Enquête sur Thales, une société qui vous veut du bien

vignette-nicolas-sarkozy-serge-dassaultThales est l’ancienne société Thomson CSF, elle s’oriente de plus en plus vers le militaire dans un contexte marqué par l’interpénétration des forces étasuniennes et européennes, Thales est lié à la Grande bretagne mais aussi à la Corée et à l’Australie toujours par le biais de l’ancienne société Thomson CSF . Thales est désormais étroitement lié à Alcatel-Lucent et Dassault Aviation ont annoncé le 19 décembre 2008, la signature de l’accord définitif visant à l’acquisition par Dassault Aviation de la part détenue par Alcatel-Lucent dans le capital de Thales. Comme cela avait été indiqué lors de l’annonce de l’ouverture des discussions exclusives entre les deux groupes, la transaction se fera sur la base d’un prix de 38 € par action, soit une valeur totale d’environ 1,57 milliard d’euros.  Sa finalisation, prévue pour le printemps 2009, est notamment soumise à l’obtention des autorisations des différentes autorités administratives dont celles relatives au contrôle des concentrations. En parallèle, l’État et Dassault Aviation ont annoncé avoir signé le pacte d’actionnaires permettant à Dassault Aviation de se substituer à Alcatel-Lucent aux côtés de l’Etat comme actionnaire industriel de référence de Thales.

Commentant cette annonce, le président Denis Ranque a déclaré :

« Nous sommes satisfaits de voir la situation actionnariale de Thales stabilisée par une opération reposant sur une vision à long terme. Cette nouvelle étape va dans le bon sens, et met fin à une période d’incertitude. Nous nous réjouissons par ailleurs que l’État et Dassault Aviation renouvellent leur confiance dans la stratégie de Thales, à la fois dans sa dimension internationale et dans la diversité de ses métiers tant civils que militaires. »


Dassault c’est aussi  le groupe de presse, il est peu probable que vous soyez prevenu de la politique qui se met en place dans le cadre de l’Europe et de l’OTAN pas plus d’ailleurs que de la privatisation d’une partie des forces armées, nous avons fait état recemment de la manière caricaturale dont les locaux du ministère de la défense étaient désormais gardés par des mercenaires d’ONET à la place de la gendarmerie. Il faut également comprendre que ces activités de privatisation mercenaire se font à plus grande échelle comme aux Etats-unis et que toute une partie de Thales est consacrée à la surveillance des citoyens dans le contexte d’un flicage européen.

1) le flicage européen
Le spécialiste de l’électronique et des systèmes d’information critiques Thalès vient d’inaugurer un centre dédié aux solutions de sécurité à Vélizy (78). Ce centre (2000 experts et ingénieurs, 600 m2) viserait à améliorer la sécurité des personnes, la protection des infrastructures sensibles, la prévention des catastrophes et la lutte contre la cybercriminalité. Qu’y a-t-il donc à l’intérieur? Tout ce qui se fait de mieux en France dans le domaine de la biométrie, de la géolocalisation, des simulations et des protections informatiques. Reste que la concurrence est rude à l’international.

Parmi les solutions qui seront développées et commercialisées depuis ce site, on compte par exemple un centre de commandement fourni clé en main aux opérateurs publics ou privés, ou encore le smart Corridor, un couloir rempli de capteur qui recueille des données diverses (identité, présence d’explosifs, d’objets) ou même un logiciel d’analyse vidéo en temps réel des flux de personnes. « Des technologies comme les systèmes de protection des documents identitaires, de protection des infrastructures de transport d’énergie, de protection des aéroports, comme les systèmes intelligents de gestion du transport terrestre ou comme la cyberprotection, seront tout particulièrement à l’honneur dans ce nouveau laboratoire interactif », explique Thalès.

L’inauguration, effectuée en présence de Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, responsable justice, liberté et sécurité, a précédé de quelques jours un accord entre Thalès et E-Band Communications, un spécialiste des réseaux sans fil, pour fournir une infrastructure Wifi sécurisée et cryptable à plusieurs administrations, sociétés financières et municipalités américaines. Alors que la planète finance, tremble et que le secteur technologique prend de plein fouet les indices d’une récession imminente, le groupe Thalès fait donc figure de forteresse. D’ailleurs dans une interview du journal La Tribune, son PDG Denis Ranque visait toujours « un objectif de marge d’Ebit de 7,25% fin 2008 » et réaffirmait son objectif de 6% de croissance organique. Les technologies de surveillance sont donc des plus salutaires pour l’investissement en cette période de crise. Thalès réalise plus de 25% de son chiffre d’affaires (3,4 milliards d’euros en 2007) dans la sécurité

2) la protection des forces armées confiée à des mercenaires…

Protéger nos forces armées sur les divers théâtres d’opération a toujours été une priorité.
Mais le développement du terrorisme en milieu urbain, et l’accès banalisé aux technologies émergentes et aux communications avancées, imposent désormais des solutions technologiques de pointe comme celles proposées par Thales.

