POUR HAITI : HONNEUR ET RESPECT par Anne Cauwel

Anne, qui avec son mari Luis sont allés en mission en Haïti, pour le gouvernement vénézuélien, l’an dernier nous envoie ce texte bien documenté et qui préconise un certain nombre de solutions.Voici sa lettre d’accompagnement:  chère Danielle, merci pour ton envoi, avec entre autres le beau texte d Adjavon, notre ami depuis notre séjour en Guyane.J’ai compris que tu ne reprends pas ton blog: j’ose pourtant t’envoyer un texte mien dont tu feras l’usage que tu voudras. Louis et moi étions en Haiti jusqu’en novembre,  travaillant dans une mission du gouvernement venezuelien et ce pays nous est infiniment cher
un fuerte abrazo ,Anne
C’est ça le problème de changement de société, quand la porte s’entrouve, une foule de gens bien se précipite mais la semaine prochaine je reprends mes cours de chinois. DB


La catastrophe qui frappe Haïti a soulevé un élan de solidarité impressionnant à l’échelle mondiale. Cela est bon : la solidarité c’est la tendresse des peuples ! Et l’aide d’urgence est indispensable, quand tout manque -à commencer par l’eau potable-, quand on ne parvient même pas à enterrer les dizaines de milliers de morts…et quand le chaos occasionné par le tremblement de terre vient s’ajouter à une réalité quotidienne déjà marquée par la pénurie d’eau potable et par la faim pour l’immense majorité du peuple haïtien.

Mais cette aide s’accompagne d’un discours tenu par tous les médias et les gouvernements occidentaux qui est une offense à Haïti et qui laisse présager le pire quant aux principes qui régiront la reconstruction du pays. On nous rabâche à longueur d’antenne et d’articles ce qui caractériserait Haïti : pauvreté extrême, délinquance et violence, proximité avec la France qui fait tout pour aider ce pays francophone. Enfin, Haïti, éprouvée il y a deux ans par quatre ouragans dévastateurs et aujourd’hui par ce séisme, serait frappée par une malédiction ! Quand on est maudit, c’est qu’une puissance divine vous punit : on doit être bien criminel pour attirer pareil châtiment !

Ne faudrait-il pas commencer par se demander pourquoi Haïti est si pauvre ? 

Haïti colonie française jusqu’à la fin du XVIIIème siècle -alors appelée Saint Domingue et surnommée « la perle des Antilles »-  a fait, grâce aux denrées qui y étaient produites au premier rang desquelles le sucre, la richesse de la France. Plus de 400 000 noirs travaillaient pour 30 000 propriétaires français. Les conditions de l’esclavage étaient si atroces que l’espérance de vie des esclaves ne dépassait pas 9 ans et que par conséquent la majorité d’entre eux étaient des « bossales » directement venus d’Afrique.
Lorsque ces esclaves se soulèvent contre leurs bourreaux et la puissance coloniale, leur chef Toussaint Louverture est emprisonné par les Français et meurt dans une prison glaciale du Jura ; Napoléon envoie son armée pour mater la révolte. Le général Leclerc, son beau-frère, dirige l’expédition et écrit à l’empereur : « Voilà mon opinion sur ce pays : il faut supprimer tous les nègres des montagnes, hommes et femmes, et ne garder que les enfants de moins de douze ans, exterminer la moitié des Noirs des plaines, et ne laisser dans la colonie aucun mulâtre portant des galons. » (1) L’armée française est défaite : en 1804, Haïti devient un état indépendant. C’est la première et l’unique fois dans l’histoire de l’humanité que des hommes et des femmes soumis à l’esclavage furent capables à la fois d’abolir l’esclavage, de rendre leur pays indépendant, de le défendre contre une armée réputée invincible et de mettre fin aux structures coloniales.
La révolution haïtienne fut et demeure un exemple pour les peuples opprimés : antiesclavagiste, anticoloniale, dès l’indépendance elle offre sa solidarité à ceux qui luttent pour libérer leurs propres peuples : le Venezuela, Cuba, le Mexique et la jeune république des Etats Unis (où l’esclavage perdurait) reçoivent l’aide d’Haïti pour leur propre émancipation du joug colonial ou de l’esclavage.

