« Monsieur le président, Veuillez laisser cet endroit aussi propre que ce que vous souhaitez le trouver en entrant » par danielle Bleitrach

Le quarante-quatrième président des Etats-Unis est en passe d’être élu non seulement il s’imposera aux Etats-Uniens mais au reste de la planète qui n’a pas le droit de vote. Le moins que l’on puisse dire c’est que visiblement leur système de sélection des candidats paraît défectueux, enfin sur ce plan là nous Français n’avons pas grand-chose à leur reprocher, vu ce que nous sommes capables de produire en matière de leaders politiques. Notre seule excuse est que nous ne sommes qu’une puissance mineure, alors qu’eux nous imposent un président dont les actes nous poursuivent jusque dans nos foyers, pas de position de repli… Le dernier président qu’ils ont élu a réellement bouleversé la face du monde, il laisse le plus gigantesque bordel qui se puisse imaginer. En mémoire de la capacité de nuisance de cet homme, il faudrait que l’on inscrive désormais sur le fronton de la maison blanche, ce que l’on met dans les waters publics : « veuillez laisser cet endroit aussi propre que ce que vous souhaitez le trouver en entrant ». Encore que je me méfie de la conception de la « propreté » d’une Sarah Palin.

Les Etasuniens choisiront mardi prochain celui qui se prend encore pour le maître du monde parce que le fait est que chacun dans leur genre Obama et Mac Cain n’ont pas le moindre doute sur la puissance et la gloire de leur pays. C’est bien la preuve que l’on doit se méfier non seulement du recrutement étasunien, mais a priori de celui qui prétend affronter le bordel gravissime laissé par son prédecesseur : c’est au meilleur des cas un inconscient, au pire un mégalomane, dominé par son arrivisme et son égotisme. N’importe quel être sensé s’enfuirait ou alors il faudrait quelqu’un de la taille d’un Fidel Castro: un être totalement désintéressé, désincarné, identifié à sa mission politique. Oui mais celui-là promettrait des jours de sang et de larmes, la mise au pas des forces destructrices, un effort collectif sans précédent. Il n’aurait jamais dépassé le stade du groupuscule, parce que personne ne financerait sa campagne, ne lui payerait trente minute de spot publicitaire sur toutes les grandes chaînes du pays pour battre en chantilly  la crème du « changement ».

Voilà quelques individus appelés nord-américains, une poignée d’êtres humains en regard des milliars que recèle la planète , qui vont décider pour tous. Et tenez vous bien, ils vont le faire, endormi par un  spot publicitaire qui vend les candidats comme un soda. Remarquez on vend bien aux Français un  Obama sur le thème c’est kennedy plus Martin Luther King. Donc un candidat étasunien ça doit être comme le  Canada dry, cela ressemble  à l’alccol des droits civiques, à l’Amérique des grands espaces et de la liberté sur une Harley davidson, cela en a la couleur, mais c’est sans alcool. Pas de danger, le produit est aseptisé… Quant à Mac cain c’était John Wayne flanquée de la poupée Barbie.

Vous ne me croyez pas, regardez ce qui leur tient lieu de programme,  des propostions de distribution de milliards, comme s’il n’y avait pas de problème avec leur planche à billet. Pourtant désormais la politique financière rappelle l’histoire du gars à qui le banquier donne son premier chéquier, quelques jours après il appelle son nouveau client « Vous avez un très gros découvert monsieur- Pas de problème dit l’autre, je vous fait un chèque ». Alors ils ont fait des promesses de chèque, promis de la relance, en pensant que le reste du monde allait payer. Suppression des impôts sur l’allocation chômage, droit temporaire à puiser dans les plans d’épargne retraite… Sur bien des points, les candidats avancent les mêmes idées. Mais on retrouve aussi des lignes de fracture de surface, un peu comme celles qui existent désormais chez nous entre PS et UMP. Obama va plus loin dans la dépense publique. Il propose par exemple un grand plan d’investissement dans les routes, les ponts et les écoles qui fait écho aux grands travaux lancés par Franklin Roosevelt dans les années 1930. McCain est plus audacieux sur la crise immobilière, toujours pour marquer sa différence avec George W. Bush : un vaste plan de soutien aux Américains empêtrés dans leur prêt logement.