La « Protection des forces » est la mesure – ou la combinaison de mesures – mises en oeuvre pour réduire les risques de dommages infligés aux personnels militaires ou à leurs équipements. Aujourd’hui, la stratégie se situe au niveau tactique, influencée en cela par les méthodes de guérilla, les activités terroristes et autres situations insurrectionnelles – chacune aussi imprévisible et aussi peu orthodoxe que l’autre. Ce bouleversement des données nécessite une modification non moins radicale de la protection des forces armées. Il convient désormais d’adopter une approche beaucoup plus sophistiquée d’un point de vue technologique, mais aussi plus variée et englobant plusieurs niveaux. Certes, il s’agit toujours de recourir aux  traditionnelles tactiques de désorganisation des ressources et des plans de l’ennemi, et de s’attaquer à ses sources de financement et à son leadership. Mais la manière de procéder évolue.

Avoir les cartes en main

Fort de ces constatations, le DE&S (Defence Equipment and Support), le département du gouvernement britannique en charge des équipements et du support logistique des forces armées, a récemment mis sur pied une Equipe Projet Intégrée (IPT) ayant pour attribution spécifique la protection des forces. « La meilleure chance de mener à bien des opérations, c’est en quelque sorte d’être «propriétaire» des territoires dont vous êtes responsable, et donc de savoir très précisément ce qui s’y passe », explique Mike Shaw, en charge des comptes clés en matière de contre-terrorisme et de sécurité nationale, au sein de Thales au Royaume-Uni. « Cela implique de pouvoir accéder à de meilleures informations, plus détaillées et englobant l’ensemble du spectre électromagnétique, pour détecter des menaces et être en mesure de traduire ces informations sur-le-champ de bataille. L’objectif étant de pouvoir réagir de manière appropriée. » Pour autant, Mike Shaw ne se fait guère d’illusion. « Parvenir à garder un temps d’avance est un sacré défi, et les moyens de plus en plus sophistiqués qu’utilisent les terroristes réclament une réponse toujours plus élaborée », reconnaît-il. « C’est un défi qui n’en finit pas, mais c’est un combat que nous gagnons lorsque les forces sur le terrain, le MoD et les industriels travaillent ensemble. »

Une réponse coordonnée

Afin de rester aux avant-postes de l’évolution, Thales s’est efforcé de rassembler toutes les pièces du puzzle. La division en charge de la protection des forces offre trois catégories distinctes de technologies pour combattre les tactiques de guérilla, les capteurs, les mécanismes de prise de décision et les effecteurs. Différents moyens peuvent être combinés pour répondre aux préoccupations spécifiques des personnels concernés, et aux besoins des véhicules ou des bases en question. Parmi les nombreuses stratégies de protection disponibles, l’initiative FIST (Future Integrated Soldier Technology), développée par Thales avec le MoD, est sans doute la plus connue et la plus emblématique. Le programme FIST met l’accent sur une meilleure gestion de l’alimentation électrique et du poids des équipements. Cela a conduit au développement de STORM-H, un produit d’« inhibition » léger et portable, guère plus grand qu’une radio, que le combattant à pied peut utiliser pour répondre à de multiples menaces simultanées. Combinant une portée accrue et une meilleure longévité des batteries, STORM-H permet l’actualisation et la synchronisation avec d’autres équipements du champ de bataille. De même, le démonstrateur VTID (Vehicle Technology Integration Demonstrator) a été conçu pour augmenter la survivabilité des véhicules et de leurs équipages. Il est doté de systèmes de capteurs, de capacités de traitement et d’effecteurs sophistiqués et peut être utilisé avec tous types de véhicules utilitaires, lourds et de reconnaissance, s’inscrivant dans le cadre du programme FRES (Future Rapid Effect System) du MoD.

Protéger les bases militaires

Alors que la protection des véhicules et des soldats en patrouille demeure un impératif vital, les bases militaires restent des cibles très tentantes pour l’ennemi. Selon David Beatty, directeur de la stratégie et du développement de l’activité Systèmes aériens de Thales au Royaume-Uni, les drones constituent sans doute aujourd’hui la technologie la plus prometteuse, non seulement en raison de leur efficacité, mais aussi de leur faible coût d’exploitation. Il rappelle que nombre de menaces proviennent souvent d’éléments relativement peu sophistiqués – mortiers, roquettes et grenades propulsées. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont plus faciles à circonscrire pour autant. Une technologie UHF spécialisée, autour d’une base militaire, peut avertir de toute menace potentielle dans une zone de 10 ou 20 km. Toutefois, les capteurs de surface seront toujours limités d’un point de vue géographique et électromagnétique.

Des solutions adaptées

En dernière analyse, les stratégies de protection des forces dépendent de ce qu’il convient de protéger (personnels, véhicules ou bases) et des menaces particulières auxquelles il faut faire face. Même si l’équipe IPT mise sur pied par DE&S pour prendre en charge la protection des forces, se concentre uniquement, pour le moment, sur les aspects terrestres, Thales prévoit déjà de développer des capacités à long terme pour les composantes navales et aériennes.

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Un commentaire

  1. Génial votrez article ! En plein dans le mille !
    Je me permet de vous citer dans mes prochains articles.


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