Considérée comme un exemple hautement dangereux pour les autres peuples, Haïti fut soumise à un long blocus international. Et elle fut lourdement châtiée, non par un quelconque dieu, mais par la France : alors qu’elle avait été dévastée par la guerre contre la France où un tiers de sa population avait péri et où toutes les infrastructures avaient été détruites, en 1825

(1)cité par Michel Collon dans « les sept pêchés de Chavez »

 Haïti fut sommée, sous la menace d’une invasion militaire, de payer à la France une rançon de 150 millions de francs or pour dédommager ce pays des pertes subies par les colons. Le gouvernement haïtien se plia à cette exigence et Haïti, pour rembourser à la France cette somme dont l’équivalent actuel serait de plus de 20 milliards de dollars, coupa ses arbres pour vendre du bois précieux et surtout s’endetta auprès de banques étrangères : c’est ainsi que se constitua au XIXème siècle la première dette extérieure d’un pays du Sud. Haïti mit près de soixante dix ans à s’acquitter de sa rançon et les ultimes agios couraient encore au début du XXème siècle…

Par la suite, le trésor haïtien fut pillé par une expédition de marines en décembre 1914. S’en suivit une occupation militaire du pays par les Etats Unis qui dura vingt ans, à la fois parce que la résistance haïtienne fut particulièrement farouche (Charlemagne Peralte qui dirigea la résistance paysanne est un martyr dont les Haïtiens gardent la mémoire), parce que les Nord Américains tentèrent d’instaurer à nouveau de grandes plantations qui furent à l’origine d’une nouvelle déforestation et parce que les Etats Unis ne se retirèrent qu’après avoir obtenu l’abolition de l’article de la Constitution qui interdisait à des étrangers de posséder des entreprises en Haïti.

La dictature de la famille Duvalier dura ensuite 29 ans. A leur chute, ils furent accueillis en France avec une fortune de 900 millions de dollars, une somme qui dépassait le montant de la dette extérieure d’alors. Les Duvalier jouissent tranquillement de ces biens en France (tandis que la Suisse vient de restituer à l’Etat haïtien 6 millions de dollars déposés par les Duvalier dans des banques suisses: c’est peu par rapport aux sommes volées à Haïti, mais c’est dans ce sens que la justice devrait s’exercer).
En 1971, Bébé Doc avait succédé à son père: alors que le pays produisait son alimentation jusqu’à cette époque, il fut investi président par le Département d’État pour lancer les politiques qui allaient mettre fin à la souveraineté alimentaire d’Haïti, avec l’intervention du FMI et de la Banque mondiale.
A titre d’exemple : tous les porcs « créoles », base de l’économie de toute unité familiale rurale, furent abattus par un organisme spécialisé pour enrayer la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti –ce dont aucune preuve ne fut apportée-. Cet organisme haïtien d’élimination des porcs opérait à l’instigation des Etats Unis via la BID (Banque Interaméricaine de Développement) et avec la complicité d’autres pays tels le Canada.
Les Etats Unis, en inondant le marché haïtien de riz subventionné dont le prix était inférieur au prix du riz produit localement ont brisé la filière nationale de production de riz. Il en a été de même de tous les produits agricoles de base, de sorte que le dumping des denrées nord-américaines subventionnées par l’État nord-américain pour détruire la production locale qui n’a ni subventions ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale, Haïti est devenue le réceptacle des produits alimentaires de mauvaise qualité des Etats-Unis.
Il faut se demander pourquoi les Etats Unis se sont livrés à cette destruction délibérée de l’agriculture haïtienne au cours des quarante dernières années : au-delà de l’intérêt à disposer d’un marché pour ses produits, intérêt fort relatif au demeurant vu le pouvoir d’achat limité des Haïtiens, a primé le besoin qu’avaient les Etats Unis d’installer des entreprises d’assemblage dans un pays proche de façon à approvisionner le marché nord américain. Les « maquilas » sont massivement installées au Mexique dans la région frontière avec les USA ; elles le sont également en Haïti. Tout a donc été fait pour disposer dans ce pays d’un réservoir de main d’œuvre réduite à l’oisiveté suite à l’exode rural et prête à accepter n’importe quels salaire et conditions de travail. La voie de l’émigration est pratiquement bloquée et l’on sait combien l’émigration clandestine sur des embarcations de fortune est meurtrière. Des dirigeants haïtiens se sont flattés du résultat de cette politique, qui constitue pour eux l’avantage comparatif d’Haïti dans la compétition mondiale: elle place la main d’œuvre haïtienne parmi les moins chères du monde. Tout au long de la frontière avec la République dominicaine et dans la capitale se sont donc développées ces entreprises d’assemblage. L’année 2009 a été marquée par de longues luttes ouvrières, relayées par les étudiants, pour obtenir une augmentation du salaire minimum : le président Préval s’est lui-même impliqué fortement dans ce débat pour éviter l’augmentation de ce salaire minimum initialement votée par l’assemblée nationale ; il faut dire qu’il subissait la pression de chefs d’entreprise menaçant de fermer leurs usines au cas où les salaires augmenteraient.
Il nous faut terminer cette revue de l’histoire de deux siècles où la misère d’Haïti est fabriquée par les grandes puissances qui ont continué à faire payer à ce pays de noirs son audace anticoloniale. En 1991, au cours des premières élections démocratiques que connaît Haïti, est élu le prêtre Aristide, issu de la théologie de la libération. Il est renversé par un coup d’état neuf mois plus tard. Il reviendra à la présidence en février 2001, non sans un passage par les Etats Unis qui rend à Haïti un personnage qui n’a plus grand-chose à voir avec le président qui avait soulevé tant d’espoir dix ans plus tôt. Pourtant, à l’approche de la célébration du bicentenaire de la Révolution, Aristide a l’audace de réclamer à la France réparation du tort qu’elle a causé à Haïti en demandant la restitution de la somme qui lui fut extorquée au siècle précédent.
La réponse ne se fit guère attendre : en 2004, Aristide fut à nouveau renversé par une expédition militaire menée par les Etats Unis, la France et le Canada. Enlevé manu militari, il fut expulsé et vit depuis lors en exil en Afrique du Sud.
L’expédition a fait place à une occupation militaire déguisée en mission de paix : la MINUSTAH, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Déployée depuis juin 2004, son mandat a été récemment prolongé à la demande du président Préval. Alors qu’elle est composée de près de 9000 hommes -dont d’importants contingents de Brésiliens, Argentins, Chiliens et des contingents moins nombreux de Guatémaltèques, Boliviens et Equatoriens-, seuls 2 des 20 membres de l’Etat Major sont sud-américains et les Etats Unis contrôlent le renseignement militaire. Cette « intervention sous-traitée par les Etats-Unis », selon l’expression du Prix Nobel de la paix  l’argentin Adolfo Esquivel, est pour les Haïtiens le symbole de la perte de l’indépendance nationale. Qui a visité Haïti sait que la majorité de la population haïtienne ressent la présence de la MINUSTAH comme une offense. La tension s’est aggravée quand les 114 soldats du Sri Lanka, accusés de viols de femmes et d’adolescentes, ont été rapatriés. Ils ont bien sûr bénéficié d’une totale impunité.

