Haïti : Les gâteaux de boue sont devenus le régime de base

Haïti : Les gâteaux de boue sont devenus le régime de base de nombreuses familles pour qui la nourriture, dont les prix montent en flèche, est hors de portée. Avec la pauvreté et les prix des produits d’importation qui explosent, la moitié de la population meurt de faim.

AUTEUR: Rory CARROLL
Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice

À Cité Soleil, un des bidonvilles les plus pauvres de Port-au-Prince, la fabrication de nourritures à base d’argile est devenu un des meilleurs moyens de gagner de l’argent. Les gâteaux de boue sont les seuls aliments, imperméables à l’inflation, que peuvent s’offrir les pauvres d’Haïti.

Au premier coup d’œil, l’affaire ressemble à une poterie prospère. Dans une cour poussiéreuse, des femmes mélangent l’argile et l’eau et forment des centaines de petits plats, puis les laissent sécher au soleil des Caraïbes.

C’est de l’artisanat brut et les produits finis sont irréguliers. Mais les clients ne se plaignent pas. C’est Cité Soleil, le bidonville le plus connu d’Haïti, et ces plats ne servent pas à mettre les aliments, ils sont les aliments !

Cassants et sableux, et aussi révoltant que ça le paraisse, ce sont ce qu’on appelle « les gâteaux de boue ». Pendant des années, ils étaient consommés par les femmes enceintes, qui manquaient de calcium, comme un supplément plutôt risqué et pas du tout reconnu médicalement, mais désormais, ces gâteaux sont devenus un aliment de base pour des familles entières.

Ce n’est ni pour le goût ni pour les qualités nutritionnelles (un iota de sel et de margarine ne permet pas d’oublier que ce n’est que de la terre et le journaliste peut témoigner d’un arrière-goût persistant), mais bien parce que ce sont les aliments les moins chers et que, de plus en plus, ils sont le seul moyen de se remplir le ventre.

« Les gâteaux de boue stoppent la sensation de faim », indique Marie-Carmelle Baptiste, 35 ans, une productrice, en regardant son stock disposé en rangées. Elle n’a aucune illusion sur leurs attraits : « vous en mangez quand vous ne pouvez pas faire autrement ».

Et ces temps-ci justement, beaucoup de gens ne peuvent pas faire autrement. La crise pétrolière et alimentaire mondiale a touché Haïti plus durement peut-être que les autres pays, poussant une population déjà engluée dans une extrême pauvreté, vers la famine et la révolte. Les coupe-faim sont appelés « avaler du Clorox », une marque d’eau de javel.

L’Organisation de l’Alimentation et de l’Agriculture des Nations Unies (FAO)a prédit que la facture de la nourriture importée va grimper de 80 % cette année pour Haïti, la plus rapide au monde. Les révoltes de la faim ont renversé le Premier Ministre et ont causé 5 morts en avril. Des subventions d’urgence ont limité les prix et ramené le calme mais le gouvernement, à court d’argent, remonte les prix petit à petit. De nouveaux troubles sont attendus.

Selon les Nations Unies, deux tiers des Haïtiens vivent avec moins de 50 pences (environ 0,65 cents) par jour et la moitié est sous-alimentée. « La nourriture est disponible mais les gens ne peuvent pas se permettre de l’acheter. Si la situation empire, nous pourrions rentrer dans une période de famine dans les 6 à 12 mois. », a déclaré Prospery Raymond, le directeur de l’association britannique Christian Aid, dans le pays.

Jusqu’à récemment, cette nation des Caraïbes, qui rivalise avec l’Afghanistan dans les statistiques consternantes concernant le développement humain, a montré des signes de reprise : stabilité politique, de nouvelles routes et infrastructures, moins de guerre des gangs. « Nous allons dans la bonne direction et cette crise alimentaire menace le redressement, » a indiqué Eloune Doreus, le Vice-Président du parlement.

Quand la détresse augmente, la production de gâteaux de boue augmente aussi, représentant aujourd’hui un indice officieux de la misère. Maintenant, même les boulangers ont des difficultés. Transportée depuis des zones riches en argile, à l’extérieur de la capitale, Port-au-Prince, la boue est plus chère mais les gâteaux se vendent quand même à 1,3 pences l’unité, et restent le seul produit qui ne connaît pas l’inflation. « Nous avons besoin d’augmenter nos prix mais c’est aujourd’hui le dernier produit disponible et les gens ne le toléreront pas, » se lamente Baptiste, le boulanger de Cité Soleil.
Les gâteaux de boue sont vendus une Gourde pièce

Les vendeurs d’autres produits alimentaires qui ont augmenté leurs prix, se retrouvent avec des stocks d’invendus. Dans le bidonville de Policard, un tas de béton cassé, collé à un flanc de montagne, la famille Ducasse a triplé le prix de ses beignets à cause de la montée en flèche des prix de la farine. « Nos ventes ont été divisées par deux », raconte Jean Ducasse, 49 ans, en poussant du doigt son plateau de marchandises desséchées.

