Le Mythe de la tragédie des commons Par Ian Angus

Global research ,22 Août 2008
Socialist Voice
Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour changement de société

Les ressources partagées feront-elles toujours l’objet d’usages pervers et de surexploitation? La communauté de la terre, des forêts et des zones de pêche est-elle la voie assurée veritable désastre écologique? La privatisation est-elle la seule façon de protéger l’environnement et de mettre un terme à la pauvreté du Tiers-Monde? La plupart des économistes et des planificateurs en développement répondront « oui »- et comme preuve ils signaleront l’article le plus influent jamais écrit sur ces questions importantes.

Depuis sa publication dans Science en décembre 1968, « La Tragédie des commons » a été reproduite dans au moins 111 anthologies, ce qui en a fait un des articles les plus réimprimés à être paru dans une quelconque revue scientifique. C’est aussi l’un des plus cités : une recherche Google récente a permis de trouver « à peu près 302 000» résultats pour le syntagme « tragédie des commons ».

Suivant les termes d’une monographie de la Banque Mondiale, il constitue depuis 40 ans, « le paradigme dominant à travers lequel  les savants en sciences sociales évaluent les questions relatives aux ressources naturelles.» (Bromley et Cernea, 1989 : 6) Il a été utilisé à plusieurs reprises pour justifier le vol des terres de peuples indigènes, la privatisation de la couverture médicale et d’autre services sociaux, l’octroi de « permis vendables » de polluer l’air, l’eau et beaucoup plus.

Le Dr. G.N. Appell (1995), anthropologue réputé, écrit que cet article « a été adopté comme un texte sacré par les spécialistes et les professionnels dont le fond de commerce est de concevoir des futurs pour d’autres et d’imposer leur rationalité économique et environnementale à des systèmes sociaux étrangers dont ils ont une compréhension et une connaissance incomplètes ».

Comme la plupart des textes sacrés, « La Tragédie des commons » est plus souvent citée que lue : comme on le verra, bien que son titre sonne sérieux et scientifique, il est bien éloigné de la science.
Garrett Hardin enfante d’un mythe

L’auteur de « La Tragédie des commons » fut Garrett Hardin, un professeur de l’Université de Californie qui était connu jusqu’alors comme l’auteur d’un manuel de biologie qui argumentait en faveur du « contrôle de la reproduction » des personnes « génétiquement déficientes » (Hardin, 1966 : 707). Dans son article de 1968, il soutient que les communautés qui partagent leurs ressources pavent la voie vers leur propre destruction ; au lieu de richesses pour tous, il n’ y a de richesse pour personne.

Il base son propos sur une histoire à propos des commons dans l’Angleterre rurale.

(Le terme « common » était utilisé en Angleterre pour désigner les pâturages, champs, forêts et systèmes d’irrigation partagés que l’on trouvait dans beaucoup de zones rurales jusqu’à une date bien avancée des années 1800. De tels accords sur l’usage des biens communautaires existèrent dans la majeure partie de l’Europe et existent encore aujourd’hui sous diverses formes à travers le monde, en particulier au sein des communautés indigènes.)

« Imaginez un pâturage ouvert à tous », écrivit Hardin. Un berger qui veut agrandir son troupeau individuel supputera que le coût de l’herbe broutée en plus (moins de nourriture pour les animaux, appauvrissement rapide des sols) sera divisé entre tous, mais que lui seul tirera bénéfice du fait d’avoir plus de bétail à vendre.

Inévitablement, « le berger rationnel conclut que la seule orientation raisonnable est d’ajouter un autre animal à son troupeau. » Mais tous les « bergers rationnels» feront la même chose, donc les commons seront bientôt surchargés et surconsommés au point de ne [plus] supporter un seul animal.

