Danielle Bleitrach :Faute d’une opposition crédible, l’abandon du credo néo libéral se fera au profit du capital

Après une semaine noire pour les Bourses et des chutes historiques pour le Nikkei à Tokyo et le CAC 40 à Paris, les ministres des finances  du G7 ont adopté un plan d’action vendredi soir, en attendant la réunion de l’Eurogroupe dimanche, qu’en dire sinon que l’on voit mal pourquoi il marcherait. »C’est du bon air, mais de l’air quand même », a ironisé Robert Brusca, de FAO Economics, pour qui « il n’y a pas une seule promesse concrète ». Parce que le fait est là, « les marchés » en veulent toujours plus et ils veulent que nous nous engagions à alimenter le cancer financier. Le pire est qu’il n’existe pas en France une seule force politique capable de s’opposer à cela, même les communistes, ils ne font qu’accompagner la voracité financière, tant ils privilégient leurs manoeuvres polticiennes, c’est la loi des tendances que de créer des compromis de sommet et ceux-ci ne peuvent être passés que sur les idées reçues qui sont celles du capital: par exemple on ne peut pas parler de nationalisations, réfléchir à leur contenu, sortir de la zone euro. C’est le parlementarisme avec son galimatias.

L’engagement à nourrir banque et banquier

La seule qui comme d’habitude manifeste un optimisme qui d’ailleurs ne cesse d’être démenti dans les faits est notre ministre des finances Christine Lagarde, qui après nous avoir déclaré que grâce au Plan Paulson la crise systémique était derrière nous, alors que visiblement nous rentrions au contraire dans l’enfer boursier et dans le blocage de prêts de liquidité entre banques, leurs faillites avec des répercusions sur l’économie réelle,elle-même fragilisée par l’impossible relance de la consommation. Il est vrai que dés le début de la crise, la même madame Lagarde a déclaré successivement que l’économie réelle ne serait pas touchée, qu’il était une bonne chose que les bourses soient purgées, que seule la concurrence sauverait le pouvoir d’achat, et que les banques françaises étaient saines sans produits toxiques. C’est dire la confiance qu’ a suscité son affirmation après le G7 : »L’engagement des ministres des Finances et banquiers centraux du groupe des sept grands pays industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) d’empêcher toute faillite de banque importante est pourtant un message « extrêmement fort »

Parce que vous remarquerez que l’engagement en question n’est assorti d’aucun projet d’orientation économique, par exemple favoriser la production et non la spéculation, ou encore assurer à ceux qui ont le moins, les plus faibles une protection minimale. Non il faut donner, engager le pays en faveur des capitaux et des profits, la logique qui nous a mené là où nous en sommes. Les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés ainsi ont annoncé vendredi leur accord de principe sur des mesures coordonnées pour recapitaliser les banques en difficultés et débloquer le marché interbancaire, sans toutefois traduire concrètement ces engagements. C’est-à-dire qu’une fois de plus sont mis en avant des objectifs sans que les moyens nous permettent de voir au profit de qui cela se réalisera. De fait, le plus clair est, par exemple  que cela devrait permettre d’éviter une faillite comme celle de la banque Lehman Brothers, que l’administration Bush avait laissé tomber le 15 septembre, précipitant la crise.

D’abord il faut essayer de comprendre en quoi nous avons dépassé la question des créances douteuses que le plan Paulson prétendait isoler pour assainir. Nous en sommes au stade de l’absence de liquidités financières, les banques ne se prêtent plus entre elles, les conditions du crédit se durcissent.  

La politique monétaire qui caractérise les banques centrales s’est avérée impuissante, même si elles ont accepté des créances de plus en plus hasardeuses de la part des banques, et la crise de liquidité a atteint non seulement les épicentres étasuniens et européens mais s’est s’est propagée sur tous les autres continents. Elle a atteint les banques mais aussi les sociétés d’assurances suspectes d’actifs douteux. Les conditions de crédit se durcissent et c’est le blocage des entreprises qui n’ont plus de trésorerie sur le  court terme . On a du mal à comprendre ce qui se passe, c’est tout à fait comparable aux comportements de ruée sur le sucre ou tout autre denrée stockable quand il y a des menaces de guerre. Tous le monde se rue sur les liquidités et refuse d’en céder.

