Que faire en Afghanistan ? par Néstor Núñez

s-jal« Quatre brigades de plus », demande le haut commandement militaire nord-américain pour l’Afghanistan. C’est au moins la requête qui a été formulée auprès de leurs alliés de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), bien que ces derniers préfèrent faire comme s’ils ne comprenaient pas, regarder ailleurs ou inventer mille subterfuges pour retarder l’envoi de nouvelles troupes vers un terrain de bataille de jour en jour plus complexe.

En fait, le commandement britannique en Afghanistan a déclaré, il y a quelques semaines, qu’une victoire occidentale y était impossible et que la meilleure solution serait de s’asseoir à la table de négociation et de tenir toutes les conversations nécessaires.
Même le gouvernement qui a été imposé par les agresseurs à Kaboul réclame, lui aussi, la fin des hostilités. Un communiqué récent du président afghan, Hamid Karzai, précise qu’il est nécessaire de préciser la date de la fin de la croisade antiterroriste et du retrait des troupes étrangères.
Si la décision n’était pas prise, son équipe se verrait obligée d’essayer de négocier directement avec les talibans. Hors, ces forces qui avaient été déplacées du pouvoir par l’occupation étrangère ont assuré qu’il n’y a pas d’accord possible tant que les effectifs des États-Unis et de leurs alliés restent dans le pays.
Cependant, pour d’autres personnes comme le général nord-américain Bantz J. Craddock, commandant des mal nommées « troupes de Défense » de l’OTAN, il n’y a aucune raison pour s’asseoir à la table de négociation.
Son idée fixe correspond exactement aux désirs de la Maison Blanche. Il rêve d’une augmentation des effectifs des troupes d’occupation et préfère chercher une issue militaire au conflit plutôt qu’une issue politique. C’est pourquoi il n’hésite pas à réclamer 20 000 nouveaux soldats à partir de 2009 afin de renforcer les 50 000 déjà installés dans cette nation d’Asie centrale.
Craddock a déclaré que Washington a déjà recruté une brigade qui s’incorporera bientôt aux combats, et qu’il attend un autre groupe de mille combattants qui doit arriver prochainement des États-Unis.
Actuellement, les cercles officiels nord-américains opinent que le bruit des armes doit continuer à se faire entendre et même s’étendre dans la zone, ce dont ils s’occupent en attaquant de façon répétée des zones du Pakistan sous prétexte de poursuivre des terroristes prétendument réfugiés dans ce pays frontalier de l’Afghanistan.
L’affaire a pris une telle ampleur qu’à Islamabad, le gouvernement s’est réuni pour étudier les réponses possibles afin de freiner les bombardements nord-américains réalisés à des villages sans défense. Il a même envisagé d’élever des protestations au plus haut niveau des organisations internationales, y compris l’ONU.
Pourtant, les observateurs les mieux informés sont arrivés depuis longtemps à leurs propres conclusions : tôt ou tard, Washington devra partir de l’Afghanistan, et ce ne sera pas après avoir remporté la victoire.

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