Les signes de la crise sont visibles partout. Une organisation d’aide alimentaire a signalé que le nombre de gens qui ont besoin d’aide a triplé. Dans un centre alimentaire, dans le bidonville de Fort Mercredi, des femmes terriblement maigres bercent des enfants aux cheveux jaunis, un symptôme de sous-alimentation. « Maintenant, nous devons nourrir les mères en plus des bébés, » indique Antonine Saint-Quitte, une infirmière.

Dans les zones rurales, la situation semble encore pire, provoquant une dérive continue vers les bidonvilles des villes et leur mirage d’opportunités. Lillian Guerrick, 56 ans, une fermière qui survit près de Cap Haïtien, a du retirer ses sept petits-enfants de l’école car il n’y avait pratiquement plus d’argent pour se nourrir, une fois les frais scolaires payés. « Je n’avais pas le choix, » dit-elle, un peu sur la défensive, au milieu des tiges de maïs flétries.

Des témoignages anecdotiques suggèrent que la présence des élèves en classe a fortement chuté et que ceux qui viennent en classe, sont parfois trop affamés pour se concentrer. « Je fais des plaisanteries en classe pour stimuler mes étudiants, pour les réveiller », raconte Smirnoff Eugène, 25 ans, professeur à Port-au-Prince.

Les frontières avec la République dominicaine sont bloquées par des foules de marchands à la recherche du meilleur prix chez leurs voisins relativement prospères.

« Bip bip, poussez-vous ! » hurle un adolescent, en nage, les veines gonflées, alors qu’il pousse péniblement une brouette remplie d’oignons à travers la foule, sur le pont de la frontière d’ Ouanaminthe.

Les souffrances d’Haïti proviennent de la tendance de l’économie mondiale à déterminer des prix élevés pour le pétrole et l’alimentation. Et ceci s’ajoute à l’envoi réduit d’argent à leur famille, par les migrants, affectés par le déclin aux USA. Ce qui rend le pays encore plus vulnérable est sa presque totale dépendance envers l’importation de denrées alimentaires.

L’agriculture intérieure est un désastre. Les forêts ont été brûlées et coupées pour l’agriculture et la production de charbon ; ce qui a dégradé les sols. Et les sous-investissements chroniques ont rendu les infrastructures rurales, au mieux chancelantes et au pire, inexistantes.

Les souffrances ont été aggravées par une décision, dans les années 80, de hausser les droits de douane, alors que les prix internationaux étaient plus bas et inondaient le pays avec des légumes et du riz importés, bon marché. Les consommateurs étaient gagnants et le FMI a applaudi mais les agriculteurs du pays ont fait faillite et la vallée de l’Artibonite, le grenier du pays, a été atrophiée.

Maintenant que les prix des produits importés ont grimpé en flèche, le gouvernement a juré de reconstruire l’agriculture en ruine mais c’est une tache herculéenne étant donné les ressources limitées, les sols dégradés et les conflits de propriété.

Il y a cependant un précédent qui permet un espoir. Une franchise en expansion de laitiers locaux, connue sous le nom de Let Agogo (Lait à gogo en créole) aide les petits fermiers à transporter et vendre leur lait, créant ainsi des emplois et des revenus et permettant à Haïti de réduire de 20 millions £ (=26 millions €) par an, sa facture d’importation.

Le Président René Préval a salué ce projet et encouragé à suivre ce modèle mais Michel Chancy, la force motrice de Veterimed, une organisation non gouvernementale qui soutient les laitiers, s’est montré méfiante. « Pendant 20 ans, les politiciens nous ont parlé de faire revivre l’agriculture mais ils n’ont, en fait, rien fait. Si cette crise alimentaire les force à agir alors c’est une grande opportunité. » Avec un grand « si », a-t-il rajouté.

Promenez-vous sur la plage le matin et vous verrez des Haïtiens regarder l’horizon azuré de l’océan, et rêver d’un ailleurs. Ils sont extrêmement fiers de leur histoire et d’avoir vaincu l’esclavage et le colonialisme mais aujourd’hui, les USA, les Bahamas ou la République Dominicaine (n’importe où sauf chez eux) semblent être la meilleure solution.

