Le Général Kopychev s’exprime sur la mondialisation capitaliste et les généraux soviétiques

Depuis la chute provoquée de l’Union Soviétique, les ex-peuples frères subissent la mondialisation capitaliste et le nouvel ordre mondial à l’américaine. Les organisateurs de la mondialisation sont les compagnies transnationales (multinationales), autrement dit, des monopoles nationaux ayant des actifs à l’étranger. Parmi les compagnies transnationales, celles qui possèdent les actifs à l’étranger les plus importants (hors secteur financier) sont le consortium anglo-hollandais « Royal Deutch Shell », 4 sociétés états-uniennes : Ford, General Motors, Exxon et IBM, la firme suisse Nestlé, et en Russie Gazprom et Loukoïl. Leur activité de production et de commercialisation dépasse les limites d’un seul état. Ainsi, la compagnie Gazprom contrôle 34% des ressources mondiales connues de gaz naturel et fournit près du cinquième de l’approvisionnement en gaz de l’Europe occidentale. Elle détient 35% des actions de l’entreprise Wingas, une joint-venture associée à Wintershell, filiale du groupe allemand BASF, et des relations de partenariat avec plusieurs autres grandes sociétés occidentales.


Chez elles comme à l’étranger, les multinationales ont pour seul but le profit maximum, et ont généralement une influence négative sur l’économie des pays où elles exercent leur activité. Concrètement :
– elles empêchent la mise en œuvre d’une politique économique indépendante, provoquent le déclin et la destruction de l’agriculture et de l’industrie, comme on peut le constater en Russie ;
– elles violent les lois nationales de leur pays de résidence. Ainsi, en manipulant les prix de transfert (prix internes aux sociétés, qui habituellement ne sont pas connus du public), les filiales de multinationales agissant dans des pays différents contournent habilement les législations nationales, afin de se soustraire à l’impôt sur le revenu, en transférant leurs capitaux d’un pays à un autre ;
– elles dictent leurs prix  et imposent des conditions défavorables aux pays en voie de développement. C’est précisément le rôle de l’OMC, et la Russie se fait tirer les oreilles pour y adhérer, dans des conditions où elle se ferait littéralement dépouiller ;
– la recherche du profit les pousse à n’importe quel crime. Ainsi, les cinq jours d’agression de Saakachvili contre l’Ossétie du sud n’ont pas empêché les livraisons habituelles de gaz russe à la Géorgie. Et aujourd’hui, quand seuls les sourds et les aveugles ne comprennent pas la nature fasciste et antirusse de Saakachvili, les livraisons se poursuivent sans aucune restriction et au prix inchangé de 235 $ les 1000 mètres cube. Comme on dit, l’argent n’a pas d’odeur. N’oublions pas qu’en 2007, lors de la mise en place et de la militarisation du régime de Saakachvili, le gaz russe était facturé aux Géorgiens 110 $ les 1000 mètres cube, moins cher qu’à nos amis biélorusses.

