tes yeux assoiffés s’abreuvaient

De la lumière du monde

Tu me racontais aussi avec une voix

Douce, chaleureuse et virile

Qu’aussi vaste que le rivage puisse être

Il n’y a jamais assez de galets

Et tu me disais que tout cela

Toutes ces belles choses seraient nôtres

Mais maintenant tu es parti

Et la flamme et le feu se sont éteints.

     
Από τη σύνθεση « ΕΠΙΤΑΦΙΟΣ ». Βλ. τη συγκεντρωτική
έκδοση του Ρίτσου, Ποιήματα (Α’ τόμος, 1978, σ. 168)
  Traduit par Mathieu Serradell sur le site de Nana Mouskouri .
    Autres traductions disponibles :
stixoi.info.
Notes sur la video de jimakos61
     
Epitaphe en grec (autres extraits) / Epitaph in greek (other extracts):
Mikis Theodorakis a mis en musique ce poème, chanté ici par Maria Farantouri :
Video : mpiptota (ευχαριστώ)

Ici, Yannis Ritsos lit son poème (suivi d’une autre interprétation de Maria Farantouri):

Enfin, un interprétation de Nana Mouskouri (en grec):
Video: Kirkh70 (ευχαριστώ)
Vous trouverez aussi en note sur cette video des explications
plus détaillées sur l’événement, en anglais.
With more explanations in english about the event (see the notes).

Liens / Links :
Traduction française d’extraits du recueil, par Guy Wagner
Nena Venetsanou parle d’Epitaphe sur le site de Mikis Theodorakis
Biographie (théâtre Jean Vilar)
Biographie (Guy Wagner sur le site de M. Theodorakis)
http://www.ypsilonediteur.com
Biographie sur projethomere.com

 

.

Proche depuis 1931 du K.K.E., le Parti communiste de Grèce, iI adhère à un cercle ouvrier et fait paraître Tracteur (1934), inspiré du futurisme de Maïakovski, et Pyramides (1935), deux oeuvres qui réalisent un équilibre toujours fragile entre la foi en l’avenir fondée sur l’idéal communiste, et le désespoir personnel.

Les Eluard – Epitaphios

par Nena Venetsanous


Nena Venetsanou & Yannis Ritsos
Quelles étranges analogies forment les chansons d’Eluard et l’Epitaphe, réunis pour la première fois depuis 1958, date à laquelle ils avaient été mis en musique à Paris.Les chansons d’Eluard glissèrent en sourdine avec quelques résonances d’Axion Esti et de Canto General, où l’on entend l’écho d’un monde musical lointain, tropique inconnu discret et fragile, où tout ce qui vibre appartient au futur.

L’Epitaphe, dans la lumière, marque la reconnaissance du compositeur et reste la pierre angulaire de la chanson grecque contemporaine.

Source à la fois secrète et visible d’une même rivière qui se divise en plusieurs affluents. Je reconnais la mélancolie qui se dégage des chansons d’Eluard, de même que l’élévation de l’âme exigée par la mort, dans l’Epitaphe. Je sais combien grande est la solitude du poète qui aspire à la liberté absolue, volontairement rangé du côté de l’amour.

La musique de Mikis Théodorakis a fait voyager tout un peuple vers la liberté, la joie de vivre, la lutte. Comme un fleuve, elle a inondé toute la Grèce, et tout est devenu plus compréhensible grâce à la chanson.

La chanson, alliée de la poésie, et son moyen de diffusion. La chanson au service d’une pensée élaborée.

La chanson qui ne rentre dans les rêves, mais qui les provoque, comme elle provoque nos désirs et nos aspirations les plus intimes.

La chanson qui crie: Faites de la place,
« Tout est nouveau »
« Tout est futur »

La chanson écrite avec assurance, porteuse de confiance, partagée comme le pain béni dans le malheur des hommes et qui se fit soutien pour accompagner le chant de deuil d’un coeur nu.

Aujourd’hui, des milliers d’images reflètent la lumière et son éblouissante passion.

Aujourd’hui, je sais comment c’était alors! Une horreur pour les artistes! L’exil, la prison, l’errance, la solitude au milieu de la foule qui s’empressait d’oublier… son histoire par le truchement des lois et des règlements les plus sévères, au moment même où elle allait conquérir sa liberté.

© Nena Venetsanou

3 commentaires

  1. Bonjour,
    c’est toujours flatteur de voir qu’on s’est intéressé à son blog, je regrette juste que vous n’ayez pas fait de liens vers lui après avoir copié/ collé…
    Mais bon, merci quand même.
    Donc pour la partie « poème, traduction et liens « : il s’agit bien d’une page que j’ai réalisé sur mon blog « dornac.over-blog.com ».
    et pour la page en question, voir :
    http://dornac.over-blog.com/pages/Yannis_Ritsos_Epitaphe_Un_jour_de_mai_tu_mas_abandonne_-2197485.html
    Vous aurez, de surcroît, la photographie à partir de laquelle Ritsos a bâti son poème.

