La langue maternelle du 14e dalaï-lama est le chinois, le lieu de naissance du 14 e dalaï-Lama : un choix politique

nicolas-sarkozy-le-dalai-lama-serein12286295751Un internaute me demande de faire de la publicité à son blog consacré aux mensonges du Dalaï Lama, ce que je fais trés volontiers surtout qu’il fourmille d’intéressantes données qu’il a recueillies avec son épouse Elizabeth Martens,voici sa demande qui peut-être relayée  par d’autres : « Voilà une bonne décennie que j’ai consacrée à me spécialiser dans cette ‘affaire Tibet’, pour contredire un peu (ou le plus possible et fondé) la propagande dalaïste. A part un livre en néerlandais (ma langue maternelle) et un livre de ma femme francophone (« histoire du bouddhisme tibétain: la compassion des puissants »), voici un nouveau site internet (en français) que j’ai pu mettre en route: www.tibetdoc.eu
 
Ma question à vous: voudriez-vous y jeter un coup d’oeil et si vous le jugez +/- bien, le faire circuler parmi un certain nombre d’associations en France (que je connais trop peu)? »

 

region_natale_du_14e_dl-59c5f1Région natale du 14 e dalaï Lama  

jeudi 26 mars 2009, par Jean-Paul Desimpelaere

Le village natal du 14e dalaï-lama ne se trouve pas loin de la ville de Xining, capitale de la province de Qinghai. On peut dire que c’est à mi-chemin entre Lhassa et Pékin, donc loin du Tibet. Pour le 14e dalaï-lama cette région fait partie du ‘Grand Tibet’ (voir rubrique ‘histoire en général’). Les parents du 14e dalaï-lama étaient des paysans ‘libres’, ils n’étaient pas soumis au servage d’un grand propriétaire ou d’un monastère. Ils vivaient dans une région de populations mélangées : Han, Hui et Tibétains, ces derniers ne constituant qu’une petite minorité dans ce village et dans les environs. Cela explique que le chinois est la langue maternelle du 14e dalaï-lama.
Le 14e dalaï-lama a préféré taire ce fait en Europe ; ce n’est que tardivement qu’il l’a prudemment admis dans ses interviews. Il n’en a rien dit non plus dans ses premières « mémoires », en 1990 (intitulées « Au loin la liberté »). Plus tard, il le dit plus clairement à Thomas Laird : « En ce temps là, on parlait dans mon village une sorte de mauvais chinois. En tant qu’enfant, j’ai commencé à apprendre le chinois, mais c’était un mauvais ‘Xining’, un dialecte chinois ». Xining, la capitale du Qinghai, a toujours été un centre important de cette partie Nord du Haut Plateau. Quatre langues au moins y coexistent depuis longtemps : langues tibétaine, mongole, chinoise et arabe. D’après le 14ème dalaï-lama, la langue véhiculaire de la capitale (et de son village) est le chinois, mais…un ‘mauvais’ chinois. Notons au passage que le 14e dalaï-lama, dans la même interview, dit que la province de Qinghai n’était pas dirigée par des Tibétains pendant sa petite jeunesse, mais par un général au service de Pékin… alors que son ‘administration en exil’ prétend que le Qinghai a été ‘rattaché’ à la Chine par ‘les communistes’ [1]
la région natale du 14e dalaï-lama

Le village natal du 14ème Dalaï Lama compte actuellement environ 100 personnes. Le village se situe juste après un grand barrage, sur le cours supérieur du Fleuve Jaune. Au Sud, s’étend le département autonome tibétain, Huangnan, le long du Longwu, un affluent du Fleuve Jaune. Le département fait partie de la province de Qinghai et les Tibétains y sont légèrement majoritaires. Y vivent aussi des Han, des Hui, des Mongol et des Salar. Huangnan est très riche en temples et monastères, tous construits après la chute du royaume tibétain des Tubo (9ème siècle). Au Tibet, à cette époque, les lamas bouddhistes étaient persécutés. Aussi se sont-ils réfugiés loin du Tibet, entre autres dans cette région de Huangnan. Un temple au-dessus du rocher de Nangzhong, non loin de la réserve d’eau de Lijia sur le Fleuve Jaune, est considéré comme le lieu de la Renaissance du bouddhisme tibétain au 10ème siècle, après les persécutions bouddhistes. Nangzhong est devenu à cette époque un lieu de regroupement pour les nyingmapa (bonnets rouges). [2]