La seule chose qui empêche l’exode aux USA sont les patrouilles des garde-côtes, déclare Herman Janvier, 30 ans, pêcheur au Cap Haïtien, un lieu de contrebande. « Les gens veulent partir d’ici. C’est comme si nous étions déjà morts. »

La dernière fois que Janvier a essayé de passer la frontière, il a été arrêté et interné dans la baie de Guantanamo. « Je leur ai proposé de m’engager dans l’armée américaine. Je leur ai proposé de nettoyer leur base. Ils ont refusé. Alors me voici à nouveau ici, sur un bateau sans moteur, à faire ce que je peux pour survivre.

Source : The Guardian
Article original publié le 29 Juillet 2008

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : tlaxcala

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21 commentaires

  1. Au risque de choquer, ne voit-on pas dans cette situation le résultat ,en partie, d’une démographie galopante et dangereuse à long terme. Il se trouve que Haïti fait seulement 28000km² et possède déjà plus de 8 millions d’âmes! Son taux de natalité est encore de plus de 4 enfants par femme quand des iles comme cuba ont déjà passé la transition démographique, la république dominicaine elle est déjà en dessous de 3 et une densité démographique inférieure de moitié.

    On peut bien entendu critiquer l’évolution de l’économie mondiale, et ce, à juste titre, mais l’incapacité de cette ile à pourvoir à ses propres besoins réclame peut-être aussi une vision quant à l’évolution démographique. Cette ile ne peut tout simplement pas nourrir sa population et elle se retrouve dans la même situation que certain pays d’Afrique ou l’explosion démographique surpasse et surpassera encore pour longtemps les capacités de productions agricoles locales. Je sais que ces propos seront choquants pour certains, mais il me semble qu’éluder ce débat n’est pas être très au fait des réalités.

  2. Vous ne connaissez rien à Haiti et à l’Afrique, votre discours malthusien est celui que l’on vous met dans la tête. On a détruit l’agriculture en Afrique comme à Haiti. Il y a une quinzaine d’années Haiti produisait son riz , on l’a littéralement forcé à acheter du riz hautement subventionné que la production locale ne pouvait suivre. lisez mon texte sur ce blog ; »Il vaut mieux être une vache en Europe qu’un pauvre dans un pays sous développé ».

    On ne franchit pas le seuil démographique sans aider à la fin du sous développement, c’est une loi démographique, l’espèce humaine a des comportements animaux quand elle n’a ni sécurité sociale, ni assurance de conserver ses enfants, elle en fait beaucoup.
    lisez ce qu’a écrit Emmanuel Todd si au siècle dernier il y a eu évolution démographique, éducation des femmes,et transition démographique cela est du pour l’essentiel aux pays socialistes, et encore aujourd’hui la Chine aide à ce qu’il y ait un chiffre un peu moins catastrophique au niveau mondial.

    Bref avant de répéter toutes les stupidités racistes dignes de pascal Sevran essayez de vous documenter.
    Danielle Bleitrach
    « 

  3. j’ai oublié deux choses :
    historique: qui a transporté ces pauvres gens dans ces îles pour en faire des esclaves sans les former à aucun métier, en les faisant agir à coups de fouet: nous les Français. Qui a volé le trésor et l’or haïtien, les Etats-Unis, qui leur a imposé le plus féroce des dictateurs Duvalier? Qui sinon encore les Etats-unis. Qui leur a imposé au nom de leur dette des plans d’ajustement structurel terribles et le dictateur pour le faire appliquer, le charmant Cinton…

    Plus général, en ce moment dans la hausse des prix des céréales, il y a trois choses:
    – La destruction de l’agriculture du sud, par les subventions que les pays du nord accordent à leurs propres agriculteurs. Le Mexique est obligé d’acheter le mais étasunien qui revient moins cher que le sien et c’est pareil pour le riz de haïti.
    – les bioénergies, une partie des céréales a été détournée alors que les problèmes climatiques ont pesé sur les récoltes.
    – La spéculation , au marché de Chicago les spéculateurs achètent en « produits dérivés » les récoltes et font monter les prix.

    De tout cela la natalité n’est pas coupable, d’ailleurs à ma connaissance le taux d’occupation de la Hollande est supérieur à celui de bien des pays africains.

    danielle bleitrach
    Cela dit la Chine a eu raison de bloquer sa démographie mais c’est en train de lui poser dans une dizaine d’années des problèmes auxquels elle fait face : la retraite par exemple.

