A l’Elysée Sarkozy dénonce le blocus, à Davos, Sarkozy fustige les dérives du capitalisme par Danielle Bleitrach

Il n’en finit pas de nous étonner: ainsi ce qui s’est récemment passé à l’Elysée dont la presse n’a pas fait état est plutôt sympathique. Lors de la dernière lettre de remise de créances des ambassadeurs, le hasard a fait que le nouvel ambassadeur des Etats-Unis et celui de Cuba se soient trouvés ensemble dans les salons de réception sous les lambris du palais de l’Elysée. Le Président Sarkozy s’est approché de l’ambassadeur de Cuba et lui a glissé quelques mots de sympathie, puis il a foncé vers l’ambassadeur des Etats-Unis et lui dit à haute voix: « Dites bien au Président Obama que cette histoire de blocus est indéfendable! C’est contreproductif, ça ne mène à rien, il faut en finir le plus rapidement possible! » Il est reparti, puis est revenu en déclarant de nouveau à l’amabassadeur des Etats-Unis :  » Il faut absolument que vous répétiez ce que je vous ai dit à votre président « . L’ambassadeur des Etats-Unis qui n’est pas un diplomate de carrière mais un homme d’affaire avait l’air stupéfait. Et de fait il a été absent devant le buffet quelques minutes plus tard. On s’interroge: « est-il allé illico téléphoner à Obama ? Au risque de ne pas goûter aux amuse-gueules ?

Et Le Président  français (sinon de tous les Français) continue… Aujourd’hui, c’est le Figaro  en ligne,qui le rapporte  Nicolas Sarkozy s’en est pris au capitalisme à Davos…Tout cela, avouons-le, serait plutôt sympathique si le président ne faisait pas l’inverse de ce qu’il proclame.

La position sur Cuba mais aussi … sur le terrorisme…

En ce qui concerne Cuba, voyons les faits, Obamania iou pas, prix Nobel de la paix ou pas, il faut constater que les Etats-Unis  ne lèvent pas le blocus et se contentent de remettre en cause les dernières mesures prises par Bush en 2004 sur l’argent de l’immigration et les voyages des immigrés vers leur famille(1). Le blocus c’est bien autre chose ne serait qu’à cause de la terrible loi Helms Burton de 1996. Mieux ou pire, les Etats-Unis viennent à nouveau de publier la liste de 14 pays terroristes, Cuba y est, il est même le seul pays non musulman. Cette désignation est folle et insultante parce si Cuba n’a jamais pratiqué le terrorisme, elle le subit et a eu des milliers de victimes. Mais sur le fond une telle liste signifie simplement que les Etats-Unis poursuivront leur terrorisme d’Etat à l’égard des pays qu’ils désignent ainsi, et Cuba en particulier. A l’égard de ces pays tout est possible, puisqu’ils se sont mis , selon toujours les Etats-Unis hors la loi. Ils ne relèvent plus du Droit International mais de l’action policière contre des délinquants.

Donc pour revenir à notre président, après avoir dénoncé d’une manière sensée les menées impérialistes des Etats-Unis à l’égard d’un petit pays qui ne menace personne… La France produit une liste de 30 pays terroristes sur des bases tout aussi insuppoprtables. Que Cuba y soit ou n’y soit pas, il est clair que c’est le principe de telles listes qu’il faut dénoncer. Dans le cas de Cuba le point de droit se double d’un injustice inhumaine…

C’est cette incohérence qui n’est pas digne d’un pays comme la France. j’ajouterai que chacun sait que Nicolas Sarkozy pratique un interventionnisme autoritaire sur les médias, n’y aurait-il que sur la question de Cuba qu’il n’arrive pas à imposer sa ligne et accepte y compris que la télévision publique produise des ignominies du type de celle de la semaine dernière sur Fidel Castro sur la chaîne Arte. Qu’est-ce qui autorise une chaîne publique a ainsi déparler d’un chef d’Etat sinon leur appui du terrorisme d’Etat pratiqué par les Etats-Unis.

Tout cela explique le fond de l’affaire à savoir que notre président s’est engouffré dans la guerre stupide et onéreuse d’Afghanistan et qu’il participera désormais à toutes les aventures d’un Empire sur le déclin.