 Quand on compris ça et si on voit que la finance est le système sanguin chariant nourriture et oxygène au corps, on comprend que le risque est celui d’une thrombose. Et il faut se dire que toutes les mesures prises, les réunions des grands argentiers, les déclarations de Bush, ne prétendent à rien d’autre qu’à diluer le caillot qui bloque l’artère, il ne s’agit même pas de soigner le corps atteint d’un tel mal, au contraire la mesure prise peut l’achever. L’originalité de la crise systémique est que justement se multiplient les symptômes et quand on lutte contre le caractère mortifère de l’un d’entre eux on risque d’aggraver le mal. Nous sommes à un moment de la crise systémique où le symptôme principal est le krach boursier mais qui reflète un grave problème financier, la disparition des liquidités et donc la possibilité de faillites d’établissements et d’entreprises solvables. Mais sur le fond, le fait est que tout le monde table sur une récession dont les causes sont structurelles.

Sur le papier, le plan en cinq points du G7 prévoit que les pays membres débloquent le crédit et les marchés monétaires. Il stipule que les Etats permettent aux banques de lever des capitaux auprès des secteurs public et privé. Et il plaide en faveur de garanties « robustes et cohérentes » des pouvoirs publics aux dépôts des épargnants. De même, les Sept se sont dits prêts à faire le nécessaire pour débloquer le marché du crédit immobilier, à l’origine de la crise financière.

OUi mis cela ne suffit pas à débloquer la crise de liquidité, le fait que les banques ne veulent plus se prêter. A partir de là il peut advenir que des établissements bancaires et ultérieurement des entreprises parfaitement solvables ne peuvent plus emprunter sur le court terme et donc c’est l’ensemble du système qui est arrêté par ce tarissement des liquidités interbancaires. Les banques centrales injectant des liquidités massives ne sont que des soins palliatifs.

Parce que le véritable problème et que toutes ces mesures ne font qu’aggraver les déclencheurs de la crise, apporter de l’argent qui perd un peu plus de sa valeur, le faire aux dépends du contribuable donc de la capacité à développer la demande, d’où la chute des matières premières, et même du pétrole.

Nous sommes devant un système profondément malade, il paré& dans l’urgence, au profit des mêmes, et les experts qu’ils soient financiers ou politiques restent dans le cadre pré-défini du système, ce qui fait que chaque remède se traduit par de nouveaux problèmes immédiats qui eux mêmes renvoient à une crise générale.

C’est la logique globale qu’il faut renverser, mais comme ce sont les pyromanes qui s’affirment pompiers, ils ne peuvent qu’accroître l’origine réelle de la crise qui ne se limite pas à quelques spéculateurs irresponsables ou à quelques institutions fautives mais qui crée une pression de plus en plus insoutenable sur les salariés, les pays en voie de développement, que l’on a tenté de compenser par des endettements sur ceux que l’on asphyxiait.

Dans une certaine mesure ces paniques que l’on qualifie d’irrationnelle où les banquiers se conduisent comme un individu apeuré stockant les denrées en période d’incertitude maximale sont peut-être simplement la conscience que l’on ne peut plus avoir la moindre confiance ni dans le système financier, ni dans les responsables politiques qui prétendent le sauver.

Si l’on ne renverse pas cette logique et que l’intervention étatique se fait au profit des mêmes la seule chose que cela favorise c’est dans l’immédiat un afflux de la spéculation sur les obligations d’Etat puisque théoriquement un Etat ne peut pas être en faillite, encore que l’Islande… Comme on sait… Et à long terme une aggravation de la récession.