  4. Yann tient le discours primaire des beaufs : si les pauvres sont pauvres, c’est de leur faute, ils ne savent pas évoluer, se gérer, pratiquer le contrôle des naissances, cultiver ni leur blé ni leur riz : des incapables ! Comme si les pays « émergents » étaient plus sots que l’occident impérialiste ! Comme si leur misère n’était pas voulue, entretenue, pour enrichir les oligarques rapaces de la planète.

  5. René Vieren (59270 Bailleul, Nord)

    Chère Danielle (et pedrito communista),
    J’apprécie depuis plus de 5 ans, tous tes articles sans restriction, mais je trouve que les réponses que tu apportes aujourd’hui, à ceux qui expriment implicitement ou explicitement leur désaccord ou leur méconnaissance dans leurs commentaires, ne font pas preuve de la pédagogie dont devrait faire preuve une enseignante. En clair ta (vos) réponse(s) est (sont) beaucoup trop agressive(s) et risque(ent) de provoquer les effets opposés à ceux souhaités,
    J’espère que Yann n’aura pas une réaction de rejet (affectif) vis-à-vis de vos informations et explications qui sont justes.
    Comment accepter d’être considéré comme un « beauf » tenant un « discours primaire » sans réagir négativement?
    Déclarer à quelqu’un qu’il n’y connait rien, et qu’il tient le « discours malthusien » qu’on lui met dans la tête, sous entend que ce n’est qu’un ignare qui accepte tout sans réfléchir. Cela ne oeut inciter à la réflexion. On peut, me semble-t-il adopter une autre attitude plus efficace.
    Très cordialement
    René

  6. Tout de même : je veux bien mettre un peu d’eau dans mon vin !
    Mais ces espaces d’analyse marxiste ou anti « libérale » qui nous redonnent la pêche, sont tellement rares, et on y croise tellement de provocateurs – encore hier sur un article sur « REVEIL COMMUNISTE » – qu’on réagit parfois avec la vigueur qui ne s’imposait pas.

    Dont acte.

    Ceci dit : je réfute vigoureusement toute idée complaisamment répandue dans les médias vendus au système capitaliste et(ou) impérialiste, selon laquelle les populations des pays pauvres crèvent de faim ou de maladie par leur faute.
    Les pays émergents sont dans la misère par la seule faute de ce système qui gangrène économiquement, écologiquement, et humainement la planète et dont nos medias font quotidiennement et impunément l’apologie: le capitalisme, on ne le dira jamais assez.

  7. René, bonjour, ravie de te savoir là. Mais si tu me permets un léger désaccord sur la pédagogie, chacun la conduit comme il l’entend. La mienne est basée sur un respect réciproque.
    1) Yann vient sur mon blog sans avoir la patience et la volonté de travail nécessaire, il affirme des contre-vérités, les stéréotypes habituels. le respect que j’ai pour lui consiste à le lui dire. En effet je ne sollicite pas de suffrages politiques, je ne veux pas être élue, je ne veux aucune démagogie.Et si « on ne prend pas des mouches avec du vinaigre » ici on ne cherche à prendre personne.

    2) Mais comme je le respecte réellement je lui donne des conseils de lecture et je me refend d’une explication, quasiment d’un cours particulier. C’est cela un prof qui se respecte.

    Tu auras remarqué que je te respecte mais j’ajouterai que j’ai de l’estime et une affrection fraternelle et que je suis ravie de t’avoir retrouve.

    Danielle bleitrach

  8. De toute manière le principal facteur de production c’est le travail, et plus il y a d’habitants, plus il y a de travail. La surpopulation est toujours relative. Haïti est à 300 h/KM2, le Bengladesh ou Java à plus de 1000, alors que 2 milliard d’humains sont concentrés dans des bidonvilles (à quelle densité?)où ils ne produisent rien. Ce qui empêche un pays comme Haïti d’avoir une politique économique et démographique, ce sont les ingérences internationales incessantes qui n’ont pas cessé depuis Napoléon en 1802.

  9. le moins que l’on puisse dire est que vous manquez d’humour et que vous êtes insultant, parlez donc tout seul : « la savante » vous laisse l’espace de ce blog pour y exposer vos théories malthusiennes, votre mauvaise lecture d’Emmanuel Todd (un comble) personnellement je daignerai plus y répondre.C’est dommage parce que si je suis contre votre vision raciste (je maintiens) de ce qu’il faut imposer à l’humanité, je ne suis pas en désaccord avec d’autres aspects…
    danielle bleitrach

  10. Je précise il ne s’agit pas de vous répondre à vous qui êtes grossier avec moi après être venu porter le vademecum de l’occidental gavé (il faut que les peuples du tiers monde se restreignent, ils consomment trop, ils font trop d’enfants, etc..° mais aux participants de ce blog.

