Tibet : Réponses sur l’Histoire, la religion, la classe des moines, les problèmes sociaux, la répression, le rôle des USA…

29 mars 2008

Elisabeth Martens interviewée par Bénito Perez pour  » Le Courrier  » de Genève, le 27 mars 2008. Voici la version intégrale de cette interview qui répond sans ambages à toutes les questions sur l’histoire, les événements, la répression, le Dalaï Lama, les problèmes sociaux du Tibet…

Pouvez-vous vous présenter brièvement? Comment êtes-vous venu à vous
intéresser au Tibet et à la Chine?

Je suis partie durant trois années en Chine, après des études de biologie en Belgique, pour me spécialiser en médecine traditionnelle chinoise. J’ai bien sûr profité de mon séjour là-bas pour voyager du nord au sud et d’est en ouest. Un de ces voyages m’a amené pour la première fois dans une région tibétaine (c’est-à-dire habitée, ea, par des tibétains) en 1990, à XiaHe au Gansu, au grand monastère du Bouddhisme tibétain de Labulang. J’ai été surprise par la facilité de contact avec les lamas qui se promenaient en rue et allaient faire leurs courses à l’épicerie du coin ; c’est loin de l’image de nos moines cloîtrés derrière leurs murs.

Surprise aussi par la différence entre les bouddhas chinois, tout ronds comme des théières qui mijotent doucement sur le poêle, souriants, joviaux, et les bouddhas tibétains, beaucoup plus imposants. Et encore surprise de trouver dans les temples une quantité phénoménale de représentations de dieux, de monstres, de boddhisattvas, etc. plus féroces et effrayants les uns que les autres. J’ai trouvé que, d’une certaine manière, c’est assez proche de ce que l’on trouve comme galerie d’horreurs dans nos églises : des hommes transpercés, crucifiés, ou jetés dans des marmites d’huile bouillante, etc. Rien de comparable dans l’art chinois : dans la pensée chinoise, et donc dans les arts de la Chine, la souffrance et le moyen de s’en délivrer n’est pas au centre des préoccupations. De quoi devrait-on se délivrer à partir du moment où l’on sait que la souffrance est l’opposé-complémentaire du bien-être ? J’ai trouvé dans les régions tibétaines, où je suis retournée plusieurs fois par la suite (la dernière fois, en été 2007), une culture très différente de la culture chinoise. Cette différence m’a paru intéressante : comment un pays aussi gigantesque que la Chine (plus grand que toute l’Europe) s’en sort-il pour concilier 55 nationalités parlant chacune leur propre langue, surtout avec la disproportion de Han (environ90%) par rapport aux autres nationalités ?

 

– Que se passe-t-il, selon vos informations (quelles sont vos sources?), actuellement dans les régions de Chine peuplées de Tibétains?

Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les témoignages des étrangers présents sur place vont tous dans le même sens : les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d’autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées. Les armes utilisées étaient des cocktails Molotov, des pierres, des barres d’acier, des poignards et des couteaux de boucher. Il y a eu 22 morts et plus de 300 blessés, quasi tous des Hui et des Han. Il s’agissait d’actes criminels à caractère raciste . Serge Lachapelle, un touriste de Montréal, dit :  » Le quartier musulman a été complètement détruit, plus aucun magasin ne tenait debout  » .

Dès le 18 mars, le Dalaï Lama déclare dans une conférence de presse que  » les événements au Tibet échappent à son contrôle et qu’il est prêt à démissionner si les violences se poursuivent « . Il ajoute que  » ces actes de violence sont suicidaires  » . Il n’empêche que, à peine quelques jours plus tard (le 21 mars), par une étrange coïncidence du calendrier, Nancy Pelosa, présidente du Congrès américain, arrive à Dharamsala pour une visite officielle au 14ème Dalaï Lama. Elle parle des évènements au Tibet comme d’un  » défi pour la conscience mondiale  » et exige de la Chine de pouvoir envoyer au Tibet une commission internationale indépendante afin de vérifier l’accusation chinoise comme quoi  » l’entourage du Dalaï Lama se trouve derrière les violences « , et afin de contrôler  » de quelle manière sont traités les prisonniers tibétains en Chine  » . C’est une des stratégies utilisées par les Etats-Unis : forcer la Chine à accepter des équipes d’inspection qui portent le cachet des  » Droits de l’Homme « , ou pouvoir dire que la Chine les a refusées. Pour exécuter un tel plan, nul mieux placé que le Dalaï Lama : dans son allocution du 10 mars, ce dernier exhortait déjà la Chine à  » une plus grande transparence  » .

– Ces termes ne font-ils pas curieusement écho au  » glassnost  » qui a conduit à l’éclatement de l’URSS ?

L’Allemagne, avant-garde de l’Europe, s’aligne sur les exigences de transparence des Etats-Unis : son ministre des Affaires étrangères a déclaré que  » le gouvernement fédéral de l’Allemagne demande une plus grande transparence de la part du gouvernement chinois  » . Quant aux autorités chinoises, elles parlent d’une révolte préméditée et bien organisée. L’occasion choisie pour donner le feu vert aux émeutiers était la date anniversaire de commémoration de la révolte de 1959 à Lhassa, date que les Tibétains en exil ont décrétée  » Fête nationale  » : le 10 mars. Ce jour-là, une marche, partant de l’Inde et se dirigeant vers le Tibet, a effectivement démarré. Elle devrait durer six mois: jusqu’aux débuts des JO de Péking. Cette marche a été organisée par le  » Mouvement pour le soulèvement du peuple tibétain  » (il est difficile de traduire  » uprising  » autrement que par  » soulèvement « ). Il s’agit d’une association dans laquelle sont représentées les fractions principales du gouvernement tibétain en exil : le NDP (New Democratic Party), le Congrès de la Jeunesse tibétaine (Tibetan Youth Congres), et le mouvement des femmes.

Le 10 mars était clairement le signal de départ des émeutes : elles ont été encouragées à distance par de multiples manifestations devant des ambassades chinoises (e.a. à Bruxelles). En Chine même, des tracts appelant à manifester pour l’indépendance du Tibet, ont été distribués dans les différentes régions tibétaines . Le même jour, trois cents lamas du monastère de Drepung ont manifesté au centre de Lhassa, de manière non-violente bien que “provocatrice” ; la police les a dispersés, sans heurts. Ce ne fut plus le cas quelques jours plus tard, le 14 mars : plusieurs groupes de Tibétains, tous armés de la même manière et opérant de la même manière, se sont dispersés dans la ville de Lhassa, ouvrant les hostilités et semant la panique. La suite est le drame que l’on sait, avec les répressions chinoises que l’on devine. Faut-il rappeler que le Droit international stipule que « chaque pays a le droit d’utiliser la force contre des mouvements d’indépendance qui vise à la division du dit pays » ? Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio!

– On a généralement analysé ces émeutes comme une « réaction à la colonisation du Tibet par les Chinois »? On parle même de génocide? Qu’en est-il?

Quand on parle de  » colonisation  » d’un pays par un autre, il faut, au minimum, qu’il y ait deux pays. Dans ce cas précis, faut-il rappeler que le Tibet n’a jamais été reconnu comme  » pays indépendant  » ? Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l’empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.

Cela se passe sous le règne du 13ème DL, qui voit dans l’occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l’indépendance. Il se base pour cela sur ce qu’il a appelé le  » Grand Tibet  » : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu’il n’y avait pas de cartes à l’époque) à ce qu’était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle. Or la Chine du début du 20ème sortait d’un siècle de ventes aux enchères, avec la succession des  » concessions  » faites aux pays occidentaux. Céder le tiers de son territoire était signer son arrêt de mort. Donc cette demande d’indépendance a été sans suite. Je veux dire par là : sans aucune suite. C’est dire que ni les NU ni aucun pays n’a jamais reconnu le Tibet comme un pays indépendant. C’est une première réponse à votre question.