Le lieu de naissance du 14ème dalaï-lama : un choix politique.
Dans son testament, le 13ème dalaï-lama avait donné des instructions à propos de l’endroit où sa réincarnation devrait être cherchée. Il laissa écrire : « Là-bas dans le lointain Nord Est, c’est encore le Tibet ». Par « le lointain Nord Est », il signifiait l’Amdo, dans la province actuelle de Qinghai. Les lamas désignés pour les recherches ont trouvé l’actuel 14ème Dalaï Lama à cet endroit. La région n’était plus gouvernée par les Tibétains depuis l’effondrement du grand royaume des Tubo au 9ème siècle. Incorporé dans l’empire chinois à partir du 13e siècle, le Qinghai a reçu un statut administratif clair en 1725, de l’empereur Kangxi : le « Kokonur Territorium ». Cela s’est passé après l’anéantissement d’un soulèvement mongol (ou Qoshot) au Qinghai. Les mongols avaient reçu l’appui des Dzoungares du Xinjiang. Quelques années plus tôt, l’empereur Kangxi et ses troupes avaient déjà chassé les Dzoungares du Tibet, ravagé par ces derniers.

Les dalaï-lamas n’ont jamais régné sur le Qinghai, tout au plus sur l’actuel Tibet et les réincarnations ont invariablement été trouvées au centre du Tibet. Pourquoi le 13ème dalaï-lama épingla-t-il alors pour sa succession un point sur la carte qu’il nomma « encore le Tibet », alors qu’il s’en situait fort loin ? Devons-nous vraiment nous poser cette question ? Chez nous un pape n’a pas besoin d’être obligatoirement romain, quelquefois il peut s’agir d’un polonais. Mais il peut y avoir des raisons à cela. Et il y avait des raisons pour que le 13ème dalaï-lama épingle un point du ‘Kokonur’. En 1913, avec l’aide des anglais, il avait retracé la carte du Tibet et le nomma ‘Grand Tibet’ ; territoire immense (double de la province du Tibet) qu’il déclara indépendant profitant de la faiblesse de la toute nouvelle ‘République de Chine’. Ce qu’il désigna comme ‘Grand Tibet’ était le royaume des Tubo de l’époque du 8ème et 9ème siècle. Mais le 13e dalaï-lama n’a pas pu réaliser son rêve d’un ’Grand Tibet’ indépendant ; finalement, il resta cantonné dans la province du Tibet proprement dite.

Comme le formulait son prédécesseur, l’actuel 14ème dalaï-lama est né juste sur la frontière fictive de ce ‘Grand Tibet’. « Maintenant, les gens de l’Amdo éprouvent un sentiment particulier vis-à-vis du Tibet parce que le (précédent) panchen lama et moi-même sommes tous deux originaires de l’Amdo. Pendant les siècles précédents, l’Amdo était séparé du Tibet central, mais comme nous sommes tous deux nés là-bas, ils se sentent aujourd’hui plus reliés au Tibet. En cela, mon lieu de naissance a eu une influence », dit le 14 ème dalaï-lama dans une interview de Laird. La sœur du 14ème dalaï-lama, Jetsun Pema, raconte dans son livre d’interviews avec Irène Frain comment elle présente sa région natale aux enfants tibétains en exil en Inde : « Sur la carte, les enfants peuvent constater que le village du 14ème dalaï-lama se situe maintenant dans la province chinoise du Qinghai. La plupart des familles y sont devenues chinoises. Des tableaux démographiques montrent aux enfants que dans certaines provinces tibétaines annexées par la Chine, il n’y a plus qu’un tibétain pour au moins 300 ou 400 chinois. » Le livre de Jetsun Pema est intitulé : « Pour que le monde puisse refleurir »… en toute honnêteté, semble-t-il !
La prairie au Qinghai ’refleurit’ déjà…

la_prairie_en_fleurs-3feda1

Notes
[1] Les articles et interviews de Thomas Laird ont été rassemblé en un livre sorti en 2006 : « The story of Tibet, Conversations with the Dalaï Lama », Grove Press, New York. Le livre est édité sous copyright du 14ème dalaï-lama qui donna l’ordre à trois relecteurs de contrôler doublement ses citations (c’est noté dans la préface). Dans ses commentaires, Laird lui-même prend parfois quelques libertés avec les faits historiques. Par exemple, pour en rester au village natal du dalaï, Laird écrit que la maman du 14ème dalaï-lama mit seize enfants au monde dont onze survécurent. Dans son autobiographie, le 14ème dalaï-lama écrit que seulement sept enfants ont survécus. C’est de peu d’importance s’il n’y avait eu que cette seule erreur historique, mais ce n’est pas le cas ! Toutefois, une recommandation du 14ème dalaï-lama aplanit les différends d’un tour de mains : « Une action fidèle à la vérité et à la loi ne se laisse pas décourager ».

 

Autre article intéressant: Combien y a-t-il de Tibétains ?

