Jacques Richaud: frères pourtant

FRERES POURTANT…

Lorsque le futur ne se compte pas en années, mais peut-être en jours ou en heures, l’énergie humaine ne se mobilise pas de la même manière : L’irrationnel, l’imprévisible, le terrible sont possibles.

Lorsque rien de ce qu’on avait rêvé bâtir, une maison, une vie, une famille, un avenir pour des enfants, ne semble plus accessible ; l’abattement ou la colère ne sont ni l’un ni l’autre condamnables.

Lorsque les mères et les pères ont déjà enterré leurs enfants assassinés, l’avenir n’a plus la même couleur et la lumière elle-même n’est plus qu’une ombre.

Au fond de ces malheurs ceux, tous ceux qui tentent de redonner un sens a ces épreuves participent à redonner une part d’humanité aux «vaincus »…Ceux qui croient encore pouvoir négocier pour un moindre pire, ceux qui choisissent l’immédiate et peut-être suicidaire insurrection, sont du même peuple…

Ce sont d’abord leurs bourreaux qui se réjouissent du «clivage » et des haines suscitées entre leurs victimes. Is programment déjà l’assassinat des seconds demain et des premiers plus tard. Mais il n’existe qu’un seul peuple palestinien et notre solidarité ne peut se permettre de dire «frères » aux uns et pas aux autres…

Il ne nous appartient pas de condamner les conséquences du désespoir des uns ni les compromissions désespérées des autres ; il nous appartient seulement de condamner ceux qui ont créé l’injustice primordiale d’une situation inhumaine.

 L’exigence internationaliste n’est pas de nous ériger en «juges » ni en «guide » ; elle est d’affaiblir l’adversaire cause de l’oppression. Nous n’avons pas à «justifier » notre soutien à la Palestine envers les bourreaux ou les occupants ; seulement à dénoncer leur immense responsabilité.

Nous ne pouvons aussi que dire que c’est avec tous, sans exception, que la paix devra se faire demain, attendue par la majorité des peuples qui saignent sur la même terre qui ne fut jamais «donnée » par aucun Dieu à aucun peuple. Le sang coule et la force écrasante de l’un crée une étendue des crimes sans commune mesure avec ceux commis par leurs adversaires en état de nécessité. Il est tout simplement absurde de demander aux victimes les plus nombreuses de faire le premier geste de renoncement à la violence.

La seule voix qui ose, depuis les territoires occupés, dire à son propre peuple dans le quotidien Haaretz l’évidence des crimes est celle de Hamira Hass. Même elle utilise désormais en dernier recours pathétique, pour s’adresser au peuple israélien les mots mêmes de la Bible «Vous ne voyez ni n’entendez ! », avant de poursuivre «Vous répétez indéfiniment les mêmes erreurs… » Erreur, le mot est assurément «faible », mais cette pondération est l’outil, le seul outil capable de désamorcer les haines et les peurs.

Il est des «suicidaires » des deux côtés du «mur » ; certains songent au sacrifice de leur vie d’abord ; d’autres qui ne s’exposeront jamais entraînent leur peuple tout entier dans une tragédie sans issue en revendiquant désormais (avec le soutien US !) la reconnaissance exclusive de l’état «juif »…Comme l’ultime négation de l’historicité de la terre de Palestine si longtemps partagée…

Combien restent-ils d’hommes et de femmes vraiment libres dans ce peuple, c’est à dire sans volonté d’oppression sur leurs semblables ? Combien surmonteront, dans les territoires occupés, la nausée de devoir demain tendre la main à ceux qui renonceront à répandre le malheur ? Combien, de chaque côté du mur, sauront dire que Dieu n’a rien à dire dans cette affaire, même à Jérusalem et que la seule religion commune se nomme «justice ». Cette religion n’a besoin ni de temples, ni de prophètes ou prédicateurs, ni de prières ; elle a seulement besoin d’être la religion d’enfants qui ne reproduiront pas les crimes de leurs pères.
Jacques Richaud 28 janvier 2008

9 commentaires

  1. Gaza : Le Grand rabbin Ashkenaz a appelé à transférer les Gazaouis vers la Péninsule du Sinaï (Haaretz).

    Par Saul Sadka

    Londres – Le Grand rabbin Ashkenazi Yona Metzger a appelé à transférer les Gazaouis vers la Péninsule du Sinaï, où à-t il déclaré, un Etat palestinien pourraient être construit pour eux dans le désert.

