Quelques réalités sur les conditions de travail en Chine par danielle Bleitrach

Il se dit à peu près tout et n’importe quoi sur les conditions de travail en Chine. Il est évident que si désormais la Chine est en train de dépasser l’Allemagne et de devenir le premier exportateur mondial, cela a été au prix d’un effort dément de la population. Mieux la Chine a franchi des étapes, elle était avant tout l’usine produisant des produits bas de gamme, dépendant à plus de 70 % des technologies étrangères, elle est toujours l’atelier du monde mais  elle est passé de l’électroménager à la maîtrise désormais de technologies qui lui permettent de construire des TGV. De la même manière, ou plutôt contradictoirement la Chine en peu de temps, en gros depuis les réformes de 1978, est passé du plein emploi à la possibilité de chômage, des entreprises garantissant sécurité et protection sociale au marché privé du travail, elle a connu une mobilité énorme, en particulier un exode rural, tempéré comme nous allons le voir par des mesures discriminatoires à l’égard des migrants. C’est assez dire que chaque avancée a été payée de son prix de sueur et de souffrances. Mais surtout cette brève analyse nous confronte à l’énorme hypocrisie occidentale qui ne cesse de dénoncer les conditions de travail en Chine et refuse de voir qui en porte la responsabilité réelle, non seulement historique mais d’une brûlante actualité.

1-Migrations et discriminations
La population la plus exploitée et soumise aux plus rudes conditions de travail a été celle des migrants ruraux, soit ceux qui émigraient définitivement, soit ceux qui venaient amasser un pécule en ville. Les mobilités interrégionales ou intrarégionales, rurales/urbaines se sont multipliées et la population flottante n’a cessé d’augmenter en se diversifiant en Chine continentale. Avec l’arrivée des migrants dans les villes chinoises, les marchés du travail se sont de plus en plus segmentés et différenciés. Et les migrants, notamment peu qualifiés et surtout les plus jeunes, sont devenus l’objet de domination, d’exploitation et aussi de violence.
De plus la suppression de la notion d’emploi à vie a  représenté un moment très dur dans la transition de l’économie planifiée vers l’économie de marché fut-elle socialiste et planifiée. Il s’est formé quelque chose de totalement inconnu jusque là  un marché des emplois, le chômage est apparu comme un phénomène nouveau dans l’histoire de la Chine communiste. Il faudrait pour être plus complet montrer l’imbrication, la superposition des emplois d’Etat et de ceux privés.

La politique de discrimination qui a marqué cette population migrante avait une double fonction, mobiliser une main d’œuvre peu exigeante pour les multinationales et aussi pour la construction. Mais aussi, il s’agissait de freiner cet afflux rural pas toujours désiré. Il est facile de dénoncer les politiques menées, plus difficile est de gérer la situation qui veut que quelques 800 millions de paysans chinois, de manière plus ou moins permanente, tendent à s’employer hors de leur terres? Et malgré tous les obstacles administratifs  (difficultés à obtenir une carte d’identité nécessaire pour se déplacer, perquisitions régulières à Pékin pour chasser les habitants illégaux,…), les paysans affluent là où il peut y avoir du travail. Et ils atterrissent  précisément dans les villes où on construit pour loger une population déjà à l’étroit. Nul doute que la multiplicité des chantiers des jeux olympiques a donné une occasion à cet afflux qu’il faut bien contenir.
L’exemple de Shanghai illustre ces politiques. On peut les apprécier  comme particulièrement injustes à l’égard des migrants, mais aussi considérer qu’elles protègent l’emploi des travailleurs des villes, empêchent la pression à la baisse de leurs emplois. Même discriminés les travailleurs venus des campagnes trouvent des revenus supérieurs à ceux qu’ils ont en tant que paysans, l’attrait est là mais la dureté de ces conditions empêche l’afflux incontrôlé.
Face à un nombre toujours croissant de migrants, la municipalité de Shanghai a pris des mesures de protection des marchés du travail pour les Shanghaiens en distinguant les emplois réservés à la main-d’œuvre urbaine et l’autre à la main-d’œuvre provinciale En effet en 1995, le Bureau du travail et de protection sociale de Shanghai a publié une liste de secteurs d’activités et d’emplois réservés ou interdits aux migrants : les secteurs de l’industrie lourde, le textile et la construction sont ouverts aux migrants ; les emplois intermédiaires sont d’abord réservés aux citadins mais ouverts aux migrants ; enfin les emplois « visibles » comme chauffeur de taxi, agent de la sécurité et standardiste, etc., sont formellement interdits aux migrants (1)
Les migrants assurent leur présence sur des segments de marché du travail disqualifiés comme la manufacture, la confection, le bâtiment, la restauration, le transport de marchandises, etc. ; on peut alors parler de « niches économiques ». En même temps que le secteur traditionnel se réanime a lieu un phénomène de tertiarisation qui s’accompagne d’une précarisation des marchés du travail génératrice d’emplois payés à l’heure ou à la tâche où sont le plus souvent embauchés des provinciaux. L’évolution du marché de travail urbain a reposé  sur des processus discriminatoires de plus en plus marqués à l’égard des populations migrantes faiblement qualifiées mises en concurrence de manière ouverte avec les chômeurs. En 2000, 82,9 % des migrants travaillaient dans les secteurs mal considérés par les Shanghaiens : chantiers navals, textile, bâtiment et services. Comme on le voit, le passage d’une économie planifiée à une économie de marché s’est encore  tout de suite accompagné de processus de segmentation des marchés du travail où cohabitent inégalités, discriminations et évictions des Chinois non désirés.
Si l’on ne connaît pas cette situation on ne comprend rien y compris aux événements du Tibet où il y a cet exode vers les villes et cette situation générale de protection du salariat et du travail urbain par rapport à cet afflux. Dés que j’ai lu le récit des événements j’ai pensé qu’il y avait au départ une opération orchestrée débordée par un prolétariat vivant trés mal. Nous sommes ici dans des phénomènes à une échelle inconnue qu’une société qui table avant tout sur sa sortie de sous développement doit maîtriser. Et ceux qui pensent qu’il suffira de rétablir un lama féodal n’offrant rien d’autres à ces populations que le retour à l’achaisme sont soit idiots, soit volontairement décidés à rendre la situation plus compliquée à la Chine.