*
Alors, qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’une quelconque malédiction ! La pauvreté d’Haïti n’est pas tombée du ciel, elle a été fabriquée au cours de deux siècles d’interventions étrangères, elle a été l’œuvre délibérée de grandes puissances au premier rang desquelles figurent la France et les Etats Unis. Les Français d’aujourd’hui doivent connaître l’histoire tragique des relations entre la France et Haïti, le rôle que la France, directement et à travers les Institutions financières internationales, joue dans le maintien et l’aggravation de la misère d’Haïti.
Patrick Poivre d’Arvor, au titre d’ambassadeur de l’UNICEF, ose écrire dans le Figaro du 15 janvier : « c’est un des peuples…les plus maudits par l’histoire. Mais il n’est pas responsable de cette histoire là. Le peuple français non plus ». Ce ne sont pas là d’innocentes âneries, mais l’expression de la pensée unique à l’œuvre sur Haïti.
Nous ne pouvons pas oublier que l’extrême précarité de la situation sociale haïtienne, d’où dérive réellement la dimension gigantesque de la présente catastrophe, est le résultat de deux siècles de colonialisme violent, d’interventions militaires et de pillage qui ont amené Haïti à recevoir le triste titre de  » pays le plus pauvre de l’Amérique ». Cette situation a été aggravée au cours des deux dernières décennies avec l’application sauvage des programmes d’ajustement néolibéral dans l’économie et la société haïtienne, avec le maintien d’une dette extérieure illégitime qui épuise les ressources de la nation, avec la dévastation de l’environnement et de l’agriculture et avec l’imposition des intérêts des compagnies transnationales.
Voilà deux siècles que l’histoire d’Haïti est le symbole du racisme et de l’anti-humanisme blanc, exprimé sans ambages par le président Jefferson au XIXème siècle quand il évoquait « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » L’uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait déjà en 1996 : «  L’histoire de l’acharnement contre Haïti, qui de nos jours prend des dimensions tragiques, est aussi l’histoire du racisme dans la civilisation occidentale » (2).