Hardin a utilisé le terme de « tragédie » comme l’a fait Aristote, pour désigner un effet dramatique qui est le résultat inévitable mais imprévu des actions d’une personne. Il appelle une tragédie la destruction des commons par utilisation excessive non parce que c’est triste mais parce que c’est le résultat inévitable de l’usage partagé du pâturage : « La liberté dans un commons amène la ruine à tous.»
Où sont les preuves matérielles?

Compte tenu de l’influence de l’article de Hardin, il est choquant de réaliser qu’il ne fournit aucune preuve matérielle pour étayer ses conclusions scolastiques. Il a prétendu que la « tragédie des commons » était inévitable- mais il n’a pas montré qu’elle avait eu lieu un jour.

Hardin ignorait simplement ce qui arrive dans un véritable commons : l’autorégulation par les communautés impliquées. Un tel fonctionnement avait été décrit des années plus tôt dans le compte que rend Friedrich Engels du « mark », la forme prise par les communautés basées sur les commons dans certaines parties de l’Allemagne précapitaliste :

« L’utilisation des terres arables et des prairies était supervisée et dirigée par la communauté….

« De même que la part de chaque membre dans ce qui était distribué du mark était de taille égale, de même sa part était égale dans l’usage du mark commun. La nature de cet usage était déterminée par les membres de la communauté en tant que totalité…

« A la même date et , si nécessaire, plus fréquemment, ils se rassemblaient au grand air pour discuter des affaires du mark et siégeaient pour juger des infractions à la régulation et des disputes concernant le mark. »

Les historiens et d’autres spécialistes ont confirmé en gros la description d’Engels de la gestion des ressources partagées. Une synthèse de la recherche récente conclut :

« Ce qui existait en fait, ce n’était pas une «tragédie des commons» mais plutôt un modèle, à savoir   que pendant des centaines d’années- et peut-être des milliers, bien que les traces écrites pour prouver la fourchette la plus longue n’existent pas- la terre était gérée efficacement par les communautés » (Cox, 1985 : 60).

Une partie de ce processus d’autorégulation était connue sous le nom de «retenue»- fixation de limites numériques pour les vaches, porcs, chèvres et autres bêtes de ferme que chaque membre du commons pouvait mener paître au pâturage commun. Une telle « retenue » protégeait la terre de la surexploitation (un concept que les fermiers expérimentés comprenaient depuis longtemps) et permettait à la communauté d’allouer les ressources selon ses propres conceptions de l’équité.

Les seuls cas significatifs de surcharge trouvés par les principaux spécialistes modernes des commons anglais impliquaient de riches propriétaires terriens qui mirent délibérément trop d’animaux au pâturage pour affaiblir la position de leurs voisins plus pauvres dans les négociations sur le morcellement (la privatisation) des terres communes (Nesson, 1993 : 156).

Hardin a supposé que les fermiers sont incapables de changer leur comportement en face d’un  désastre donné. Mais dans le monde réel, les petits fermiers, pêcheurs et autres ont créé leurs propres institutions et règles pour préserver leurs ressources et permettre que la communauté traverse indemne les bonnes comme les mauvaises années.
Pourquoi le berger en veut-il plus?

L’argument de Hardin commence avec l’affirmation gratuite que le berger veut toujours agrandir ses troupeaux : « On doit s’attendre à ce que chaque berger veuille garder autant de têtes de bétail que possible sur le commons…En tant qu’être rationnel, chaque berger cherche à maximiser son gain. »

En bref, la conclusion de Hardin était prédéterminée par ses suppositions. « On doit s’attendre à ce que » chaque berger veuille maximiser la taille de son troupeau- et c’est exactement ce que chacun fait. C’est un argument circulaire qui ne prouve rien.

Hardin a supposé que la nature humaine est égoïste et invariable et que la société est juste un assemblage d’individus égoïstes qui ne s’inquiètent pas de l’impact qu’ont leurs actions sur la communauté. La même idée est, explicitement ou non, un composant fondamental de la théorie économique dominante (c’est-à-dire pro-capitalise).

