IRAK : Portrait de Moqtada Sadr

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Le jeune chef radical, qui affiche son nationalisme et son opposition inébranlable à l’occupation américaine, est engagé depuis près d’une semaine dans un bras de fer crucial avec le Premier ministre Nouri al Maliki.

Il est rarement vu en public, et garde ses distances avec la presse, mais ses ordres font loi pour des millions de chiites en Irak: Moqtada Sadr, ignoré par les Américains lorsqu’ils ont envahi le pays en mars 2003, est aujourd’hui un acteur clef de son destin.
Le jeune chef radical, qui affiche son nationalisme et son opposition inébranlable à l’occupation américaine, est engagé depuis près d’une semaine dans un bras de fer crucial avec le Premier ministre Nouri al Maliki.
Dimanche 30 mars, il a appelé ses combattants de l’Armée du Mahdi à se retirer des rues, après près d’une semaine de combats à Bassorah (sud) face aux troupes régulières supervisées par N. Maliki.

Les miliciens se disent prêts à mourir pour lui

Ailleurs dans le pays, notamment à Bagdad, les miliciens en uniformes noires, qui se disent prêts à mourir pour lui, s’étaient aussi opposés à cette tentative de mise au pas par le pouvoir central.
Le jeune âge de Moqtada Sadr a été souvent utilisé contre lui par ses détracteurs pour lui refuser un rôle politique, que son affiliation à une dynastie prestigieuse lui réservait. Né au début des années 1970, Moqtada est le fils de Mohammed Sadek Sadr, héraut d’un chiisme militant devenu une doctrine populiste et socialisante, que Saddam Hussein a fait assassiner avec deux de ses fils, en 1999. Son oncle, Mohammad Baker, était un grand philosophe et penseur chiite, lui même éliminé en 1980 par le dictateur.
Aujourd’hui, il a repris le flambeau du combat, pourfendant les politiciens corrompus, réclamant justice pour le peuple, et exigeant pour son mouvement une plus grande représentation dans les instances dirigeantes du pays.

perçu comme le représentant des déshérités

Les portraits du jeune religieux, au front ceint du turban noir des descendants du Prophète, sont placardés dans tous les bastions de son mouvement, comme le bidonville surpeuplé de Sadr City, dans le nord-est de Bagdad.
Il est perçu comme le représentant des déshérités, en concurrence pour le pouvoir avec un autre courant politique des chiites irakiens, plus conservateur et plus bourgeois, celui d’Abdel Aziz Hakim, chef du Conseil suprême islamique irakien (CSII), soutien indispensable de N. Maliki.
Il a créé en 2003 son Armée du Mahdi, rapidement devenue la plus puissante des milices irakiennes avec quelque 60.000 combattants. Et il a refusé depuis de la dissoudre.
Il est aussi à la tête d’une vaste organisation sociale, et il s’est prêté au jeu politique dans le nouvel Irak en participant au gouvernement de Nouri Maliki avant d’en faire sortir ses six ministres, en 2007.

la plus grave menace à la stabilité de l’Irak

Il a également retiré au gouvernement, qu’il accuse de collaboration avec « l’ennemi », le soutien de son bloc parlementaire, le plus nombreux de l’Assemblée.
Les stratèges américains, qui avaient mésestimé son influence dès le début de leur occupation, ont dû prendre rapidement la mesure de sa puissance.
En 2004, de violents combats ont opposé les troupes américaines à l’armée du Mahdi dans la ville sainte de Najaf (centre-sud). Les miliciens avaient été défaits mais avaient établi leur réputation de combattants prêts à l’ultime sacrifice. Et en décembre 2006, les généraux américains considéraient que Moqtada Sadr était la plus grave menace à la stabilité de l’Irak.

Les informations avérées sur ses faits et gestes sont rares

Le visage rond, la barbe noire et les yeux sombres, Moqtada al-Sadr vit le plus souvent dans la localité de Koufa, voisine de Najaf, où il est né.
Les informations avérées sur ses faits et gestes sont rares, et les rumeurs ont voulu ces derniers mois qu’il passe le plus clair de son temps en Iran, ou qu’il se soit retiré pour se consacrer à ses études religieuses.
En août 2007, il a montré le poids de sa parole lorsqu’il a appelé ses combattants à une trêve unilatérale. Elle a été respectée, et saluée par le commandement américain comme un élément du calme relatif qui s’était installé, jusqu’à la semaine dernière.

NOUVELOBS.COM | 30.03.2008 | 18:23

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