Sarkozy condamne le capitalisme, l’opposition parle d’autre chose…

Même distances entre les dires et les faits ce mercredi en scéance d’ouverture à Davos.  Le président Nicolas Sarkozy à Davos, ce mercredi.
« Pour la première fois, un président français a ouvert le forum économique de Davos. Nicolas Sarkozy en a profité pour critiquer les «folies» d’une économie de marché livrée à elle-même. » La sévère critique du président français serait plus crédible si depuis son élections il n’avait le contraire: encourager le capital, lui laisser la bride sur le cou et faire pression sur le service public et les salaires. Voici ce qu’en dit le Figaro lui-même, le journal de Dassault est ironique, on le comprend, le capital peut jouer à se faire peur, il n’a rien à craindre. Ce sont simple roulement de mécanique destiné à manifester une fois de plus sa différence avec Obama. Pas sur le fond, non sur qui aura la mimique la plus menaçante « on va voir ce qu’on va voir, avec nous le Capital n’a qu’à bien se tenir! » Obama après la défaite démocrate dans le fief du Masachussetts produit un discours contre les banques à l’usage des couches moyennes, Sarkozy profite de Davos pour surenchérir.

 «Sarkozy le régulateur» était attendu avec curiosité, voire un fond d’hostilité, au Forum économique mondial de Davos. Météo oblige, il n’était pourtant pas sûr en début de journée de pouvoir atteindre en hélicoptère la station de sport d’hiver. Son arrivée était d’autant plus attendue qu’aucun président français n’était jamais venu à ce jour participer aux débats de cette Mecque du patronat et de la haute finance mondiale. Jacques Chirac ayant dû renoncer, pour cause d’intempéries, à sa visite programmée en 2005.

Le président français a mis beaucoup de lui-même pour réchauffer la salle, plutôt froide. «Je sais bien que je suis français et que je suis suspect», s’est interrompu le chef de l’État avec un sourire entendu, «mais s’il est vrai que trop de règles tuent le dynamisme… Pas assez de règles tuent le capitalisme», a-t-il lancé. En dénonçant avec force la faillite d’un système : «Cette crise est une crise de la mondialisation (…) La mondialisation a dérapé à partir du moment où il a été admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune raison ne lui était opposable», a-t-il martelé. Il s’est posé en champion de la régulation et du multilatéralisme, seule solution pour stopper «les folies» d’une économie de marché livrée à elle-même. Il a vanté les résolutions du G20, tout en mettant en garde les décideurs économiques : «C’est bien de prendre des décisions, encore faut-il qu’elles soient mises en œuvre.» Et d’enchérir : «Le métier de banquier n’est pas de spéculer (…), c’est de financer le développement de l’économie.» Un propos qui lui a valu deux timides applaudissements, qu’il a remerciés pour «leur courage».

Puis Sarkozy n’a pas hésité à lâcher ses coups : «Quand on gagne à tous les coups, on est pas dans un système d’économie de marché», a-t-il glissé contre les patrons voyous. «Faisons le choix de l’immobilisme, et le système sera balayé, et il l’aura bien mérité», a-t-il prévenu.

Enfin le président français a réservé à ce parterre de grands financiers et de grands patrons l’annonce de son nouveau cheval de bataille d’ici la fin du quinquennat : la réforme du système monétaire. Après avoir longtemps laissé de côté ce sujet au profit de la réforme du système financier, il a annoncé qu’il le mettrait à l’ordre du jour du G20 et du G11 que la France présidera en 2011. «Aujourd’hui nous avons besoin d’un nouveau Breton Woods», a lancé Sarkozy. «On ne peut pas avoir d’un côté un monde multipolaire et de l’autre une seule monnaie de référence à l’échelle planétaire. On ne peut pas d’un côté prôner le libre-échange et de l’autre tolérer le dumping monétaire.» «Dans ce monde-là, les différences entre Anglo-Saxons et continentaux s’effacent complètement», a néanmoins improvisé le président «continental».