Les exécutants de la mondialisation sont les dirigeants des pays du « milliard doré »
Le « milliard doré », c’est le cercle restreint des pays capitalistes les plus développés, plus une fraction de la population de pays qui n’en font pas partie ». en Russie, il s’agit des gros propriétaires de moyens de production, et de leurs représentants dans les organes d’état. Comment se fait-il que la majorité de la planète végète, tandis qu’une petite minorité prospère ? Quel est le secret de l’émergence du « milliard doré » ?
L’histoire nous apprend que l’Espagne s’est couverte d’or en pillant les peuples d’Amérique Latine. Le Grand Empire britannique, un petit pays de 40 millions d’habitants, a conquis et colonisé des pays totalisant 480 millions d’habitants, et les a forcés à travailler pour lui. La France (42 M) en possédait 70 millions, les Pays-Bas (9 M) 67 millions, et la Belgique (8 M) 14 millions.
Avant la première guerre mondiale, l’Angleterre tirait chaque année de l’Inde jusqu’à 180 millions de livres sterling, dont le cours était dix fois plus élevé qu’aujourd’hui. C’est de la même manière que se sont enrichis beaucoup d’autres pays du futur « milliard doré ». Il est vrai que l’Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats arabes unis et Oman ont été dotés par la nature de ressources inestimables en pétrole et en gaz, et qu’ils font désormais partie des pays riches. Mais la position dominante dans le « milliard doré » est occupée par les pays capitalistes les plus développés, qui constituent le « G7 ». Ce sont les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Italie et le Japon.
Les instruments de la globalisation sont l’ONU, le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, l’UE, l’APCE et l’OTAN avec son tribunal de La Haye. Ces structures sont dominées par les pays du « milliard doré » et avant tout par les USA. Ce sont eux qui élaborent, dictent et imposent aux autres membres de ces organisations internationales la politique de mondialisation.
Par quoi est caractérisée la mondialisation à l’heure actuelle ? Elle est caractérisée par la lutte pour les ressources énergétiques.
Avec une population de 300 millions d’habitants (5% de la population mondiale), les USA consomment aujourd’hui 40% des ressources de la Terre. L’Union Européenne, composée de 24 pays, avec une population de 500 millions d’habitants (9% des terriens) en consomme encore 40%. Pour les autres, 5 milliards d’hommes de 172 pays, soit 86% de la population mondiale, il ne reste que 20% des ressources à se partager. Quelle injustice ! Le bon sens commande de modérer, de limiter la consommation effrénée aux Etats-Unis, dans les autres pays du « milliard doré » et dans la majorité des états de l’Union Européenne. Mais les maîtres de la globalisation suivent une logique de cannibales visant la réduction de la population la planète et la mainmise sur ses ressources.
Où sont les ressources ? Elles sont en Russie, dont le territoire renferme 30% des ressources mondiales de pétrole, de gaz et d’autres minerais, la moitié des réserves d’eau douce, la moitié des terres noires (tchernoziom), la moitié des conifères du monde. Et aujourd’hui la Sibérie et l’Extrême-Orient sont des réserves inexplorées.
C’est pour cette raison que le cœur de la cible dans la bataille pour les ressources est situé précisément en Russie. C’est dans ce but que les maîtres de la globalisation cherchent à nous entraîner dans l’OMC. Avec l’aide de leurs agents au Kremlin, dans le gouvernement et à la Douma, ils nous obligent à placer nos finances dans des banques étrangères à des taux ridiculement bas, ils font obstacle à la création d’un Etat unifié (Russie-Biélorussie) et encerclent le pays avec les bases militaires de l’OTAN.
Dans le même temps, ces maîtres de la globalisation font les yeux doux à la Russie, traitent ses dirigeants en amis. Qu’est-ce qui les pousse à agir de la sorte ?
Tout d’abord, le peuple russe, l’histoire de sa lutte pour se constituer en tant qu’état, et le glorieux passé soviétique. Les ennemis de la Russie et du peuple russe ont ôté du passeport la mention de la nationalité, ils ont calomnié notre histoire, ses héros et ses créateurs, ils ont liquidé le système soviétique d’enseignement, le meilleur au monde, ils se moquent de la culture russe, de la morale et de l’éthique. Et pourtant, même s’ils l’ont écorné, ils n’ont pas pu briser l’esprit russe et la culture russe. Ce n’est pas par hasard si la majorité des citoyens russes ont soutenu l’aide militaire à l’Ossétie du sud et à l’Abkhazie et approuvé la reconnaissance de leur indépendance. Mais n’oublions pas que l’occident a besoin de nous, qui sommes russes par le sang, l’esprit et la culture, en tant qu’esclaves coloniaux, qui connaissent les technologies modernes, tournent les robinets des conduites de gaz et de pétrole, travaillent dans les exploitations forestières. C’est à cela que nous prépare le pouvoir russe actuel.
Au Kremlin, les meilleurs amis des globalisateurs, les compagnons d’armes et complices des oligarques occidentaux sont prêts à livrer la Russie, avant d’aller se réfugier dans leurs terriers d’outre-mer pour profiter de la vie, assis sur les coussins d’argent du fond de stabilité. Mais ce qui les gêne, c’est l’influence grandissante dans la société de l’idée communiste, avec son humanisme, sa justice sociale et son pouvoir soviétique populaire, et la hantise d’une vengeance imminente contre le pillage des peuples de Russie. Devant le pilonnage de Tskhinvali, ils ont eu l’intelligence de comprendre que le refus de secourir le peuple ossète serait un crime impardonnable, comme le fut la destruction de l’Union Soviétique, et comme est en train de le devenir le freinage du processus de réunification de la Russie et de la Biélorussie. Mais cette lucidité n’est qu’une façade, c’est une opération publicitaire destinée à redorer l’image de ceux qui par la tricherie électorale ont pénétré le pouvoir législatif et exécutif de la Russie, qui ont déchaîné l’hystérie anticommuniste, qui encouragent la répression politique, qui ont essayé et qui essayent encore d’assimiler le communisme au fascisme.  Ce sont les mêmes qui ont signé en 2007 un accord permettant le stationnement sur le territoire de la Russie de troupes de l’OTAN, avec armes et matériel militaire. Ils l’ont signé, conscients du fait qu’ils habituent les peuples de Russie à l’occupation possible de leur pays par la soldatesque étrangère.
Е.I. Kopychev
Membre du CC du PCFR, Président du
Comité exécutif de l’Union internationales
des officiers soviétiques,
Général de l’aviation

traduit du russe par Marianne Dunlop pour https://socio13.wordpress.com/

15.09.08, sur le site officiel du Parti communiste de la Fédération de Russie
Е.I. Kopychev
Membre du CC du PCFR, Président du Comité exécutif de l’Union internationales des officiers soviétiques, Général de l’aviation

3 commentaires

  1. La partie n’est peut étre pas finie,l’URSS a disparu mais l’avenir n’est pas définitvement écrit et les idées communistes peuvent redevenir majoritaires en Russie.les gens font leur expérience et avec le temps en reprenant un travail patient on peut redonner espoir au peuple,il y a déja un point d’acquis c’est qu’en tant que nation la Russie ne se laissera pas « avaler » par les impérialistes,et les pays émergents peuvent se regrouper et faire echec à l’Empire et ses valets.
    merci Marianne pour ton travail de recherche et de traduction.
    amicalement,abdallah.