    Dans une interview en anglais publiée dans l’Hebdomadaire Britannique « Les Nouvelles Juives », le Grand Rabbin a ajouté que si que l’on doit permettre aux Musulmans pacifiques de prier dans les mosquées de Jérusalem, ils doivent reconnaître que Jérusalem appartient aux Juifs. Les Musulmans ont la Mecque et Médine, a-t il dit dans l’interview, ajoutant qu’«ils n’ont pas besoin d’un troisième lieu saint».

    Metzger a appelé la Grande-Bretagne, l’Union Européenne, et les Etats-Unis, à aider à la construction d’un Etat palestinien dans le Désert du Sinaï Egyptien.

    Selon Metzger, le plan serait de « prendre tous les pauvres gens de la Bande de Gaza pour les déplacer vers un merveilleux nouveau pays, moderne, avec des voitures, des bus, des trains, comme en Arizona. Nous sommes maintenant à une époque où vous pouvez prendre un désert et y construire une ville. Ce sera une solution pour ces pauvres gens. Ils auront un pays agréable, nous aurons notre pays, et nous vivrons en paix ».

    Metzger a déclaré dans l’article que le plan était nouveau et qu’il ne l’avait pas présenté au Premier ministre Ehud Olmert.

    « J’y ai réfléchi avec quelques « sages » seulement ces deux dernières semaines et je pense que c’est une grande idée, que personne n’avait eue auparavant ». Il a exprimé son intention de discuter de la question avec Olmert et a prévu que l’idée serait populaire chez les Israéliens. Il a préfacé ses commentaires en désignant qu’il ne pouvait pas intervenir sur les questions politiques car il est un leader religieux en Israël, précisant que selon la loi il «ne peut pas être impliqué dans des situations politiques».

    Les musulmans n’ont pas besoin d’un troisième Lieu Saint.

    Metzger a aussi promis aux Musulmans qu’ils auraient la liberté de retourner pour prier dans les mosquées à condition qu’ils le fassent paisiblement : « Nous accueillerons chaque Palestinien qui veut prier dans sa mosquée. Chaque vendredi ils pourra venir, mais à une condition, sans violence. Nous avons le même besoin de prières, nous voulons vous respecter, mais vous devez nous laisser vivre et affirmer que notre terre est la Terre Sainte que et Jérusalem nous appartient. Vous avez une autre place, la Mecque et La Medina, vous n’avez pas besoin d’un troisième lieu».

    Dans l’interview, Metzger a aussi décrit Jérusalem comme étant la Capitale éternelle de la Nation Juive. » Il a affirmé que les Musulmans n’ont aucun rapport avec Jérusalem en faisant remarquer « Derrière le Kotel nous avons une mosquée. Mais quand ils prient, bien qu’ils soient en notre lieu le plus saint, ils font face à la Mecque. Leur dos est tourné à Jérusalem. Donc vous pouvez voir ici un signe qu’il ne leur appartient pas. Ils n’ont rien, aucun rapport avec ».

    L’investiture de Metzger, 54 ans, nommé comme Grand Rabbin en 2003 pour un délai de dix ans, a été marquée par la contradiction. En 2006 le Procureur Général Menachem Mazuz l’avait invité à démissionner de son poste dans un rapport qui alléguait qu’il avait accepté l’hospitalité intéressée de plusieurs hôtels israéliens. Cette demande avait été rejetée par Metzger.

    Metzger a aussi proposé l’instauration de « Nations Unies Religieuses » comprenant des leaders religieux du Monde entier et a cité une des 12 figures religieuses internationales les plus influentes dans un documentaire récent de CBS intitulé « In God’s Name », « Pour l’amour de Dieu ».