2- Les multinationales, lieu d’exploitation

Un pays qui sort du sous développement par un effort gigantesque et qui se plie au diktat des multinationales, tout en tenant le tigre en laisse, telle est la Chine et elle réussit là un formidable exploit que lui permet sans doute la planification et la propriété collective, disons étatique des principaux secteurs de production et des secteurs financiers.  La Chine pour faire son accumulation primitive exporte à tour de bras et dans le même temps tente un développement endogène, un équipement du territoire et plus récemment une politique environnementale. Et pour revenir à notre objet elle met en place une politique de droit des travailleurs.

Le fait que la Chine soit un pays sous développé se  traduit  au départ^par  un manque de capitaux et de technologie, il faut faire appel aux capitaux et aux technologies étrangères et se soumettre à leurs conditions.

Plus de la moitié des exportations chinoises sont le fait néanmoins d’entreprises étrangères. Donc quand on décrit le bagne du travail en Chine, il faut savoir que ce bagne a été largement créé par des entreprises étrangères .

Une enquête menée par les organisations suisses Pain pour le prochain et Action de Carême met directement en cause les grandes marques d’informatique. Officiellement, comme cela se passe pour toute l’Asie, les grandes marques d’informatique ont mis en place des codes de conduite en matière de responsabilité sociale, les règles sont peu respectées par leurs fournisseurs. Nous avons vu que c’était le cas pour Ikea en inde, c’est donc une pratique commune des multinationales, elles font pression sur leurs fournisseurs pour aboutir partout à des conditions d’exploitation à outrance.

Les deux organisations ont enquêté dans sept usines fournissant les grandes firmes informatique internationales.

Les ouvriers y travaillent de 10 à 12 heures par jour, six et parfois sept jours par semaine. Chaque mois, ils effectuent entre 80 et 200 heures supplémentaires quand la loi en autorise 36.

Les conditions de santé sont mauvaises pour ces travailleurs. La manipulation de produits toxiques se fait souvent sans masques ni gants et les salles de soudage manquent d’aération. Les employés interrogés dans cette enquête ne bénéficient pas d’un contrôle médical au travail.

Des sanctions disciplinaires abusives sont souvent mises en place. Un travailleur d’une des usines visitées explique : « En période de haute production, la cadence augmente et il est difficile de suivre le rythme. Nous faisons plus d’erreurs. Si l’inspecteur le découvre, il nous impose une amende, sous forme d’une déduction d’une demi-journée de salaire. Nous sommes extrêmement tendus ».

Dans beaucoup d’usines, les codes de conduite des entreprises étrangères,  clientes de ces usines  – ces engagements de respecter les droits élémentaires des travailleurs – ne sont pas portés à la connaissance des employés.

Malgré tout, quelques améliorations sont intervenues récemment. Le nombre d’entreprises payant leurs employés en dessous du minimum légal a baissé. Mais il en reste encore. Ainsi, l’usine Lite-On Electronics payerait les heures supplémentaires le week-end 150 % du salaire horaire en semaine, quand la loi prévoit 200%.

Les deux organisations constatent que l’engagement des marques face à cette situation est variable. Hewlett-Packard s’est donné des moyens humains et financiers importants pour mettre en oeuvre son code de conduite. Cette firme est par ailleurs la seule à accepter de donner une liste complète de ses fournisseurs et de commenter des cas précis d’usines. Apple fait également des efforts, notamment en multipliant les audits en Chine. Mais elle refuse malgré tout de communiquer dans la transparence sur ses fournisseurs, ses audits et les formations qu’elle met en place.

Enfin, le rapport de Pain pour le prochain et Action de Carême révèle que la firme Fujitsu-Siemens est à la traîne. Au niveau du groupe international et en Chine, elle n’a aucune personne en charge des responsabilités sociales. Elle considère par ailleurs qu’elle n’a pas à former ses fournisseurs à son code de conduite.

Le constat est d’autant plus sévère que selon ces deux organisations, il suffirait d’ajouter un peu plus de 30 euros au prix de chaque ordinateur pour assurer aux ouvriers de l’informatique des conditions de travail dignes.(2)

Une enquête menée par le journal Southern Weekly qui a étudié   126 multinationales durant une année complète. Au banc des accusés : des entreprises appartenant aux 500 plus grosses compagnies et qui ont enregistré des résultats financiers remarquables que ce soit dans le nombre de ventes, le volume des exportations ou les profits bruts.
Les résultats sont alarmants ! 58 entreprises (46% de l’ensemble) ont refusé de se conformer à la loi d’établissement des syndicats. Vingt autres ont sérieusement endommagé l’environnement. Et les critiques ne s’arrêtent pas là ! 37 firmes vendaient aux consommateurs chinois des produits ou des services ne répondant pas aux normes de qualité, ce qui a été corroboré par des plaintes répétées pour 19 d’entre elles.
D’après le journal Southern Weekly, certaines entreprises étaient mêmes coupables de soudoyer des officiels du gouvernement ainsi que des dirigeants de l’entreprise ou d’autres entreprises !
Southern Weekly assure de la réalité des données. L’hebdomadaire a indiqué que l’étude s’est basée sur des informations publiques fournies par les autorités, les associations de consommateurs, les syndicats et les médias. Il dit avoir vérifié les renseignements auprès des entreprises elles-mêmes.
Le même journal a publié une liste noire : les 33 multinationales présentes en Chine qui sont passées outre les lois anti-pollution de l’eau. Quatre d’entre elles font partie des 500 entreprises aux plus gros profits : Nestlé Sources Shanghai Ltd, Pepsico, Panasonic et 3M. Les informations viennent de l’ONG « Institut des affaires publiques et environnementales. » Le directeur, Ma Jun, confiait cependant au Shanghai daily que les multinationales ne sont pas les seules entreprises critiquables : 26 000 compagnies chinoises ont de même rejeté illégalement des déchets dans les cours d’eau chinois et à une échelle plus importante.