Une deuxième, c’est que quand on parle de  » colonisation « , cela implique en filigrane que le pays envahisseur profite des biens du pays envahi. Or, si on considère les cinquante dernières années du Tibet, on constate un phénomène inverse. La population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et à une rapide amélioration du niveau de vie. Ce qui, à vrai dire, n’était pas très compliqué, vu les conditions désastreuses dans les quelles vivaient plus de 90% de Tibétains sous le régime théocratique des DL. Toutefois, cette amélioration n’a pas été aussi rapide que dans les grandes villes chinoises qui, par leur lustre, font croire au monde entier que la Chine est devenue capitaliste. C’est fou ce que l’on fait croire avec des paillettes, des lumières et des vitrines. Pour répondre à votre deuxième question, celle du génocide, il faut à nouveau faire un petit retour historique. En 49, avec l’avènement de la R.P. de Chine, le gouvernement chinois opte pour une remise à zéro des compteurs : tous les étrangers et influences étrangères sont mis à la porte et les frontières chinoises sont réaffirmées, aussi dans les provinces lointaines dont le Tibet. Dès 1956, une rébellion armée est organisée dans plusieurs monastères tibétains (ea. Litang et Drepung) : avec la RP Chine, c’est les dignitaires tibétains qui sont visés, ceux du clergé en particulier. C’est d’ailleurs cette couche de la population qui commence à fuir vers l’Inde et qui va constituer la communauté tibétaine en exil (de la même manière que l’exode vers TaiWan qui était composée essentiellement des  » grosses  » familles chinoises).

– Cette rébellion armée est dès ces débuts soutenue financièrement et logistiquement par la CIA . Pour quelle raison ?

Il suffit pour le comprendre de lire ce que disait un rapport de l’Office des Affaires Etrangères des E-U en avril 49 :  » Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l’indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n’est pas le Tibet qui nous intéresse, c’est l’attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine  » . On ne peut être plus explicite ! La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s’étend par vagues jusqu’à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l’Armée rouge en 59. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les E-U d’amener l’opinion publique à croire qu’il s’agissait d’un génocide, c’est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du Bouddhisme tibétain en exil.

Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toute pièce . Patrick French, ex-directeur de  » Free Tibet « , a été le vérifier sur place, à Dharamsala. Après avoir compulsé longuement les documents « officiels » qui ont servi à avancer ce chiffre, il a été complètement dégoûté par l’ampleur de la falsification venant de la part de ceux qu’il admirait. Il raconte cet épisode dans son livre . Ce qui est important à retenir dans cette falsification, c’est que si on parle de 1,2 million de morts sur une population d’à peine deux millions d’habitants, on peut en effet parler d’un  » génocide « . Mais s’il s’agit que quelques milliers de morts de part et d’autre, il ne s’agit plus d’un génocide, mais d’une guerre civile. Ce chiffre de 1,2 million de morts a donc permis de manipuler l’opinion publique en l’amenant vers la méfiance, voire la xénophobie, vis-à-vis des Chinois. C’est le même topo depuis 50 ans. Donc, si on analyse les faits de manière historique, on ne peut parler ni d’invasion, ni de colonisation, ni de génocide. Les émeutes qui ont eu lieu ce mois de mars 2008 doivent être analysées dans un contexte économique en tout premier lieu, sans oublier que le Tibet est un des terrains de combat entre les E-U et la Chine, depuis longtemps.

– La violence des manifestations ne cadre pas avec le pacifisme affiché par le Dalai-Lama. Pourquoi?

Le DL et son entourage portent les couleurs du pacifisme et se doivent d’entretenir l’image de tolérance et de compassion qui sied au Bouddhisme tibétain, sinon qui les croirait encore en Occident ? Le DL a quand-même pris le temps d’ameuter l’opinion publique autour de la manifestation pacifique des 300 moines de Drepung descendus au centre de Lhassa le 10 mars et a immédiatement incriminé la répression aux forces de l’ordre chinoises (soit dit en passant, tout un chacun qui a voyagé au Tibet a pu remarquer que la police est essentiellement composée de Tibétains et compte très peu de Chinois). Quand les actes de violence ont atteint un niveau de barbarie sans nom, il s’est rapidement distancié des événements. Quel rôle joue-t-il là-dedans ? Pour le savoir, il faut analyser à qui profitent ces émeutes : ni aux Chinois, ni aux six millions de Tibétains de Chine. Elles servent essentiellement à ameuter l’opinion publique autour des violations des Droits de l’homme en Chine, le manque de liberté d’expression, et les diverses répressions que nous incriminons au gouvernement chinois. Donc, elles servent à donner de la Chine une image exécrable, ceci juste avant les JO qui vont rassembler la presse internationale à Pékin.

Je pense qu’en partie, elles reflètent l’énorme peur que nous avons de la puissance économique que représente la Chine actuellement. Il est vrai que si par certains côtés, elle fait encore partie du Tiers Monde, par d’autres côtés, elle risque de nous rattraper très rapidement et même de nous dépasser. Peu de gens ici se rendent compte que la Chine compte un potentiel intellectuel gigantesque et que cette masse d’intellectuels chinois commence à en avoir par-dessus la tête de se voir constamment refoulée et dénigrée par l’Occident. Ils ne vont plus se taire pendant longtemps. Pour résumer, je pense que ces émeutes servent à noircir l’image de la Chine : provoquer des émeutes à caractère racial dans les régions tibétaines, c’est obliger le gouvernement chinois à sortir la grosse mitraille, et donc nous pourrons parler en tout bien tout honneur d’une  » répression sauvage  » exercée par le gouvernement chinois lors  » d’incidents ethniques « .

On connaît la chanson : elle a été utilisée à plusieurs reprises depuis 89 (conflits en Afrique, dans les Balkans, en Irak, et ceux pour démanteler l’URSS). Il faut savoir aussi qu’au sein de la communauté tibétaine en exil, une scission est de plus en plus évidente : d’une part, il y a les modérés, dont le DL, qui ne prêche pas (pas ouvertement en tout cas) pour la violence et ne demande même pas une indépendance, mais parle « d’autonomie poussée », comme on sait. D’autre part, et pour le moment c’est une fraction majoritaire au sein du gouvernement en exil, il y a les radicaux qui exigent une indépendance totale et sont prêts pour cela à prendre les armes. Vous imaginez bien qu’un discours pareil serait impossible à tenir sans l’appui de leurs alliés de 50 ans : les E-U qui, d’ailleurs continuent à financer et à armer la communauté tibétaine en exil. En réalité, les E-U disposent actuellement de deux chevaux de bataille qu’ils utilisent simultanément : le DL et sa suite (européenne, surtout) par qui passe le discours pacifiste qui sert à rassembler les intellectuels occidentaux autour des thèmes de  » démocratie « , de  » droit de l’homme « , de  » liberté de presse « , etc. qu’il faut imposer à la Chine (c’est un comble  » une démocratie  » qu’il faut imposer !… mais ça marche à 200%), et puis la fraction « dure » du gouvernement tibétain en exil qui compte de plus en plus de membres grâce à un discours musclé de lutte pour une indépendance, coûte que coûte. Apparemment, ce sont ces derniers qui mettent le feu aux poudres et déclenchent les violences.

– Cela n’exprime-t-il pas un réel mécontentement?

Oui, bien sûr. Ce que je vous ai expliqué jusque là ce sont les déclencheurs  » externes  » des émeutes. Mais il est évident que s’il n’existait pas un  » terrain « , les déclencheurs ne pourraient rien déclencher. Comme je vous le disais, les raisons internes sont essentiellement économiques, donc aussi sociales. D’abord, il faut se rappeler que l’enseignement au Tibet n’a pu démarrer que dans les années ’60, vu le retard général du Tibet comparé au reste du pays. Ce qui veut dire que les premiers universitaires ou techniciens supérieurs tibétains n’ont commencé à travailler que dans les années 80, soit 10 ans plus tard que les Chinois Han (et 10 ans en Chine, c’est presque 100 ans chez nous !). C’est un retard qui n’est pas encore rattrapé maintenant. Ce retard dans les niveaux de formation, donc aussi dans le type de travail proposé aux uns et aux autres, explique que les postes  » importants  » sont occupés surtout par des Chinois.