Tibetdoc  Rechercher 

Accueil du site > Démographie > Génocide ? > Encore à propos de « Combien de Tibétains y a-t-il ? »
Encore à propos de « Combien de Tibétains y a-t-il ? »
jeudi 26 mars 2009, par Jean-Paul Desimpelaere

Combien de Tibétains y a-t-il ? Un autre élément ‘étrange’ peut éclairer cette question.
En 1950 – donc avant la présence du nouveau régime chinois, mais on le sentait déjà venir – le 14e dalaï-lama et ses quatre ‘ministres’ adressent une lettre à l’ONU. L’objet de la lettre est la demande de reconnaissance d’indépendance du Tibet. Elle contient un détail intéressant : il y est mentionné que la totalité de la population tibétaine, dans toutes les régions de Chine, ne constitue même pas 3 millions. [1]. Cela correspond d’ailleurs aux observations d’Occidentaux ‘neutres’ ou ‘politisés’ qui étaient sur place à l’époque. Suite du feuilleton : le 10 mars 1970 – remarquez la date ! –, dans son allocution annuelle de ‘commémoration du soulèvement de Lhassa’, le 14e dalaï-lama parle cette fois de « 6 millions de Tibétains » ! [2] Comment comprendre que la population tibétaine a soudainement ‘doublé’ ? Et en plus dans la période de 1960 à 1970 qui est justement celle durant laquelle les accusations de ‘génocide du peuple tibétain’ émanant du ‘gouvernement en exil montaient en flèche. Cette jonglerie avec les ‘chiffres’ de la part du dalaï-lama et de sa suite en Occident [3] m’amène de plus en plus à penser que les ‘statistiques’ chinoises ont une certaine cohérence par rapport à celles venant de l’environnement du dalaï-lama qui me semblent s’élever de quelques ‘méditations’ politiques fluctuant selon le moment et le lieu.
Notes
[1] à lire dans MC Goldstein, “A History of Tibet, tome I”, page 747

[2] à lire sur le site personnel du dalaï-lama, rubrique ‘statements’.

[3] voir aussi l’article « Combien de Tibétains y a-t-il encore ? » et « La ‘race’ a donc plus que doublé ! »

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4 commentaires

  1. Merci pour la référence au site Tibetdoc. J’ai pris note de cette source qui me semble intéressante et qui me fournira l’occasion de faire quelques réflexions.

  2. Je connais quelqu’un qui habite la belgique sa langue maternelle est le français, cette personne est quand même ravie d’être belge et non pas française. Que nous importe si le Dalai-lama a pour langue maternelle le chinois. Nous pouvons quand même dire que des millions de personnes ont été tuées par les tibétains, ont été torturés, des temples ont été détruits par milliers, impossible de dire le contraire. Oui, les chinois vont se faire détester dans le monde entier s’ils continuent à agir de la sorte. La chine n’a pas la réputation d’avoir une liberté d’expression exemplaire alors qu’elle ne donne pas de leçon de démocratie aux autres.
    Le tibet est occupé par la Chine depuis maintenant trop longtemps. Mais bien sûr les pro-chinois auront certainement beaucoup de mal à comprendre ceux qui demandent à retrouver leur liberté. Cette semaine de nombreux tibétains ont encore été arrêtés et peut-$etre tués.
    Nous ne sommes pas en France, là-bas ils ont la gachette facile, rappelez vous la place Tian’anmen…

    • Là ma brave dame vous m’en bouchez un coin!!! On croit toujours avoir atteint le pire mais non il se trouve des gens pour aller plus bas dans la « démonstration », le coup du belge est étonnant… J’espère pour lui qu’il ne revendique pas l’attribution de la Côte d’azur à la belgique ?
      Quant à vos suppositions sur ce qui se passe en Chine elles me laissent rêveuse parce que non seulement vous n’avez pas lu visiblement le texte sur lequel vous intervenez mais vous terminez ce morceau d’anthologie par une mise en garde contre la Chine : 1) on vous aimera pas si vous continuez et 2) arrêtez de donner des leçons !!!
      Honnêtement je doute que quelqu’un puisse comprendre pourquoi c’est vous qui accusez les Chinois de donner des leçons, cela me semble être votre sport favori…

      danielle Bleitrach

  3. Mais si, mais si : cette personne a tout compris, et elle le « prouve ».
    D’ailleurs, nous autres, Français, nous sommes et nous avons toujours été les champions de la liberté, de la démocratie….N’est-ce pas, madame ou monsieur? Rappelez-vous par exemple, Maurice Audin, Fernand Yveton, assassinés pour leurs idées généreuses, et les milliers d’anonymes qui ont subi les affres d’un système injuste qu’ils combattaient et qui se désagrège un peu plus chaque jour, mais qui n’ont pas la chance d’être réincarnés, comme le faux-cul tibétain dont la réaction universelle a pris la défense…

    Continuez, madame ou monsieur, d’administrer vos leçons de bon sens: nous sommes, ou plutôt vous êtes, citoyens bêlants au exploits du capitalisme triomphant, les donneurs de leçon universels.
    Mais pour combien de temps ?


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