Et il est vrai également que les conditions de travail d’une extrême dureté ne se trouvent pas seulement dans les entreprises étrangères, il y a celles de la paysannerie, et il y a même eu de véritables scandales comme les mines de charbon clandestines et les briqueteries, où des adolescents et des hommes parfois enlevés et vendus travaillaient sans salaire. Mais que ces cas aient fait un tel scandale prouve leur caractère exceptionnel, le fait est que les Chinois ne s’habituent pas à l’exploitation.  On constate dans les villes non seulement une amélioration mais de la difficulté à trouver de la main d’œuvre qualifiée, et tout cela aboutit à des augmentations de salaires de l’ordre de + 18% depuis un an (3). Et surtout pour qui connaît les conditions d’esclavages dans certains pays d’Amérique du sud ou même de la domesticité dans les émirats, la découverte et le scandale sont un pas vers autre chose, comme les procès publics et les lourdes peines qui frappent les directeurs d’entreprise de la mine qui par leur imprudence délinquante ont provoqué des nombreuses morts.

3-Une situation en évolution

Les différences avec les ateliers d’assemblage du Tiers-monde comme ceux de la frontière mexicaine, les maquiladoras, tient au fait que l’Etat chinois a réussi à maîtriser le phénomène et en faire un facteur de développement inouï. Le second facteur est  l’intervention de plus en plus fréquente des autorités, à la suite de nombreuses manifestations pour faire respecter les droits et l’existence du syndicat à l’intérieur de l’entreprise.

Il est un fait que ne sont jamais dénoncés par les occidentaux les entreprises étrangères et toujours « le régime », jamais le sous développement et toujours « le socialisme », etc. Alors que même quand ces entreprises étrangères ne pèsent pas directement sur leurs salariés elles le font par le biais d’entreprises sous-traitantes qu’elles mettent en concurrence, ce qui se répercute sur les salaires et les conditions de travail.
Et dans les grandes entreprises si les travailleurs logent sur place il peut même arriver que le patron retienne les papiers et si la multinationale a signé « un code de conduite », quand elle envoie inspecter les conditions des salariés ceux-ci ne peuvent pas se plaindre.

Tout cela existe mais tend à évoluer sous une triple influence:

la première est  la protestation massive des travailleurs, les travailleurs chinois ne se laissent pas faire, en 2005 près de 90.000 manifestations impliquant plus de cent personnes ont été recensées.

La seconde est une nouvelle préoccupation des autorités face à cette montée des mécontentements et les tensions sociales y compris face aux cas de corruption des autorités.(4)

Le troisième phénomène est un début de pénurie de main d’œuvre, y compris ce qui est nouveau de main d’œuvre peu qualifiée, notamment dans le province du Guangrong au sud, où se produit près du tiers des exportations chinoises.

Mais on peut également noter que par rapport à l’Inde et d’autres pays asiatiques dont on ne fait pourtant pas état, le travail des enfants n’est pas un fléau. Les enfants sont pratiquement tous scolarisés dans les zones urbaines.

Si les médias occidentales et même la plupart des médias alternatifs sur internet décrivent avec beaucoiup de complaisance les conditions de travail en Chine, en les attribuant au gouvernement chinois. De temps en temps on lit dans la presse des entrefilets de ce type :

Adidas retire progressivement sa production de Chine

Le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore plus compétitifs, a déclaré son patron Herbert Hainer. Adidas va transférer sa production en Inde, au Laos, au Cambodge et au Vietnam, mais aussi dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est. » (5)

Les entreprises occidentales ne vont donc pas dans un pays pour l’aider à se développer (ce n’est pas nouveau) mais pour en tirer un max de profit (ça s’appelle diminuer les coûts). On retrouve les mêmes informations dans la presse de Taiwan, les salaires chinois augmentent trop pour continuer à faire de la Chine continentale une zone de sous traitance, mais elle devient un marché intéressant.

L’évolution, en particulier du nouveau code du Travail

Voici les changements intervenus dans le nouveau code du travail par rapport à celui de 1994
– L’employeur doit impérativement conclure un contrat de travail écrit.
– – La priorité est donné au contrats à durée indéterminés. C’est théoriquement fini les CDD à répétition. Lorsqu’un employé a dix ans d’ancienneté- s’il en fait la demande- l’employeur est tenu de signer un CDI. L’employeur ne peut aujourd’hui proposer que deux CDD consécutifs. « la sanction de la violation de cette obligation consiste pour l’employeur à verser un double salaire » à compter de la date à laquelle le CDI aurait dû être conclu.
– Le licenciement économique est encadré : cela ne peut concerner un ou deux travailleurs, cela doit au minimum concerner 10% du personnel.
– Interdiction de pénalités en cas de démission : avant pour démissionner l’employé devait des pénalités c’est supprimé.

Face à ce code du travail entré en application le premier janvier 2008, les chambres de commerce nord-américaine et européennes ont manifesté leur opposition et menacé de délocaliser si le droit du travail devenait trop contraignant. On mesure en sachant cela l’hypocrisie des médias occidentaux  qui ne cessent d’incriminer « le régime », « le socialisme » et jamais leurs propres capitalistes. Ce nouveau code renforce la protection des salariés par rapport à celui de 1994. la plus importante des réformes  est la nécessité dans laquelle se trouve l’entreprise d’établir un contrat de travail écrit.  Selon le mensuel Alternatives économique, Li Hua, avocate au cabinet Gide Loyrette Nouei à Pékin précise « « En 2007, le nombre des contentieux entre les deux parties- employeur-employé, de les rapports sociaux à l’intérieur de l’entreprise se sont détériorées ces dernières années. – le nombre des conflits  a augmenté de 30% à Shanghai et à Pékin, principalement dans les secteurs de l’industrie et de la construction »(..) « On sent (de la part du gouvernement) une vraie volonté de renforcer les droits des salariés » ajoute-t-elle  (6)
Tout ce que nous voyons sont les conditions d’accumulation primitive que nous avons réalisé en Europe en envoyant les enfants de 5 ans et moins dans les mines, en faisant travailler dans de terribles conditions et nous continuons dans tout le Tiers Monde quitte à les accuser de faire baisser les prix ou de jouer la vertu devant une Chine communiste exploitant les travailleurs.Cette Chine doit nourrir un milliard trois cent mille êtres humains et pour se faire contrôler l’exode rural, elle doit développer les forces productives et pour cela accepter les étrangers, mais elle doit aussi planifier, maîtriser sa propre croissance pour ne pas se retrouver la proie d’un néo-colonialisme. Elle doit mettre en place des systèmes de prodtection sociale, d’assurance maladie et de retraite, ne commençant là encore par la population citadine mais en l’étendant aux zones rurales.