    La vidéo de l’interview est disponible en cliquant ici :

    http://www.haaretz.com/hasen/spages/948907.html

  2. Oui je l’ai lu et j’allais mettre le lien après un résumé de ce qui est dit en anglais, merci pour la traduction… j’ai par ailleurs placé un texte de Michel Wacharski qui je crois parle de l’intérieur d’un mouvement qui cherche à créer un seul Etat palestinien… Sa référence à la fin à l’Afrique du sud va dans ce sens.

    Pertsonnellement je pense qu’effectivement il n’y a pas d’autre issus, se battre tous ensemble contre le fascisme dont les Palestiniens sont les principales victimes.

    danielle Bleitrach

  3. Une psychiatre Palestinienne , en charge d’enfants victimes de cette guerre était en France pour des conférences dont une à Toulouse il y a une semaine avec deux cent personnes.
    Ci joint une vidéo de ce témoignage:
    Samah Jabr, médecin psychiatre palestinienne

    http://tvbruits.org/spip.php?article850
    Jacques Richaud

  4. ISSAM MAKHOUL / COMMUNISTE ISRAELIEN (Interview in « L’Humanité » du 4 février 2008, Jacques Richaud.

    « Nous sommes dans une phase de fascisation en Israël »
    Issam Makhoul, ancien député communiste israélien, est l’un des animateurs du Comité arabe de suivi, qui veille au respect des droits des Arabes israéliens.

    Envoyé spécial.

    Pourquoi la communauté arabe israélienne manifeste-t-elle ainsi ?

    Issam Makhoul. En 2000, treize Palestiniens, citoyens d’Israël, qui manifestaient en soutien à l’Intifada, ont été tués. Une commission officielle d’enquête avait alors désigné des policiers comme responsables de ces morts. Nous avons attendu sept ans pour que ces policiers soient enfin jugés. Le procureur général d’Israël a décidé, la semaine dernière, de clore le dossier criminel sans qu’aucune poursuite soit entamée. C’est pour protester contre cette décision que nous avons décidé de manifester et de faire grève. Nous voyons cela comme une décision israélienne destinée à permettre aux policiers et aux forces de sécurité israéliennes de tirer et de tuer les citoyens arabes qui manifestent et descendent dans la rue pour défendre leurs droits et exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Les Arabes d’Israël en ont assez d’être en butte à la violence du gouvernement et de la police.

    Allez-vous poursuivre ces manifestations dans les prochains jours ?

    Issam Makhoul. Nous allons continuer à agir, à nous exprimer, à nous adresser aux Israéliens pour essayer de les convaincre que cette attitude antidémocratique est dirigée contre les Arabes mais que personne, aucun juif, aucun Arabe, ne pourra tirer profit de la destruction de la démocratie et de la justice. Nous allons organiser des démonstrations, juifs et Arabes et ensemble, pour montrer qu’il n’est dans l’intérêt de personne de soutenir une telle politique, qu’au contraire, l’intérêt de tous est de contrer une telle politique et d’exprimer sa solidarité avec notre lutte démocratique. Nous allons également saisir les instances internationales afin que cette question ne reste pas confinée ici. Nous ne croyons plus en la capacité du régime israélien de défendre nos droits et de nous rendre justice.

    Avez-vous le sentiment d’être soutenu par l’opinion publique israélienne ?

    Issam Makhoul. Nous sommes passés sous le silence dans les médias, il n’y a pas de vrais débats à la télévision. C’est le signe d’une nouvelle détérioration de la démocratie. C’est pourquoi nous sommes contents de pouvoir nous exprimer dans les médias internationaux. Il faut souligner que plusieurs organisations démocratiques israéliennes se sont élevées contre cette décision du procureur.

    Est-ce que cela se passe dans le contexte d’une dégradation de la situation des Arabes israéliens ?

    Issam Makhoul. Le principal discours, en Israël, concerne l’idée de la judaïté de l’État. On parle donc « d’État juif », ce qui signifie qu’on veut l’imposer à tous les citoyens. Ce qui se passe avec l’acquittement des policiers n’est rien d’autre que l’expression juridique de cet « État juif ». Une loi qui ne protégerait que les citoyens juifs et donc pas tous les citoyens. Nous sommes dans une phase de fascisation en Israël. Avigdor Libermann, qui était ministre, parlait de transfert de population. D’autres ministres parlent de la population arabe comme d’un danger démographique. C’est comme ça qu’on arrive au point où le fait de tuer un Arabe ne doit pas être puni.