Loin de Washington, la Banque centrale chinoise s’est également engagée samedi, via son porte-parole, à poursuivre une coopération étroite avec ses homologues étrangères. Mais la Chine qui a pour le moment l’opportunité d ‘avoir un marché financier trés contrôlé n’a pas mis là tous ses moyens d’action, que va-t-elle faire?  Après ce G7 Finance, Washington devait accueillir samedi une réunion du G20, rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents. Ce  n’est pas l’objet de cet article mais il faut bien voir que la logique des pays émergents est de se protéger, de mettre en place des institutions alternatives. Le FMi et la banque Mondiale sont clairement accusés d’avoir servi une politique qui mène à la catstrophe. Voir dans un tel contexte DSK proposer les services du FMI pour recomposer l’architecture financière internationale est une démonstration du manque de crédibilité des pompiers pyromanes.

L’Eurogroupe va également apporter sa contribution , nous voilà « sauvés »!

Et l’Eurogroupe va également apporter sa contribution pour tenter de calmer les marchés dimanche, lors d’une réunion à Paris. L’objectif de cette réunion sera de « s’assurer qu’au sein de la zone euro les principes définis par le G7 Finance » seront étendus, voire même « aller au-delà », a précisé Christine Lagarde. Alors que la France, la belgique et le Luxembourg ont du procéder dans l’urgence au sauvetage de Dexia, il est impossible de s’entendre parce que les fondements mêmes de l’Union européenne sont également viciés.

 Il est clair que soumettre à l’Union Européenne, à ses critères de Maastricht, au corset du fondamentalisme concurrentiel du traité de Lisbonne et de la monomaniaque de la commission de la concurrence, le choix des initiatives c’est sans doute renforcer l’impossibilité d’action. Ce qui est coeur du problème de l’action commune c’est le cadre fondateur de l’euro, les fameux critères de Mastricht qui donnet lieu à des interprétations différentes et le primat de la concurrence et du libre marché comme fondation de la zone euro.

L’entente de fait ne peut être que de surface puisque les interprétations sont diverses et portent toutes sur la manière d’enfeindre les dits principes fondamentaux fondateurs de l’Union, caracn dont il faut s’échapper. Alors sur quoi peut porter la réponse commune puisqu’il s’agit de dépasser les règles commune : est-ce sur la préservation de l’emploi, des protections sociales en particulier pour les plus faibles, les plus démunis ? Du secteur productif? Non on le voit bien il s’agit seulement de garantir le maintien des profits.

Si face à la catastrophe auxquels ils soient parvenus les puissances occidentales, les gouvernants fondamentalistes du marché se soient résignés, comme Bush lui-même, à favoriser l’intervention de l’Etat, est-ce pour aller vers le socialisme ? Non c’est pour socialiser les pertes et créer des institutions qui permettront encore mieux ce rackett sous prétexte de « régulation ». Il est clair qu’en ce concerne la zone euro, les mêmes vont profiter de la crise pour renforcer l’intégration européenne et pour nous faire accepter au pas de charge « un gouvernement économique » européen. Le problème n’est pas seulement celui d’une coordination qui ne peut qu’effectivement avoir des aspects positifs, mais au profit de qui elle se fait et sous le contrôle de qui.je vous renvoie là-dessus à l’importante déclaration des économistes réunis à Caracas publiée dans ce blog.

Outre les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, ce sommet réunira également le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Les dirigeants européens pourraient se rapprocher d’une initiative commune de grande envergure, faisant écho au plan de 700 milliards de dollars annoncé la semaine dernière par les Etats-Unis. « Nous sommes en train de travailler sur quelque chose », sur « la possibilité d’avoir un plan européen » d’action, a déclaré un haut responsable européen vendredi. Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel devraient déjà aborder le contenu de ce sommet samedi, lors d’une rencontre bilatérale qui les réunira à l’occasion de l’inauguration d’un Mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises (centre). Reste maintenant à savoir si ces réunions suffiront à calmer la peur et l’irrationnel qui se sont emparés des marchés cette semaine.