La Chine a sorti la majorité de sa population de la pauvreté extrême.

« La population chinoise dans son ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004 ; Cela a permis à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. Globalement, les Chinois ont aussi accru, au cours de ce quart de siècle, d’un tiers au moins leur consommation moyenne de calories-ce qui n’est pas sans expliquer l’allongement de leur espérance de vie….

Cela étant, …la Chine reste un pays pauvre, très pauvre même. Près de la moitié de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à 1000 dollars par an (à peine 800 euros), il reste à des années-lumière de celui des pays qui ont fait leur révolution industrielle il y a un ou deux siècles-trente fois moins qu’en France, quarante fois moins qu’aux Etats-Unis…Le Chinois trouvera peut-être quelque source de satisfaction en apprenant que son revenu moyen est deux fois supérieur à celui de l’Indien…

Si l’on prend le PIB calculé en volume plutôt qu’en valeur, en pouvoir d’achat plutôt qu’en monnaie courante donc, l’écart de la Chine est moindre : en termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement » que celui des Etats-Unis. » (7)

Que ceux qui veulent juger et donner des conseils le fassent je m’en sens incapable et j’admire ce peuple travailleur qui de surcroit à l’inverse des Occidentaux n’a pas pillé d’autres peuples, porte partout la paix et le développement. L’arrogance occidentale qui ignore ce qu’est le sous développement et qui veut surtout ne jamais se rappeler comment sa propre société a pillé le monde, a été capable d’inscrire dans les jardins chinois des pancartes « interdites aux chiens et aux Chinois », a détruit une des merveilles du monde, le palais d’été, a imposé la guerre de l’opium, forcé une génération à être des morts vivants, les ortures japonaises qui ont effrayé même les nazis, j’en passe et des meilleurs, se permettent alors que leurs propres capitalistes continuent àç sévir, alors qu’eux mêmes bénéficient de produits venus de Chine, cette ,insupportable arrogance se permet encore de critiquer la Chine. Et au lieu d’admirer l’héroïsme du peuple chinois, de contempler éblouï comme cela le mérite ce qu’ils ont donné à voir de leurs efforts dans ces jeux olympiques, manifestent leur insondable mesquinerie. sans même penser à remercier ce peuple qui attendait le coeur battant qu’on le félicitat pour tant de courage, tant d’efforts, tant d’humble vaillance. Oui nous occidentaux nous appartenons bien comme les Etats-Unis à cette « civilisation » que décrit le Cubain José Marti: « Il est d’un coeur mesquin, et rongé par l’envie impuissante, d’aller chercher des poux à la grandeur patente, et de la dénier catégoriquement en invoquant le plus minime des défauts, ou bien de se jucher sur un trepied d’oracle, comme si l’on purgeait le soleil d’une tâche ».

Danielle Bleitrach
(1) Thèse et mémoire de DIDERON, Sylvie, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1993/00/00 (Suisse)
(2) Le rapport de cette étude peut être téléchargée sur le site de fair-computer
(3) Jean françois Huchet, la responsabilité sociale des entreprises étrangères en Chine, Ires-FO, juin 2007
(4) une des formes particulières de la lutte contre la corruption est le contrôle des hauts salaires elle témoigne à sa manière de la pression qui est exercée contre la nouvelle bourgeoisie de la part de la base.  Ainsi le ministre de la Commission pour la supervision des Actifs d’Etat (en anglais : State-owned Assets Supervision and Administration Commission, soit le SASAC), Li Rongrong, selon le Qotidien du peuple du 4 août 2008 a fait état de la controverse de hauts salaires dans des entreprises d’Etat. Il a dit que la croissance des salaires de managers durant la période comprise entre 2004 et 2006 était de moins de 15% — moins important que le profit de 36,7% que leurs entreprises avaient créés. La controverse a été provoqué par des rapports selon lesquels on a découvert l’année dernière que Ma Mingzhe, directeur général de la Compagnie d’assurances de Ping An, la seconde du genre de Chine, avait collecté plus de 45 millions de yuans (6,6 millions de dollars) pour son salaire annuel avant impôt. Ce salaire était 3 200 fois le revenu disponible par habitant des résidents urbains de Chine de l’année dernière.

(5) Le Soir du 29/07/08,  entrefilet en page économique 
(6) Alternative économiques, « Chine un petit bond en avant » n°271 juillet-août 2008p ;79

(7)  d’Erik Izraelewicz,  « Quand la Chine change le monde », Grasset, 2005

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19 commentaires

  1. Il y a un non dit ou plutôt une terrible censure dans les médias alternatifs, surtout ceux qui ont une influence troskiste, vous pouvez parler de tout sauf de faire une analyse objective comme celle-ci de la réalité chinoise. je vois des stupidités au titre onflant du type « la chine est debout » qui en gros expliquent que la révolte couve contre qui ? Pas contre le patronat des multinationales, non contre ce méchant parti communiste, ce qui est inexact. Les corrompus sont dénoncés mais il est évident que l’autorité du parti n’est pas remise en cause. Les faits sont tétus, mais je suis indignée… Parce que qui est protégé: les multinationales, les entreprises qui exploitent et quelle propagande cela sert d’une manière fausse celle des Etats-Unis. je n’arrive même pas à comprendre pourquoi ça fonctionne comme ça. Si vous lisez ce texte je crois que nul ne peut l’accuser de peindre la réalité sous des couleurs riantes, il apporte des informations, mais il faut nier cette approche là. Il existe vraiment une forme de stupidité chez les alternatifs qui a son politiquement correct indépendamment des faits.