    oui je suis pour que l’on réoriente la consommation, mais que ceux qui consomment le plus commencent… Et je ne parle même pas en occident des ouvriers de la région parisienne que le prix des logements a chassé de plus en plus loin et qui ont besoin de la voiture pour travailler, je parle d’une réorganisation globale qui remette en cause le consumérisme occidental d’abord et les profits de la marchandisation, les spéculations sur les aliments,comme les subventions éhontées qui place l’agriculteur du tiers monde dans l’obligation de quitter la terre et d’aller se réfugier dans les villes où il n’a pas d’emploi (voir Mike davis le pire des mondes possibles).

    Votre discours à partir de là m’est apparu imbuvable et il l’était, il ne s’agissait pas d’en finir avec le consumérisme, d’aboutir une un nouvel ordre international, non il s’agissait de reprocher aux pauvres de faire trop d’enfants, un discours digne de malthus, un puritain, un pasteur qui voulait aussi dans son inconscient surveiller la sexualité des pauvres…

    Danielle Bleitrach

  11. Haiti a subit probablement le record mondial de l’ingérence étrangère depuis que cette république existe (1804 je crois). Par rapport à quel critère fixe-t-on le seuil de surpeuplement? On ne peut pas comparer des KMcarrés, des effectifs humains, des agrégats de PNB entre eux, pas plus que l’on peur diviser des carottes par des pantouffles. On va donc définir a priori un seuil et on dira qu’au dela de 100 ou 1000 ou 10 c’est trop. De quel droit? dans l’absolu il faut bien sûr maitriser la croissance démographique, mais en l’occurrence si les haitiens avaient fait preuve d’abstinence sexuelle depuis trois générations ils n’en pourraient pas plus face à la montée spéculative des prix alimentaires. En fait il semble bien que la forte fécondité soit une conséquence du sous-développement, et parfois la réaction défensive de peuples menacés dans leur survie en tant que peuple.

    Au fait, l’explosion démographique, au niveau mondial c’est largement terminé! la pénurie alimentaire a donc d’autres causes : principalement et paradoxalement la rapide croissance inégalitaire du Sud.

  12. comme disait Keynes le capitalisme est un système détestable, mais on ne sait pas vraiment par quoi le remplacer. Nous avons fasse à nous des générations dressées par ce système on en changera pas d’un coup de baguette magique.
    C’est étrange mais à Cuba, au Vénézuela, en Bolivie et même en Chine les peuples répondent à cette question.
    Sans doute les occidentaux que nous sommes demeurons trop intelligents, supérieurs même pour concevoir cette chose terrible et démoniaque: le socialisme.
    Oui mais que voulez -vous cela a déjà échoué hé bien non ce qui a échoué est le pas assez de socialisme dans tous les compartiments et avant de dire que l’on ne changera pas d’un coup de baguette magique posez-vous la bonne questions qui est: pourquoi est-ce que je refuse de considérer qu’une révolution es possible, souhaitable, inévitable et interrogez-vous également sur votre égo qui laisse entendre que parce que vous n’y e^tes pas disposé, les autres ne le seraient pas de même. Tout est question de classe et de conscience de classe. Quelle est la votre ?

