Face à la crise, l’Europe est un problème, elle n’est pas du tout la solution!

Vous remarquerez qu’en plus des économistes néo libéraux qui se succèdent pour nous dire que tout va bien que l’Europe est saine , que nos banques ne sont pas contaminées, nous avons eu droit à Trichet lui même qui est venu nous expliquer que la BCE veillait sur nous.

Or l’affaire  Dexia  qui avait vallu quelques insomnies à nos « autorités et qui est assez proche de celle de Fortis montre la vanité de telles affirmations. Que s’est-il réellement passé ?

Le mécanisme de la mise en crise de Dexia


(1°) L’acquisition de FSA  c’est-à-dire une institution américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit qui s’est avérée empêtrée dans les subprimes, nous raconter que les institutions financières européennes n’ont pas de fruits pourris, c’est nous prendre pour des idiots, souvenez vous que la crise des subprimes a demarré par la BNP Paris Bas. Ensuite c’est prétendre nous laisser ignorer le rôle réel de l’Europe qui a profité d’un euro fort non pas pour développer son appareil productif mais pour être le créancier du monde. L’Union européenne a été pour la France l’occasion de la modification de sa structure capitaliste, de moins en moins industrielle de plus en plus financière et de services.

(2°) des spéculateurs à l’affût d’un nouveau coup financier; quand le bruit a courru de cette « exposition » les spéculateurs se sont déchaînés, on ne comprend rien à ces montées et descentes des bourses si l’on ne sait pas qu’il y a en ce moment même des spéculateurs qui jouent les hyènes, achètent et vendent à un rythme effrené. Voilà pour la régulation.

L’addition de ces deux ingrédients entraîne la panique dans les marchés et des problèmes de liquidité pour l’entreprise. La diminution d’argent disponible dans les caisses en espèce et en terme d’actions (par la chute vertigineuse de son cours) la rendait plus vulnérable à un certain terme.Et c’est comme ça que l’on passe du financier à la destruction d’une entreprise.  Histoire d’anticiper l’effet néfaste des rumeurs sur la solidité financière de la banque, les États se devaient de réagir et ils ont apporté la capitalisation, les liquidités qui manquaient à nos frais.

C’est-à-dire que l’Etat apparement en faillite a du trouver avec la caisse des dépots et consignation 4 milliards alors même que l’on ne cesse de faire pression sur notre sécurité sociale, sur l’éducation de nos enfants.

L’Etat se devait d’intervenir mais nous devons exiger des garanties

Ne fallait-il pas le faire? Il était difficile de laisser s’écrouler la banque des collectivités locales, qui comme le dit André Gérin est le premier employeur de France, mais les vraies questions sont celles qu’il pose? ce sont celles que le contribuable payeur et qui risque à terme de perdre son emploi, et en tout cas sûrement une partie de son niveau de vie devrait pouvoir poser. Nous devrions exiger que des députés comme Gérin, des représentants d’associations (et pas seulement celle des actionnaires), de syndicats aient le droit d’interroger publiquement, à la télévision nos gouvernants, et les gens à qui on a laissé gérer l’économie. Il viennent nous faire « le coup de l’expert », nous on sait, et nous sommes les seuls à pouvoir vous sortir de ce dans quoi nous vous avons mis.

Un député, un syndicaliste, un militant, cela sert justement à dénoncer ce « coup de l’expert » et à demander des comptes au nom du citoyen.

-Est-il concevable que l’on sauve l’emploi dans le secteur financier au profit des speculateurs et qu’on laisse renault, Goodyears tomber? Est-il concevable de continuer à prétendre à la privatisation de la poste ? Voilà des questions centrales et Gérin a raison de les poser. faut-il sauver les institutions financières et laisser se dégrader le tissu productif français, quitte à voir s’aggraver le chômage et le déficit extérieur?

– Autre chose, André parle à juste raison du rôle de la caisse et dépts et Consignation et de celui de la poste, derrière cela il y a encore une « escroquerie » possible , comment faire suer l’aépargne, la grande obsession de Sarkozy. En fait nous n’avons pas le temps de tout expliciter mais il y a nos livrets A, l’épargne populaire s’il en est…