    danielle Bleitrach

  2. Sur le blog de Romain de Courcelles, lu ce texte, je signale que sur ce blog, va être entamé la publication d’articles et de commentaires sur la Chine, celles-ci complètent tout à fait nos informations:

    un avocat de renom en Belgique, spécialiste des causes liées au sport, Me Misson est interrogé sur le rôle des sportifs en Chine pendant les jeux olympiques. J’ai épinglé cette déclaration : « les Chinois sont sous-payés depuis des années ». Cette affirmation est répétée également à longueur d’année. C’est indubitable que les salaires sont plus bas que chez nous. Mais qui peut penser qu’un pays qui se développe va payer 2000 euros par mois ses travailleurs, tout simplement pour éviter de concurrencer les salaires occidentaux. Il y a des inégalités de salaires, c’est évident (chez nous aussi). J’ai visité en Chine des usines où les ouvrier(e)s travaillaient pour 90 à 100 € par mois, dans de bonnes conditions de travail. C’est un bon salaire là-bas. Mais dans une grosse boîte de la sidérurgie, c’était 600 €, ce qui est un très bon salaire. Mais ça reste toujours inférieur aux nôtres, en chiffres absolus.

    Certaines catégories sont (ou étaient) certainement sous-payées. Mais les choses changent. De nouvelles lois sur le travail (contrats, salaires, etc.). font que les entreprises peuvent de moins en moins faire ce qu’elles veulent. La présence de l’ACFTU (syndicat officiel) pèse, malgré toutes les critiques adressées à son égard par les médias occidentaux.

    Et voici donc la seconde partie de mon argumentation. Toujours dans Le Soir du 29/07/08, cet entrefilet en page économique :

    « TEXTILE

    Adidas retire progressivement sa production de Chine

    Le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore plus compétitifs, a déclaré son patron Herbert Hainer. Adidas va transférer sa production en Inde, au Laos, au Cambodge et au Vietnam, mais aussi dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est. »

    Les entreprises occidentales ne vont donc pas dans un pays pour l’aider à se développer (ce n’est pas nouveau) mais pour en tirer un max de profit (ça s’appelle diminuer les coûts). La Chine était un bon filon, elle commence à ne plus l’être.

    La Chine a sorti la majorité de sa population de la pauvreté extrême.

    « La population chinoise dans son ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004 ; Cela a permis à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. Globalement, les Chinois ont aussi accru, au cours de ce quart de siècle, d’un tiers au moins leur consommation moyenne de calories-ce qui n’est pas sans expliquer l’allongement de leur espérance de vie….

    Cela étant, …la Chine reste un pays pauvre, très pauvre même. Près de la moitié de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à 1000 dollars par an (à peine 800 euros), il reste à des années-lumière de celui des pays qui ont fait leur révolution industrielle il y a un ou deux siècles-trente fois moins qu’en France, quarante fois moins qu’aux Etats-Unis…Le Chinois trouvera peut-être quelque source de satisfaction en apprenant que son revenu moyen est deux fois supérieur à celui de l’Indien…

    Si l’on prend le PIB calculé en volume plutôt qu’en valeur, en pouvoir d’achat plutôt qu’en monnaie courante donc, l’écart de la Chine est moindre : en termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement » que celui des Etats-Unis. »

    Ce dernier extrait est tiré de « Quand la Chine change le monde », d’Erik Izraelewicz (chez Grasset en 2005).

  3. Je dois dire que rien ne m’irrite plus que les gens qui n’ont lu sur la Chine que ce qu’en disent les médias occidentaux et qui sont persuadés de tout savoir sur la Chine « puissance impérialiste », exploiteuse, criminelle en matière de droits de l’homme, ils arrivent sur ce blog et il me déclarent du n’importe quoi sans même prendre la peine de lire l’important dossier que recèle ce blog et qui a le mérite de multiplier les sources d’information, mais aussi de considérer qu’un milliard trois cent mille personnes ont des choses à dire…

    Voici une nouvelle d’aujourd’hui qui complète l’article…

    vice-Premier ministre chinois met l’accent sur l’emploi et le Droit du Travail
    Zhang Dejiang, vice-Premier ministre chinois, a appelé à plus d’efforts pour créer du travail et sauvegarder les droits et intérêts des travailleurs.

    Zhang a fait ces remarques au cours de son inspection dans la province du Heilongjiang (nord-est) du 13 au 16 août.

    L’emploi et la protection des droits des travailleurs sont directement liés au bien-être du peuple et à la stabilité sociale, a indiqué Zhang.

    Il a demandé aux responsables de lutter contre le chômage en faisant plus d’efforts pour créer des emplois, optimiser la structure de l’emploi et améliorer la formation professionnelle.

    Les gouvernements locaux doivent résoudre les cas d’arriérés de salaire et respecter strictement la loi sur les contrats de travail entrée en vigueur le 1er janvier et qui est considérée comme favorable aux employés.

    Selon Zhang, les principaux problèmes actuels sont de promouvoir la réforme du système de pension des personnes âgées, d’établir le plus tôt possible un système de protection sociale couvrant tous les citadins et de rechercher activement un système de protection solide couvrant les travailleurs migrants et les habitants des régions rurales.

    Source: xinhua

  4. Acabo de leer la traducción de su artículo en la página de Rebelión y me veo en la necesidad de felicitarla una vez más. Comparto sus opinione sobre el papel actual de la República Popular China y sobre la hipocresía y maldad de occidente. Pero en este caso, además, su escrito tiene gran interés para aquellas personas que , como es mi caso, estamos reflexionando sobre la posibilidad de sacar partido a los compromisos de responsabilidad social de las empresas, con el fin de superar su actual fase propagandística y converitirla en un medio para globalizar los derechos laborales obligando a que las multinacionales repeten sus compromisos en toda la cadena de valor (contrataciones y subcontrataciones que añaden valor al producto que al fina comercializan las grandes marcas y las multinacionales).

