Le réseau CIA d’Armando Valladares impliqué dans le complot contre Evo Morales par Jean-Guy Allard, complément d’enquête par Viktor Dedaj

arton433-a9811[1]LE Ministère public bolivien a identifié Hugo Acha Melgar, que l’AFP signale comme le représentant en Bolivie de l’ONG étasunienne Fundación Human Rights (FHR), comme le principal pourvoyeur de fonds de la bande terroriste démantelée à Santa Cruz et impliquée dans une conspiration pour assassiner le président Evo Morales.

FHR est une organisation basée à New York. Elle est connue pour ses actes d’ingérence et ses liens avec la CIA. Son secrétaire général n’est autre que le terroriste d’origine cubaine Armando Valladares. Le procureur Marcelo Sosa, chargé de diriger l’enquête dans cette affaire, a identifié Acha, dit «Superman», ainsi que Alejandro Melgar, connu sous le pseudonyme de «El Lucas», en tant que membres et financiers du complot.

Dans les déclarations qu’il a faites aux Etats-Unis –où il se trouve actuellement– pour une chaîne de télévision de La Paz, Acha a rejeté les accusations, mais il a admis s’être réuni «à quatre ou cinq reprises» avec le chef des conspirateurs, le citoyen boliviano-hongrois Eduardo Rózsa-Flores.

Le groupe terroriste d’Eduardo Rózsa-Flores a été démembré récemment lors d’une opération de la police bolivienne. Trois des mercenaires, dont le chef présumé de la bande, Eduardo Rózsa-Flores, sont morts dans la fusillade, et les deux autres sont actuellement incarcérés dans un pénitencier de La Paz. Par la suite, les autorités ont appréhendé deux autres conspirateurs, membres de l’organisation fasciste Union Juvenil Cruceñista, accusés d’avoir fourni des armes à la bande.

UN NEONAZI HONGROIS REPECHE

Né en Bolivie, Eduardo Rózsa-Flores, le chef d’origine hongroise de la conspiration contre le président Morales, fréquentait en Hongrie des milieux d’extrême droite proches du parti néonazi Jobbik, qui a mis sur pied la Garde hongroise, une organisation paramilitaire illégale.

D’après le site web Hungarian Spectrum, Eduardo Rózsa-Flores a rejoint dans les années 90 l’armée croate et il a participé à divers combats au cours desquels il a été blessé à trois reprises. Soupçonné de trafic d’armes et de drogue, il a abandonné le territoire croate mais il est revenu en 1994, en Hongrie, pour y fréquenter les milieux néonazis.

Deux de ses complices étaient également proches des cercles néonazis. Árpád Magyarosi, tué lors d’un combat, et Elod Toaso, actuellement emprisonné, avaient rejoint en 2002 la Székely Légio (Légion Siculus), une organisation paramilitaire qui a préparé des attaques de commandos contre le territoire roumain. De son côté, l’Irlandais Michael Martin Dwyer a été mercenaire dans les Balkans et il y a sans doute rencontré le leader du groupe, en Croatie.

En Bolivie, Rozsa-Flores a aussi été en relation avec Jorge Mones Ruiz, un ponte de UnoAmérica, une fondation fasciste liée à la CIA. D’après l’agence espagnole EFE, l’un des détenus à Santa Cruz, Juan Carlos Gueder, a avoué s’être réuni avec Rozsa-Flores, et il a dénoncé Acha qui, a-t-il dit, devrait lui aussi «prendre ses responsabilités».

Le complice d’Acha, Alejandro «Lucas» Melgar, se trouve actuellement en Uruguay où, si l’on en croit sa famille, il devrait «participer à un tournoi de tir sportif».

D’après le Ministère public, Melgar aurait retenu les services du propriétaire du véhicule dont se serait servi Rozsa-Flores lors de sa première tentative pour dynamiter l’entrée de la maison du cardinal Julio Terrazas, dans une évidente opération de provocation.

Des employés des quatre hôtels de luxe où les mercenaires se sont arrêtés, de même que plusieurs membres du personnel de la Coopérative des téléphones de Santa Cruz seront cités à comparaître par le Ministère public. Le Tribunal d’instruction pénale a déjà entendu un personnage considéré comme un témoin clé. Celui-ci a présenté une vidéo enregistrée sur son téléphone portable où Rózsa-Flores parle de son projet d’assassiner le président Evo Morales.

«POETE», «PARALYTIQUE» ET AGENT DE LA CIA

Arrêté à la fin des années 60 à La Havane alors qu’il posait des explosifs dans des lieux publics pour le compte de la CIA, Armando Valladares a acquis sa renommée grâce aux médias qui couvrirent sa sortie de prison alors qu’il se faisait passer pour un «poète paralytique». Cet ancien indicateur de police sous le régime du tyran Fulgencio Batista s’était reconverti quelques années plus tard en poseur de bombes, jusqu’à son arrestation.