*

Tout porte aujourd’hui à craindre que, sous couvert d’aide d’urgence puis de reconstruction, face à un état haïtien déliquescent et fragilisé -ce dont l’écrasement du palais national, du palais de justice et de divers ministères est comme la matérialisation symbolique-, des puissances étrangères ne profitent de la situation offerte par le chaos pour mettre de manière radicale et définitive le pays sous tutelle. La MINUSTAH constituait déjà une mise sous tutelle militaire, la mission d’envoyé spécial des Nations Unies confiée à l’ex-président Bill Clinton au cours de l’année 2009 ouvrait la voie à une mise sous tutelle économique. Aujourd’hui, les Etats Unis ont pris le contrôle de l’aéroport et ont annoncé le déploiement de dix mille soldats dont deux mille marines. Ailleurs ou en d’autres temps, cela provoquerait une protestation mondiale. S’agissant d’Haïti et sous couvert de mission humanitaire, la nouvelle occupation a un coût diplomatique presque nul (la France a élevé une légère protestation face à l’impossibilité d’atterrir à Port au Prince  pour un avion français chargé d’un hôpital, quand le besoin de soins hospitaliers de la part d’innombrables blessés est des plus criants). C’est le Commandement Sud de l’armée nord-américaine qui a pris la direction des opérations.
Il est nécessaire ici de rappeler que la position géostratégique d’Haïti dans la mer des Caraïbes fait de son contrôle un élément essentiel de la politique nord-américaine dans la région. La catastrophe qui frappe Haïti fournit une occasion rêvée aux Etats Unis d’exercer ce contrôle.

*
On ne peut non plus manquer d’être choqués du mensonge par omission de nos médias : apparaissent chaque jour à l’écran un médecin français, ou canadien ou nord-américain. Leur dévouement est magnifique. Mais pas un mot et pas une image de l’aide apportée par Cuba à Haïti. Or elle est sans commune mesure avec l’aide des pays occidentaux et n’est pas seulement donnée dans l’urgence : elle a commencé il y a plus de dix ans à la suite de

(2)Galeano « los pecados de Haiti »
 l’ouragan Mitch. Les 100 premiers médecins cubains sont arrivés en Haïti fin 1998. Des centaines d’Haïtiens étudient à Cuba avec des bourses. Près de 400 médecins et personnel de santé cubains travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Le Venezuela et Cuba ont un programme commun de coopération pour monter en Haïti dix centres de santé (appelés centres de diagnostic intégral) : les quatre premiers, déjà installés, dispensent une assistance médicale gratuite et de qualité à des milliers d’Haïtiens. Cuba a envoyé à la suite du tremblement de terre son Contingent international de médecins spécialisés dans les situations de désastres et d’épidémies baptisé Henry Reeve formé de 152 médecins. Pourquoi nos médias passent-ils sous silence la solidarité de ce petit pays de la Caraïbe, d’autant plus exemplaire que Cuba est un pays appauvri par un blocus d’un demi-siècle et par les ouragans qui l’ont durement frappé en 2008?
 
*

Je voudrais enfin récuser absolument cette réputation de violence qui est faite aux Haïtiens. La délinquance n’est d’ordinaire pas plus forte à Port au Prince que dans les autres grandes villes du Sud. Hors de la capitale, on vit plus en paix en Haïti que dans bien des pays. Il n’est jamais rien arrivé de mal aux médecins cubains dispersés dans le pays.
Les chaînes de télévision montrent à plaisir des images de pillages dégradantes pour Haïti: n’est-il pas légitime, quand on est depuis plusieurs jours sans eau et sans nourriture, d’aller les chercher là où on peut les trouver, quand plus rien ne fonctionne normalement ?
Qui vit en Haïti sait à quel point la dignité des Haïtiens est blessée par l’image fausse qu’on présente d’eux. Cette image s’est renforcée depuis le tremblement de terre : misère, chaos, délinquance et incapacité de résoudre leurs propres problèmes.
Qui vit en Haïti sait aussi à quel point ce peuple est dans la vie quotidienne doux, hospitalier, bienveillant, courageux, travailleur, créatif. Ce pays fourmille de poètes, de déclamateurs, d’écrivains, de peintres, de sculpteurs, comme si créer de la beauté était la seule dignité de ceux à qui l’on a tout pris, la seule échappatoire à la laideur de la misère. Par ailleurs, il n’est pas un illettré haïtien qui ne connaisse et ne tire fierté de l’histoire de son pays.
 
Ce peuple fait aussi face avec un courage et un optimisme rares aux épreuves successives qui l’accablent. Le 16 janvier, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro, au cours du rassemblement pour rendre hommage aux victimes du tremblement de terre et pour se recueillir, les Haïtiens sont venus dire qu’ils n’étaient pas un peuple maudit, mais un peuple vaillant qui se relèvera de ses cendres.
*

Comment exprimer notre solidarité  avec le  peuple haïtien ? 

D’abord ne pas prêter nos consciences à l’infâme discours dominant tenu sur Haïti basé sur l’hypocrisie et la charité : même l’héritier des Duvalier nettoie sa conscience en offrant aujourd’hui les fonds d’une fondation familiale, dérisoires par rapport au vol commis par cette même famille ! Etre en permanence en alerte pour défaire mentalement cette pensée dominante. Etre convaincu que le peuple haïtien est un grand peuple qui ne quémande pas d’aide pais mérite une totale solidarité et un engagement à ses côtés pour briser les entraves à son émancipation.