– Autre question essentielle il est juste de nationaliser, et je ne cesse de dire qu’il faudra en arriver là et pas seulement pour cette banque, mais puisque le président parle « d’un capitalisme moral, régulé », ce qui est impossible, il faut que cette nationalisation soit assorti d’une véritable surveillance qui accordera un droit de veto aux travailleurs de l’entreprise et aux usagers. le modèle de la sécurité sociale n’est pas si obsolète qu’on le dit. Chaque institution financière qu’elle soit ou non nationalisée sera intégré à un pôle financier national. Personnellement je suis contre l’idée d’un pôle régional, pour deux raisons, la première est que le pôle régional est le mode d’intégration à l’Europe. la seconde est que la région assure les dépenses de vie quotidienne, lui demander de prendre en charge les investissements de ce type c’est soit aller vers des impôts supplémentaire, soit prendre aux dépenses nécessaires comme l’éducation, l’équipement. Par contre au niveau national pourait être revu la part consacrée aux dépenses du nucléaire militaire offensif cher à monsieur Dassault et intégré dans l’OTAN.

Il faut tout mettre à plat et le contribuable- consommateur-producteur doit avoir des réponses à toutes les questions. Il doit être confronté à des choix clairs et précis, et ce n’est certainement pas au niveau de ce conglomérat technocratique, opaque, et soumis aux etats-Unis économiquement, politiquement et même militairement, que le citoyen pourra se faire entendre.

Parce qu’il y a un véritable danger qu’après avoir nationalisé, les centres réels de décision sur cette « socialisation des pertes » soient déplacés hors d’un véritable contrôle national, celui de nos députés, et la vigilance de ceux-ci s’ils étaient tous aussi soucieux du bien public qu’André gérin est indispensable.

Mais déjà l’union européenne veut nous déposséder de ce contrôle, on nous annonce que les pays membres du G8 et de l’Union européenne vont faire une réunion de « crise ».  Hier Junker Le président de l’Eurogroupe a estimé qu’il faudrait de « longs mois » pour sortir de la crise financière qui devrait ramener la croissance de la zone euro en 2009 « autour de 1% » mais il s’est voulu rassurant sur la solidité du secteur bancaire européen qui est « plus fort » que le système américain.

« Il y aura des conséquences sur l’économie mais beaucoup moins graves parce qu’il y a l’Europe et l’euro. Imaginez le chaos dans lequel nous serions installés s’il n’y avait pas cette discipline qu’impose l’euro », a-t-il avancé.

Une telle remarque est de la pure provocation, non seulement imaginer un secteur bancaire cloisonné de celui des etats-Unis est une pure folie, on a vu le rôle de la BCE depuis des mois, mais dès qu’il a fallu faire face, seule les nations et les coopérations internationales ont été en mesure de le faire. Et oser dire que l’Euro protège est vraiment extraordinaire. Il est clair y compris que les Etats-unis tablent déjà depuis des mois sur la BCE et les autres banques centrales comme le Japon pour éponger dettes et crédits pourris, émettre comme ils le font de la monnaie revient à cela.

« Il n’y a pas de menace et les Européens peuvent avoir confiance dans leur système bancaire », a-t-il assuré. « Je crois qu’aucun gouvernement ne laisserait tomber en faillite une grande banque européenne puisqu’une telle faillite déclencherait une vague qui déferlerait en supprimant les emplois. » Et voilà qui peut sortir de la crise ? Qui va opérer la socialisation des pertes, les gouvernements nationaux, mais la décision risque par le biais de l’Europe d’être enlevée aux citoyens.

Le test de « la vertu » exigée du capital

Sur le blog antilibéral , on trouve cette information, certes par rapport à la question financière globale, celle des parachutes dorés est une goutte d’eau, il n’empêche puisque désormais ils se déplacent sur le terrain de la morale et de « la régulation », on peut voir ce qu’il en est : on va tout de suite voir si les effets de manche de monsieur Sarkozy s’appliquent à tout le monde ? Cela dit cela ne serait pas une preuve vu que sans doute ce dernier est prêt à pousser « une gueulante » sur ce patron là. Ce sera néanmoins intéressant.

« 3,8 millions pour l’ex-patron de Dexia ?
Alors que Sarkozy a tonné la semaine dernière contre les parachutes en or des patrons (et surtout des PDG de banques qui ont fait faillite), on peut se demander ce qu’il a fait pour le cas Dexia.

Il est ainsi intéressant de se plonger dans le rapport annuel du groupe franco-belge. Qu’y découvre-t-on? Qu’Axel Miller (photo), l’administrateur délégué et président du comité de direction de Dexia (on dirait directeur général en français), qui a annoncé son départ ce matin, bénéficie d’un contrat de travail lui donnant droit à une indemnité de départ.