  2. 1
    Mikis Théodorakis,
    Toi, l’aigle, chef d’orchestre,
    Toi chef d’orchestre oiseau,
    comme un aigle royal
    tu surplombes la scène,
    et fait en magicien
    sourdre de ta baguette
    des hymnes libertés
    Oh, Mikis un tonnerre
    Est passé dans ta voix.
    Toi, aigle des tréteaux
    Tu es comme la mer
    et ses vagues incessantes
    qui font chavirer,
    de joie et de bonheur,
    Une foule haletante
    Oh, Mikis tout un monde
    Vibre à tes musiques
    Toi maître des musiques
    Avec le bouzouki
    Tu fais jaillir des sons.
    pareils à des galets
    qui réchauffent nos coeurs
    de trilles de velours
    2
    Oh, Mikis un tonnerre
    Est passé dans ta voix.
    Toi, le grand capitaine
    des chants et de musique
    Sur les tréteaux dressés
    tu fais le chanter la foule,
    d’un choeur à l’unisson
    criant démocratie !
    Oh, Mikis, la ferveur
    Tu sais communiquer
    Toi l’honneur de la Grèce
    Avec ton seul talent
    Tu, fis tomber la junte,
    Renaître liberté
    La tragédie chez toi,
    Est une arme de feu
    Oh, Mikis, notre ami
    De tes sons enchantés
    Nous avons grand besoin.
    Paul d’Aubin- Toulouse ,
    Juillet -2010