Toutes les preuves (sans parler du bon sens) montrent que c’est absurde : les gens sont des êtres sociaux et la société est plus que la somme arithmétique de ses membres. Même la société capitaliste, qui récompense les comportements les plus antisociaux, n’a toujours pas écrasé la coopération et la solidarité humaines. Le simple fait que pendant des siècles des « bergers rationnels » n’aient pas surconsommé les commons invalide les suppositions les plus fondamentales de Hardin- mais cela ne l’empêche pas, ni lui ni ses disciples, de construire des châteaux politiques sur du sable.

Même le berger qui voudrait se comporter comme Hardin l’a décrit ne pourrait le faire, à moins que certaines conditions ne soient réalisées.

Il faudrait qu’il y ait un marché pour le bétail et il devrait concentrer ses efforts sur la production pour ce marché, non pour la consommation locale. Il devrait avoir assez de capital pour acheter le bétail supplémentaire et la nourriture dont il aura besoin l’hiver. Il devrait être capable d’embaucher des travailleurs pour prendre soin du troupeau élargi, construire de plus grandes granges, etc. Et son désir de faire du profit devrait avoir surpassé son intérêt pour la survie de sa communauté sur le long terme.

En bref, Hardin n’a pas décrit le comportement des bergers dans des communautés agricoles précapitalistes- il a décrit le comportement de capitalistes opérant dans une économie capitaliste. La nature humaine universelle qui, à ce qu’il prétend, détruira toujours les ressources communes est en réalité le comportement pro-profit du « grossis ou meurs » des grosses compagnies.
La propriété privée fera-t-elle mieux?

Cela nous conduit à un autre défaut mortel de l’argument de Hardin : en plus de ne fournir aucune preuve que le maintien des commons détruira inévitablement l’environnement, il n’a proposé aucune justification à son opinion que la privatisation va les sauver. Encore une fois il a simplement présenté ses propres a priori comme des faits :

« Nous devons admettre que notre système juridique de propriété privée et d’héritage est injuste- mais nous devons nous en accommoder parce que nous ne sommes pas convaincus, pour le moment, que qui que ce soit ait inventé un meilleur système. L’alternative des commons est trop repoussante pour entrer en considération. L’injustice est préférable à la ruine totale. »

La conclusion est que les propriétaires privés feront de meilleurs protecteurs de l’environnement parce qu’ils veulent préserver la valeur de leurs patrimoines. En réalité, des spécialistes et des militants  ont relevé des dizaines de cas dans lesquels la division et la privatisation de terrains gérés en commun ont eu des résultats désastreux. Privatiser les commons a maintes fois conduit à la déforestation, à l’érosion des sols, aux abus d’engrais et de pesticides, et à la ruine des écosystèmes.

Comme l’a écrit Karl Marx, la nature exige de longs cycles de naissance, de développement et de régénération, mais le capitalisme exige un retour-sur-investissement à court-terme.

«L’esprit de la production capitaliste, qui est orienté vers les profits monétaires immédiats, est totalement opposé à l’agriculture, qui doit prendre en considération toute la série des conditions de vie permanentes qu’exige la chaîne des générations humaines. Une illustration frappante en est fournie par les forêts, qui ne sont que rarement gérées d’une façon correspondant à peu près aux intérêts de la société en tant que tout»(Marx, 1998 : 611n).

Contrairement à ce que prétend Hardin, une communauté qui partage champs et forêts est fortement incitée à les protéger de son mieux, même si cela empêche de maximiser la production présente, parce que ces ressources seront essentielles à la survie de la communauté pour les siècles à venir. Les propriétaires capitalistes sont incités à l’exact opposé, parce qu’ils ne se maintiendront pas en activité s’ils ne maximisent pas leur profit à court-terme. Si l’éthanol promet des profits plus gros et plus rapides qu’une forêt tropicale centenaire, les arbres tomberont.