Au-delà de ce premier problème qui est réel, difficile à résoudre, et source de conflit  » ethnique « , il y a aussi le retard bien connu, partout en Chine, des campagnes par rapport aux grandes métropoles. Si beaucoup de Tibétains ont profité des avancées économiques de la Chine, beaucoup d’autres sont restés dans le marasme. Ce fait ne touche pas que le Tibet, mais l’ensemble de la Chine : les inégalités se font de plus en plus criantes entre les plus aisés (ou même les moyennement aisés) et les plus démunis. Ce qu’il y a sans doute de plus spécifique au Tibet, c’est que peu de Chinois résidant au Tibet sont sans travail – s’ils arrivent au Tibet, c’est qu’ils savent qu’ils y auront un travail, sinon ils iraient ailleurs -, alors qu’il y a beaucoup de jeunes tibétains sans travail. En général, ils viennent de la campagne et ont juste suivi l’école primaire. Ils manquent de qualification, alors que les Chinois qui viennent travailler au Tibet sont des techniciens qualifiés, des universitaires ou des cadres, et bien sûr des commerçants. Même si l’enseignement est facilité aux Tibétains (comme aux autres minorités ethniques de la Chine, d’ailleurs), que le minerval est moins élevé et que les examens d’entrée sont moins sévères que pour les Han, les Tibétains ne voient pas toujours l’intérêt de poursuivre des études supérieures. Amener les Tibétains à se former serait pourtant une manière intéressante de diminuer l’inégalité sociale, alors que la Chine  » s’en tient  » à injecter des milliards de yuan pour le seul développement économique du Tibet. De plus, dans les villes tibétaines, le marché libre favorise les Chinois Han et les musulmans Hui qui ont plus d’expérience dans le commerce que les Tibétains. Donc, là aussi, les Tibétains se sentent sur le carreau par rapport aux Han et aux Hui.

A noter que la haine raciale vis-à-vis des musulmans est ancrée de longue date dans le Bouddhisme tibétain et véhiculée par lui (ea. par le Kalashakra) : c’est en raison des invasions musulmanes dans le nord de l’Inde au 10ème et 11ème siècles que les maîtres tantriques ont été se réfugier au Tibet. Le Tantrisme indien, devenu au Tibet le bouddhisme tibétain, a gardé vis-à-vis de l’Islam une rancœur de longue durée à cause des persécutions musulmanes.

– La Chine n’a-t-elle pas annexé le Tibet? Peut-on nier l’existence « une revendication nationale au Tibet, d’une « nation Tibétaine » distincte de la Chine?

Comme je vous le disais plus haut, le Tibet a été annexé à la Chine par les Mongols, c’est-à-dire à l’époque où les Mongols étendaient leur empire e.a. sur la Chine (13ème). Lorsque la Chine a repris le contrôle sur son empire, avec les Ming, du 14ème au 16ème siècle, elle s’est passablement désintéressée de cette lointaine contrée tibétaine et le Tibet est resté annexé à la Chine  » passivement « . Puis, les Mandchous se sont emparés de la Chine et ont fait du Tibet une province chinoise. Episode suivi par celle des Britanniques, puis celle des E-U.

– Alors que signifie le terme  » nation  » ?

Si vous voulez parler d’une nation historiquement distincte de la Chine, il faut remonter à la dynastie des Tubo qui régnait sur le Tibet du 7ème au 9ème siècle. C’est comme si maintenant on revendiquait l’empire de Charlemagne ! Si vous voulez parler d’une culture spécifique, cela semble évident que le Tibet n’a pas la même culture que la Chine, ne fut-ce que par sa langue et son écriture, mais aussi par ses traditions, ses religions, ses habitants, etc. Ce qui n’a d’ailleurs pas empêché de multiples croisements, au point que je me demande ce que cela pourrait engendrer comme déchirures et drames familiaux si un jour le Tibet devenait réellement indépendant et mettait tous les Chinois Han à la porte, ainsi que tous les musulmans (ce sont les deux ethnies visées par le gouvernement en exil) : ils auraient un sacré problème pour distinguer qui est qui, et qui appartient à quelle ethnie. En fait, les discours ethniques ne sont là que pour expliquer au grand public des guerres que se font entre elles les grandes puissances : cela s’est vu dans les Balkans, en Irak, en URSS, cela se reproduit au Tibet. Ce qui m’ahurit, c’est que l’opinion publique n’a pas encore « fait tilt ». Et ce qui m’inquiète, c’est que les enjeux dans ce conflit-ci dépassent de loin tous ceux qu’on a vu dans les autres conflits : d’une part la Chine ne se laissera pas faire, d’autre part, c’est l’économie mondiale qui risque de basculer.

– Aujourd’hui, les Tibétains peuvent-ils vivre selon leur culture/religion?

Les Tibétains sont pour la plupart très croyants, cela se voit dans le quotidien : les moulins à prière tournent allègrement, on assiste à des prosternations devant les temples du matin au soir, sur les routes on rencontre des pèlerins en marche vers Lhassa, les drapeaux de prière flottent sur les cols, les monastères sont bondés de moines même des très jeunes enfants (ce qui est interdit par la loi chinoise), les billets de banque s’amoncellent au pied des bouddhas, de loin on entend résonner les trompettes et les mantras.

La pratique religieuse est loin d’être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire ! Ou bien, il faut n’avoir jamais été au Tibet. Dans l’enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouvert à l’intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l’étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc. Donc je pense que c’est vraiment un non-sens de dire que la culture et la religion sont opprimées ou détruites. A nouveau, c’est l’information qui est donnée chez nous : après avoir mis en lumière la tromperie quant au génocide ethnique, on s’est rapidement tourné vers le « génocide culturel ». Il est évident que, moi, en tant que petit individu, si je dis l’inverse, personne ne me croira, mais il suffit d’aller voir sur place pour vous en convaincre.

Alors de quoi parle-t-on lorsqu’on pointe du doigt la « répression chinoise » ? Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de « séparatisme », ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 59, lors de l’exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du DL (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d’actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute ?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu’elle sait que le soutien à ce mouvement pour l’indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l’Occident et vise la division de la Chine. Comme je vous le disais, le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c’est un contentieux qui oppose la Chine à l’Occident et qui s’exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.

– Quelle est la nature du bouddhisme tibétain et de sa structure/clergé? Ses rôles sociaux et politiques, passés et présents?

Alors là, vous me demandez de réécrire mon bouquin ! En résumé, le Bouddhisme tibétain est issu du tantrisme, une des trois grandes écoles ou « véhicules » du Bouddhisme. D’après les bouddhologues, c’est le véhicule qui s’est le plus éloigné du dharma (ou enseignement originel du bouddha, 6ème AC). Tout d’abord, parce qu’il s’agit du véhicule le plus récent (6ème PC), donc le Bouddhisme a eu le temps de se métamorphoser plusieurs fois, ce à quoi il a dû se prêter en raison de la difficulté intellectuelle de son enseignement. Et ensuite parce que le Bouddhisme tibétain a la particularité d’exercer simultanément un pouvoir spirituel et un pouvoir temporel, ce qui n’existe pas dans les deux autres véhicules du Bouddhisme.

En fait, le tantrisme a pris son essor au Tibet au 10ème et 11ème par les circonstances historiques que je vous ai racontées (invasions musulmanes). A cette époque, le Tibet était totalement désorganisé au niveau politique et social. Or les communautés tantriques venues du nord de l’Inde étaient, elles, très structurées et hiérarchisées. C’est pourquoi, lorsqu’elles se sont installées dans ce Tibet qui demandait une réorganisation, elles ont repris la région en main de manière « spontanée », en utilisant leurs propres critères. Le tantrisme est devenu le bouddhisme tibétain à partir du moment où il s’est adapté aux mœurs, coutumes et à la religion autochtones (le Bön). On peut dire qu’à cette époque, la religion bouddhiste fut bénéfique au Tibet, puisqu’il a amené le Tibet vers une féodalité structurée. L’ennui, c’est que cette féodalité s’est figée durant un millénaire autour d’un pouvoir religieux extrêmement répressif et conservateur. Le Tibet a été arrêté dans son évolution en raison de ce pouvoir omniprésent et omnipotent. Il ne faut pas oublier que les monastères possédaient plus de 70 % des terres tibétaines, le reste allant aux familles nobles. Jamais n’a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C’était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-Âge où les monastères devaient se faire une petite place à l’ombre des châteaux forts. Avec l’avènement de la RP Chine en 49, il fut d’autant plus difficile pour le haut clergé tibétain de renoncer à ce pouvoir.