  13. il ne s’agit pas de mon texte ici mais d’un article du Guardian.
    Cela dit je dois reconnaître qu’il y a des gens qui ont le don de m’exaspérer, yann que j’ai envoyé ballader a eu le malheur de faire étalage d’un stéréotype: « Ils font trop d’enfants », sans songer d’abord à mettre ne cause sa responsabilité et celle du monde auquel on appartient. Si on veut résoudre les problèmes c’est pourtant ce qu’il faut faire.
    Je partage le choix de la Chine critiqué par les bien-pensant;: la limitation des naissances par rapport à ce qu’elle peut nourrir. Mais c’est le choix de la Chine, de la politique de planification et d’organisation qu’elle s’est donnée. je n’ai même pas lu ce que Yann a répondu à Alain Girard mais il continuait à pontifier sur la Chine comme il avait pontifié sur HaIti à partir d’un vernis et beaucoup de morgue occidentale. Il y a un lien que j’ai suivi en revanche il y est allé se plaindre du « prof stalinien », je ne suis même pas resté pour savoir ce que les autres qu’ils conviaient à aller voir en pensait. tout ce que je peux en dire c’est que c’est ce que je cherche à éviter ici ces discussions oiseuses ou faute de travail on va de citations en citations, on dit n’importe quoi. Parce qu’il n’a répondu à aucun de mes arguments, quel que soit le ton irrité, il est reparti sur sa thèse que vous semblez partager. Sans même s’intéresser à ce que je lui disais, j’étais le prof..;
    Je vais vous avouer quelque chose, aussi loin que remonte ma mémoire j’ai travaillé tous les jours un minimum de 5 à 6 heures en plus de mes activités salariés ou familiales. J’ai la chance de ne dormir que 4 à 5 heures par nuit. Cela fait donc des décennies que j’agis ainsi et ce blog ne fait que refleter. Mais je suis excédée par l’esprit occidental qui juge tout et tout le monde à partir d’un vernis et qui élabore des solutions pour les autres qui vont jusqu’à l’eugénisme, comme s’il s’agissait d’animaux. Donc j’aurais toujours ce réflexe parce que cette indignation, ce refus de me contenter des ragots médiatiques que l’on prend pour de la pensée est aussi ce qui me donne la force de m’instruire, et de tenter de vous restituer le fruit de mon apprentissage.
    A Yann j’ai répondu par ailleurs mais il ne l’a certainement pas lu, puisqu’il n’a même pas lu ce que je lui répondais dans les posts (il a continué à ne pas vouloir dialoguer et ça vous ne le voyez pas parce que c’est l’habitude internet), j’ai mis deux articles sur le site: les deux concernaient la Chine, l’un sur les jeux olympiques dénonçait la morgue occidentale, je l’avais traduit rapidement, l’autre est un article que j’ai en préparation depuis 15 jours, il concerne les conditions de travail en Chine, les efforts surhumains du peuple chinois pour sortir du sous développement, le rôle des multinationales, et encore et toujours l’ignorance, l’inculture pédante et nocive de l’occident de gauche ou de droite.
    C’est tout ce que je peux répondre à une pensée aussi manipulée et manipulable…
    Danielle Bleitrach

  14. comme disait Keynes le capitalisme est un système détestable, mais on ne sait pas vraiment par quoi le remplacer. Nous avons fasse à nous des générations dressées par ce système on en changera pas d’un coup de baguette magique.
    En attendant cet individu qui prétend être des miens ne propose que soumission et ralliement à la pensée dominante.
    Je ne sublime pas la Chine j’ai trop de respect pour le travail pour savoir qu’il est utile et indispensable mais pas sublime pour autant.
    Un autre intervenant se plaint de réponses de potaches, oui notre bon maître, sur ce blog les potaches qui n’ont pas fait d’études ont le droit à la potacherie.
    J’ai le bonheur de travailler au sein de l’immigration dans un métier qui ne m’apporte plus rien et des migrants qui me donnent beaucoup.
    Certes ils n’ont pas un langage châtié, ils ne pratiquent pas les ronds de jambes et ne jouent pas les prudes effarouchés.
    Vos belles phrases n’emballent que le discours de la classe dominante, vous parlez beau, écrivez mieux encore et nous remplissons vos tranchées quand vous votez les crédits de guerre.
    Monsieur Yann véhicule ce discours de colon, « la colonisation est un devoir pour les peuples civilisés lorsqu’elle constitue un facteur de progrès en apportant aux indigènes attardés et ignorant les lumières de l’instruction et les bienfaits d’une saine éducation pouvant l’élever en conscience et dignité » SFIO années 30. Oui chers amis haitiens écoutez ces braves gens qui vous le disent avec amour et sanglots dans la voix: « vous faites trop d’enfants », ils serinent une chose identique aux chinois » vous polluez la planète et si vous continuez à nous copier avec toutes vos bagnoles cela sera intenable pour nous occidentaux qui en avons bien besoin de nos autos, alors chers amis chinois roulez en pousse-pousse c’est si bon pour les gambettes ».

    Le problème d’Haïti ne sera pas solutionné par des gémissements médiatiques, des pétitions idéologiques, des -‘pourquoi‘- ou des levées de bouclier, mais par des solutions concrètes, incitatives à investissement local.
    Alors la le must, des réponses toutes convenues et un engagement sans doute à la hauteur des mots et pour le reste…
    Enfin nous aurons appris des citations, c’est déjà cela pour replacer dans un coquetaille ça en jette.
    Cousteau c’est pas la famille qui trainaillait avec les nazis et leurs théories ?

  15. je voudrais préiser quelque chose, je ne suis ni Alain, ni Pedrito, ni a fortiori Yann, mais ici on a droit à la parole, chacun peut juger pourvu que les paroles ne soient pas insultantes ou dépourvues de sens. Si je réponds durement parfois c’est à cause de l’irritation que j’éprouve à retrouver non seulement le discours médiatique, mais également l’attitude etho-centriste-européo-atlantiste. Je suis désormais censurée à peu près partout, est-ce que je dois en plus être traquée par le même discours dominant jusque dans ce blog ?

