Sarkozy : Israël est digne d’un État démocratique et l’Égypte, quoique critiquée, a bien travaillé

Lundi, 19 janvier 2009 in Actualité

« La place de Tsahal n’est pas à Gaza », a déclaré Nicolas Sarkozy. « La décision du gouvernement israélien, unanime, est une décision que nous soutenons, c’est une décision digne d’un État démocratique », a également lancé le président de la république. Ailleurs, un collectif d’avocats et de juristes internationaux, qui réunit quelque 300 associations de défense des droits de l’homme à travers le monde, déposera, à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, une demande d’ouverture d’enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par Israël dans la bande de Gaza. Une délégation, comprenant notamment le Mrap, l’Union juive française pour la paix (UJFP), le collectif Résistance Palestine, demande à Nicolas Sarkozy de saisir d’une plainte d’une part le Conseil de sécurité des Nations unies, d’autre part le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) : « pour des faits de crimes de guerre commis sur la terre palestinienne, à compter du 27 décembre 2008 ». Eyal Megged, commentateur au journal Maariv, écrit : « Cette guerre était tout simplement une guerre. Il était tout bonnement question de se défendre. Mais ce ne fut pas une guerre menée avec habileté. Cette guerre était censée changer la donne. Cela avait été annoncé de manière explicite. Mais la situation – et cela est regrettable -, n’évoluera qu’en pire. Nous allons nous réveiller au lendemain de la guerre avec une situation de haine, une situation empoisonnée ».

Après que 1 300 Palestiniens aient été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, après que plus de 5 300 personnes aient été blessées, après que l’armée israélienne eut évalué à plus de 500 le nombre de combattants du Hamas tués, mené 2.500 raids à Gaza, et que les combattants palestiniens aient tiré 700 roquettes et obus de mortier vers le territoire israélien, le représentant du quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, qui ne s’est jamais rendu dans la bande de Gaza, a estimé que l’initiative arabe pour établir la paix entre Israël et les Palestiniens n’était pas morte. Pour Tony Blair, qui parle déjà de reconstruction, il est évident que « cette fois-ci, la reconstruction de Gaza devra se fera dans un cadre tel que nous n’aurons pas à reconstruire une nouvelle fois dans quelques années ». Avec ou sans le Hamas  ?

« Nous (les dirigeants européens) allons nous rendre en Israël pour dire à Israël que nous sommes à ses côtés pour assurer son droit à la sécurité mais qu’il faut maintenant qu’Israël indique clairement, que si les tirs de roquettes s’arrêtent, l’armée israélienne doit quitter Gaza ». De Charm el-Cheikh, c’est encore Nicolas Sarkozy qui parle. Le Hamas n’était pas invité à cette rencontre sur la paix au Moyen-Orient. Le président français, Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande, Angela Merkel, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, se rendront plutôt en Israël.

Ban Ki-moon est au Liban. Il a rencontré le président Michel Sleiman, le chef du Législatif Nabib Berry, le Premier ministre Fouad Siniora. Pour le secrétaire général des Nations-Unies, le Liban représente « le symbole de l’espoir en un Moyen-Orient pacifié ». En retour de ce commentaire flatteur, le chef de l’État libanais, Michel Sleiman, s’est engagé à respecter les résolutions internationales, « dont celle portant sur le tribunal international, mais loin de toute politisation ». Le chef du Législatif, Nabib Berry, a profité de sa rencontre avec Ban Ki-moon pour évoquer la situation à Gaza. « Israël a réussi à transformer Gaza en une vaste prison et à convaincre l’opinion internationale que Gaza est devenue une base de terrorisme d’où sont acheminées des armes en contrebande par le biais d’un nombre incalculable de tunnels. Progressivement, en raison des élections législatives palestiniennes dont les résultats n’ont pas été acceptés par Washington et Tel-Aviv, l’aubaine que constitue la démocratie s’est transformée en une cabale contre le peuple palestinien ». Le Hamas était absent de cette rencontre sur la paix au Moyen-Orient au Liban.

Nabib Berry réclame la formation d’une commission d’enquête internationale afin de « juger les dirigeants d’Israël pour crimes de guerre ».

« La décision de cessez-le-feu laisse à Israël le droit de réagir et de reprendre ses actions militaires si les groupes terroristes continuent leurs attaques ». Ainsi en a décidé Ehud Olmert. Le Hamas, le Jihad islamique et d’autres groupes palestiniens ont annoncé dimanche qu’ils acceptent un cessez-le-feu d’une semaine avec Israël. Ce cessez-le-feu n’est prévu que pour une semaine, le temps d’ouvrir les points de passage et de laisser entrer l’aide humanitaire. Ainsi en a décidé le Hamas. Sans qu’aucun dialogue n’ait pu réunir les factions ennemies. Chacun pour soi.

Les rhétoriques des factions ne changent pas. Moussa Abou Marzouk, le numéro deux du bureau politique du Hamas, demande que « les forces de l’ennemi se retirent de Gaza d’ici une semaine ». Pour Ehud Olmert, il est clair toutefois que les troupes israéliennes resteront à Gaza et qu’Israël considérera un retrait si le Hamas arrête les attaques à la roquette. Israël ne s’impose aucune condition mais elle en impose de très lourdes au Hamas. Le cessez-le-feu unilatéral israélien est entré en vigueur dimanche à 00h00 GMT. Depuis, un retrait progressif de l’armée israélienne de la bande de Gaza a été noté après l’instauration du cessez-le-feu dans le territoire Palestine.

Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, souligne que la priorité maintenant est de s’assurer qu’il n’y ait pas davantage de civils qui meurent dans ce conflit. Elle appelle Israël à rouvrir complètement et immédiatement les points de passage vers Gaza et demande le retrait de toutes les troupes israéliennes de la bande de Gaza. Mais de son côté, la présidence tchèque de l’UE, par la voix du Premier ministre, Mirek Topolanek, presse le Hamas de se joindre immédiatement et sans condition au cessez-le-feu.

Hosni Moubarak a organisé ce dimanche, à Charm el Cheikh, un grand souper. Pour discuter de paix. Deux absents : Israël et le Hamas. Les invités honorables étaient : Angela Merkel, Gordon Brown, Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi, Jose Luis Rodriguez Zapatero et Abdullah Gül, de la Turquie. Le roi Abdallah II de Jordanie, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, se sont également rendus à l’invitation d’Hosni Moubarak.

Hosni Moubarak a procédé à cette invitation de haut niveau parce que depuis samedi, des signes de déblocage de la crise sont apparus et que des questions importantes nécessitent la poursuite des efforts de l’Égypte. En clair, l’Égypte multiplie les efforts pour rester au premier plan des efforts de paix au Moyen-Orient et pour ne pas céder aux pressions de la rue arabe qui voit en Hosni Moubarak un agent d’Israël. La crédibilité de sa médiation est aussi fragile que le cessez-le-feu décrété de part et d’autre à Gaza et à Tel-Aviv. Et l’Égypte a reçu un satisfecit de Nicolas Sarkozy : « L’Égypte a été critiquée mais a bien travaillé ».

Et dans sa poursuite pour la paix au Moyen-Orient, le président a lancé au premier ministre, Ehud Olmert que, « une fois Tsahal retiré de Gaza, il faut proposer un sommet au président de l’Autorité palestinienne (Mahmoud Abbas) pour parler avec lui ». Étaient présents au dîner de dimanche soir, convié par Israël, la chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui préside l’Union européenne.

Comment peut-on parvenir à la paix au Moyen-Orient sans ouvrir des discussions avec le Hamas  ?  Nicolas Sarkozy répond : « Si on discute avec le Hamas maintenant, ça veut dire qu’on met le Hamas sur le même plan qu’Israël et alors le cessez-le-feu n’est plus possible ». Quadrature du cercle. Dans un même souffle, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à affirmer que : « les pays européens sont prêts à aider Israël et l’Égypte à lutter contre la contrebande d’armes pour recréer de la confiance en mettant à leur disposition tous les moyens techniques, diplomatiques et militaires, notamment navals ». Et, aux yeux de Nicolas Sarkozy, tout dialogue avec le Hamas équivaudrait à « tuer politiquement » le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Nicolas Sarkozy ignore-t-il que Mahmoud Abbas n’a plus de crédibilité : si le Hamas a gagné en popularité dans le monde arabe et obtenu une certaine légitimité lors du mini-sommet de Doha, Abbas est contesté par plusieurs députés koweïtiens, notamment islamistes, qui l’ont déclaré « indésirable » au sommet de Koweït.

La logique européenne, menée par Nicolas Sarkozy, n’obéit pas aux mêmes impératifs que du côté arabe. Selon l’analyste libanais Abdelwahab Badrakhan, « les pays arabes ont donné à Israël le temps de finir le travail. Certains pays, notamment l’Égypte, n’ont pas voulu que le mouvement islamiste Hamas confirme son autorité sur Gaza ». Les 22 membres de la Ligue arabe se sont querellés sur l’opportunité de réunir ou pas un sommet extraordinaire consacré à Gaza. Selon qu’ils appuient le Hamas ou qu’ils le rejettent. Le Qatar avait réclamé par trois fois la tenue d’un tel sommet qui n’a pas avoir lieu en raison du manque de quorum. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, a qualifié la situation dans le monde arabe de « bien chaotique ». « C’est regrettable et nuisible ».
Dernière mise à jour
19 janvier 2009

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2 commentaires

  1. Comment peut on qualifier ce qui s’est passé à Gaza de guerre.Il s’agissait d’une attaque barbare punitive à l’égard de la population de Gaza.Après des mois de blocus qui n’a fait que renforcer la volonté des palestiniens il fallait les écraser.C’est tout simplement un crime contre l’humanité qui restera une nouvelle fois sans condamnation.C’est honteux de la part de Sarkozy de qualifier Israel de démocratique.Un pays dirigeait par des monstres, de la vraie racaille qui ont massacré des centaines d’enfants.
    Des vies enlevées pour des calculs électoraux rien de plus.
    Il faut que tout le monde sache que le peuple palestinien ne cédera jamais.

  2. Essayer de faire la paix sans le Hamas,est complètement débile…
    Le Hamas a été élu democratiquement et represente Gaza…
    Mamhoud Abbas a fini son mandat,est completement désavoué par son peuple et n’est absolument pas représentatif…
    Je suis pour la traduction des dirigeants sionistes devant le CPI et que les sanctions soient appliquées…
    Si l’on ne tiens pas compte du Hamas pour parler de paix, et si les Sionistes continus le blocus,alors dans 15 jours ça recommence…
    Et la judéophobie ne fer que de s’accentuée…
    Il faut revenir aux fontieres de 1967 et réunifier les Palestiniens en une seule entité territoriale…


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