– Vous dites que le bouddhisme tibétain a permis d’imposer un système féodal. Mais cela a été le cas de la plupart de religions. Ce temps n’est-il pas révolu?

Bien sûr, cela a été le cas pour pas mal d’autres religions, comme quoi les religions ont toujours un pied dans la politique, quoi qu’on en dise. Le bouddhisme tibétain a permis à une société tribale, telle qu’elle était avant le 9e siècle, d’évoluer vers une société mieux structurée, féodale. La féodalité n’a plus la cote nulle part, et l’ancienne élite tibétaine, maintenant en exil, n’a pas l’intention de revenir à l’ancien système. Ils se modernisent eux aussi et sont plutôt partisans du modèle « marché libre » avec réinstauration de la propriété privée des terres, donc, surtout en dehors du système chinois, mais copié sur le modèle occidental.

– Comment expliquer le sentiment très pro-Tibétain en Occident, notamment dans les médias?

L’opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous ? La censure est aussi réelle ici qu’ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n’est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : « comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique » ? Ni les E-U, ni l’Europe n’apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : « Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! » crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l’UE doit adopter face à la Chine . Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa ! C’est assez monstrueux, mais cela démontre par « a+b » que le « grand monde de la diplomatie et du trust financier » n’a cure du Tibet, ce qui lui importe c’est « foutre le bordel en Chine ».

– Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l’approbation des intellectuels ?

Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le Bouddhisme tibétain ne s’est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident « en vide de valeurs spirituelles » ? Entré chez nous en surfant sur la vague du « retour aux sources » des années 70, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un « athéisme spirituel », une philosophie de vie, un mode d’être, une thérapie intérieure, etc., bref, tout sauf une religion.

Or, si on y regarde d’un peu plus près, le Bouddhisme du Bouddha est déjà une religion puisqu’il propose une transcendance : un au-delà des souffrances résultant de nos limites physiques et temporelles. Est-ce qu’un au-delà, ou une transcendance, n’implique pas une foi ? Le Bouddhisme tibétain est encore plus une religion, puisqu’il a réintroduit des dogmes, dont le plus fameux : la réincarnation, justement celui contre lequel s’est insurgé le Bouddha en personne ! La réincarnation a été remise à l’honneur par le Bouddhisme tibétain au 14ème siècle, pour pouvoir officialiser la succession de l’héritage spirituel, temporel et, surtout, matériel d’un Rinpoché (ou responsable de monastère) vers le suivant, par le système des tulkous (qui compte avec la croyance en la réincarnation). Etre responsable d’un monastère au Tibet à l’époque féodale, c’était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d’assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain.

Bref, le Bouddhisme, grâce à son caractère très plastique s’est adapté aux différents environnements où il a élu domicile, que ce soit au Tibet, ou au 20ème chez nous… où Sa Sainteté le DL se plait à nous servir quelques louches de démocratie, avec une cuillère à soupe de Droits de l’homme, et autant de liberté d’expression, à mélanger consciencieusement à une bonne pincée de tolérance et de compassion bouddhistes, et on obtient une pâte bien lisse prête à enfourner dans les hauts fourneaux médiatiques pour en faire une succulente tarte à la crème ! Que le Bouddhisme s’adapte, c’est un signe de bonne santé ! Ce qui est beaucoup plus malsain, c’est un DL qui fait passer le Bouddhisme tibétain pour une non-religion (une philosophie) de tolérance et de compassion dénuée d’implications politiques. Là, il y a vraiment de quoi s’esclaffer (bien que ce ne soit pas une bonne blague) !

– Ne peut-on aussi l’expliquer par le caractère totalitaire et répressif de l’Etat chinois?

Evidemment, ce qu’on met en avant chez nous, c’est le contraste entre le « pacifisme » du DL et le « totalitarisme » de la Chine. Mais c’est un peu ridiculement noir-blanc, ne trouvez-vous pas ? C’est juste bon à persuader des enfants en robe de communion. Alors comment se fait-il que tout le monde chez nous (même les intellos de gauche, progressistes, écolos, bios, et tout et tout) a cette idée très contrastée en tête, d’un Tibet tellement sympathique et d’une Chine abominablement répressive ? C’est la même question que : comment se fait-il que tout le monde boit du Coca-cola et porte des Adidas ? La pub, ça fonctionne et c’est dangereux, tout le monde le sait et on ne peut s’empêcher de se faire avoir. Surtout que cette pub là, cela fait 50 ans qu’elle nous assomme !

Qu’on dise chez nous que la Chine est « répressive », d’accord dans une certaine mesure, mais expliquez-moi comment il se fait alors que proportionnellement elle compte cinq fois moins de prisonniers qu’aux E-U ? Qu’on dise chez nous que la Chine est « totalitaire » : d’accord pour dire qu’elle reste communiste, mais est-ce automatiquement synonyme de « totalitaire » ? D’ailleurs, ce qui nous gêne, ce n’est pas tant qu’elle soit communiste, mais c’est qu’elle protège son « territoire économique » : ni les E-U ni l’UE ne peuvent y faire ce qu’ils veulent à leur propre guise, et cela ne plaît pas du tout aux multinationales. Les investissements étrangers en Chine ne dépassent pas 3% : ce n’est pas un beau cadeau pour nos multinationales !

– Y a-t-il une dimension géostratégique? Quel est le rôle du Dalai-Lama?

La dimension géostratégique est au cœur du problème, bien sûr et ce, dès le début du 20e siècle. Il ne faut pas oublier que l’Europe avait beaucoup de « concessions » en Chine au début du 20e siècle et que le Tibet était, pour ainsi dire, sous la tutelle des Anglais. La prise de pouvoir par les communistes a mis fin à cette semi-colonisation. Je crois que chez nous, on n’a pas digéré cela. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ce sont les E-U qui ont repris le flambeau avec la guerre froide en toile de fond. Le Tibet et le DL sont devenus deux excellents chevaux de bataille pour les E-U dans leur tentative de diviser la Chine.

– Les USA viennent d’ôter la Chine de leur liste des Etats les plus répressifs? La Chine n’est-elle pas devenue un Etat capitaliste comme les autres?

Si les USA font cela, n’est-ce pas dans un but stratégique ? Cela leur permet d’organiser plus d’émeutes en régions tibétaines, ce qui devra amener la Chine à déployer les canons de la répression, et les E-U pourront ainsi ressortir leur carton rouge : « Etat répressif ». La Chine pratique actuellement une économie qu’elle appelle « mixte », c’est-à-dire que certains aspects du capitalisme y sont admis, mais que le socialisme gère encore l’armature de l’économie chinoise. En simplifiant, on peut dire que le capitalisme s’y développe sous le contrôle du parti communiste. D’après les économistes internationaux, le secteur public domine encore l’économie chinoise à plus de 60%. C’est peut-être difficile à comprendre pour nous qui réfléchissons plutôt de manière aristotélicienne où « A ne peut jamais être non-A ». Mais pour un Chinois, c’est de l’ordre du yin-yang : l’un n’exclut pas l’autre, A peut être non-A, cela dépend des conditions. C’est ce qu’on appelle une manière de pensée dialectique. Par exemple : les autorités ont constaté qu’ils ont laissé aller la pollution beaucoup trop loin. Du coup, dans leur plan quinquennal, ils corrigent le tir et prévoient un investissement gigantesque dans le secteur de l’environnement et de l’écologie, quitte à faire appel à des investissements étrangers. Mais en utilisant des moyens capitalistes, leur fin ne l’est pas. On ne peut qu’espérer que cela fonctionne !