Qui va payer ? Les deux candidats poursuivent dans la démagogie : Tous les deux promettent des baisses d’impôts alors que le déficit budgétaire pourrait dépasser 1.000 milliards de dollars l’an prochain. Mais une élection nord-américaine se joue sur les « fondamentaux », il y a dans les gènes de l’Américain moyen l’histoire fondatrice, le droit à porter un pistolet pour massacrer les Indiens, et la révolte fiscale contre l’Angleterre et le refus des caisses de thé en 1773, à Boston la snob.  John McCain veut pérenniser les baisses consenties par George Bush aux plus aisés. Il veut aussi ramener l’impôt sur les sociétés de 35 % à 25 % et accélérer l’amortissement fiscal des investissements. En bon démocrate, Barack Obama veut taxer davantage les plus riches et baisser les impôts de « 95 % des Américains », avec des rabais de 1.000 dollars par foyer. Ceux qui ne paient pas d’impôts recevraient un chèque pour consommer.

Autre question centrale, la santé… 46 millions d’Américains  sont dépourvus d’assurance-maladie, l’espérance de vie, le taux de mortalité infantile est un des plus faibles des pays développés, le coût de la santé pour l’américain moyen est un des plus élevé et un des moins performant. Ils n’en sont pas à réaliser comme à Cuba soumis à leur blocus la couverture de la santé à tous les citoyens, Barack Obama veut seulement l’étendre en rendant obligatoire l’assurance santé pour les enfants et en subventionnant les PME pour qu’elles assurent leurs salariés, et en contrôlant un peu mieux les garanties offertes par les assureurs privés. Dans une période où le chômage s’étend on mesure le caractère timoré de telles propositions.  John McCain, lui, veut pousser les Américains à agir eux-mêmes et pour cela il supprimerait les incitations fiscales encourageant les entreprises à assurer leurs salariés et offrirait un crédit d’impôt aux non-assurés qui choisiraient d’acheter une couverture maladie.

On voit que la « révolution » est en marche, c’est la quadrature du cercle comment ne pas toucher à un système totalement inique, le renforcer même tout en promettant de donner à tous le miracle holywoodien…  Ce qui frappe quand on contemple cette élection c’est que tout ceux là-bas comme ici qui veulent conserver le système capitaliste, suspendent leur souffle en espérant qu’elle va magiquement changer la donne alors qu’il est clair que même pour les Etatsuniens les candidats agissent pour démontrer que le changement n’en est surtout pas un. Ici c’est l’idée que le monde va se réveiller du cauchemar bushien et avoir un jeune maître beau et sympathique qui imposera par son charisme la suprêmatie des mêmes aux mêmes.

Tout cela repose tout de même sur une idée complétement folle, c’est ceux qui foutent le bordel dans lequel nous sommes à cause de leur volonté de profit et d’exploitation qui sont seuls qualifiés pour nous diriger dans cette crise gravissime . Ce sont les banquiers qui continuent chez nous à gérer l’investissement productif aux frais du contribuable,  et aux Etats-Unis, l’élection démocratique doit être faite au profit des lobbys de donateurs de la campagne.

Ce vote qui est chargé de feindre de changer un peu pour que tout reste à l’identique nous est imposé dans ses conséquences, Paris en France a encore moins de pouvoir que Paris au Texas dans cette affaire quoique feigne notre agité compulsif, son seul rôle ayant été jusqu’à présent d’organiser la distribution des billets de monopoly alloués par la FED à la Banque centrale Européenne et de tenter d’organiser un G 20 pour confirmer la suprématie des Etats-Unis, du dollar et des institutions financières.

Les Etats-Unis perdent la suprêmatie du dollar, ils démontrent que leur suprématie militaire est incapable de faire régner l’ordre dans un petit pays comme l’Irak ou l’Afghanistan, leur grande puissance est médiatique, ils ont réussi à faire croire à une bonne partie de la planète que cette élection avait une capacité quelconque à changer quoique ce soit, résultat il y a une masse de supporters interdits même de jeu qui agitent un petit drapeau dans les tribunes.

