Thèses sur Feuerbach ou comment penser et changer le monde

Dans ce blog nous sommes des communistes qui n’avons pas abandonné le marxisme, une approche théorico-pratique. Je ne sais pas si mes camarades qui sont encore au parti et qui ont choisi de se battre pour empêcher la liquidation de ce parti, de son passé héroïque, de sa capacité à mobiliser la population française de notre pays contre les mauvais coups, avec cette audace responsable qui caractérisait jadis ce parti, arriveront à vaincre le mur de silence, les mensonges avec lesquels l’actuelle direction prétend entretenir son légitimisme. Malgré ses résultats électoraux catastrophiques, malgré son absence de tout autre stratégie qui ne soit la soumission au PS donc à l’atlantisme, à l’Union européenne qui ruine notre peuple, cette direction qui n’ose pas affronter le débat, le dialogue sur le fond s’apprête à aller un pas en avant vers la fin, le rendez-vous sera aux élections européennes, avec des listes ouvertes à la Gauche Européenne. Cette direction qui depuis des années veut nous empêcher de voir le monde qui bouge, cette direction qui sous des prétexte de crétinisme « démocratiste », à contrario de la véritable démocratie, nous a interdit de voir ce qui se passait à Cuba (jadis elle aurait organisé un bateau pour Cuba), en Amérique latine, en Chine, elle n’aide plus les masses populaires à penser la réalité, elle est un instrument d’inertie. Elle a abandonné toute analyse marxiste, toute compréhension action sur le monde. Sa seule force reste la diabolisation de ceux qui tentent de s’opposer à cette entreprise comme dans la pire période dogmatique et répressive de son histoire, elle joue sur l’aliénation « religieuse » au chef, au parti pour conduire le PCF à la mort. Mais cette « aliénation religieuse » trouve sa réalité dans la manière dont le capital oeuvre pour se débarasser des communistes et non dans une « religiosité » du communisme. Profiter de l’écroulement du socialisme européen pour en finir avec le communisme, quitte à laisser renaître le fascisme, décapiter les luttes à venir, leur construire des directions corrompues, voilà la stratégie du Capital. Il a toujours trouvé des alliés dans la social démocratie, la petite bourgeoisie, mais la réalité n’est pas la leur, la réalité c’est celle du capital. C’est pourquoi la véritable stratégie consiste à renforcer encore et toujours le courant révolutionnaire ici et dans le monde, c’est à ce prix là et pas dans la vaine querelle avec la petite bourgeoisie que l’on transforme le rapport des forces. Exiger la clarté, l’action, un parti en capacité d’agir et ne pas s’exciter sur la « religiosité » évidente du pouvoir de la petite bourgeoisie qui s’est emparé du parti. D’ailleurs voilà un texte théorique de Karl Marx qui démonte la relation à la réalité. Mes camarades ne vous laissez pas aliéner, détruire par votre fidelité à des gens qui ne la méritent pas, redevenez ceux qui ont su partir à l’assaut du ciel, soyez digne de tous ces communistes qui de Cuba au Nepal en passant âr tous les continents se battent et dont on vous cache les exploits pour vous faire douter de vous-mêmes. Marx aurait dit Promthée est enchaîné, il faut le libérer. Danielle Bleitrach

Karl Marx
(Vers 1844-1847)

Marxiste Internet Archive, www.marxiste.org.
I. Le principal défaut, jusqu’ici, du matérialisme de tous les philosophes – y compris celui de Feuerbach – est que l’objet, la réalité, le monde sensible n’y sont saisis que sous la forme d’objet ou d’intuition, mais non en tant qu’activité humaine concrète, en tant que pratique, de façon non subjective. C’est ce qui explique pourquoi l’aspect actif fut développé par l’idéalisme, en opposition au matérialisme, – mais seulement abstraitement, car l’idéalisme ne connaît naturellement pas l’activité réelle, concrète, comme telle. Feuerbach veut des objets concrets, réellement distincts des objets de la pensée ; mais il ne considère pas l’activité humaine elle-même en tant qu’activité objective. C’est pourquoi dans L’Essence du christianisme, il ne considère comme authentiquement humaine que l’activité théorique, tandis que la pratique n’est saisie et fixée par lui que dans sa manifestation juive sordide. C’est pourquoi il ne comprend pas l’importance de l’activité  » révolutionnaire « , de l’activité  » pratique-critique « .

II. La question de savoir s’il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n’est pas une question théorique, mais une question pratique. C’est dans la pratique qu’il faut que l’homme prouve la vérité, c’est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l’irréalité d’une pensée qui s’isole de la pratique, est purement scolastique.

III. La doctrine matérialiste qui veut que les hommes soient des produits des circonstances et de l’éducation, que, par conséquent, des hommes transformés soient des produits d’autres circonstances et d’une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les circonstances et que l’éducateur a lui-même besoin d’être éduqué. C’est pourquoi elle tend inévitablement à diviser la société en deux parties dont l’une est au-dessus de la société (par exemple chez Robert Owen).