  3. Ulysse, la Méditerranée et les Femmes.

    Parti à contre cœur, ayant même contrefait le fou, pour se soustraire à la guerre et élever ton fils Télémaque, tu dus partir à Troie, et sus t’y montrer brave mais surtout fin stratège. La guerre fut bien longue, pas du tout comme celle que chantaient les Aèdes. L’ennemi ressemblait tant à nos guerriers Achéens, courageux et aussi sûrs de leur droit que nous l’étions du notre. Que de sang, que de peine ! Tu vis périr Patrocle, ne pus sauver Achille ; et les morts aux corps déchiquetés par les épées se substituèrent aux coupes de ce vin si enivrant qu’est la rhétorique guerrière et à la funeste illusion d’une victoire facile. Ulysse tu eus l’idée de bâtir ce grand vaisseau dont la proue figurait une tête de cheval. Ainsi les Achéens purent entrer dans le port forteresse si bien gardé. Mais quand la nuit noire et le vin mêlés ôtèrent aux courageux Troyens leur vigilance et leur garde, vous sortirent alors des flancs du bateau et vous précipitèrent pour ouvrir grands les portes aux guerriers Achéens. La suite fut un grand carnage de guerriers Troyens mais aussi de non combattants et même de femmes. Et Troie, la fière, la courageuse ne fut plus ville libre et les survivants de son Peuple connurent l’esclavage. Aussi quand Troie fut conquise et que ses rue coulèrent rouges du sang vermeil de ses défenseur, mais aussi de nombreux civils, tu songeas à retourner chez toi, car tu étais roi, et ton fils Télémaque aurait besoin de toi et Pénélope t’aimait. Les souvenirs d’émois et de tendres caresses faisaient encore frissonner la harpe de ton corps de souvenirs très doux. C’est alors que tu dus affronter la Déesse Athéna et ton double, tous deux vigilants, à tester ta sincérité et ta constance. Oh, toi Homme volage et point encore rassasié de voyages et de conquêtes. L’étendue de la mer te fut donnée comme le théâtre même de ta vérité profonde. Après bien des voyages et avoir perdu nombre de tes compagnons, tu fus poussé dans l’île de la nymphe Calypso. Cette immortelle à la chevelure, si joliment bouclée se trouvait dans son île d’arbustes odoriférants. Aussi fit-elle tout pour te garder. Toi-même, tu lui trouvas de l’ardeur et des charmes même si durant le jour tu te laissais aller à la nostalgie d’Ithaque. La belle immortelle te proposas, pour te garder, de te donner cet attribut si recherché qui empêche à jamais de sombrer dans le sommeil perpétuel. Mais toi, Ulysse, tu préféras garder ton destin d’homme mortel et ton inguérissable blessure pour Ithaque. Après sept années d’une prison si douce, l’intervention d’Athéna te rendit aux aventures de la Mer. Tu accostas, avec tes compagnons sur la côte d’une île malfaisante. C’était la demeure des Cyclopes. Parmi ce Peuple de géants, le cyclope Polyphème habitait une grotte profonde d’où il faisait rentrer chaque soir son troupeau. Ulysse quelle folie traversa ton esprit et celui de tes compagnons que de vouloir pénétrer dans cette antre maudite, mû à la fois par la curiosité et la volonté de faire quelques larcins de chèvres ? Vous payèrent bien cher cette offense par la cruelle dévoration que fit l’infâme Polyphème de plusieurs de tes compagnons dont vous entendîtes craquer les os sous la mâchoire du sauvage. Aussi votre courage fut renforcé par votre haine lorsque vous lui plantèrent l’épieu dans son œil unique alors que sa vigilance venait d’être endormie par le vin. Les barques ayant mouillés dans l’île d’Aiaé, tes compagnons imprudents furent transformés en pourceaux par la belle et cruelle Magicienne Circée. Doté d’un contre poison à ses filtres, tu ne restas cependant pas insensible aux charmes de la belle Magicienne mais tu lui fis prononcer le grand serment avant de répondre à tes avances. Elle accepta pour faire de toi son amant de redonner leur forme humaine à tes compagnons, Et vos nuits furent tendres, sensuelles et magiques car la Magicienne excellait dans les arts de l’amour et il en naquit un fils. Toi le rusé et courageux Ulysse, tu espérais enfin voguer avec délice sur une mer d’huile parcourue par les reflets d’argent des poissons volants et te réjouir des facéties des dauphins, Mais c’était oublier et compter pour peu la rancune de Poséidon, le maître des eaux, rendu furieux par le traitement subi par son fils Polyphème. C’est pour cela qu’une masse d’eau compacte, haute comme une haute tour avançant au grand galop ébranla et engloutit ton solide radeau. Seul ton réflexe prompt de t’accrocher au plus grand des troncs te permis de plonger longuement au fonds des eaux en retenant longtemps ton souffle avant d’émerger à nouveaux. La troisième des belles que ton voyage tumultueux te fit rencontrer fut la jeune Nausicaa, fille du roi des Phéaciens, Alcinoos. Celle-ci, dans la floraison de sa jeunesse, ardente et vive, ne cédait en rien à l’éclat des plus belles et subtiles fleurs. Guidée par la déesse Athéna, elle vint auprès du fleuve ou tu dormais laver les habits royaux avec ses suivantes. Les voix des jeunes filles t’éveillèrent. Dans ta détresse et ta nudité, tu jetas l’effroi parmi les jeunes filles. Seule Nausicaa eut le courage de ne pas fuir et d’écouter ta demande d’aide. Elle rappela ses suivantes et te fit vêtir après que ton corps ait été lavé par l’eau du fleuve et enduit d’huile fine. Tu retrouvas ta force et ta beauté. Aussi Nausicaa vit en toi l’époux qu’elle désirait. Mais, ta nostalgie d’Ithaque fut encore plus forte. Alors Nausicaa te pria seulement, en ravalant ses larmes, de ne point oublier qu’elle t’avait sauvé des flots. Amené tout ensommeillé dans le vaisseau mené par les rameurs Phéaciens si bien aguerris à leur tâche, tu étais comme bercé par le bruit régulier des rames et le mouvement profond d’une mer douce mais étincelante. C’était comme dans ces rêves très rares qui vous mènent sur l’Olympe. Jamais tu ne te sentis si bien avec ce goût d’embrun salé sur tes lèvres et ce bruit régulier et sec du claquement des rames sur les flots. Tu éprouvas la sensation de voguer vers un nouveau Monde. Ce fut, Ulysse, l’un des rares moments de félicité absolue dans une vie de combats, de feu et du malheur d’avoir vu périr tous tes valeureux compagnons. Ulysse revenu dans ton palais, déguisé en mendiants pour châtier les prétendants, tu triomphas au tir à l’arc. Mais l’heure de la vindicte avait sonné. La première de tes flèches perça la gorge d’Antinoos, buvant sa coupe. Nul ne put te fléchir Ulysse, pas même, l’éloquent Eurymaque qui t’offrait de t’apporter réparations pour tes provisions goulument mangés et tes biens dilapidés. Le pardon s’effaça en toi car l’offense faite à ta femme et à ton fils et à ton honneur était trop forte. Aussi tu n’eus pas la magnanimité de choisir la clémence et le sang coula dans ton palais comme le vin des outres. Pas un des prétendants ne fut épargné à l’exception du chanteur de Lyre, Phénios et du héraut Médon qui avait protégé Télémaque. Mais Ulysse, tu ne fus pas grand en laissant condamner à la pendaison hideuse, douze servantes qui avaient outragé Pénélope et partagé leur couche avec les prétendants. Ulysse tu fus tant aimé des déesses, des nymphes et des femmes et souvent sauvé du pire par celles qui te donnèrent plaisir et descendance. Mais obsédé par tes roches d’Ithaque ne sus pas leur rendre l’amour qu’elles te portèrent. Tu ne fus pas non plus à la hauteur de la constance et de la fidélité de Pénélope. Mais Ulysse poursuivi par la fatalité de l’exil et de l’errance et la rancune de Poséidon, tu fus aussi le préféré de la déesse Athéna qui fit tant et plus pour te sauver maintes fois de ta perte. Cette déesse fut la vraie sauvegarde de ta vie aventureuse et les femmes qui te chérirent t’apportèrent maintes douceurs et consolations dans ta vie tumultueuse.

    Paul Arrighi, Toulouse, 2013.


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