Elisabeth Martens 
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31 commentaires

  1. Je n’ai qu’un mot à dire «Bravo» !

    Il est cocasse de constater que les « intellectuels » français, qui chantaient hier les louanges de Mao (le président d’un régime stalinien), se font aujourd’hui les apologistes du Dalaï Lama (l’héritier d’un régime féodal et théocratique).

  2. mercipour cette publication … enfin un article qui fait reflechir

  3. Blog tres interessant que je viens de decouvrir !

    C’est vrai que cet article, que j’ai vu sur deux autres blogs/sites, change de la rengaine ‘les chinois sont tous des monstres et les tibetain sont tous des anges’… tout n’es jamais tout blanc ou tout noir dans la vie…

    Si je trouve l’energie de faire un billet sur le Tibet, je citerai egalement cet interview qui elargit le debat.

  4. Merci pour cette interview.

    Le Tibet n’est pas une nation. Il est vassal de la Chine après une période de concurrence sous la dynastie Tang.
    Mais la Chine reste crispée sur l’idée d’état nation, hantée par le séparatisme. Au lieu de l’aider face à ces difficultés , nous l’humilions par des attaques aussi virulentes qu’infondées.

  5. Une question que je m’amuse à poser sur différents forums à tous les « défenseurs du peuple tibétain » (pardonnez les guillemets) et qui est la suivante :

    « Qu’est-ce qui vous fait croire que le peuple Tibétain veut l’indépendence ? »

    J’ai quand meme l’impression TRES NETTE qu’il y en a qui ont foncé tête baissée sans se poser vraiment la question…

    Et si la réponse devait être négative… j’te raconte même pas…

    La vérité me semble être celle-ci : vous n’en savez rien, vous le présumez (c’est évident quoi…).

    Et ca vous suffit pour faire tout ce raffut et toutes ces empoignades ?

    Et si on essayait de répondre d’ABORD à cette question avant toutes les autres ?

    (je sens qu’on va bien se marrer)

  6. Moi je n’en suis pas là, parce que cette question il est impossible d’y répondre et donc elle laisse chacun sur sa position…
    Ma question à moi et elle me désespère s’adresse aux français qui osent faire signer des pétitions pour arrêter « la répression » au Tibet ?

    Même si vous croyez à cette répression comment pouvez-vous ne pas exiger le’interdiction des etats-Unis des jeux olympiques avec ce qu’il font en irak, les morts du côté de bassorah ?

    Ca c’est cde qui me torture parce que je sais désormais que nous méritons d’avoir sarkozy et Kouchner, ils nous représentent bien non seulement la droite mais la gôche et l’extrême-gôche, de Marie georges Buffet à besancenot en passant par Mamère sans parler du parti socialiste avec le drapeau tibétain sur le fronton des mairies, la campagne pour le boycott.. Voilà ce que nous sommes, tous les forums en témoignent… Il est loins le temps où entre les communistes et les gaullistes il n’y avait rien… Maintenant nous sommes les valets des Etats-Unis… tous sans exception quitte à humilier un immense pays sur des arguments indéfendables.

    danielle Bleitrach

  7. Danielle,

    Elle ne peut pas laisser chacun sur ses positions, à moins cette fois-ci de tomber trés bas, parce que ceux qui réclament l’indépendence pour le Tibet, qui viennent s’empogner avec les « staliniens », qui disent « ni la CIA, ni la Chine » ont quand même à prouver quelque chose : que les tibétains réclament effectivement leur indépendence…

    On ne peut quand même pas être solidaire d’une cause qui n’existe pas ? si ?. On ne peut quand même pas nous accuser de participer au sabordage d’une volonté… qui n’existe pas ? Si ?

    Alors qu’ils ne nient même pas l’ingérence US, ils placent l’autodétermination des peuples « au-dessus » de ça. Pourquoi pas ? Encore faut-il que cette volonté d’autodétermination existe.

    Or, quand s’est-elle exprimée ? Où ? Par un gouvernement en exile style « opposition irakienne à Saddam » qui a fait dire que le peuple irakien n’attendait que les GI’s ? Par une organisation Free Tibet dont le fondateur a démissionné, dégouté par la désinformation dont il se dit avoir été victime ?

    La réponse la plus précise que j’ai reçue jusqu’à présent était « encore faut-il que le peuple tibétain puisse s’exprimer pour qu’on le sache ». Magnifique aveu d’ignorance, non ?

    Cela dit, même sous des régimes répressifs, si les peuples ne gagnent pas toujours, elles s’expriment. Or… au Tibet, à part quelques émeutiers…

  8. DEUX BONNES QUESTIONS SUR LE TIBET

    La question de Viktor me plaît bien, mais comme Danielle je crois que nous n’avons pas la réponse. Nous savons seulement qu’elle n’a pas été vraiment posée aux tibétains eux-mêmes et que même le Dalai Lama ne revendique qu’un certain degré d’autonomie, sans avoir jamais rompu les contacts avec la Chine…Nous savons aussi qu’il ne songe pas à renoncer à ce contact et n’appelle à aucun boycott…

    Pour la manière de Danielle de retourner la question du «boycott », elle a mille fois raison. Ceux qui préconisent cette attitude devraient d’abord envisager de dresser la liste de tous les pays qui «violent les droits de l’homme » pour exiger un boycott de leur participation aux jeux…Cela libérerait beaucoup de places sur les podiums olympiques pour de petits états qui verront là bas se dresser les bannières et retentir les hymnes de ceux qui les oppriment ou les exploitent ! Il est flagrant aussi que ceux qui appellent au boycott «au nom des droits de l’homme », sont les mêmes qui s’indignaient d’un autre appel au boycott, pour la même raison, lors du salon du livre où les criminels du sionisme venaient chercher (et obtenir) une reconnaissance de leur prétention à un état «hébraïquement » pur, n’étant représenté que par des auteurs usant de cette langue ; ayant ainsi exercé un véritable boycott d’état sur les écrivains arabisants ou russophones d’israël, sans émouvoir nos généreux intellectuels universalistes à géométrie variable.

    Ce qui «tue » l’internationalisme, c’est le relativisme et la hiérarchie des causes défendues ou ignorées. Nous vivons un temps de ces questionnements qui nous obligent à définir pour nous-mêmes nos critères et nos convictions. Cela au moins est positif, même si ce n’est de nature à changer le sort d’aucun des peuples dont l’avenir ne peut être tracé que par lui-même, notre seul rôle étant d’entraver les processus de la domination qui proviennent pour l’essentiel de nos contrées

  9. « La question de Viktor me plaît bien, mais comme Danielle je crois que nous n’avons pas la réponse »

    Justement ! « Eux » non plus ! Ce qui m’amène à leur demander : mais de quoi vous parlez ? Vous vous lancez dans une revendication, semant discordes anathèmes, pour une question dont vous n’avez même pas le début de smeblant de réponse. Le sexe des anges n’est pas trés loin là…

  10. Je me méfie un peu de cette question… elle est juste effectivement, mais au delà de l’habileté certaine qu’il y a à mettre chacun devant ses contradiction,elle entraine d’autres questions qui ne simplifie pas les choses (la nature du régime chinois, la répression policière etc.

    Il faut je crois en finir avec cette formule répétée à l’infinie, de « liberté des peuples à disposer d’eux même ». D’abord parce qu’elle plaque la réponse qui fut trouvé au XIXème en Europe pour régler son compte à l’ancien régime, sur des réalité entièrement différentes. Il faut aujourd’hui prendre cette formule pour ce qu’elle est : une application néo colonialiste d’un imaginaire européen. (Un peu comme les colonialistes allemands, tout imprégnés de leur visions racistes qui séparaient Hutus et Tutsi…)
    Et bien ce rendre compte, au moins depuis Hitler , que cette formule sert à détruire les ensembles nationaux au profit d’une vision ethnique des états (au profit du grand état allemand et de ses intérêts propres) . Personne mieux que les nazis (mais il s’agit d’une politique allemande antérieur, pas spécifiquement nazi) ne surent utiliser les aspiration « nationales » de tels ou tels peuples pour liquider les états nations de l’est de l’Europe.