Cette concentration sur le gain à court-terme a atteint un degré exécrable d’absurdité dans de récents best-sellers de Bjorn Limborg, William Nordhaus et d’autres, qui avancent qu’il est irrationnel de dépenser de l’argent pour arrêter les émissions de gaz à effet de serre, parce que le résultat est trop éloigné dans le futur. D’autres investissements, disent-ils, produiront des meilleurs retours et plus rapidement.

La gestion commune n’est pas une façon infaillible de protéger les ressources partagées : certaines communautés ont mal géré des ressources communes et certains commons ont été surexploités jusqu’à épuisement. Mais aucune communauté basée sur des commons n’a eu la pulsion inscrite dans le capitalisme qui pousse à placer les profits présents au-dessus du bien-être des générations futures.
Un mythe politiquement utile

La chose vraiment exécrable à propos de «La Tragédie des commons» n’est pas l’absence de preuve ou de logique- les articles mal étayés et mal documentés ne sont pas inexistants dans les revues universitaires. Ce qui est choquant c’est le fait que ce morceau d’absurdité réactionnaire ait été salué comme une brillante analyse de la souffrance humaine et de la destruction de l’environnement, et adopté comme une base pour des politiques sociales par de prétendus experts allant des économistes et des environnementalistes aux gouvernements et aux agences des Nations Unies.

Bien que sans cesse réfuté, il est encore utilisé pour défendre la propriété privée et les marchés dérégulés comme la voie assurée vers la croissance économique.

Le succès de l’argument de Hardin reflète son utilité en tant qu’explication pseudo-scientifique de la pauvreté globale et de l’inégalité, et en tant qu’explication qui n’interroge pas l’ordre social et politique dominant. Il confirme les a priori des hommes au pouvoir : les erreurs logiques et factuelles ne sont rien comparées à l’hypothèse très attirante (pour les riches) que les pauvres sont responsables de leur propre pauvreté. Le fait que l’argument de Hardin culpabilise les pauvres à propos des destructions écologiques est un bonus.

L’article de Hardin a été largement utilisé comme une réponse idéologique aux mouvements anti-impérialistes du Tiers-Monde et au mécontentement parmi les indigènes et autres peuples opprimés partout dans le monde.

« La fable de Hardin fut récupérée par l’union des forces de la réaction néolibérale dans les années 70 et son article devint le fondement « scientifique » des politiques de la Banque Mondiale et du FMI, c’est-à-dire morcellement et privatisation de la propriété publique…Le message est clair : nous ne devons jamais traiter la terre comme un « trésor commun ». « Nous devons être impitoyables et insatiables ou alors nous périssons. » » (Boal, 2007)

Au Canada, les lobbies conservateurs utilisent des arguments dérivés de l’apologue politique de Hardin pour se laver de toute responsabilité concernant la pauvreté dans les réserves indiennes et pour défendre un démantèlement plus poussé des communautés indigènes. Une étude publiée par l’influent Fraser Institute appelle à la privatisation des réserves :

« Ces larges étendues de terre, avec les ressources naturelles qui les accompagnent, ne produiront jamais le maximum de bienfaits pour les indigènes canadiens tant qu’elles seront conservées en tant que propriété collective soumise à une gestion politique…la propriété collective est le sentier de la pauvreté et la propriété privée est le sentier de la prospérité. » (Fraser, 2002 : 16-17)

Il ne s’agit pas seulement d’une façade de droite. Le gouvernement fédéral du Canada, qui a refusé de signer la Déclaration des peuples indigènes des Nations Unies, a annoncé en 2007 qu’il «développerait des approches pour soutenir le développement de la propriété individuelle dans les réserves» et créé un fond de 300 millions de dollars juste pour faire ça.

Dans le monde de Hardin, la pauvreté n’a rien à voir avec des siècles de racisme, de colonialisme et d’exploitation : la pauvreté est toujours et partout inévitable et naturelle, le produit de la nature humaine immuable. Les pauvres s’attirent la misère en ayant trop d’enfants et en se cramponnant à un collectivisme autodestructeur.