Le seul livre signé Valladares, intitulé Depuis ma chaise roulante, a en réalité été écrit par son pote et complice Carlos Alberto Montaner.

A son arrivée aux Etats-Unis, Valladares se mit à la disposition des services de renseignement de ce pays en faisant preuve d’une rare servilité, ce qui lui valut d’être nommé ambassadeur US à Genève par l’ultraconservateur Ronald Reagan père.

Par le biais de sa «Human Rights Foundation», Valladares a publié en octobre 2008 un «Rapport sur la situation des droits de l’Homme en Bolivie» dénonçant la «violence politique» dans ce pays.

Selon Eva Golinger, avocate et chercheure vénézuélienne, qui est également l’auteur de l’ouvrage La telaraña imperial (La toile d’araignée impériale), Human Rights Foundation a été créée par Thor Halvorssen Mendoza, en 2005, dans le but d’attaquer et de discréditer les gouvernements du Venezuela, de Bolivie et d’Equateur. Issu d’une des familles les plus riches du Venezuela, Halvorssen a travaillé pour le compte de la CIA au Salvador et au Nicaragua.

Il y a un an, le 4 mai, l’agent de la CIA Valladares a officié comme «observateur» lors du référendum illégal de Santa Cruz, au nom de son organisation.

J.G.ALLARD dans Granma International

Armando VALLADARES – le terroriste devenu poète.
par DEDAJ Viktor
26 mai 2001
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Valladares, vous savez, « le poète dissident », arrêté en décembre 1960, en pleine campagne terroriste, pour avoir posé des bombes. A sa sortie de prison en 1982, pratiquement tous les médias titrent à l’époque (et croient encore) à la « libération d’un poète dissident ». Et oui, entre ses bombes et sa sortie, Valladares est devenu « poète ». D’ailleurs on le surnomme le « poète emprisonné de Castro » ( sous-entendu qu’il a été emprisonné pour ses poèmes, bien sûr ).

Co-Signataire, avec le français Pierre Golendorf, du livre « Prisonnier de Castro » (1979).

A la fin de son séjour en prison, il se fait passer pour paralytique (« causé par les tortures »). [ Pierre Golendorf, cherchant à faire un parallèle avec l’inculpation du général Pinochet, porte plainte à Paris en 1999 contre Fidel Castro pour « crimes contre l’humanité » ]. Valladares sort de sa cellule en fauteuil roulant mais il arrive à Madrid debout. Entre le décollage de l’avion de La Havane et son attérissage à Madrid il avait guéri. Et il ne s’est plus jamais assis dans un fauteuil roulant et qui plus est, n’a plus jamais trouvé l’inspiration pour écrire un poème. Auteur, entre autres énormités, d’un documentaire – diffusé sur la chaîne française M6 – où des dissidents expliquent leurs conditions de détention à Cuba : « les murs étaient couverts de glace » (sic). Un autre, de dos, « les enfants cubains ont faim. Ils ne mangent jamais de la langouste » (re-sic).

En 88-89, les Etats-Unis lui accordent la nationalité américaine et il devient le représentant des Etats-Unis à l’ONU à la Commission des Droits de l’Homme. Hyper-réactionnaire et mythomane. »Les médias embouchent la trompette des droits de la personne. Ils ont sacré l’ex-policier sous Batista et contre-révolutionnaire (poseur de bombes) Armando Valladares poète dissident. » Claude Morin, Mai 1995.

Bien avant la guerre du Golfe, les « intellos » européens trouvent le moyen de se faire manipuler dans les largeurs pour un « poète emprisonné ». La manipulation est telle qu’on peut lire (pris au hasard du bétisier) :

« Castro garde son ami intime [valladarès est devenu même intime] Valladarès en prison depuis plus de 20 ans maintenant. On l’a torturé et on lui a brisé les jambes. Valladarès a écrit un livre admirable, tragique, que j’exhorte les jeunes du Québec à lire. Il s’agit de Prisonnier de Castro. Ce livre a été introduit en France grâce à Monsieur Golendorf, un ami du cinéaste Chris Marker et de moi-même. Monsieur Golendorf a été trois ans [18 mois selon d’autres sources] durant dans les prisons castristes. Ce sont des documents authentiques, écrits de la main du prisonnier Valladarès lui-même. Il nous explique comment on torture, et comment on fait de la dissection sur des êtres humains (sic) à Cuba. Il nous dit où cela a lieu précisément. C’est affolant quand même de lire ça. J’ai eu du mal à l’admettre.  » dans Interview de Yves Montand

Noam Chomsky analyse la chose :