En attendant ce rendez-vous, Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur la nécessité d’une taxation de la spéculation, afin de développer les financements innovants en faveur des pays émergents. Il a salué au passage Gordon Brown, «l’un des tout premiers à défendre cette idée». Et soutenu l’initiative de Barack Obama pour «dissuader les banques de spéculer pour elles-mêmes ou de financer des fonds spéculatifs». Après 45 minutes de discours dans un silence réservé, il a finalement été chaleureusement applaudi. Au point de revenir, ravi, derrière le micro pour remercier «la moitié de la salle» qui l’avait applaudi, et encourage l’autre moitié à l’applaudir à son tour. Plus régulateur que jamais, Nicolas Sarkozy est reparti tout sourires. » Figaro jeudi 28 janvier 2010

Non seulement tout cela n’a pas la moindre incidence sur la réalité mais on se demande les raisons de telles attitudes qui consistent à dire le contraire de ce qu’on fait. Du bouclier fiscal aux prêts bancaires sans aucun contrôle en passant par le défense de Proglio (2). Est-ce que sinon l’hostilité du moins les piques, les surenchères par rapport aux positions du président des Etats-unis ont un sens quand tout cela paraît un coup d’épée dans l’eau ? Et pourquoi? Est-ce la médiocrité du personnel politique de notre temps, du moins en occident ? Est-ce que la crise impérialiste attise les concurrences entre eux, pour parler clair, est ce que pour vendre quelques rafales Sarkozy est en train d’adopter des poses gaulliennes ? Est-ce qu’il table déjà sur l’échec du président des Etats-Unis ? Le non renouvellement de son mandat. Probablement tout cela à la fois mon capitaine…

Est-ce à usage interne ? L’impopularité du président est réelle et tout porte à croire que les régionales ne verront pas une grande remontée de son parti pourtant l’opposition fait l’impossible pour qu’il n’ait rien à craindre … Elle  continue à parler de n’importe quoi c’est-àdire- ce qui excite les journalistes et ne  préoccupe pas  les français. Je ne suis pas convaincue que les discours sur la monarchie élyséenne ait quelques influences sur un chômeur, quelqu’un dont le salaire fondle 15 du mois, ce qui est tout de même de plus en plus répandu… Sans parler de son incapacité à se situer dans le vaste monde encore plus à droite que la droite, de  n’avoir aucune vision des conditions réelles de la mondialisation et de l’influence que cela a sur le présent et l’avenir.Il est tout de même extraordinaire qu’un homme de gauche n’ose pas dénoncer le blocus tant qu’il est à gauche et commence à le faire comme jack Lang que quand c’est la droite qui lui en apporte la mission sur un plateau (d’argent et de télévision). Comme si, le dit homme de gauche ne retrouvait un peu de bon sens que quand il était légitimé par la droite et donc le capital… 

Et l’on contemple stupéfait l’incohérence de la dite gauche non seulement sur ce qui passe réellement au niveau international mais son incapacité à avoir une position audible sur une question comme les retraites, et bien d’autres. Une gauche dont le test  de sa totale débâcle idéologique me parait être et avoir été l’incapacité totale à réclamer la nationalisation du secteur bancaire. Bref! Rien de ce qui est secondaire n’est étranger à ces gens là… Alors un Sarkozy qui dit le contraire de ce qu’il fait mais parle en général de l’essentiel a des beau jours devant lui… 
Ce qui est clair c’est que quand la politique soit paraît l’art de parler pour ne rien dire soit celui de parler et de faire le contraire, la crédibilité du politique est fortement en cause. J’ajouterai que dans le cas de Sarkozy quand le dire en politique va a contrario du faire, cela devient aussi une question d’éthique qui suscite non seulement  le repliement du citoyen ordinaire mais un doute voir un mépris universel. En ce sens,  quelques opérations médiatiques de la semaine correpondent parfaitement à cette perte de valeur et dignité: je n’en citerai que trois parmi celles que j’ai survolé: l’ignoble Fidel Castro sur Arte, la prestation du président sur TF1, un véritable déni de la réalité politique comme l’on parle de déni de grossesse, et le même jour sur la 2 la prestation de Fabius et Chérèque ou rien de ce qui est secondaire ne m’est étranger….