Emaillé d’excès de verbiage, l’article de Hardin affirmait, sans preuve, que les êtres humains sont d’irrécupérables prisonniers de la biologie et du marché. A moins d’être contenus, nous détruisons inévitablement nos communautés et notre environnement pour quelques centimes de profit supplémentaire. Il n’y a rien que l’on puisse faire pour rendre le monde meilleur ou plus juste.

En 1844, Friedrich Engels a décrit une thèse similaire comme « un blasphème repoussant contre l’homme et la nature ». C’est mots s’apliquent avec toute leur force au mythe de la tragédie des commons.

Ian Angus est éditeur de Climate and Capitalism (www.climateandcapitalism.com) et éditeur associé de Socialist Voice (www.socialistvoice.ca).
Travaux cités :

Appell, G. N. 1993. « Hardin’s Myth of the Commons: The Tragedy of Conceptual Confusions. » http://tinyurl.com/5knwou
Boal, Iain. 2007.
« Interview: Specters of Malthus: Scarcity, Poverty, Apocalypse. » Counterpunch, September 11, 2007. http://tinyurl.com/5vepm5
Bromley, Daniel W. and Cernea Michael M. 1989. « The Management of Common Property Natural Resources: Some Conceptual and Operational Fallacies. » World Bank Discussion Paper. http://tinyurl.com/5853qn
Cox, Susan Jane Buck. 1985, « No Tragedy on the Commons. »
Environmental Ethics 7. http://tinyurl.com/5bys8h
Engels, Friedrich.
1892. « The Mark. » http://tinyurl.com/6e58e7
Engels, Friedrich. 1844.
Outlines of a Critique of Political Economy. http://tinyurl.com/5p24t5
Fraser Institute. 2002. Individual Property Rights on Canadian Indian Reserves. http://tinyurl.com/5pjfjj
Hardin, Garrett. 1966. Biology: Its Principles and Implications. Second edition. San Francisco. W.H. Freeman & Co.
Hardin, Garrett. 1968. « The Tragedy of the Commons. » http://tinyurl.com/o827
Marx, Karl. [1867] 1998. Marx Engels Collected Works Vol. 37 (Capital, Vol. 3). New York: International Publishers
Neeson, J.M. 1993. Commoners: Common Right, Enclosure and Social Change in England, 1700-1820. Cambridge University Press.

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2 commentaires

  1. Je n’ai pas une minute à moi (partiels+fête de l’Huma+travail en plein boom) mais je reviens parmi vous dès la fin Septembre!!
    Je suis heureuse de voir que la relève suit!! Et je suis tellement contente que tu fasses partie de cette magnifique aventure Marc!!

    Bisous à toi Marc, et bisous à toi Danielle!!
    (quand est-ce que tu viens nous voir Danielle??)

  2. Intéressant. Mais je suis étonné que la tragédie des commons soit dénoncée ici comme argument en faveur du capitalisme, si elle peut être lue en sens inverse pour démontrer que la maximisation des bénéfices individuels sur un sol commun aboutit nécessairement non pas à l’harmonie du meilleur (par l’action de la main invisible divine) mais au contraire à la dégradation du tout. C’est de cette manière que, par exemple, André Gorz (dans son livre: Métamorphose du travail) utilise la fable pour démontrer qu’il n’y a pas d’harmonie préétablie pensable depuis la logique économique capitaliste, qui nécessairement doit être régulée de l’extérieur. On peut donc lire cette fable en disant: « privatisez tout! sinon vous détruirez tout ». Mais il est plus plausible de la lire comme un avertissement: « Comme la Terre est de toute façon notre lieu commun de vie, la logique capitaliste ne doit pas être maintenue sans régulation publique, car elle conduit nécessairement au désastre ». En effet, l’idée de terres communes n’est pas un choix de société, c’est une nécessité existentielle: nous partageons une seule et même planète.
    Merci!


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