Danielle Bleitrach

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4 commentaires

  1. Bon alors la solution ? C’est constructif de faire un bilan critique. Les USA ss sont plantés sur la quasi totalité des choses.
    Ne soyons pas trop aigri de la vie. Tout va mal mais avec un minimu de volonté, on peut y arriver « chez nous » en Europe.
    La vie est faite d’espoir. L’élection 2008 aux States en fait partie. Il ne faut pas gâcher cela. après viendra les critiques constructives. Je souhaite bon courage à celui qui va reprendre un pays au bord de l’explosion et se réconcilier avec d’un monde hanté par des idéaux les plus folles, belles et destructice.
    Les élection américaines ont toujours été du show. Les américains ne sont pas stupides sur cela et savent différencier cela. Faut pas sortir les vieux clichés américains vue par les Européens. on se comprendra jamais.
    Les folles sommes dépensées par les candidats? Je m’en moque car elles proviennes d’un parti ou d’une forte mobilisation consantante.
    Les subprimes? Honteux
    Bush? Navrant
    Irak? Et si cela avait marché?
    Ben-Laden? Un fardeau universelle!
    Les USA? Il faut juste descendre de son nuage de temps en temps pour détester ce pays! Je t’aime moin non plus, en quelque sorte…
    l’Europe ? Nous n’avons pas de leçons à donner à personne! c’est aussi pire qu’aux States. mais ici, on doit la fermer !

  2. Oui mais la grande différence est que le reste du monde n’impose pas aux etats-Unis leur président, ses armées, ses blocus et sa CIA pour qui veut changer chez lui, comme le prouve le blocus de Cuba condamné par le reste de la planète, condamanation dont vos chers states se tapent le coquillard…

    Que les stes vivent comme ils le désirent mais qu’ils foutent la paix aux autres, c’est tout ce qu’on leur demande. mais vous avez raison l’Europe ne vaut pas mieux…

    Danielle Bleitrach

  3. tu as bien raison d’éclairer les fondements idéologiques de la domination états-uniennes, car il est par contre sans doute rapide d’évoquer la fin de la suprématie du $.

    De fait, le $ a remonté face à l’euro dans la crise. N’est-ce pas parcequ’en l’absence d’alternative, les créditeurs , bourgeoisie et état du sud, y compris la chine, ne veulent pas que les USA s’effondrent…

    donc, tant qu’une perspective de transformation révolutionnaire au Nord n’émerge pas, le $ restera le refuge du capital. C’est bien le cœur de la domination US… tant qu’on reste dans le capitalisme, on ne peut renverser cette domination ?

    pam

  4. Là encore, il faut être nuancé quand il est question de la Chine. Le 30 octobre, donc hier, à Astana au Kazakhstan, il y a eu la rencontre des premiers ministres de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), les pays membres(1) ont débattu de l’idée de renoncer au dollar dans leurs échanges au profit de leurs devises nationales, du moins c’est ce qu’a annoncé Vladimir Dmitriev, PDG de la Ba&nque russe VEB. « Aucune proposition concrète n’a été émise, mais cette idée fait son petit bonhomme de chemin, et l’on note que les pays membres sont réellement désireux de renoncer au dollar au profit de leurs devises nationales a-t-il déclaré.
    Selon lui, ce thème est particulièrement actuel à la suite des sanctions décrétées par les Etats-unis à l’encontre de l’entreprise d’exportation d’armement russe Rosoboronexport, et si l’on considère que la coopération militaire et technique occupe un rôle prépondérant au sein des échanges de la Russie avec l’Inde et la Chine.
    Comme au même moment Poutine dans ces mêmes conversations prône le renforcement du partenariat de l’OCS pour maintenir une croissance stable dans la région avec des projets d’investissements dans les infrastructures, la construction, les hydrocarbures et les hautes technologies », nous voyons se dessiner une autre réalité pour peu que nous analysions ce qui se passe réellement dans le monde.
    Je crois qu’au niveau international non plus le soir du grand soir n’existe pas et il faut bien voir avec des principes et beaucoup de pragmatisme ce qui se fait dans la réalité. Il y a une évolution des gouvernments au niveau d’une recherche de souveraineté face aux USA et à l’Europe, mais tout dépend pour l’essentiel du mouvement des masses.

    Danielle bleitrach


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