    Entretien réalisé par P. B.

  5. UN ACTE BARBARE CYNIQUEMENT CAMOUFLE EN CULTURE

    « Le poète israélien Aaron Shabtaï affirmant qu’il boycotterait à titre personnel « tant la Foire du livre de Turin que le Salon du livre de Paris en ne se joignant pas à la délégation de son pays ». Il précise : ”Je ne pense pas qu’un État qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare cyniquement camouflé en culture. »

    Nous parlions sur le « bistrot » de février de Tarik Ramadan et du lynchage médiatique dont il fait très habituellement l’objet. Voici sa position vis à vis d’un sujet d’actualité qui est la présence au titre d’invité d’Israel au salon du livre, explicitement justifiée par la commémoration des soixante ans d’existence de cet état.
    J’observe que ce « lien » confirme la dimension politique donnée au geste, car pour les auteurs juifs, qu’ils vivent en Israel ou ailleurs, la production littéraire de qualité n’a pas attendue le vote de l’ONU en 1948 pour contribuer au patrimoine culturel de l’humanité…Et il existe aussi des auteurs francophones palestiniens de la même terre…
    Le texte du communiqué de presse de Tarik Ramadan :

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE
    Israël invité d’honneur de la Foire du Livre de Turin (8 au 12 mai 2008) et du Salon du Livre de Paris (14 au 18 mars) mardi 5 février 2008, par Tariq Ramadan

    A PROPOS DE L’ APPEL AU BOYCOTT

    Il est toujours difficile de développer une position critique sur une question relative à Israël sans voir son propos mal interprété, déformé et souvent trahi. La polémique fait rage aujourd’hui en Italie autour de la Foire du Livre de Turin (on entend tout et n’importe quoi) et voilà que Pierre Assouline rend compte des faits sur son blog (monde.fr) de façon tendancieuse en déformant sciemment, purement et simplement les termes du débat.

    Rappelons les faits. La Foire du livre de Turin avait d’abord désigné l’Egypte comme invité d’honneur puis a changé d’opinion et a choisi de célébrer Israël puisque cela correspondait aux soixante ans de la création de cet Etat. Un mouvement s’est mis en place, lancé par des partis politiques, des personnalités et des associations qui militent pour les droits des Palestiniens demandant à ce que l’on changeât d’invité d’honneur car il était à leurs yeux indécent de célébrer un Etat – en en faisant un « invité d’honneur » – alors que son gouvernement ne respecte pas le minimum des droits humains et humilie quotidiennement le peuple palestinien. Devant le refus des responsables de la Foire du Livre de Turin, le mouvement a appelé les écrivains et le public à le boycotter. Questionné par l’agence de presse italienne ANSA sur cet « appel au boycott », j’ai clairement soutenu qu’il n’était pas normal, ni humainement décent, de célébrer Israël au moment où l’on sait la politique que mène cet Etat et son gouvernement dans les territoires occupés et dévastés.

    Il est donc clairement question de critiquer le choix de cet « Invité d’honneur » et non d’empêcher les auteurs israéliens de s’exprimer ni même de débattre avec eux ! La propagande mensongère s’est alors mise en marche : il s’agirait d’une démarche antisémite ! Un refus de la liberté d’expression ! Ou encore, comme l’écrit Pierre Assouline, « un boycottage des écrivains israéliens » avec, en sus, une citation de moi totalement inventée. J’aurais « répondu à La Repubblica :”Il est clair qu’on ne peut rien approuver de ce qui vient d’Israël” » D’abord, je n’ai jamais parlé à quiconque de La Repubblica et je n’ai jamais tenu de tels propos !!! J’ai dit et répété que toutes les femmes et tous les hommes de conscience – et cela ne concerne pas seulement les Palestiniens ou les Arabes – devaient, à mon sens, boycotter la Foire (comme le Salon de Paris d’ailleurs) dont l’invité d’honneur était un pays qui ne respectait pas le droit et la dignité des peuples. J’ai précisé que notre refus du silence complice sur la scène internationale était le seul vrai moyen de faire cesser la violence au Moyen-Orient !