    Car la question de fond c’est qu’il n’existe pas un état au monde où ne se pose pas la question des « minorités nationales ». Donc le problème n’est pas de se demander s’il existe une identité culturelle tibétaines, elle existe et d’ailleurs même les autorités chinoises le reconnaissent, le problème c’est de ce demander qui décide d’exciter ou non les minorités et leurs revendications (voire de les créer de toute pièce).
    Si les Etats-Unis décidaient de soutenir résolument les corses, les bretons, les alsaciens ou les flamands qui dit que la France ne se trouverait pas devant des problèmes majeurs de revendication nationales?

    Enfin la réponse à la question de l’adhésion ou non à une revendication nationale tibétaine est dans l’étude des faits eux mêmes: malgré la répression, si cette revendication était majoritaire et bien nous assisterions à un mouvement de masse qui n’a jamais existé au tibet. Pour le moment il est très minoritaire, et c’est un choix de choisir de l’aider à devenir ou non, sinon majoritaire, du moins significatif en terme numérique. On voit au kosovo la conséquence d’un tel choix…. Rappelons que ce choix, celui de vouloir dépecer un état souverain en poussant les revendications nationales d’une minorité interne, est non seulement illégal, mais aussi immoral et irresponsable.

  11. Oui voilà ce avec quoi je suis d’accord… peut-être est-ce du à mon accès de radicalisme mais je n’en peux plus de penser à ,l’intérieur de cadres imposés.
    Si je posais une telle question je mentirais aux autres et je me mentirais à moi même… Je ne me bats pas pour être habile, pour des ruses de bistrot…
    Il est vrai qu’en ce moment je suis hors de moi. Donc j’ai tendance à être hors des autres ce qui n’est pas la meilleure méthode pour convaincre.

    Mais je ne supporte plus ces salopards qui assassinent pour le profit et la bande de crétin qui les accompagnent en bêlant.. l’éternelle alliance du capital et de la dame patronesse distribuant les vêtements usagés à celui ou celle qui va bien à la confesse et aux vêpres… Sauf que maintenant ce n’est plus la bigote et le curé, c’est le droit de l’hommisme, voir celui qui devant un viol de souveraineté se demande gravement si la victime n’est pas soupable de « capitalisme »… L’ensemble donne le devoir d’ingérence, le retour à la guerre « juste » à l’esprit de croisade…

    Danielle Bleitrach

  12. Ah, vous êtes biens des intellos… et moi un éternel incompris, surtout des intellos.

    Ma question n’appelle pas une réponse (je m’en fiche en réalité de la réponse). Mais lorsque je la pose, elle me sert à faire prendre conscience à l’autre son degré de conditionnement (puisque je crois qu’on en est là). C’est une question aussi technique que « où est-ce t’as acheté ton pain ? » Et le mec regarde surpris la baguete qu’il a dans la main de ne souvient plus. Ni même s’il l’a bien acheté.

    Comment savent-ils que les tibétains veulent leur indépendance, ca les oblige, certains, a refaire le chemin et s’apercevoir que… rien. Ils ne savent pas ou plus pourquoi ils en sont convaincus, « comment » l’idée leur est venue à l’esprit… A un pote ca lui a même foutu les jetons… JE ME REGALE !

  13. Tu tentes de faire comprendre au chien de pavlov qu’il n’est pas normal qu’il se mette à saliver dès que les médias crient « voilà le méchant… »
    Danielle

  14. l’image de la baguette est parlante. Surtout qu’en fait ils n’ont même pas de pain entre les mains…
    Et j’aime bien l’image du chien de pavlov…
    Mais c’est vrai que la question de Victor peut foutre le bordel…

  15. faut voir, c’est comme lmes cas de psychose désespérés on se dit que l’analyse ne sert à rien, les médicaments ne sont qu’une camisole chimique, il ne reste plus qu’à tenter l’hypnose… Ce qui ne guérit pas mais déplace le symptôme…ça soulage temporairement l’entourage.

    Danielle

  16. Quelle honte à la vérité ce texte !!

    POurquoi ne parle t-on pas des camps de travail chinois, des prisonniers politiques, des 1200 condamnation à mort cahque année le plus souvent sans procés (record mondial asolu) ?

  17. parce que ce n’est pas le sujet qui est traité dans cet article.
    Ensuite parce que vos statistiques sont fausses, si vous établissez le record par rapport à la population, les Chinois vu leur nombre battent effrectivement le record en tout… mais si vous faites un pourcentage les Etats-Unis sont dans le peloton de tête y compris pour les emprisonnements et mise à mort sur des critères raciaux.
    Les chiffres sont têtus.
    Danielle bleitrach

  18. Je viens de prendre une grande claque que j’accepte avec humilité. Mais je me sens ébranlée. Depuis l’enfance, je fais de la résistance à entrer dans le moule de la société, j’ai toujours fait preuve de révolte contre toutes les injustices, je nage à contre-courant et j’en paye le prix. Dans ce cadre, j’ai signé un tas de pétitions pour libérer les Tibétains de la répression chinoise… Finalement, je suis un mouton, que je le veuille ou non et quoi que je fasse, parce que je ne peux pas aller vérifier sur place toutes les informations que je reçois. Apparemment, aucune information n’est objective, et aucun manque d’objectivité n’est pas de la manipulation. Je ne sais plus quoi faire, fermer toutes les écoutilles ? L’ennui est que je ne peux vivre sans confiance. Suis-je la seule à en être là ?

  19. @ yabeton:
    mais non, t’es pas seule!
    Moi ça fait près de dix mois que je lis tous les jours les textes de Danielle sur ce blog (depuis pratiquement ces débuts en fait!), et malgré que je voie passer des dizaines de gugusses incapables de contrer valablement ses arguments, parfois exposés avec rudesse c’est vrai mais peut on vraiment lui en vouloir après toutes les attaques qu’elle subit depuis des dizaines d’années, malgré que je sois un marxiste convaincu (malgré de grands « trous » théoriques, j’ai encore des doutes, des angoisses de me tromper de direction.
    C’est le prix à payer pour avoir une conscience.

    En attendant, diversifie tes sources en retenant de chaque source avant tout l’info qui va à contre courant de sa ligne éditoriale*, confronte ensuite avec des infos qui te viennent de sources directes ou que tu sais fiable.

    PS:* Aucun journaliste n’est en effet totalement objectif, aucun média n’est neutre. Un bon truc c’est de vérifier qui finance le média, qui y fait ça publicité!

  20. yabeton, ne t’inquiète pas on est tous passé par là et ça continue… Un dernier exemple l’histoire des Farc, quand il y a eu le massacre du négociateur et de tous ceux qui étaient là par hasard comme les étudiants de mexico, j’ai tout de suite su que c’était la france qui n’était pas loin, effectivement deux émissaires français étaient à 200 km, tout le monde était d’accord et attendait sarkozy venu chercher Ingrid. Uribe leur a fait un coup de salaud avec les Etats-Unis et peut-être même des experts israëliens. J’ai écrit qu’il avait infligé un camouflet à la france, plein de copains dont COMAGUER m’ont dit sarkozy était dans le coup avec uribe. Je n’y ai pas cru, mais peu à peu des informations sont parvenus de l’Amérique latine, il y a dans l’entourage de saqrkozy un paramilitaire, un type proche d’uribe, d’Aznar et toute la clique… Des tortionnaires… Alors je ne sais toujours pas mais je suis indignée, une femme est trés malade, un homme bien Reyes est mort par traitrise, et peut-être que nous sommes dans le coup…
    De temps en temps la colère me saisit et c’est vrai que je parais brutale mais je me dis si vous compreniez plus vite à quels salauds vous avez affaire ça irait plus vite.
    Mais dis-toi aussi que ma colère n’est que le revers de cette naiveté qui nous honore toi et moi, je préfère ça que le cynisme de ceux qui feignent de savoir et de ne s’émouvoir de rien…
    Philippe a raison croise tes sources, contemple les de près…
    Cordialement

  21. Les Berlinois ce battez aussi pour la liberté !
    ils ont perdu! Oui ils on tout perdu le droit de être des allemand, car ils on venu des  » ossi’s » des allemand second classe! Leur salaire est 30 % moins que de ouest! Mais ils paieront tous pareille cher que a ouest, aliment, loyer etc. avec le taux de chômage le plus haut!!
    Plus de jardin enfants grâce au ancien chancelier  » KOHL  » ! Il ne voulais pas de concurrence Industrielle et économique de est! ( bon quel idiot le d’économie étais au plus bas ) Il détruise usine pour usine d’une façon bien intelligente car le monde entier n’a rien fait! Après il a coupe de subvention des jardin enfants les femme pouvant plus travaille! Mais il y eu tant de inégalité pour les est allemand malgré l’État pompé tant d’argent, pour reprendre aprés destructions de la économie d’est systématique, pour garantir les grande bosse de ouest de la industrie le pouvoir acheter pour presque rien tout le usine de l’est avec d’aide d’ autre subvention d’état pour aidée de reconstruire l’est !
    La colère de est allemand est compréhensible sur tout quand il voyez des femmes allemand qui sont marié avec des allié, car leurs haine vers le russe étant très fort, avec toutes les répressions russe avant le rideau de fer tombe!