  5. cher Antoni,
    merci de vos envouragements, il serait vraiment une excellente idée de créer un mouvement capable d’imposer aux multinationales le respect du droit des travailleurs, mais comme je l’explique dans le texte, en général officiellement elles signent une code de bonne conduite mais elles mettent en concurrence leurs fournisseurs jusqu’à ce qu’ils surexploitent et qu’ils assument donc la responsabilité. Je crois qu’il faut également dénoncer la pression des chambres de commerce étasunienne et européenne sur le gouvernement chinois. Et encore je le répète la situation est pire dans d’autres pays asiatiques, par exemple l’Inde avec les enfants. Il faut surtout arrêter de tirer à boulets rouges sur le gouvernement et voir les véritables responsabilité. Si vous avez besoin de moi je suis prête à participer à cette oeuvre de salubrité publique.
    danielle bleitrach

  6. cet article apporte des informations et un éclairage trés interessants,quand on y pense gérer 1300 millions de citoyens est un tour de force.J’ai toujours pensé que si les medias occidentaux critiquaient la Chine c’est que celle ci doit etre sur la bonne voie,et quand elle aura atteint un niveau de dévelopement plus important ce sera un point d’appui pour les pays du tiers monde.Déja en Afrique on sent la différence avec les néocolonialistes , les capitalistes devront se faire à l’idée d’une Chine puissante et indépendante!

  7. « Plus de la moitié des exportations chinoises sont le fait néanmoins d’entreprises étrangères. Donc quand on décrit le bagne du travail en Chine, il faut savoir que ce bagne a été largement créé par des entreprises étrangères »
    C’est clair. Mais le premier responsable n’en reste pas moins l’Etat chinois, et ce, comme choix de développement librement choisi. Il ne s’agit pas de déresponsabiliser les gouvernants chinois de la condition des ouvriers chinois pour les encenser des fruits de ce choix ensuite. Cela traduirait une attitude anti occidentaliste primaire et une infantilisation des responsables chinois parfaitement injustifiée.

    Vous soulignez plus loin, confirmant que la condition décrite relève de leur seule responsabilité:
    « Et il est vrai également que les conditions de travail d’une extrême dureté ne se trouvent pas seulement dans les entreprises étrangères, il y a celles de la paysannerie, et il y a même eu de véritables scandales comme les mines de charbon clandestines et les briqueteries, où des adolescents et des hommes parfois enlevés et vendus travaillaient sans salaire…
    Alors que même quand ces entreprises étrangères ne pèsent pas directement sur leurs salariés elles le font par le biais d’entreprises sous-traitantes qu’elles mettent en concurrence, ce qui se répercute sur les salaires et les conditions de travail. »

    Le passage par cette phase d’exploitation sauvage des travailleurs dans le cadre du développement d’un pays a été traversé par tous les pays du monde. Ce fût le cas en Europe lors de la révolution industrielle jusqu’au début XXème siècle et on trouvera des exemples dans tous les pays maintenant industrialisés. Plus donc que du choix des dirigeants chinois, cette phase est une fatalité de tout processus de développement et je dirai de toute poursuite de l’expansion économique mais, dans ce cas, avec une médiatisation, un transfert de cette condition du travailleur à l’extérieur des pays ayant atteint un certain niveau de développement.

    « Les différences avec les ateliers d’assemblage du Tiers-monde comme ceux de la frontière mexicaine, les maquiladoras, tient au fait que l’Etat chinois a réussi à maîtriser le phénomène et en faire un facteur de développement inouï…
    La Chine a sorti la majorité de sa population de la pauvreté extrême…
    La population chinoise dans son ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! »
    C’est là toute l’originalité du développement chinois: sa durée relativement courte par rapport à celle des pays maintenant développés pour une masse de population aussi énorme. C’est la grande différence d’avec le modèle indien dû à l’héritage de la période communiste qui a généralisé l’éducation. Mais ils ne peuvent pas aller trop vite. Ils ne peuvent que suivre leur rythme de développement pour ne pas casser la machine : une augmentation des salaires en fonction de l’amélioration de la qualité de la main d’œuvre sous peine des délocalisations vers la dernière génération de pays qui attendent leur tour pour leur décollage économique comme le Laos, Cambodge, Viet Nam (« Face à ce code du travail entré en application le premier janvier 2008, les chambres de commerce nord-américaine et européennes ont manifesté leur opposition et menacé de délocaliser si le droit du travail devenait trop contraignant. » dites-vous). De plus, ils ont encore 200 millions de paysans qui émigrent à raison d’environ 10 à 15 millions par an vers les villes qu’il faut recycler dans l’emploi industriel ! L’aube nouvelle pour une condition autre des travailleurs chinois dans leur ensemble n’est donc pas pour demain. Mais il y aura, bien sûr, des fractions toujours plus importantes qui seront aspirés vers une meilleure condition par la spirale du développement et qui consolideront petit à petit la classe moyenne encore embryonnaire sur laquelle pourra s’installer une démocratie à l’exemple de la Corée et d’autres dragons asiatiques.
    Mais tout cela échappe à l’Occident qui n’est qu’un agent dans le système capitaliste créé depuis la Renaissance.

  8. vous n’avez visiblement rien compris à la problématique de l’article et quand on veut noyer son chien on l’accuse de la rage, pensez ce que vous voulez mais je vous prie de ne pas inscirre au-dessous de l’un de mes articles le contraire de ce qu’il dit.
    Danielle Bleitrach

  9. Mais si, j’ai parfaitement compris votre message consistant à responsabiliser l’Occident de la part de capitalisme sauvage sur lequel se construit le développement chinois (« Mais surtout cette brève analyse nous confronte à l’énorme hypocrisie occidentale qui ne cesse de dénoncer les conditions de travail en Chine et refuse de voir qui en porte la responsabilité réelle, non seulement historique mais d’une brûlante actualité. ») pour mieux encenser « l’héroisme du peuple chinois » qui eux « à l’inverse des Occidentaux n’a pas pillé d’autres peuples, porte partout la paix et le développement. »!!!
    C’est bien cela, non?
    Je n’ai fait que replacer, à l’aide de faits rapportés par ce même article, le développement chinois dans une autre perspective sans jamais sous entendre que c’était ce que disait votre article!
    Maintenant, si vous n’acceptez pas la contradiction, censurez mes contributions.