Une Perception Sélective

(…) En Mai 1986, les mémoires de l’ex-prisonnier Cubain, Armando Valladares, sont publiées. Elles sont rapidement devenues un succès de librarie. Les média ont décrit ses révelations comme « le compte-rendu définitif d’un vaste système de torture et de prison par lequel Castro punit et se débarasse de l’opposition politique. » « Profonde et inoubliable histoire » sur « les prisons bestiaux », des tortures inhumaines et un rapport sur la violence d’Etat sous le régne d’un des meurtriers à grand échelle de ce siècle. Dans ce livre nous apprenons « qu’il [Castro] a crée une nouvelle forme de dépotisme qui a institutionalisé la torture comme un mécanisme de controle social » dans « cet enfer qu’était Cuba dans lequel vivait Valladares. »

Ca c’est la version du Washington Post et du New York Times dans plusieurs articles. Castro était décrit comme un « gangster dictatorial ». Ses atrocités était révelées dans ce livre avec une telle conviction que  » seul le plus inconscient et le plus insensible des intellectuels occidentaux prendrait la défense de ce tyran », a dit le Washington Post.

Souvenez-vous, il s’agit d’une histoire vecue par un seul homme. Admettons que tout ceci soit vrai. Evitons de poser des questions sur ce qui est arrivé à un seul homme qui affirme avoir été torturé. Lors d’une cérémonie à la Maison Blanche en commémoration de la journée des Droits de l’Homme, il fût cité par Ronald Reagan pour son courage lorsqu’il subissait les horreurs et le sadisme du bloody tyran Cubain. [Valladares] fut ensuite nommé comme représentant des Etats-Unis à la Commission des Droits de l’Homme des Nations-Unies, où il a pu être vu en train d’aider les gouvernements Salvadoriens et Guatémaltèques à se défendre contre des accusations d’atrocités si grandes qu’elles font passer les siennes d’événements plutôt mineurs. C’est comme ça.

C’était en Mai 1986. Et c’est intéressant parce que ça en dit long sur la manière de « produire du consentement » [manufacturing consent]. Le même mois, les survivants d’un groupe de défense des Droits de l’Homme au Salvador – les dirigeants avaient été tués – furent arrêtés et torturés, y compris Herbert Anaya, le directeur. Ils furent envoyés dans une prison – La Esperanza (l’Espoir). En prison, ils ont continué leur travail de défense des droits de l’homme. Ils étaient avocats, alors ils ont pris des témoignages. Il y avait 432 prisonniers dans cette prison. Et ils ont obtenu 430 témoignages signés qui décrivaient, sous serment, les tortures subies : tortures à l’électricité et autres atrocités, y compris, dans un cas, la torture par un officier de l’armée des Etats-Unis en uniforme, qui est décrit en détail.

Ceci constitue un témoignage exceptionellement exhaustif et explicite, probablement le seul qui décrive si bien ce qui se passe dans une chambre de torture. Ce rapport de 160 pages de témoignages sous serment de prisonniers a réussi à sortir de la prison, avec une cassette vidéo montrant les gens en train de témoigner. Il fut distribué par l’organisation Marin County Interfaith Task Force. La presse a refusé d’en parler. La télévision a refusé de la diffuser. Il y avait un article dans le journal local de Marin County, le San Francisco Examiner, et c’est tout je crois. Personne n’en voulait. C’était une époque où il y avait bien plus que « quelques intellectuels occidentaux inconscients et insensibles » en train de chanter les louanges de Jose Napoleon Duarte et de Ronald Reagan. Il n’y a pas eu d’hommages rendus à Anaya. Il n’a pas été invité à la journée des Droits de l’Homme. Il n’a été nommé à rien. Il fût libéré lors d’un échange de prisonniers et ensuite assassiné, apparemment par les forces de sécurité soutenus par les Etats-Unis. Il n’y a eu que très peu d’informations à ce sujet. Le presse ne s’est jamais posée la question de savoir si la publication des atrocités – au lieu de les censurer – ne lui aurait pas sauvé la vie.

Ceci est révélateur sur la manière que fonctionne un bon système qui produit du consentement. En comparaison des révélations de Herbert Anaya au Salvador, les mémoires de Valladares n’étaient qu’un petit pois à coté d’une montagne. Mais le but avait été atteint.

( extrait de Third World Traveler )

Un commentaire

  1. Ce type était le prédecesseur de l’arnaque Ingrid Betancourt : un soi-disant courageux artiste engagé contre un dictateur et malade à cause des tortures infligées, et l’autre une pseudo écolo incorruptible torturée par les Farc… Tous deux sortent de l’avion les ramenant à la liberté et la démocratie en parfaite santé !
    D’un côté comme de l’autre, le BMA (Bruit Médiatique Ambiant) passe sous silence les charniers dans lesquelles gisent les cadavres des victimes du taitement de choc ultralibéral en Amérique Centrale te en Colombie…


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