    Je ne sais pas Si le bonheur de Tibétains vas leur comblé de être libre, mais toutes peuple qui se battez pour la liberté, payez aussi toujours un prix très fort! Liberté ne rime pas toujours avec ceux que on espère la liberté !
    Avant il y une possibilité pour le tibétains de construire cet « Tibet libre « , il faut il apprendre d’être libre dans leur têtes ! Car autrement TONTON BIG JIM viens de USA et se mêle ceux que lui regarde pas !
    Avant la liberté vient l’émancipation ! Alors il veut vivre de quoi de quelle économie, actuelle ils sont sur la tutelle de chine, après celle d’Amérique ? Ou de la Nato ou UNO ?
    Le risque que un guerre éclate est réelle !La chine se laissera pas faire ! Bien sur le camps existe, le humain tué aussi, les peine de morts , les empoissonnement chimique par les industrie suite au manque de équipement industrielle pour protége la populations ! Mais même nous avons certaines problème et le américains sont autant grave que le chinois mais Les américains lève toujours leurs doigt pour nous dictée le comportement à nous
    « éduquer » ! Droit des hommes, eux qui le bafouent tous le jours le droit !

    qui est mieux le américains ou le chinois ou le russe…. Je vous dis…
    ils sont tous de la même race de humain et le humain ne pas parfait il pense d’abord a sont propre intérêt ! Bonne nuit !
    Une Berlinoise….

  22. thank you for your perfect article
    you respect the reality and sharp piont into the real problem

  23. Nous cherchons à joindre E Martens pour un débat, quelqu’un peut nous indiquer ses coord sur reveil.communiste@gmail.com?

  24. De toute évidence cet entretien,dérange et la réaction de certains « bouddhistes tibétains occidentaux » me fait penser au slogan « Touche pas à mon pote » sauf que là on pourrait remplacer « pote » par « Dalaï lama  »

    Mais c’est le Bouddha lui même qui a dit :

    « Ne vous laissez pas guider par des rapports, ni par la tradition religieuse, ni par ce que vous avez entendu dire.

    Ne vous laissez par guider par l’autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou les allégations, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des opinions, ni par des vraisemblances probables, ni par la pensée que “ce religieux est notre maître spirituel”.

    Ne vous contentez pas de croire ce qui vous est dit, ou ce qui a été transmis par les générations précédentes, ou ce qui est l’opinion courante, ou ce que disent les écritures.

    N’acceptez pas une chose comme vraie par simple déduction ou inférence, ou en considérant les apparences extérieures, ou par partialité pour un certain de vue, ou à cause de sa plausibilité, ou parce que votre maître vous dit qu’il en est ainsi.

    Mais quand vous savez directement par vous-mêmes: « ces principes sont mauvais, blâmables, condamnés par les sages; quand ils sont adoptés et mis en pratique, ils mènent aux maux et à la souffrance », vous devriez alors les abandonner.

    Et quand vous savez directement par vous-mêmes: « Ces principes sont bons, irréprochables, loués par les sages; quand ils sont adoptés et mis en pratique ils mènent au bien-être et au bonheur vous devriez alors les accepter et les pratiquer » (Extraits de Kalama Sutta)

  25. je suis contente que vous écriviez ça parce que ma position n’est pas tout à fait celle de melenchon même si son combat est formidable.
    Je suis convaincue qu’il y a chez les gens qui ont la foi des gens qui sont excédés par les réactionnaires de leur obédience religieuse. peut-être est-ce à cause de la théologie de la libération, ou encore la manière dont beaucoup de juifs sont anti-sionistes ou au moins contre le gouvernement israëlien, mais je connais des bouddhistes trés progressistes. Je sais qu’ils soutiennent la position de Cuba, donc je suis contente de votre intervention qui montre que l’on ne peut pas confondre bouddhistes et disciples politiciens réactionnaires du Dalaï Lama.

    danielle bleitrach

  26. Cette fois, je donne (sous mon pseudo) le lien vers karuna qui a également publié cet entretien et il n’y a qu’à lire certains commentaires sous l’article, pour comprendre l’engouement aveugle des occidentaux pour le Dalaï lama et à quel point il est difficile et périlleux pour un site « Bouddhiste » d’oser publier de tels articles comme si le Bouddhisme engagé et le Bouddhisme tibétain était la même chose.

    de la même manière nombre d’occide,taux confondent Bouddhisme tibétain et identité tibétaine.

    l’ignorance est notre ennemie, autant que la passion.

    Le Bouddha, si il était vivant, ne pourrait qu’être attristé par une telle transformation de son enseignement..

    Le Bouddhisme tibétain n’est pas le dhamma (mot pali qui se dit « dharma » en sanscrit)

  27. Le Dalai Lama n’est pas le pape du bouddhisme et le bouddhisme tibétain ne représente qu’un infime partie du bouddhisme en général…

    A l’échelle mondiale, on compte, selon World Christian Encyclopedia (2e édition, 2001), approximativement 360 millions de bouddhistes répartis en trois groupes principaux :

    136 millions pour le Theravâda dans le Sud-Est asiatique (Sri Lanka, Myanmar, Thâilande, Laos, Cambodge) ; *

    202 millions pour le Mahâyâna dans l’Extrême-Orient (Chine, Corée, Taiwan, Vietnam, Japon) ; *

    et 22 millions pour le Vajrayâna (Tibet, Bhoutan et Mongolie).

    338 millions de bouddhistes ne sont pas concernés par le Dalai Lama et peuvent être même en droit de regretter d’y être identifier…

    être bouddhiste engagé c’est d’abord et avant tout avoir l’esprit critique, exercer son discernement et s’engager surtout près des causes oubliées des exclus de ce monde, des affamés des sans papiers des sans logis… le bouddhisme médiatique n’est pas forcément l’essence du bouddhisme…

  28. je vais vous dire une anecdote mais nous sommes sur un blog et de temps en temps nous pouvons donner dans le subjectif. Tout au long de cette campagne indigne sur le Tibet, je n’ai cessé de me dire: il ne faudrait pas que la lutte contre l’obscurantisme, pour le respect de la souveraineté des peuples nous fasse tomber dans le travers bien français de la haine de la religion et des religieux. Parce que je n’ai cessé de le répéter pour moi la foi relève de l’intime conviction de chacun. J’ai même poussé plus loin l’analyse: nous français nous tenons à la laïcité, mais je propose qu’on laisse chaque nation en juger.