  10. c’est une bonne idée parce que des banalités on peut les lire tous les jours et inutile d’encombrer ce blog avec le discours de tous les perroquets occidentaux.
    DB

  11. premièrement vous interprétez mon analyse, vous me faites dire qu’il y aurait une évolution linéaire et que les Chinois suivraient cette évolution avec la démocratie au bout. Je ne dis rien de cela. Je pense que « la démocratie » à laquelle nous sommes arrivés est un impasse. Vous pensez comme les Occidentaux en particulier l’idée de la fin de l’histoire, en quelque sorte la fin de l’histoire inconsciemment comme pour tous les occidentaux c’est hegel rencontrant napoléon, l’Etat moderne incarné, ou Tocqueville. Il y aurait eu un grand échec le socialisme qui nous aurait renvoyé à cette linéarité dont nous serions l’alpha et l’omega.
    Je pense totalement differemment et c’est pour cela que je m’insurge contre vos interprétations.
    Si je compare la Chine à l’occident c’est non pas parce que je la vois sur ce chemin là mais parce que je dis que son développement technologique s’est fait§ avec beaucoup moins de dégâts que le notre tant pour sa propre population que la colonisation ou les guerres.
    par contre elle doit continuer à subir plus ou moins le système qui est le notre et qui demeure dominant, elle cherche comme bien des pays à s’en échapper.
    Si vous acceptez de réflechir à travers cette problématique là en relisant mon texte vous verrez qu’il n’infantilise pas les Chinois mais qu’il pose la question d’un autre développement, d’une autre culture, malgré la domination d’un système sénile et en crise profonde qui est le notre. Actuellement créer des rapports sud-sud dans lesquels à cause de son échelle la Chine joue un grand rôle, échapper à la domination de l’Occident, inventer autre chose voilà l’essentiel et c’est de cela qu’il est toujours question pour moi.
    Je vous remercie d’avoir insisté cela m’a donné l’occasion effectivement de préciser et donc pour peu que vous entendiez ce que je dis peut-être de réellement dialoguer.

    danielle Bleitrach

  12. serons-nous capables d’entendre ce que nous dit la Chine? Comme par exemple ceci :

    Le monde occidental commence à refaire connaissance avec la Chine et cela est dû à un certain degré au rôle positif et irremplaçable que la Chine joue dans le règlement des problèmes et des difficultés auxquels le monde doit faire face et son rôle est de plus en plus reconnu par la communauté internationale. Au moment où la croissance économique mondiale se ralentit et que l’inflation internationale se maintient et ne s’affaiblit pas, la Chine non seulement contribue de façon importante au maintien de cette croissance, en plus elle atténue sensiblement la pression d’inflation dans la monde. D’après les statistiques établies par la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), la contribution apportée par la Chine à la croissance économique mondiale a été la plus importante depuis l’an 2000. De 2001 à 2005, les produits exportés de la Chine vers les Etats-Unis ont permis à ces derniers de réduire chaque année leur taux d’inflation de 0,28 point centésimal, à l’Union européenne de réduire son taux d’inflation de 0,37 point centésimal et au japon de diminuer son taux d’inflation de 0,65 point centésimal. Lorsque le monde connaît une hausse vertigineuse des prix de céréales et que la sécurité céréalière mondiale est menacée sérieusement et gravement, la population chinoise forte de 1,3 milliard d’habitants a réalisé au contraire l’autosuffisance céréalière. En ce qui concerne la préservation et la sauvegarde de la sécurité internationale, les pourparlers à six en vue du règlement du problème nucléaire nord-coréen, présidés par la Chine, sont devenus la plate-forme la plus importante susceptible d’apporter une solution à ce problème. D’autre part, la Chine participe activement aux activités de maintien de paix de l’ONU et elle a dépêché jusqu’ici à travers le monde des troupes de maintien de paix de plus de 7.000 personnes/fois. Quant au problème d’élimination mondiale de la pauvreté, la Chine a supprimé, en faveur de 44 pays sous-développés, leurs dettes dont le montant total s’élève à 20 milliards de yuans renminbi. En plus, elle a décidé d’accorder à ces pays des prêts préférentiels d’un montant total de 10 milliards de dollars US. Pour faire face au changement climatique qui menace notre planète, la Chine a procédé ces 20 dernières années au reboisement artificiel et à l’afforestation et la surface reboisée est la plus grande et considérable dans le monde et cela permet d’absorber 5,1 milliards de tonnes de bioxyde de carbone. Durant les années allant de 1990 à 2005, la consommation énergétique par unité du PIB (Produit intérieur brut) a diminué de 46,6% en Chine, soit une réduction des émissions gazeuses de 1,8 milliards de tonnes de bioxyde de carbone.

    Tous les faits susmentionnés indiquent que la Chine contribue fortement à la paix et à la prospérité du monde et qu’elle joue pour cela un rôle irremplaçable. La tenue à Beijing des 29èmes Jeux Olympiques fournit aux peuples du monde une occasion unique pour mieux connaître la Chine et pour comprendre que le peuple chinois souhaite et est résolu à promouvoir la réalisation d’un monde harmonieux meilleur. En connaissant la vraie et la réelle Chine, le monde pourra alors « traiter amicalement avec la Chine tout en souriant ».

    Tout ce que je demande c’est que le dialogue, le vrai ait lieu en essayant de penser aussi dans les termes où plus d’un milliard de la population mondiale nous interpelle. Toute attitude de mépris, d’agressivité, de donneur de leçon est contreproductive.
    Danielle Bleitrach

  13. Je me permet deux petites remarques concernant l’intervention ci dessus :premiérement concernant la démocratie ,une condition pour un débat démocratique c’est une presse diverse et une diversité d’opignons aucune de ces deux conditions n’est remplie dans les pays occidentaux.d’autre part une démocratie c’est un homme une voix ,dans les pays colonisés cela n’a jamais été respecté.
    deuxiéme remarque concernant l’échec »patent » du socialisme il faut noter que les occidentaux s’ y sont mis à plusieurs et au prix d’une guerre psychologique intense qui a porté sur l’intelligentia des pays de l’est qui l’a payé cher.un exemple de cette guerre psychologique c’est que les touristes occidentaux boycotaient les pays de l’est pour ne pas apporter des devises a des pays non libres,mais les millions d’occidentaux qui fréquentaient l’Espagne de Franco ou le portugal de salazar apportaient leurs devises à des pays fascistes.
    En conclusion je dirais que nos champions des droits de l’homme qui critiquent la Chine le font pour réediter ce qui a marché avec l’URSS (plus précisément l’intelligentia soviétique)en seront pour leurs frais ,La CHINE a eu sous les yeux le sort de la russie,et surtout que la CHINE a 5000 ans d’histoire dérriére elle.VIVE LA CHINE!