Au-delà de l’indispensable aide d’urgence, il faudra exiger réparation : non seulement l’annulation de la dette extérieure d’Haïti mais le remboursement des sommes indûment ponctionnées par les Institutions Financières Internationales (IFIs) au titre de la dette extérieure et la mise en place d’un fonds correspondant à la rançon payée à la France afin que soient menés des projets de reconstruction.
Il faut savoir que des milliards pourraient être déversés sur Haïti : cela ne changerait rien et ne ferait que renforcer la dépendance et la corruption, s’ils sont administrés par un Etat soumis au diktat des grandes puissances et des institutions financières internationales, ou pire encore si ces puissances (ou l’une d’elles) décident de prendre en main le sort d’Haïti, lui déniant ainsi sa capacité à s’administrer elle-même. Une manière d’aider les Haïtiens, c’est de lutter pour la non-ingérence de chacun de nos gouvernements pour qu’enfin, une fois pour toutes, les Haïtiens puissent être responsables de leur destin. Il faudra exercer une pression politique pour empêcher que la catastrophe ne serve de prétexte à l’aggravation de la mise sous tutelle d’Haïti.
Enfin être à l’écoute des demandes de la société civile haïtienne et leur répondre.                   Le directeur de la PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) a fait parvenir le 14 janvier une première information dont je reprends l’essentiel de la partie concernant la « SOLIDARITE STRUCTURANTE » qu’appelle cette plateforme d’organisations populaires :
« C’est l’heure d’une grande vague de solidarité de peuple à peuple qui permette de :
a) Vaincre l’analphabétisme (45 % de la population)
b)  Construire un système d’enseignement public efficace gratuit qui respecte l’histoire, la culture, l’écosystème
c) Vaincre la crise de l’environnement et reconstruire avec la participation massive des jeunes et des internationalistes les 30 bassins hydrographiques
d) Construire un nouveau système de santé publique en articulant médicine moderne et traditionnelle et en offrant des services primaires de qualité accessibles à 100 % de la population pour vaincre la mortalité infantile, la malnutrition, la mortalité maternelle
e) Reconstruire une nouvelle ville avec une autre logique basée sur une urbanisation humaine et équilibrée en respectant les travailleurs et les vrais créateurs de richesse, en privilégiant les transports collectifs, la recherche scientifique, l’agriculture urbaine, l’artisanat et les arts populaires, les parcs qui favorisent la biodiversité
f) Construire la souveraineté alimentaire sur la base d’une réforme agraire intégrale, avec priorité aux investissements agricoles pour utiliser les réserves de productivité dans une logique qui respecte les écosystèmes, la biodiversité ainsi que les besoins et la culture de la  majorité de la population.
g) Détruire les liens de dépendance avec Washington, l’Union Européenne et l’impérialisme. Abandonner les politiques dictées par les diverses versions du consensus de Washington. Rompre avec les IFIs et leurs plans (…) »
PAPDA propose enfin d’en finir avec la MINUSTAH et de construire des brigades de solidarité de peuple à peuple.
Que chacun et chacune de nous se mobilise !
Anne Cauwel, Paris, 18 janvier 2009

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21 commentaires

  1. C’est un article très précieux, le meilleur que j’ai pu lire dans l’actualité récente sur les grandes lignes de l’histoire d’Haïti et ce qui explique sa situation présente.

    Je le conserve et le diffuse du mieux que je peux.

  2. J’ai reçu votre document ce soir lors d’une réunion du « collectif solidarité Haïti »dans ma ville à caen. J’avais lu l’histoire de ce pays et tout ce qui se racontait dans les médias me mettait vraiment mal à l’aise. Ce document distribué à chacun des participants (une vingtaine) de la réunion m’a donné l’occasion en quelques minutes de rappeler l’histoire d’Haïti tel que je la connaissais. Suite à tout cela nous avons décidé d’organiser une rencontre la semaine prochaine dont le thème de débat sera intitulé  » MIEUX CONNAITRE HAÏTI POUR UNE SOLIDARITÉ DANS L’HONNEUR ET LE RESPECT ». Vous constaterez que votre article nous a bien inspiré.
    Félicitations pour votre article et pourquoi ne profitons-nous pas de cette opportunité pour demander dans la foulée comme d’autres associations, l’annulation de la dette de tous les autres pays que l’on dit pauvres et très endettés au lieu de « pays pillés très endettés ».
    Merci de m’aviser par mail des nouveaux

    • merci pour votre réaction et celle des autres lecteurs qui ont écrit un mot.

      Oui, il faut se battre pour l’annulation de la dette !