    Mais il y avait plus ssur le bouddhisme, je suis totalement athée et l’idée de ma survie m’est totalement étrangère, mais il m’arrivait de me dire que la vision d’Einstein, ou celle de Spinoza, celle d’une identification de Dieu, de l’esprit à la nature, à l’univers, était somme toute assez vraisemblable. Elle permettait entre autres sur le plan philosophique d’en finir avec la vieille opposition entre déterminisme et liberté, la liberté de dieu devenant la loi de l’univers, se confondant totalement. Autre avantage, s’il était de moins en moins vraisemblable de survivre corps présent, identité respectée, on pouvait envisager une fusion ultérieure dans la connaissance illimitée et éternelle de cet univers par lui-même. ce serait formidable de rester l’univers entier dans une fusion avec le grand tout, la connaissance totale. Et je trouvais que ce qui frôlait le plus ce panthéisme spinoziste, de Einstein, voir de Démocrite vu par Lucrèce était le bouddhisme. Donc j’avais un peu de sympathie pour cette vision la plus proche de mon athéisme et mon optimisme de la connaissance…
    Dernier élement, un jour on m’avait proposé d’aller faire une conférence sur Cuba à un groupe de bouddhistes progressites, cela ne s’est pas réalisé, mais j’ai imaginé qu’il existait des progressistes bouddhistes, comme il existait des théologies de la Libération et j’avais envie de vous connaître, de savoir quel était votre vision de la situation actuelle… Je ne sais pas s’il s’agit de vous, mais dites vous bien que le seul fait de savoir que vous existiez comme de savoir qu’il existe des gens progressistes dans d’autres religion m’intéresse beaucoup parce que je crois que mon athéisme n’a jamais renié un certain spiritualiste sans aliénation aux croyances obscurantistes et aliénantes.
    Danielle bleitrach

  29. la laicité est une voie difficile… et nous sommes marqué par l’anti cléricalisme de la 3ème république…

    La religion est presque toujours un empêchement d’avancer… le paradoxe c’est que grâce à la religion nous recevons les enseignements… Mais une religion est toujours là pour être dépassée… les fondements des enseignements du Bouddha pousse vers ce dépassement… mais il en va comme de tout institution… les choses se formalisent..; et ceux qui ont besoin de la béquille institionnelle ne peuvent pas aller plus loin…
    chacun vit comme il peut et ainsi va le monde…

    j’en profite pour corriger le lien vers karuna, j’avais oublié de mettre un point.

    toute mon amitié.

  30. Sous prétexte que nous sommes bouddhistes, certains voudraient nous voir soutenir la cause tibétaine et le Dalai Lama sans qu’aucune critique ne puisse s’exercer.

    Cette attitude relève de l’esprit d’une secte et non de ce qui est l’essence même du Bouddhisme, à savoir regarder les choses telles qu’elles sont et s’appliquer au discernement…

    LE DALAI LAMA N’EST PAS LE PAPE DU BOUDDHISME

    S’ il y a environ 360 millions de Bouddhistes dans le monde , seule une minorité d’entre eux sont concernés par le bouddhisme tibétain. Mais près de 350 millions de bouddhistes seraient en droit de regretter de se voir identifiés avec le bouddhisme tibétain. Le bouddhisme médiatique, loin s’en faut, ne représente pas l’essence du bouddhisme.

    Le bouddhiste du Théravada ne pourrait qu’être choqué de voir un moine être chef de gouvernement…

    Verset 16.111 Il(le moine) s’abstient d’occupations consistant à envoyer des messages ou en porter, à savoir pour les rois, les hauts fonctionnaires du roi, les nobles, les brahmanes, les chefs de famille, les jeunes gens, en disant : « Va ici. Va là-bas. Emporte ceci là-bas. Apporte-le ici, etc. » – il s’abstient de telles occupations consistant à envoyer des messages ou en porter. Tejiva Sutta

    Le bouddhiste du Théravada ne reconnait pas dans le Dalai Lama une réincarnation quelqu’elle soit.. Le Dalai Lama n’est ni un bouddha ni même sans doute un bodhisattva… C’est tout simplement l’héritier d’une dynastie érigée jadis par un empereur chinois… C’est un chef politique en exil dont la politique peut-être appréciée ou non… N’étant nullement aveuglés par la personnalité de ce chef, nous cherchons seulement à démêler les tenants et les aboutissants d’une politique qui ne nous apparait pas toujours saine et claire.

    L’existence même d’un gouvernement en exil n’est pas sans poser question, et me semble plus un facteur de haine et de division..

    Ne serions nous pas là, pour employer l’expession de Trungpa, dans une manifestation du matérialisme spirituel ?

    Le refus de l’esprit critique finit toujours par nuire à la cause qui est défendue…

    Par souci de ne pas déplaire, de ne pas se faire agresser, il nous serait demandé de faire profil bas et de ne pas parler de ce qui est le fondement même de notre engagement sur la voie du Bouddha.

    Par lâcheté, nous devrions nous taire, avoir le bouddhisme honteux. Nous devrions peut-être même ne plus utiliser le nom de bouddhiste. Mais la minorité que représente le bouddhisme tibétain ne peut pas s’approprier l’appellation de bouddhiste et surtout ne peut pas, comme il a été fait dans certains commentaires sur ce site, proclamer que quelqu’un qui est en désaccord avec le Dalai Lama ne serait pas bouddhiste.

    LE BOUDDHISME ENGAGÉ C’EST LA DÉFENSE D’UNE JUSTICE SOCIALE

    Les grandes causes médiatiques ne sont pas toujours les plus justes. Elles servent souvent de cache tampon à des problèmes plus graves mais dont la résolution mettrait en danger les instances des pouvoirs financiers…

    C’est pourquoi le bouddhiste engagé doit d’abord se soucier des cause oubliées, des urgences humanitaires, de la famine, des expulsés, des sans papiers, des délaissés de ce monde et que l’on essaie d’oublier…

    Le bouddhiste engagé doit se soucier d’une répartition équitable des richesses : il n’y a strictement aucune autre solution que de prendre aux riches pour donner aux pauvres et ceux qui le font ne sont ni des terroristes ni des anti-démocrates. A quoi peut bien servir la démocratie à qui meurt de malnutrition, du sida, du paludisme, des maladies dues à l’absence d’eau potable etc.

    La Birmanie s’étouffe sous le joug de la Junte, Gaza disparait sous les incursions israéliennes, de l’Irak on ne sait même plus quoi dire….

    Être bouddhiste engagé, c’est dire non au racisme sous toute ses formes, non à la haine du régime chinois, non au rejet de l’islam, non aux jugements à l’emporte pièce qui ne sont porteurs que de haine et de violence…

    ÊTRE BOUDDHISTE ENGAGÉ C’EST AVOIR UN ESPRIT CRITIQUE, c’est s’informer et ne pas refuser la réalité, même quand celle ci nous déplait ou qu’elle ne correspond pas à nos idées, à nos illusions…

    Nous ne devons pas baisser les bras, le peu que nous ferons certes ne se verra guère mais nous aurons fait ce que nous devions faire, juste cela, sans tambours ni trompettes… nous aurons été là, juste là où nous devions être..

    Puissent tous les bouddhiste comprendre un jour combien les enseignements du Bouddha sont libération et avoir à cœur de partager cette libération avec tous les êtres, en luttant pour que tous les êtres ne connaissent plus ni la faim, ni la soif, ni la peur…

    ***
    P.-S.
    Il se forme,dans la diaspora , une communauté bouddhiste qui se sert les coudes dans une sorte d’oeucuménisme consensuel… mais nous savons que ces mouvements oeucuménistes n’ont toujours abouti qu’à une dégénérescence de ce qu’elles prétendent sauvegarder… L’union est dans la différence et la liberté de chacun de pouvoir exprimer une opinion différente.

    En fait être reconnu comme bouddhiste ou non bouddhiste m’importe peu… ce qui m’importe c’est que les enseignements fondamentaux du Bouddha puissent encore un peu être diffusés sans se perdre dans une nébuleuse qui n’aurait plus de bouddhisme que le nom.

    Mais le Bouddha l’a dit lui même, le Dhamma dégénerera et disparaitra puisque tout change, que rien n’est éternel, pas même le Dhamma…

  31. Excusez-moi d’interrompre le concert de louanges ambiant, mais je suis surpris que personne ne réagisse à ce genre de propos :

    En Occident, on n’est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux.

    C’est dire la grande opinion que se fait Elisabeth Martens des valeurs de notre société.

    Sinon, le propos est riche en références historiques qui apportent un point de vue contradictoire intéressant, mais il souffre d’un certain nombres d’arguments implicites et nauséabonds qui ne doit pas faire perdre de vue qu’une distanciation est nécessaire à la lecture de tout discours, pro-Tibétain comme pro-Chinois.


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