Page 48, il est écrit qu’Axel Miller (comme d’autres dirigeants) a « droit, en cas de résiliation par Dexia du contrat qui les lie à Dexia, à une indemnité égale aux rémunérations fixes et variables et autres avantages correspondant à une période de 24 mois, sans préjudice des règles de droit commun qui pourraient, le cas échéant, être applicables ».

Page 47, on trouve un tableau donnant la rémunération versée au titre de l’année 2007 de Miller: 825 000 euros de salaire fixe, 1 039 500 de rémunération variable et 26 320 euros comme « indemnité forfaitaire annuelle pour frais de représentation et loyer pour une voiture à usage privé ».

Total = 1 890 820 euros.

Un rapide calcul donne donc une indemnité de deux fois la dernière rémunération, à savoir 3 781 640 euros. En clair, 3,8 millions d’euros.

Cette somme sera-t-elle versée au patron de Dexia ? Selon Sarkozy et Lagarde, la décision de faire partir les patrons du groupe (Miller et Pierre Richard, le président du conseil d’administration) a été prise par les Etats belges et français. Miller pourrait donc réclamer ce qui lui est dû.

Pour l’instant, cette information est cependant à prendre au conditionnel. Le sujet n’a pas été évoqué lors d’une conférence de presse téléphonique ce matin au cours de laquelle Miller était présent, et cet après-midi, le service de presse de Dexia était incapable de répondre à ma question.

Dans l’attente d’une confirmation, on laissera donc à Miller le bénéfice du doute. Certes, il n’a pas très bien su diriger son entreprise, mais il n’est pas forcément si indécent. Enfin, en même temps, voir quelqu’un qui renonce à 3,8 millions d’euros, cela ne doit pas être si courant… »

Et pour finir, la cerise sur le gâteau

– Le président du FMI Dominique Strauss-Khan a déclaré dans une interview qu’il accordait au JDD ce dimanche :

« Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela (NDBdYv : conduire une régulation renforcée de la finance mondiale). Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d’un bien public global: la stabilité financière, au service de l’économie. En 1944, ce qui menaçait, c’était l’anarchie monétaire. Aujourd’hui, il faut faire face, en plus, à l’anarchie financière: l’opacité, la cupidité, l’irresponsabilité d’un système qui s’est developpé sans rapport avec l’économie réelle… La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique. »

Quand on connaît le rôle du FMI, la manière dont il a contribué à couler des continents entiers en étant le gendarme du capital, en imposant le neo libéralisme à des pays exsangues. Quand on sait pour tout arranger qu’il n’a même pas été capable d’assurer sa propre gestion, c’est extraordinaire!!!

c’est exactement ce que je vous disais, continuer à laisser le système aux mêmes c’est comme confier à des pédophiles récidivistes la direction  d’un orphelinat.

Il faut absolument que les citoyens refassent de la politique, qu’ils interviennent, si je ne cesse d’en appeler au Parti communiste c’est parce que je veux développer l’initiative populaire, celle des principales victimes. L’intervention d’André gérin va dans le bon sens, elle doit être diffusée dans tout le parti, être discutée et servir de base aux propositions d’action. Il serait fou que par leur politique d’habituelle censure, la direction du PCf empêche une telle diffusion.

Danielle bleitrch

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3 commentaires

  1. Bonjour,

    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.

    Je souhaitais vous faire découvrir le service Paperblog, http://www.paperblog.fr dont la mission consiste à identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs. Vos articles sembleraient pertinents pour certaines rubriques de Paperblog.

    En espérant que le concept de Paperblog vous titille, n’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou renseignements…

    Adeline
    Responsable communication

  2. je vous remercie de votre proposition, les articles de ce blog sont repris et même traduits dans plusieurs langues, et je suis d’accord pour qu’il en soit ainsi, à condition bien sûr de noter la source, les auteurs, les traducteurs.

    Mais j’ai décidé après quelques expériences traumatisantes de censure voire d’insultes immeritées de rester sur mon blog et de ne pas aller ailleurs. Sur ce blog le débat est correct, de bon niveau et ceux qui interviennent sont protégés. Il n’en est malheureusement pas de même ailleurs.

    Donc je vous autorise à récupérer les articles qui vous conviennent à condition qu’ils ne côtoient pas des publications racistes ou d’extrême-droite.

    Danielle bleitrach

  3. Voici un texte de l’UPR dont je partage quelques remarques, en particulier sur l’idée que la critique n’est assortie d’aucune proposition réelle de dortie de l’Union européenne. Vous remarquerez qu’il n’est même plus question du PCF devenu sans doute pour tout le monde une annexe de Solferino.