  14. PHILCO est pathétique ! un ramassi de lieux communs et d’ignorance.
    Ah au fait les archives sovietiques sont ouvertes non?
    Comment se fait il que Courtois et consors ne disent plus rien sur les goulag en termes de population? Vous donnez votre langue au chat?
    OK
    C’est simple, la population carcerale, goulag compris, est inferieure en % de ma population que ce qu’elle est aujourd’hui en France!!! et cela selon les sources archivales réelles de Moscou!

    Vous allez encore nous ressortir le livre noir du communisme non?
    Laissez tomber svp, et si vous croyez encore que le saucisson pousse dans les arbres rendez vous dès demain chez votre boucher preféré afin de vérifier vos sources!

  15. Salut Danielle
    je pense que tu as raison sur le fond rien ne sert de répondre à des provocations stériles.
    La Chine a éberlué le monde, y compris le mien et celui de ceux qui m’entourent et en discutant l’effet des jeux et de leurs résultats est tel que désormais le risque est d’en attendre trop de la Chine et des chinois.
    Le peuple chinois a déjà bien à construire sa propre société avec toutes ses difficultés et prouesses n’allons pas imaginer que cette nation ait réponse à tous les maux de la planète.
    En édifiant leur nation, les chinois montrent un possible qui n’est pas unique, ils empruntent leur voie, critiquable peut-être, mais au moins ils ont une voie eux!
    Cette réflexion que j’ai entendu de la part de camarades migrants a retenti durant ces deux semaines: « t’as vu les chinois, t’as vu les chinois », il s’agit là de la révélation de ce que bien peu de médias évoquaient la reconnaissance , l’identification à un pays en voie de développement.
    Changement de société a pleinement joué son rôle d’information progressiste, sans sombrer dans le consensus morbide, en argumentant,en blog libre, respectueux, c’est ainsi que je l’ai ressenti, c’est pourquoi je suis à sa disposition.

  16. en passant le bonjour à Addallah et Dimitri à l’occasion de leurs retours ici, visiblement en pleine forme.

  17. C’est tout de meme extraordinaire.
    Je decouvre tout a fait par hasard cette analyse sur les mutations economiques de la Chine et me rends compte qu’elle depasse en rigueur, en justesse et en profondeur la quasi totalite de celles qu’on peut lire sur une presse dite de qualite, qu’elle soit francaise, europeenne ou americaine.
    Le dernier paragraphe, justement mis a l’ecart, exprime lui une opinion, respectable, mais que je ne partage pas. Il est beaucoup trop facile de penser que les Chinois n’ont jamais asservi d’autres peuples, et n’ont jamais fait preuve de violences, de racisme ou de xenophobie – d’ailleurs, ca continue.
    Cela n’excuse evidemment pas les souffrances que lui ont imposees les puissances etrangeres a un moment de son histoire ou la Chine etait plus affaiblie que jamais, mais c’est un tout autre debat que celui du developpement actuel du pays.
    Il y a aujourd’hui un reflexe tout aussi navrant que celui du racisme anti-chinois qui anime certains de nos contemporains en occident, c’est celui du xenophobisme victimaire Chinois. Vivant actuellement en Chine j’ai pu me rendre compte qu’il ne touchait qu’une infime partie de la population chinoise en Chine et en dehors de Chine, celle qui essaie de former l’opinion de ceux qui veulent bien l’ecouter.
    Theorie qui vise a opposer un « occident » unique a travers toutes ses cultures, toutes ses nations, et uniforme a travers les ages, a une Chine forcement differente.
    Ainsi, on finit par dire tout haut cette opinion invraisemblable selon laquelle il est arrogant de critiquer quoi que ce soit que font les Chinois.
    Dommage, l’analyse socio-economique etait parfaite.

  18. Pourquoi trouvez vous cela extraordinaire ?

    Nous avons une habitude sur ce blog, ne laisser passer que des informations, des analyses que l’on peut considérer comme sérieuses, argumentées et mon métier de sociologue me rend exigeante, les faits sont les faits.
    Cela va avec notre engagement révolutionnaire du moins tels que nous l’entendons (seule la vérité est révolutionnaire), parce que la vérité peut et doit aussi être assortie d’une perspective éthique, d’une volonté de solidarité réelle et pas de donner des leçons aux autres, d’abord se corriger soi-même, faire son autocritique pour apporter au lieu de nuire.
    Donc je ne renie pas le dernier paragraphe de conclusion même si vous le jugez indigne de l’analyse, ce qui est dans ce paragraphe est la motivation profonde de la recherche de compréhension et des faits réels.
    Amicalement
    Danielle Bleitrach
    PS. Il y a d’autres article sur la Chine dans ce blog et surtout des commentaires passionnants.

  19. Si certes, on ne peut dénier une certaine évolution des conditions de travail en Chine, alors la question est: une fois que la Chine aura rejoint nos conditions sociales et que ses travailleurs ne seront plus du tout interessant pour les grandes entreprises…alors pour eux, face aux pressions des investisseurs (actionnaires = les banques, les groupes horizontiaux ou verticaux ) ils devreront délocaliser. Il est alors prévisible que la Chine va connaitre les grandes crises économiques de l’occident mais 50 ans plus tard…

    ( En celà que l’élévation du niveau de vie va forcément vers un conflict entre cout de revient d’un travailleur et cout de la vie dans le pays où il travaille, forcémment incompatible avec le besoin de gain maximum du système économique ).

    La Chine (et l’Asie en généralisant) est une victime à retardement du capitalisme. Qui seront les prochains ? Allons voir du côté du continet Africain.

    Qui seront les prochains travailleurs pauvres du monde quand L’Asie fera partie des plus puissant ?


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