La coïncidence du changement des circonstances et de l’activité humaine ou auto-changement ne peut être considérée et comprise rationnellement qu’en tant que pratique révolutionnaire.

IV. Feuerbach part du fait que la religion rend l’homme étranger à lui-même et dédouble le monde en un monde religieux, objet de représentation, et un monde temporel. Son travail consiste à résoudre le monde religieux en sa base temporelle. Il ne voit pas que, ce travail une fois accompli, le principal reste encore à faire. Le fait, notamment, que la base temporelle se détache d’elle-même, et se fixe dans les nuages, constituant ainsi un royaume autonome, ne peut s’expliquer précisément que par le déchirement et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d’abord comprendre celle-ci dans sa contradiction pour la révolutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction. Donc, une fois qu’on a découvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille céleste, c’est la première désormais dont il faut faire la critique théorique et qu’il faut révolutionner dans la pratique.

V. Feuerbach, que ne satisfait pas la pensée abstraite, en appelle à l’intuition sensible ; mais il ne considère pas le monde sensible en tant qu’activité pratique concrète de l’homme.

VI. Feuerbach résout l’essence religieuse en l’essence humaine. Mais l’essence de l’homme n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux.

Feuerbach, qui n’entreprend pas la critique de cet être réel, est par conséquent obligé :

De faire abstraction du cours de l’histoire et de faire de l’esprit religieux une chose immuable, existant pour elle-même, en supposant l’existence d’un individu humain abstrait, isolé.
De considérer, par conséquent, l’être humain uniquement en tant que « genre », en tant qu’universalité interne, muette, liant d’une façon purement naturelle les nombreux individus.
VII. C’est pourquoi Feuerbach ne voit pas que l’  » esprit religieux  » est lui-même un produit social et que l’individu abstrait qu’il analyse appartient en réalité à une forme sociale déterminée.

VIII. Toute vie sociale est essentiellement pratique. Tous les mystères qui détournent la théorie vers le mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine et dans la compréhension de cette pratique.

IX. Le résultat le plus avancé auquel atteint le matérialisme intuitif, c’est-à-dire le matérialisme qui ne conçoit pas l’activité des sens comme activité pratique, est la façon de voir des individus isolés et de la société bourgeoise.

X. Le point de vue de l’ancien matérialisme est la société  » bourgeoise « . Le point de vue du nouveau matérialisme, c’est la société humaine, ou l’humanité socialisée.

XI. Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer.

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5 commentaires

  1. « Marx n’a pas aboli l’utopie, il en a, au contraire, renouvelé le sens, en élargissant sa sphère d’application. Chez lui l’utopie devient une seule démarche en deux étapes : REVOLUTION/création » HM

  2. la relation avec ce que je dis n’est pas évidente, ^pas plus d’ailleurs qu’avec la thèse à Feuerbach, mais si le sujet vous intéresse réellement je vous conseille la lecture d’Ernst Bloch, en particulier le moins difficile philosophiquement de son oeuvre : “le principe espérance”. C’est bien d’aimer lire, il faut poursuivre mais tenter d’avoir un véritable dialogue pas simplement un étalage de citations, rester sur le sujet SVP. Il faut avoir le courage de ses incapacités, apprendre, la phrase la plus intelligente du monde est “je ne comprends pas”, parce que sans elle il n’y a pas de progrès, pas d’action commune, nous tentons ici ce difficile apprentissage parce que nous avons des parcours différents, des compétences différentes, et nous tentons de retrouver ce miracle que fut le parti communiste français, en général le mouvement ouvrier, ce besoin de comprendre et de savoiril faut que nous fassions tous cet effort disons d’honneteté intellectuelle.

    Danielle Bleitrach

    PS. comme votre intervention si éloignée de ce que je croyais dire me posait problème sur ma propre pédagogie, j’ai relu mon texte introductif et j’ai compris qu’il y avait dans les dernières phrases sur promethée quelque chose qui effectivement pouvait conduire votre réflexion sur l’utopie. De là j’ai pensé à ce que nous avons écrit sur le Che, sur Fidel, sur cette tension vers l’idéal mais avec ce souci de la médiation concrète et je me suis dit que peut-être vous aviez sauté les étapes du raisonnement?

  3. Si je vous lis c’est que vous avez de réels dons de pédago.
    Là je n’ai pas répondu à votre article. Je cherche juste une occasion d’insister le REVOLUTION. J’avoue en être partisan, contatant que face à nous il y a un ennemi implacable. La seule chose qui me fait douter de mes convictions (le recours à la violence pour changer la société) c’est l’expérience vénézuélienne.

  4. Quel réquisitoire que cette première partie d’article . Juste, hélàs.Bravo pour cette analyse et celle sur Feuerbach qui mérite une étude approfondie . Merci.Kat’zan

  5. Le lien cté renvoie au site de Riposte… Le lien correct de Marxiste Internet Archive.
    Le lien des Thèses sur Feuerbach.


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