    Honnêtement, au risque de vous paraître prétentieuse, est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes en train de crever de tous ces mots qui vous interdisent de penser, ce ne sont plus que des médicaments de confort…
    Vous dites que ce blog est un espace de réflexion, de travazil, certes mais vous êtes vous demandé pourquoi, moi j’y vois deux raisons:

    nous n’avons pas renoncé à unir des gens d’horizon différents, des intellectuels, des prolos, des enseignants, des étudiants, une peu comme les étoiles du drapeau chinois, ceux qui veulent le changement de société.
    Pour aboutir à cela il faut le contraire des bac +6 type Attac (c’est mon cas) et pour cela il faut deux choses, premièrement le respect de tous, celui que j’éprouve ici pour le peuple haitien et le peuple chinois. oui peut-être faut-iul restreindre les naissances comme l’ont fait les Chinois, mais cela doit partir d’eux et non de moi, occidentale, bac+6, etc… Moi tout ce que je dois faire c’est de m’interroger sur mes responsabilités et combattre.

    Au lieu comme toute la gauche d’exiger que le socialisme chinois soit celui que je rêve et que je suis bien incapable de réaliser chez moi, je me demande comme débarrasser le monde des cancers qui le rongent, les multinationales financiariées, mes gouvernants…

    Donc ce qui crée l’originalité de ce blog, c’est cette perspective autant que le travail quotidien… Et je dois le préserver parce que c’est devenu chose rare dans le laminage médiatique et la censure qui nous étouffe.

    danielle Bleitrach

  16. D’accord unissons-nous contre l’ennemi commun… Mais relisez le journal de Bolivie du Che, il y a un type avec lui qui sur le fond est un être pur puisqu’il a quitté un poste de ministre pour aller mourir dans la forêt bolivienne et il le savait. Mais c’est un caractériel, un enquiquinneur qui traite mal les rares boliviens qui se sont engagés. Le Che le fait appeler et lui dit que s’il continue il le renvois à Cuba, le gars hurle qu’il préfère qu’on le fusille. Le Che le dévisage froidement et lui dit « cela peut également s’envisager ». Il y a parfois des gens dans mon camp que je tuerais volontiers, en général c’est parce que cette gauche caviar, type Delanoe en train de se frotter au Dalaï lama pour être vu sur la photo en croyant que ça rapporte des voix a réussi à les convaincre que le monde avait besoin de leurs gérémiades…
    Le pire ce sont les anglo-saxons et leur esprit de supériorité, je pense à quelqu’un comme Naomie Klein, dès qu’elle parle de la Chine c’est du Mac cain… ou du richard Geere … Du Mia Farrow à peine amélioré…

    Tout cela parce qu’il se mette à la place des autres, parce que le monde est censé leur ressembler, et s’il est différent, si ses problèmes sont également différents, cela ne fait rien il faut leur faire la leçon… Non il faut se battre pour la souveraineté des peuples, la maîtrise de leurs ressources contre nos pilleurs…

    Nous n’avons jamais dépassé le couple abominable dont parle marx : Ricardo dit-il l’économie capitaliste transforme les hommes en chapeau, et Hegel l’intellectuel idéaliste les transforme en idée. Ce couple là cela donne le capitaliste qui exploite et son épouse qui fait son salut en portant des vêtements usagés aux ouvriers… C’est à l’échelle planétaire… Avec l’impérialisme humanitaire?

    Danielle bleitrach

  17. Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. – Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure.
    [ ]
    Citations de Lao-Tseu
    youpi j’ai trouvé un dico avec plein de citations

    http://www.dicocitations.com/
    MERCI QUI ?

  18. Ozenfant,

    si vous pouvez cohabiter avec ce genre d’individu je vous admire…
    Après la grande muraille, cette dinde poursuit son voyage culturel!!!En plus cette andouille imagine qu’on attend après elle… Voilà le genre d’invidu que je ne supporte pas.. j’ai voté pour elle avec fabrilité pour éviter sarkozy, mais on ne m’y reprendra plus. Comme je l’ai dit à Badiou: « Badiou, vous avez gagne , élections piège à con », je regrette d’avoir voté Ségolène et je me réjouis encore de m’être abstenue aux municipales marseillaises, je sens que j’entame un long parcours…

    par le dalaï-lama, Ségolène Royal veut aller au Tibet
    Reuters
    Reçue par le dalaï-lama en visite en France, Ségolène Royal annonce son intention de se rendre au Tibet.
    « Je lui ai exprimé mon souhait de me rendre au Tibet pour voir moi-même ce qui se passe. Il a trouvé que c’était une bonne idée », a dit l’ancienne candidate socialiste à la présidence après un entretien d’une quarantaine de minutes, dans un hôtel près de Nantes, avec le chef spirituel des Tibétains.