    N’est-il pas curieux de voir les défenseurs aveugles de la politique israélienne déformer les propos, mentir et affirmer qu’une telle position est similaire à de l’antisémitisme ou au déni du droit de parole des auteurs israéliens !? Qui donc a parlé de cela !? Refuser de « célébrer » Israël et sa politique d’oppression n’a rien à voir avec l’antisémitisme ou le déni de la liberté d’expression. Ne devrait-on pas entendre la voix du poète israélien Aaron Shabtaï affirmant qu’il boycotterait à titre personnel « tant la Foire du livre de Turin que le Salon du livre de Paris en ne se joignant pas à la délégation de son pays ». Il précise : ”Je ne pense pas qu’un État qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anti-culturel ; c’est un acte barbare cyniquement camouflé en culture. Cela manifeste un soutien à Israël, et peut-être aussi à la France, qui appuie l’occupation. Et je ne veux pas, moi, y participer.”

    On dira bien sûr que Aaron Shabtaï est colonisé par la haine de soi et que cela lui fait prendre le parti des « antisémites » de la terre… On connaît ce refrain. Ou alors, s’agit-il là du simple bon sens…le silence de la communauté internationale vis-à-vis du traitement des Palestiniens est déjà suffisamment honteux pour que l’on n’ajoute pas l’offense à l’indigne. Une conscience humaine avec un minimum de valeurs, de principes et de dignité ne peut s’associer à cette mise à l’honneur d’un Etat dont les pratiques politiques et militaires sont une insulte à nos consciences et à notre honneur.

    Ce communiqué est en ligne sur son site (http://www.tariqramadan.com/article.php3?id_article=1350 ) On lira aussi avec intérêt les commentaires figurant sous ce texte et qui nous renseignent sur l’état d’esprit des « amis de TR » fréquentant ses publications…Aux antipodes de « l’islamo-gauchisme » caricatural décrit par les assassins intellectuels de ce penseur d’Islam dont la lucidité n’est pas aveuglée par une foi dogmatique.
    Le vrai « appel au crime » est ailleurs, par exemple dans la dernière chronique de l’islamophobe Philippe Val (Charlie Hebdo du 6 février 2008 ) qui ose : « Allo, monsieur Tarik Ramadan ? Vous pouvez dire à vos amis frères musulmans que les Européens sont bien gentils, qu’ils vous aiment bien. La preuve, ils sont prêts à laisser assassiner Ayaan Hirsi Ali rien que pour vous faire plaisir » (députée néerlandaise d’origine somalienne, effectivement menacée par les « islamistes » et en recherche d’asile politique).
    Jacques Richaud 7 février 2008

  6. Le lien des commentaires évoqués:
    http://www.tariqramadan.com/article.php3?id_article=1350
    Jacques Richaud

  7. Ce soir 14 février 2008 et pour la première fois le président de la République Française s’est rendu au « repas annuel du CRIF » , qui recevait habituellement le premier ministre en exercice et d’autres personnalités désireuses de montrer leur respect pour la « communauté », au risque de se voir parfois dictées des injonctions de politique étrangère dépassant la prérogative d’une institution qui heurte même par ses prises de position de nombreux français de famille juive .
    Il nous faudra observer ce que le président répondra au dernier communiqué du CRIF, (11 janvier 2008 ) soutenant le caractère « juif » de l’état d’Israel; avec le récent soutien (inédit) du président des Etats-Unis.
    Jacques Richaud

    Communiqué:

    Israël est l’Etat juif
    11/01/08
    Le CRIF déplore que le journaliste de France 2 Philippe Rochot ait « dérapé » lui-même très gravement en qualifiant de dérapage les paroles du Président George W Bush sur le caractère juif de l’Etat d’Israël, le 9 janvier dernier dans le cadre du journal télévisé de 20 heures.
    Le CRIF rappelle que la notion d’Etat juif était incluse dans le vote des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui a conduit à la création de l’Etat d’Israël. LA SOLUTION D UN ETAT JUIF aux côtés d’un Etat palestinien EST LA SEULE BASE SUR LAQUELLE DES NEGOCIATIONS PEUVENT ETRE ENGAGEES. Bien entendu, le caractère juif de cet Etat n’empêche pas, comme c’est le cas, les arabes israéliens d’exercer leur droit de pleine citoyenneté.
    En faisant valoir son propre point de vue militant pour délégitimer les déclarations parfaitement normales du Président des Etats-Unis, le journaliste Philippe Rochot a failli à l’éthique de son métier. Ses propos, qui vont à l’encontre des prises de position de l’ensemble de la classe politique française, engagent la chaîne nationale France 2. Le CRIF attend des dirigeants de France 2 une réaction sans équivoque à ces déclarations d’une extrême gravité.

  8. NOUVEAU RECEL DE CADAVRE

    Aucune révélation du chef de l’Etat autre que son soutien à Israël et la reformulation de sa conception de la laïcité. Un «grand discours » est annoncé devant la Knesset au mois de mai, après les municipales en France.

    Mais une annonce «choc », plus forte encore que l’imposition de la lecture de la lettre de Guy Môquet dans tous les établissements scolaires à la rentrée 2007, ce premier recel de cadavre avait fait couler déjà beaucoup d’encre…Instrumentaliser la mémoire historique était devenu un sport présidentiel.
    Cette fois le président annonce avoir «demandé au ministre de l’éducation nationale de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah » (! ) Onze mille enfants morts soustraits à la douleur intime de leur famille pour servir la politique opportuniste de celui qui se déclarait hostile à toute forme de « repentance » ! Un recel massif de onze mille cadavres encore, sans concertation ni réflexion préalable sur l’incidence d’une telle mesure et les tensions qu’elle ne manquera pas de susciter…

    Au travers de l’empathie obligée pour Guy Môquet (dont on tentait cependant de taire l’engagement communiste), chaque lycéen était, en 2007, encouragé à se sentir «un peu résistant »…En 2008 ce seront les plus jeunes du CM2 qui seront invités par procuration à se dire qu’ils auraient pu être «justes parmi les nations » et sauver leurs petits camarades…Au même moment des enfants et leurs familles sont raflés et expulsés par milliers en procédures accélérées pour remplir les quotas fixés par le même président…Obscène !
    Jacques Richaud 14 février 2008

  9. LA PEUR DE L’AUTRE

    samedi 23 février 2008.
    « C’est quoi ce pays de murs, de barbelés, de palissades, de grillages… »
    « c’est celui de la peur »
    « la peur de quoi ? »
    « plutôt de qui… »
    « d’accord… de qui ? »
    « de l’autre !!! »
    « mais l’autre c’est qui ? »
    « c’est celui qui veut retourner chez lui, sur sa terre, dans son foyer »
    « et alors, où est le problème ? »
    « sauf que chez lui ce n’est plus chez lui, c’est chez quelqu’un d’autre »
    « mais ce quelqu’un d’autre, il vient d’où ? »
    « lui, il est né là… mais ce sont ses parents qui viennent d’ailleurs »
    « bien, et alors que celui qui est né là laisse celui qui veut retourner chez lui le faire et qu’il aille habiter ailleurs, à côté, un peu plus loin »
    « oui mais il dit qu’ici c’est désormais chez lui ! »
    « … et c’est pour ça qu’il construit tous ces murs, qu’il installe tous ces barbelés, qu’il monte toutes ces palissades et ces grillages ? »
    « oui ! il veut décourager l’autre de vouloir retourner chez lui, il veut qu’il reste dehors »
    « mais à force de s’entourer de toutes ces choses horribles, c’est lui qui se retrouve complètement enfermé ! »
    « oui, mais cela il ne peut pas le voir »
    « et pourquoi ? »
    « parce qu’il a de plus en plus peur de l’autre ! »
    (…)
    Al Faraby,
    Samedi, 23 février 2008
    http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4469