A priori non, la zone euro étant ce qu’elle est on ne voit pas en quoi elle représente une garantie d’initiatives allant dans le bon sens. C’est pourtant ce qu’on hélas réclamé toutes les forces politiques françaises, le PS en particulier, mais aussi Marie georges Buffet dans ses propositions qui reclament une redéfinition de la BCE, ce qui va bien faire plaisir au PS, ça et le pôle régional sans nationalisations, aucune europééniste n’aurait osé aller aussi loin dans un tel contexte, le PCF est en train de le faire… Il y a une logique, c’est celle que l’on va retrouver aux Européennes, aller toujours plus avant avec leur copains de la Gauche Européenne vers cette intégration européenne. Le NPA et les autres qui visiblement ne comprennent rien à cette crise vont dans le même sens, tout le monde sous des allures gauchiste tente de prendre la place d’une social-démocratie tandis que le PS se déporte de plus en plus à droite vers un parti démocrate à l’américaine.

Pourquoi ne pas poser clairement la question des nationalisations, pas d’étatisation mais des nationalisations(1). La première différence entre les deux est l’absence de compensation offerte à ceux à qui on ôte la propriété. La disposition constitutionnelle recemment votée par l’Equateur interdisant à l’Etat d’assumer les dettes du secteur privé serait bien utile, et avant d’aboutir à l’idéal d’un contrôle tripartite avec l’Etat, les salariés et les usagtes revenir aux dispositions de 1945 sur les nationalisations serait un immense progrès sur ce qui se fait et ce qu’y compris a fait le gouvernement d’Union de la gauche sous Mitterrand. Tans qu’on abordera pas clairement cette question et pas seulement comme une incidente, on n’avancera pas.

Il en est une autre, mais on pourrait multiplier les exemples, comment apprécier un discours de la gauche et des communistes qui jamais ne fait le lien avec les dépenses pour la guerre, en particulier celles du nucléaire militaire et de l’expédition d’Afghanistan? Alors que l’on voit le rôle joué par le gouffre militaire dans l’endettement des Etats-unis. Non, chacun a une vision technocratique et veut jouer dans la cour des « financiers » et cela aboutit au paradoxe d’un pôle régional même pas centré sur les nationalisations qui aboutirait justement à évacuer la question des liens entre crise et militarisme, tout en faisant peser sur les régions le poids du financement, développerait les écrans et permettrait une meilleure intégration européenne, l’Europe de Maastrict, celle de la concurrence, celle de la domination de l’OTAN.

Tout le monde se conduit comme si la panique boursière symptôme de la crise financière mais surtout de la décomposition du capitalisme à son stade financiarié était le mal principal, comme s’il fallait trouver un remède aux maux des boursicoteurs. Résultat la population française qui ne possède rien, n’a pas d’actions, sait que son modeste avoir est garanti par l’Etat, n’a pas conscience de la réalité de cette crise et ce qu’il va advenir.

Pourtant les risques de thrombose de l’ensemble de l’économie sont là, visiblement toutes les déclarations rassurantes ou qui se veulent telles des politiques ne débloquent pas les liquidités, au contraire. La crise n’est pas seulement boursière, ni même financière, elle est politique. Non seulement le gouvernement des Etats-Unis n’a plus de crédibilité, mais on peut craindre qu’il en soit de même pour les gouvernements européens quand après avoir agi en ordre dispersé ils envisage de s’unir autour d’un plan Paulson pour l’Europe. On voit mal pourquoi ce qui n’a pas fonctionné pour les Etats-unis marcherait pour l’Europe.

Non seulement tout le monde mesure bien que ce qui est en train de se mettre en oeuvre est d’une si profonde injustice que l’on risque des mouvements sociaux mais il est clair que l’architecture financière globale, les principes sur lesquels elle s’appuie, le cadre idéologique du néolibéralisme, tout cela fait eau de toute part.

 Et le problème réel celui que reflète les discours abscons de nos politiques est le refus de prendre en compte la globalité de la crise. Nous avons vécu pendant deux décennies au moins dans l’idée que l’économie néo-libérale, les lois du marché étaient intouchables, qu’il n’y avait pas de débat possible sur cette question là, comme sur l’union européenne, l’euro d’ailleurs. Mais les choix néo libéraux concernent bien autre chose que l’économie, et les seuls acteurs qui pouvaient intervenir étaient ceux qui en tiraient bénéfice, alors que les victimes devaient se taire. C’est parce qu’ils ont profondément adhéré à ce système que les socialistes français sont désormais l’équivalent des démocrates étasuniens. C’est parce qu’ils ont accepté l’hégémonie du PS et avec celle-ci la non remise en question des fondamentaux du néo libéralisme que les communistes sont marginalisés, ils ont effectivement choisi une une position marginale faute d’avoir mobilisé le peuple sur l’intérêt de la nation et celui de la majorité.