    « Donc, dès la semaine prochaine, je vais demander au autorités chinoises un visa pour me rendre au Tibet. Je crois que les choses pourront ainsi bouger », a-t-elle ajouté.

    Ségolène Royal a salué dans le dalaï-lama « un homme d’une dimension éthique et spirituelle considérable, qui souffre avec son peuple et le Tibet qui subit une répression féroce ».

    « Les solutions raisonnables que propose le dalaï-lama doivent être entendues des autorités chinoises », a-t-elle souligné.

    « La cause du Tibet est une cause pour la vérité et la justice et je considère que ceux qui soutiennent notre cause ne soutiennent pas seulement le Tibet mais la vérité et la justice », a déclaré pour sa part le dalaï-lama à la dirigeante socialiste.

    Le chef religieux tibétain en exil doit rencontrer lundi après-midi le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale.

  19. Ce qui me plait, ici, sur le blog de Danielle, c’est justement que j’y ai trouvé un certain esprit, une liberté de ton, un lieu d’échanges, de dialogues, de lectures, sur des sujets qui nous rassemblent, parfois nous ressemblent, parce que justement rien ne nous oblige à être des bacs + pour exprimer un sentiment, un avis, une opinion, un besoin de continuer à agir dans un monde où l’essentiel nous est confisqué.
    Mon bac, moi, je l’ai raté, mais ma vie, je l’ai bien remplie, plus modestement j’ai essayé de bien la remplir, humainement, politiquement, et elle m’a enrichi ,- sur un plan humain, s’entend- même si je n’ai pas lu Todd : je n’ai rien lu de ce monsieur, je ne suis pas un intello, j’ai lu d’autres auteurs, peut-être pas suffisamment par rapport à d’autres, car il semble que pour eux un citoyen peut être jugé fréquentable à l’aulne des livres et des auteurs qu’il ait pû lire; c’est du moins ce que je ressens à la réaction que j’ai provoquée, dont je me suis expliqué.
    Mais ma fierté à moi, qui n’ai pas lu Todd, et je n’en ai aucun regret, c’est de ne m’être jamais couché devant des décideurs ou leurs valets (en Algérie , 2° classe après 27 mois d’armée, au boulot où mon engagement m’a « coûté », au PC avec ses carriéristes…) C’est dire que j’ai une certaine liberté (ou franchise) de langage qui peut passer, dans certains milieux que je crois deviner hautement intellectuels par rapport au modeste cadre que j’ai été, pour un peu rustre, certainement en rapport aux souffrances que j’ai endurées et partagées dans mon combat pour la classe des gens modestes, et aussi un peu las des discoureurs quotidiens au service de la pensée unique que je ne supporte plus. Je suis retraité, mais citoyen en activité.
    En conclusion, je ne demande à personne de partager ma vision des gens et des choses, ma sensibilité ou ce qui peut paraitre de la rudesse dans mes propos : je n’ai pas la finesse d’analyse de celles ou ceux qui ont un bagage que je n’ai pas. Et qui n’acceptent que les propos de leurs semblables au cours de « tertulias » élitistes pour oreilles averties exclusivement.
    Devrais-je pour cela me taire lorsque l’occasion m’est donnée de réagir ?

  20. je veux maintenant que ça s’arrête, je ne tolérerai pas d’insultes et les prochains messages d’où qu’ils viennent seront supprimés, le débat n’a plus de sens. Chacun a dit son opinion, on en reste là.

    danielle Bleitrach

  21. Bonjour Socio13.
    C’est un réel plaisir de vous lire. Les informations que vous rapportez sont très pertinentes et permettent d’avoir une vision plus complète de notre monde, plutôt que d’entretenir de vagues idées parcellaires. Pour beaucoup, il n’est pas toujours possible ou même courant de rechercher une profondeur dans les réflexions voire les propos, malgré l’accessibilité à l’information. S’interroger et remettre des idées reçues en question est pour certains trop laborieux. Alors, la plupart des gens répètent les propos entendus ici et là, tentant d’en faire les leurs.
    Je vous remercie mille fois pour cette rigueur. Votre curiosité et honnêteté intellectuelle nous est bénéfique à tous!
    Nirva


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