      Le Venezuela n’a pas hésité: le président Chavez a annoncé le 25 janvier l’annulation de la dette d’Haïti avec le Venezuela au cours de la réunion extraordinaire du Conseil des pays de l’ALBA convoqué pour venir en aide à Haïti. Cette dette était élevée du fait qu’elle comporte la part des livraisons de pétrole reçues par Haïti dans le cadre de l’accord Petrocaribe depuis l’adhésion d’Haïti à cet accord promu par le Venezuela et qui permet aux pays adhérents de la Caraïbe de voir assurées leurs fournitures de pétrole avec d’ énormes facilités de paiement. Fidel Castro célèbre cette aide aux pays de la Caraïbe dans sa réflexion intitulée : « La révolution bolivarienne et les Antilles ». Le montant de cette annulation de la dette haïtienne, d’abord indiqué à hauteur de 167 millions de dollars, a été annoncé définitivement par le Ministre des Affaires étrangères du Venezuela à la réunion de l’UNASUR à Quito : 395 millions de dollars.

      Pendant ce temps, le FMI, le 27 janvier, décide d’une aide d’urgence de 102 millions de dollars à Haïti et a l’indécence de s’en vanter car c’est un prêt sans intérêt : mais cela demeure un prêt dont le capital devra être remboursé ! Il s’assortit d’un mini plan d’ajustement structurel : augmentation des tarifs de l’électricité, gel des salaires dans la fonction publique : les recettes de toujours, qui ont mené Haïti à sa ruine actuelle que le tremblement de terre n’a fait qu’accentuer.
      Le CADTM, Jubilée Sud dénoncent les mécanismes de création de la dette des pays du Sud et appellent à l’annulation de toutes les dettes d’Haiti. Il est par contre peu probable que les médias français célèbrent la générosité de la République bolivarienne du Venezuela !

      Anne Cauwel 10/02/2010

  3. Ne m’étant jamais intéressé à l’histoire du peuple haïtien (sinon à travers le folklore qui figure dans les livres d’histoire…) je suis bouleversé par ce que nous révèle cet article…
    Je présume qu’une majorité de mes concitoyens sont dans mon cas et l’une nos premières missions serait de révéler à nos compatriotes « français moyens » comme moi l’histoire dramatique de ce pays et de ce peuple…
    Merci encore pour ces informations; puis-je diffuser ce texte, en citant l’auteur et l’origine bien sûr∞

  4. bien sûr en mon nom et celui de Anne, je peux vous assurer que ce texte a été écrit pour faire connaître la réalité du peuple haïtien tant mieux si vous pouvez contribuer à cela malgré les médias.
    Danielle Bleitrach

  5. Merci pour ce cours condensé d’histoire récente* du peuple haïtien. Une réflexion après lecture de ce document devrait être obligatoire pour tous les étudiants nord-américains. De la maternelle au doctorat.

    * Il y a deux siècles, n’était-ce pas hier? Partant de là, que peut-on espérer pour demain?

    Florent Veilleux

  6. Je suis allé « travailler » en HAÏTI en 1 998, dans la cadre d’une mission laïque » LE DEVELOPPEMENT PAR L’EDUCATION ».
    De retour en FRANCE, j’ai pris « mon bâton de pélerin » pour parler, exposer…pour la construction d’un orphelinat à JEREMIE.
    Aujourd’hui, je recommence expos, discussions, débats, pour parler politique et géo-politique…
    J’ai parlé au dernier vernissage, et me retrouve dans votre article.
    Lors de la clôture de l’expo, je m’inspirerai beaucoup de ce que vous avez dit …
    Merci
    A bientôt de vous lire!

  7. Merci beaucoup pour votre article qui à la fois dénonce l’hypocrisie du Nord et réveille le Sud de l’ignorance. Que le sud persévère dans ce double sentiment de trouver le chemin qui mène vers l’indépendance total. Dans ma langue luba on dirait: MUSUMINYINA KATU WA BULA TO (celui qui persévère abouti à un résultat).

  8. chère Anne, ici même nous avons diffusé l’information sur Chavez et l’annulation de la dette du Venezuela. Mais je voudrais te dire à quel point ton article a contribué à la prise de conscience, c’est un des plus lu, il a eu à ce jour plus de 1000 lecteurs et encore ajourd’hui il est le troisième sur la liste, il faut dire qu’il a été repris par de nombreux sites dont celui de Michel Collon. Avec mes amitiéxs
    danielle

  9. J’en suis ravie. C’est la premiere histoire sur Haiti qui m’a reellement plu. Vous aviez fait une recapitulation formidable de l’histoire haitienne.