  2. Bonjour les camarades,
    hier soir (vers minuit, eh ouais ça passe tard ce genre d’émission hélas) j’ai regardé « Ce soir ou jamais » de Téaldi, et le sujet était : »vers un nouvel impérialisme russe »? (je crois que c’est ça, mais j’ai plus le titre exact en tête). J’ai pris l’émission en cours de route. En fait visiblement, Téaldi avait formé deux camps (comme toujours dans son émission), d’un côté les réacs libéraux, de l’autre les « gens de gauche ». Habituellement, on se rend compte que les deux camps ne sont pas si différents que ça, que les « gens de gauche » pourraient tout aussi bien être assis à côtés des « réacs libéraux »; Bref. Ce soir là à ma grande surprise, c’était un peu différent. Parmi les invités (dont j’ai retenu les noms) il y avait (dans le camp des réacs de droite): Hervé Mariton (le ministre de ché plus trop quoi), un géorgien (il me semble) très anti-soviétique et pro UE, genre vieux cinéaste gauchiste sur le retour; et un troisième type dont je ne me souviens pas le nom vu que je l’ai pas entendu parler. Dans le camp des  » gens de gauche pas réac » y’avait Bernard Guetta (oui, vous aussi vous tombez de votre chaise? 😉 ), une femme russe, historienne et philosophe russe, elle est décrite comme « Fervente nationaliste, antimarxiste, orthodoxe et slavophile,positions anti-atlantistes marquées, ayant par exemple soutenu la politique serbe pendant la guerre de Yougoslavie, ou plus récemment le pouvoir russe dans le conflit tchétchène. Membre du parti patriotique Rodina, elle a été élue à la Douma, nommée vice-présidente de l’assemblée chargée des affaires internationales. » Bref attention les yeux. Enfin, Emmanuel Todd, mais ya t-il besoin de le présenter? (bon vite fait:politologue, démographe, historie, sociologue et essayiste, (rien que ça.
    Alors donc moi j’ai pris l’émission en cours, et quand j’ai vu le titre, je me suis dit: ouh la la, tous aux abris, la propagande anti-russe et europhile va nous déverser une heure durant ses gros mensonges bien puants…mais à ma grande surprise, on aurait dit que Téaldi avait donné un truc pas clair à Guetta, parce que là, il était devenu écoutable! Il défendait, accrochez vous bien, la Russie! Alors là je me suis demandé « mais y’a pas deux Bernard Guetta? », « je rêve ou quoi »? non non non, je ne rêvais pas. Sa position: la Russie n’a fait que se défendre, c’est une grande puissance qu’il faut prendre en compte, qui rééquilibre l’hégémonie US, et a expliqué que ce n’était pas par velléité impérialiste qu’elle a rejeté le projet de résolution de l’ONU concernant la Géorgie, mais par refus de voir ce pays entrer dans l’OTAN. Bon Emanuel Todd, que je respecte beaucoup pour ses positions anti-colonialistes, mais qui n’a pas brillé pour son OUI à l’Europe, m’a vraiment beaucoup plu dans cette émission, car il avait les mots justes, a défendu le droit à l’intégrité territoriale de la Russie, a égratigné les bourgeois libéraux europhiles au passage, etc . Bref tous les deux ont vraiment cassé le discours des Cohn Bendit, Ségolène et béni oui oui pro UE, ne jurant que par l’entrée de la Géorgie dans l’Europe pour les protéger de ces affreux russes.
    Toute cette tartine de ma part pour vous dire que les positions sur la Russie sont loin d’être uniformes à la télé, bon, même si ça passe tard, on a le droit à autre chose que la propagande habituelle; Et j’étais très contente de Téaldi qui contrairement aux autres journalistes-présentateurs n’a pas « utilisé » le camp « pro-russe » (je mets des guillemets car c’est plus compliqué que ça) comme paillasson pour les gros sabots des réacs de droite.
    Alors vivent ce genre d’émission, qu’on aimerait voir passer à 20h50!

    Frater à tous
    PS: Danielle si t’as besoin de traducteur/rice pour l’anglais et même l’italien (enfin si t’as des vrais italiens c’est encore mieux, mais je me débrouille) je suis partante pour t’aider.
    Astrée

  3. Au sujet de l’émission de mardi 16 septembre, sur France3 à 23h30:

    Natalia Narotchnitskaïa est l’auteur de « Que reste-t-il de notre victoire? Russie-Occident:le malentendu » (ed. des Syrtes, fev. 2008, 18€), postfacé par Jacques Sapir (Le nouveau XXIème siècle; du siècle « américain » au retour des nations, seuil, mars 2008, 19€)


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