Tout cela n’est pas sérieux et si l’on veut vraiment se débarrasser du capitalisme je me demande sur qui on peut compter, en tout cas ni sur Obama , ni sur sarkozy et même pas sur l’oppositiion telle qu’elle est. Producteurs sauvons-nous nous mêmes…. Mais un peu d’organisation et une perspective politique  seraient les bienvenues…

Danielle Bleitrach

‘1= Ce deni de justice condamné par la quasi totalité des nations du monde sauf les Etats-Unis et Israël, parait effectivement une absurdité dont le temps a démontré l »inefficacité. Les chambres des Etats Unis ont a plusieurs reprises souhaité que cde blocus soit aboli ou au moins assoupli. Qu’il s’agisse de gens de conviction comme les démocrates noirs nord-américains ou de milieux d’affaires qui enragent de voir ce marché accaparé par les Etats-Unis, la fin du blocus ne peut être obtenu qu’à cause du poinds démesuré d’une extrême-droite de l’Etat de Floride à qui Bush était lié et maintenant Obama semble soumis. Cela éclaire le fait que le « genti »l OBAMA, après le « genti »l Clinton (qui a signé la loi Helms Burton) sont prisonnier d’un système militaro-financier qui prépare activement le retour d’une droite extrême.

 (2) Il y a quelque chose de fantastique dans la manière dont la question du double salaire de Proglio est en train, d’occulter l’augmentation de 25% des tarifs EDF, qui sur le fond préoccupe plus les Français. paradoxalement là encore ceux qui paraissent s’opposer à l’augmentation (mais n’est-ce pas pour mieux arriver à un prix fixé ensemble), c’est Sarkozy et l’ineffable madame Lagarde.

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2 commentaires

  1. Je n’y connais pas grand chose, j’ai pas de culture politique sérieuse, mais je sais que profondément, on ne peut répondre à la propagande que par la propagande. Un discours raisonné et argumenté ne tiens pas deux minutes face aux vomissures qui argumentent en jouant sur les sentiments profonds que sont la peur, le besoin d’amour ou de sécurité. C’est une expérience que je tire de mon environnement familial hétéro-patriarcal hyper normatif. La raison s’efface devant les instincts. C’est vrai pour les relations familiales comme pour la politique.

    En tout cas c’est mon avis et quand je vois des Sarkozy sautiller leur danse macabre sous les yeux hallucinés des médias et des foules… quand on constate pour la centième fois qu’un empire impose sa vision de la liberté génocidaire à l’encontre de toute analyse un tant soit peu objective… quand 200000 morts, 2 millions de sans-abris crient leurs besoins et que les médias passent à autre chose car « tu vois coco, ça fait 15 jours là, faut enchainer, faut enchainer »…

    Bref. Davos, à part une bombe pour tous les inviter à applaudir en même temps au paradis des ogres, je vois pas trop.

    (Bisou Danielle. Désolé si mon opinion est un peu raide, mais tu m’a invité à m’exprimer, alors… :))

  2. Tu as tout à fait raison à la fois sur le « faut enchaîner des médias mais aussi sur le fait que dans le même temps les dons pour Haïti se sont comme par miracle taris…
    Oui tu dois et tu peux t’exprimer comme tu le fais. Pour ce blog, il s’avère que j’ai recommencé mes cours de chinois , qu’ils ne me laissent plus une minute de disponibilité, que là aussi c’est un rythme infernal qui m’apprend et me vide le cerveau, une sorte d’apprentissage basé sur l’inculture et le gavage et que donc il faut que pour un temps à nouveau j’abandonne ce blog, parce que les seules nouvelles que j’ai sont en espagnol ou en anglais et que même à ma manière je n’ai plus le temps de traduire.
    Parce que non seulement il y a le chinois mais il y a mes conférences, des gens qui viennent vers moi et me demandent des « cours de marxisme », d’autres qui me demandent de les aider à acquérir cette culture générale dont ils ont besoin et que désormais ni les médias ni même le programme universitaire ne les aide à acquérir… Et comme je priviléghie le réel sur le virtuel d’internet, je suis obligée pour un temps à nouveau de me distancier de ce blog.
    Alors je vous ai laissé quelques pistes de réflexion des textes que vous n’aves pas eu le temps de réellement travailler. Ce serait bien que tous osent intervenir dessus comme tu le fais sakulot.Et à un de ces jours,
    amicalement à tous
    danielle.


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