    Kudos to you Ms. Cauwel

    L. Smith

  10. Toutes mes felicitations pour cet article qui resume en peu de mots l’histoire reelle de ma patrie meurtrie HAITI.
    Malheureusement sa position geographique fait d’elle une zone « a risque » sujette a des intemperis de toutes sortes: cyclones (presque chaque annee), raz de marree et tremblement de terre (hier, aujourd’hui et demain. Mais la vraie raison de notre pauvrete c’est ce que vous avez si bien evoque dans votre article.
    Aujourd’hui que ceux qui n’ont pas la conscience tranquille (les pays dit amis) nous aide avec HONNEUR ET RESPECT…
    Une citoyenne patriote!

  11. Merci infiniment Madame d’avoir pris le temps d’analyser notre histoire pour comprendre notre present.
    merci de reclamer en notre nom que l’aide precieuse qui nous est apportee aujourd’hui nous soit donnee dans le respect de notre dignite
    Merci d’avoir compris que meme dans notre misere nous demeurons un peuple fier qui ne demande pas la charite mais simplement la possibilite de travailler

  12. MERCI!, Anne Cauwel. Tout simplement. Je suis Haitienne. Fière de l’ être. J’ adore mon pays, malgré TOUT. Au nom de tous mes frères Haitiens, je vous félicite pour un travail extraordinaire d’ information, d’ éducation, et de dénonciation.

    Je suis très heureuse que mon amie Emmanuella qui vit à Chicago, Illinois, m’ ait envoyé votre article. Je vais en faire de même pour tous mes amis.

    Réspectueusement,

    Danielle Denis
    Stuttgart, Allemagne

  13. Je viens de lire votre article, je crois sincerement qu’il nous encore des gens comme vous qui n’ont pas peur de dire la vérité quand d’autre essaie de de jouer la comédie, car eux ils savent ce qu’ils font, les grands victimes sont le peuple et encore le peuples.

    …Sinon les gens ne seront plus dans la rue, sur les places publiques, a la veille de la rentrée des classes, car n’uoblie pas on est 22 fevrier aujourd’hui et la reouverture a ete fixee on ne sait par qui( puisqu’on ne sait pas qui gouverne maintenant) au 1r Mars 2010.

    Merci ma chère, c’est vraiment du bon boulot.

  14. Bonjour Anne Cauwel.
    J’ai reçu votre « histoire d’Haïti ». J’apprécie votre claire voyance.
    J’avais écrit la lettre qui suit tout de suite après le séisme.
    Elle n’était destinée à personne, de peur de passer pour un simple idéaliste! J’ose aujourd’hui vous en faire part.
    Je m’inscrit dans vos idées de construction, et non de reconstruction. Les Haïtiens pourraient ainsi devenir riches d’une conscience nouvelle.
    Bien cordialement à vous.

    « Le monde va mal.
    Cela semble maintenant une certitude.
    Les systèmes économiques et politiques sont à bout de course. La pollution planétaire nous prévoit une survie improbable. Rien à l’horizon ne vient nous rassurer. Aucun modèle présent ou passé ne peut nous donner d’espoir.
    Alors je soumets une idée:
    Haïti vient subir une catastrophe naturelle. Il ne lui manquait plus que ça. Un pays déjà défiguré, écrasé, pillé, vidé.
    Les aides arrivent de partout. Des aides matérielles et financières pour reconstruire ce pays. Mais reconstruire pour faire quoi et comment! S’agit-il de remettre sur pied un système inévitablement voué à l’échec?

    Ne pourrait-on pas construire un modèle pour tous? Ne pourrait-on pas essayer de faire de Haïti un pays pilote? Organiser la matière grise pour inventer un pays moderne. Moderne par la recherche et l’application de critères humanistes sociaux et environnementaux. Moderne car il n’y a pas d’exemple ailleurs.
    Cette idée ne serait-elle pas une chance de redéfinir la notion de paix et de démocratie?
    Et comme le dit Serge Latouche, « on pourrait synthétiser l’ensemble en un cercle vertueux en 8R : réévaluer, reconceptualiser, restructurer, redistribuer, relocaliser, réduire, réutiliser, et recycler.
    Un espoir pour tous à commencer par les habitants d’Haïti eux mêmes.

    Jacques de chavigny
    *

    • cher Monsieur, j’ai trouvé votre contact sur ce blog, et pardon si je m’immisce de la sorte pour évoquer avec vous un tout autre sujet.vous avez réalisé, entre autres, un documentaire sur l’Hotel-Dieu de Lyon, avec interview du professeur Jacques-Michel Robert, disparu il y a 14 ans.J’ai vu passer dans les archives de l’INA le début de votre film, coupé après 3 mn sur les 27 qu’il semble comporter.Très ému de le revoir, car c’était mon père,et je n’ai à ce jour pas d’images vivantes de lui…Pourriez-vous s’il vous plait m’indiquer comment je pourrais avoir accès à l’intégralité de votre émission? Je vous remercie de tout coeur pour votre réponse et vous assure de mes meilleurs sentiments.Guillaume Robert, mail:guillaumepiano@yahoo.fr

  15. Bonsoir,

    Je viens de lire votre texte, et vous correspondez exactement à l’invitée que je voudrais avoir dans un débat que nous allons proposer bientôt.
    Je ne suis pas journaliste, simplement une associative et je cherche des intervenants de votre qualité.
    Je ne sais pas si vous êtes en France, si oui, tant mieux.
    Si non, pourriez-vous me mettre en contact avec la personne que vous citez dans votre article ? Ou d’autres personnes ayant le même positionnement que vous ?