Mais le principal n’est-il pas que l’irrationnel qui s’est désormais introduit dans le marché(2) et qui semble le dominer part de l’idée toute simple qu’il faut une nouvelle stratégie et que celle-ci ne peut pas être menée par les auteurs de la catastrophe, les individus mais aussi les institutions qu’elles soient financières ou politiques.

Qu’il faille changer le système mondial est une évidence, mais qu’est-ce que cela veut dire changer? Qu’il faille changer et y compris en finir avec le capitalisme est pour un certain nombre de gens une évidence, mais attention la lutte porte aujourd’hui sur ce qui peut remplacer ce que nous connaissons depuis une vingtaine d’années.  Et rien ne dit que pour maintenir leur système d’exploitation et de profit, le capital ne soit pas une fois de plus capable de recourir à des solutions répressives comme il est déjà capable de le faire par exemple en criminalisant l’immigration, en portant la violence et la guerre pour accomplir son pillage. Face à tout cela on enconviendra la manière dont les enjeux transparaissent dans la population française sont complètement occultés par le politicien.

Tous les discours, les propositions sur une gouvernance mondiale qu’elles viennent de la droite, du PS et hélas du PCF rendent plus abstraite la réalité de cette crise, chacun joue à avoir des compétences financières qu’il n’a pas et ne prend pas la peine de mobiliser le peuple, de favoriser l’intervention populaire pour savoir qui va payer, qui va contrôler quoi et au profit de qui. Les discours à la télé sont inaudibles, technocratiques à souhait.

Oui nous sommes au-delà du krach financier, et cela a toute chance de peser sur l’économie réelle parce que pour y répondre les Banques centrales continuent à injecter des capitaux qui dévalorisent un peu plus notre pouvoir d’achat, sont enlevés à nos protections sociales et à nos services publics, tandis que les banques et les intitutions financières continuent à bloquer l’économie réelle , à l’asphyxier.  C’est-à-dire que les entreprises côtées en bourse peuvent faire faillite faute de liquidités. de surcroît comme tout le monde table sur un ralentissement, les entreprises n’investissent pas et licencient.

Les principales bourses européennes ont perdu près de la moitié de leur valeur depuis le début de l’année. Les grandes Bourses ont en fait affiché cette semaine des reculs dignes de la définition informelle du krach –une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours– justifiant ainsi les comparaisons avec les crises de 1929 et 1987.

Depuis le début de l’année les principales bourses américaines, européennes et japonaises ont perdu près de la moitié de leur valeur. Ni les baisses de taux d’intérêt, ni les opérations massives de soutien aux banques sur fonds publics et les garanties de dépôts décidées par les gouvernements, ni les appels au calme des grands argentiers internationaux n’ont jusqu’ici réussi à endiguer la panique.

Voilà le problème est bien là, ils sont en train de renoncer à leur credo libéral mais sans prétendre toucher aux fondamentaux et il n’y a aucune force politique,du moins dans les pays occidentaux,  je dis bien aucune pour s’y opposer. La crise est financière, elle est de fait déjà économique et politique.