    L’OPPOSITION FACTICE DE M. EMMANUELLI ET CONSORTS

    L’ancien ministre socialiste Henri Emmanuelli vient de publier un communiqué dans lequel il «s’étonne » que ce soit Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg qui annonce une réunion de dirigeants européens pour la refondation du système financier international.

    Le député PS des Landes fait en effet remarquer que « la réunion des quatre pays européens membres du G7 convoquée par M. Sarkozy pour la refondation du système financier international prend des allures étonnantes lorsque l’on sait qu’elle est annoncée par M. Juncker, premier ministre du plus grand paradis fiscal européen. Appeler les incendiaires pour jouer le rôle des pompiers est indécent ».

    M. Emmanuelli poursuit en souligne qu’ »il est peu probable que M. Juncker soit prêt à accepter la moindre règle de transparence financière, son pays étant devenu le refuge d’une grande partie de la fraude fiscale en provenance de tous les pays d’Europe et le paradis de toutes les transactions anonymes. Beaucoup des vecteurs financiers qui ont largement contribué à la spéculation et au développement de la crise sont en effet basés dans le pays de M. Juncker pour des raisons fiscales et d’opacité financière » .

    COMMENTAIRE : M.EMMANUELLI FAIT DE L’OPPOSITION POUR RIRE…

    L’attaque de l’ancien ministre socialiste contre la réunion du G7 placée sous la houlette du Premier ministre du Luxembourg est à la fois cinglante et parfaitement légitime.

    Cependant, si on la lit bien, on s’aperçoit que cette critique d’Henri Emmanuelli est au fond gentillette et sans aucune conséquence. Elle s’arrête à mi-chemin, comme s’arrêtent toujours à mi-chemin tous les responsables politiques qui critiquent l’Union européenne sans jamais en tirer la moindre conséquence.

    Pour nous, à l’UPR, la présidence exercée par M. Juncker n’est qu’un point de détail. Les vrais problèmes sont beaucoup plus graves. Les vrais problèmes, c’est :

    – 1) que l’Union européenne compte plusieurs paradis fiscaux – et pas seulement le Luxembourg – dans lesquels vont se réfugier les fonds malhonnêtement gagnés (l’île de Man et les îles anglo-normandes) sans compter les Etats qui lui sont liés par des accords douaniers (Monaco, Liechtenstein).

    – 2) que la construction européenne a été précisément le bras séculier de la finance mondiale pour postuler le dessaisissement des Etats de leurs prérogatives régaliennes en matière de réglementation des mouvements de capitaux.

    – 3) que la crise financière actuelle résulte de la conjonction d’une suppression de toute réglementation des mouvements de capitaux d’une part, et du privilège exorbitant laissé aux Etats-Unis d’autre part : privilège qui consiste à pouvoir émettre des dollars sans aucune limitation internationalement vérifiée, ce qui a permis à Washington d’user et d’abuser du statut de monnaie internationale de règlement et de réserve.

    M. Emmanuelli, comme les autres socialistes, devrait arrêter de faire de l’opposition de pacotille. Quant à M. Besancenot et ses déclarations sur la sortie du capitalisme, c’est une autre forme d’opposition de pacotille, tant il est certain que ses propos outranciers ne seront jamais suivis du moindre effet.

    La véritable opposition, c’est celle de l’UPR. Elle consiste :

    – à réclamer une restauration du contrôle des mouvements de capitaux et une taxation de ceux-ci, conçue de façon à décourager les opérations de spéculation.

    – en particulier à surveiller très étroitement les mouvements de capitaux avec les paradis fiscaux, à commencer par le Luxembourg en effet.

    Mais tout cela suppose que la France reprenne son destin en mains et décide de ne plus se soumettre aux traités européens. C’est ce que nous proposons, parce que c’est impératif. Or, c’est justement ce que ne proposent ni M. Emmanuelli, ni les « souverainistes » de complaisance de droite et de gauche.

    En d’autres termes, ils critiquent mais ils ne proposent rien d’efficace pour faire cesser l’objet de leurs critiques. Nous le savions déjà.

    j’ajouterai (dB) que l’on peut faire la même critique à l’UPR, certes ils ont le courage de réclamer la sortie de l’Europe et de la décrire telle qu’elle est, mais dans le même temps imaginer que l’on puisse sans nationalisation du « pôle financier », sans arrêter la dérive privatisation faire quelque chose est illusoire, même De gaulle l’avait compris.Et ce la ne peut pas s’arrêter au pôle financier, parce qu’il s’agit de se donner les moyens de reconstituer une véritable industrie.

    Danielle Bleitrach


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