    Merci de votre aide. Le débat est prévu en mai 2010.
    Je me tiens à votre disposition pour tout complément d’information.

    En espérant vous lire.
    Cordialement
    Marie

  16. Madame,

    Votre long article est une remarquable contribution à la vérité, et surtout à une vérité bien difficile à faire venir au jour et à faire partager.

    J’habite Nantes, cette ville où se construit actuellement un mémorial de l’esclavage (ce n’est pas le nom officiel, mais c’en est proche) qui a pour but de montrer à quel point cette ville regrette d’avoir été marquée par la prospérité née du commerce triangulaire. Accessoirement, ce monument qui se trouvera sur les quais qui ont vu se déverser les richesses du Nouveau Monde, a pour but de faire aussi la gloire de l’actuel maire de Nantes, socialiste bon teint, qui ne manquera pas l’occasion de dire et de redire combien lui et ses amis sont fiers d’avoir été toujours et partout anti-esclavagistes, anti-colonialistes, et anti-le reste (il n’est jamais mauvais de réajuster l’Histoire). Il n’en reste pas moins que ce sera pour la ville surtout un argument touristique, et que ce qui peut paraitre bon pour le commerce est bon pour la réélection du maire sortant…

    Me croyant « de gauche », au point même que je me demande ce que je ferai à l’occasion du second tour des présidentielles qui s’annoncent dans 18 mois, j’attends avec impatience l’inauguration de ce mémorial pour dire tout haut ce que je pense. Qu’on aurait été mieux inspiré, par exemple, de consacrer à un pays victime de l’esclavage (Haïti?) tout ce bel argent dépensé à construire un monument, qui fait les bénéfices d’entreprises françaises, et de quelques travailleurs français peut-être, fera venir des touristes qui dépenseront leur argent en France, et que rien de tout cela ne réparera pas le moindre des plus petits préjudices causés aux esclaves par les marchands de bois d’ébène dont les hôtels particuliers s’alignent encore ici…

    Mais il est vrai que donner, modestement, en laissant les bénéficiaires en disposer à leur goût et pour leur seul profit, est une chose bien difficile.

    Évidemment, je mets un lien vers votre article (découvert grâce à Pumpernickel.fr) dans un mot sur mon blog.

    Très cordialement.

    RH

  17. Madame Cauwel bonjour,
    Merci pour cette formidable leçon d’histoire, sans complaisance de ce pays. On voit bien ici l’insupportable, l’incroyable destin de ce bout de Caraïbe martyrisé depuis des décennies par nos  » démocraties » par nos dirigeants politiques successifs, par les Etats Unis, symbole médiatique de la liberté, ce pays responsable des trois quarts des conflits et des misères de la planète, ce pays encore capable d’imposer à Cuba un blocus depuis cinquante ans.
    Quand j’ai appris que Duvalier le tortionnaire désargenté était autorisé à revenir se refaire le portefeuille en Haïti j’ai bondi de rage.
    Du coup j’ai fait un papier sur Agoravox où j’ai du retenir mes mots pour exprimer mon horreur.
    Merci Madame Cauwell pour votre talent et la clarté de cet article, que devraient lire les va en guerre contre Cuba, les libéraux capitalistes toujours plus avides d’argent sale. Ce papier devrait être affiché et lu dans les écoles publiques afin que notre jeunesse cesse de croire tout ce qu’on leur raconte dans les gazette et la télé. JG

  18. Merci pour mon Haïti chérie que j’ai quittées depuis 54 ans, mais que je n’oublierai jamais et que je me désespère de revoir avant de quitter ce monde.
    Je suis si triste de tout ce qui arrive à ma patrie bien-aimée.
    Merci pour avoir résumé notre histoire que beaucoup ignorent encore.
    Janine !

  19. Cette article est tellement véridique. Je n’aurais pas pu dire mieux…tout y est. La manipulation des médias, l’hypocrisie du Nord ( France et Etats-Unis ) sous un masque de générosité et nous autres peuple haïtien catalogué de peuple « irrationnel que l’on ne peut pas prendre au sérieux, violent, grand enfants qu’il faut mettre sous tutelle ». La grande majorité des haïtiens sont analphabètes, pas bêtes.


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