danielle bleitrach

(1) Il y a quelque chose de parfaitement onirique dans ce refus de parler de nationalisations , alors que comme le remarque Paul Jorion : »Ce qu’on observe depuis quelques jours, c’est qu’en matière de nationalisation du système financier, le pays qui frappe le plus vite le plus fort détermine le niveau sur lequel les autres sont obligés de s’aligner : quand l’Irlande garantit tous les dépôts à vue, l’Angleterre doit suivre, sous peine de voir toutes ses banques siphonnées aussitôt vers l’Irlande, mais pour ce faire elle est obligée d’aller plus loin dans la nationalisation que n’importe qui d’autre, fixant automatiquement la nouvelle norme pour ceux qui ne veulent pas être laissés pour compte dans le nouveau paysage de la compétitivité : pour les États-Unis, pour l’Allemagne qui avait juré ses grands dieux la semaine précédente qu’il n’en serait rien, pour le Benelux, que les affaires Fortis et Dexia ont déjà conduit sur cette voie, pour l’Espagne qui vient de s’aligner sur la Grande-Bretagne, et bien entendu également pour la France, qui ne se doute encore de rien – même si l’on travaille peut-être dur ce weekend au ministère des Finances. »

(2)En fait il s’agit d’une contreverse théorique entre les disciples de keynes et ceux de l’orthodoxie libérale. Keynes avait fait état de l’incertitude radicale et dans ce cas la préférence pour la liquidité, alors que l’idée même d’incertitude des marchés n’était pas dans le modèle théorique des idéologues néolibéraux. Mais la référence qui prolonge cette idée de  Keynes est celle de P.Minsky trés prôné par le financier Soros. Bref mais si l’on en reste comme le fait Soros à la seule considération des aspects financiers de la crise, même en isolant ce niveau c’est la débâcle sur le plan théorique de ceux qui depuis 20 ans nous imposent leur théorie et ce qui est pire transforment la politique en « technique » qui n’admet plus de débat démocratique et citoyen. L’Union européenne étant la parfaite illustration de ce mécanisme technocratique au profit du capital s’appuyant sur un fondamentalisme du marché et de la concurrence.

2 commentaires

  1. Bonjour.
    Je suis nooe.
    C’est interéssante.
    Surtout, j’aime bien le BD .
    Est-ce que je peux le mettre dans mon blog?
    http://nooegoch.net

  2. Tous ceux qui lisent certains blogs savent depuis 18 mois, voir plus, ce qui va se passer. Tous ceux qui lisent Sapir, Todd, Galbraith bien sur le manifeste (pour moi il n’y en qu’un), et bien d’autres bons auteurs, savent depuis toujours que:

    maintenir les salaires de 30/40 % des salaries en position de perte de pouvoir d’achat dans les 20/30 années écoulées (Galbraith pour les USA) avec constance et régularité

    ouvrir les vannes du crédit afin que les memes consomment en s’endettant

    laisser se développer des bulles, dont la bulle immobilière en permettant aux memes de se croire enrichis par les hausses « permanentes » et leur permettre de mobiliser ces tranches de richesses pour toujours consommer plus

    laisser les banques créer de la monnaie sans controle, puisque la titrisation permet de revendre les prets consentis moyennant quoi on peut encore preter, puis encore revendre et ainsi de suite

    augmenter le rendement apparent des paquets titrisés en les lardant de crédits de plus en plus risques mais déclarés de première catégorie par les entreprises de notation

    etc.. etc..

    Tout ceci, sous le regard admiratif des gouvernements en place dont le notre, bien sur. Ces gouvernements ont pour mission de favoriser la dérégulation et ses conséquences, la privatisation de tous les services publiques et leurs conséquences, la destruction du droit du travail , de la protection sociale solidaire, des retraites et leurs conséquences.

    Et tu es étonnée que les solutions qui vont éventuellement etre apportées à la crise n’ont pour objet que de favoriser à nouveau la finance ! N’avons nous pas entendu des membres du gouvernement dire que cette crise prouve qu’il faut accélérer « les réformes » ?
    Eh oui, pendant la crise « les affaires continuent……. » Il n’y a pas de coup de baguette magique qui transforme des gouvernements privilégiant outrageusement les opérateurs financiers (dans ma jeunesse on aurait dit « le grand patronat » ou le « comité des forges » etc…) en
    gouvernements qui pensent l’interet général. Le moyen de cette transformation existe mais n’a pas, ces temps ci, l’air du temps de son coté. Je suis persuadé que le moment des prises de conscience viendra, mais bien sur je me sais pas quand.

    amities à toutes et tous
    jerome


Comments RSS

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s