    La peur, cette mauvaise conseillère universelle, ronge de chaque côté du MUR le cerveau et le cœur de ces voisins porteur d’histoires si douloureuses. A propos de l’acharnement de SHARON à disqualifier et neutraliser le leader historique de l’émancipation palestinienne ARAFAT, l’ancien responsable du Shin Beth (service de sécurité israélien) MATTI STEINBERG avoue «d’un strict point de vue israélien, ce n’était pas raisonnable de jeter ce partenaire dans les poubelles de l’histoire » (1). D’autres sont prisonniers à jamais de leur douleur mémorielle, tel AVI PRIMOR s’étonnant en Allemagne de la construction d’un mémorial dédié (après celui dédié aux juifs) aux tziganes et aux homosexuels exterminés dans les camps nazis : » Y a-t-il un autre pays au monde qui érigerait un monument pour immortaliser sa propre honte ? » , on ne peut plus clairement dire que cette perspective est étrangère à la pensée israélienne. (2) D’autres voudraient peut-être qu’on les aide à accomplir ce qui est inconcevable pour eux ; l’universitaire israélien NORMAN FINKELSTEIN ose : « Un million de Palestiniens devraient marcher sur le mur de séparation en Cisjordanie pour le démanteler ! »(3). D’autres sont peut-être condamnés à s’accommoder de la cécité ou au déni éternel comme ANDRE DARMON «il est vrai et banal aujourd’hui de redire qu’il n’y a jamais eu de problème palestinien et qu’il n’existe qu’un problème juif ou israélien » parlant de la crise sociale et de la pauvreté en Israël (4). Il est vrai que ceux là semblent rassurés par notre diplomatie et pouvaient faire couverture de l’affirmation «le nouvel axe Paris-Jérusalem » avec Nicolas S et Ehoud Olmert radieux tous deux en illustration (5)après la visite d’Olmert le 22 octobre 2007 à Paris. Le même déni s’affiche dans la même revue «du côté ‘palestinien’ (entre guillemet dans le texte, comme prélude au déni final) …on se présente comme la ‘victime’, le peuple ‘spolié’ dont il faut écouter les doléances…Ou bien Israël se donnera les moyens de rompre avec ce qui constitue, en fait, un engrenage. Ou bien Israël sera vaincu, et détruit. L’engrenage, à bien y regarder, a un nom : processus d’Oslo…. La ‘victime’ avance encore. Elle a le temps pour elle. Elle a tout le temps…La situation, pour Israël, n’a jamais été aussi dangereuse. » (6). Au passage il est rappelé dans le même numéro la citation, tellement gênante que beaucoup de juifs de France la contestent, de Dominique Strauss-Kahn qui avouait dans une interview «se lever chaque matin en se demandant comment il pourrait être utile à Israël ». Cette posture peut interpeller tous ceux qui songeraient à donner à la personne un rôle national de premier plan. Il est rappelé aussi son texte dans la revue Passages dans les années 80 «je considère que tout juif de la diaspora doit partout où il le peut apporter son aide en Israël. C’est POUR CELA d’ailleurs qu’il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. Dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël » (!) sic, un tel propos rapporté par n’importe lequel des organes de presse actuels, serait considéré comme dissimulant une arrière pensée stigmatisante…) (7)

    Si nous œuvrons à faire baisser la peur de part et d’autre du mur, ce ne peut-être au prix de certains aveuglements. Le paradoxe central est représenté par le fait que la peur envahie toute la raison du camp objectivement dominant, occupant et bénéficiant pour l’instant du soutien des Etats Unis de façon quasi inconditionnelle ! Mais même cette peur là ne peut être négligée, elle fait partie du problème.
    – (1) Documentaire sur la fin d’ARAFAT, France 5, diffusé le 2 janvier 2008
    – (2) In Courrier International 7 février 2008
    – (3) Cité in Marianne 23 février 2008
    – (4) Editorial de la revue Israël Magazine (Edition France) nos 3/85 Mars 2008
    – (5) Couverture Israël Magazine nos 82 – Décembre 2007
    – (6) La chronique de Guy Millière – Rompre l’engrenage- in Israël Magazine nos 82 – Décembre 2007 p 16-17
    – (7) Dominique Strauss-Kahn – Sur le toit du monde, par Nathan Zerbib. In Israël Magazine nos 82- Décembre 2007 p 56-57
    Jacques Richaud


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