Sarkozy va provoquer les cheminots et il fait une boulette énorme…

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Hier samedi, les médias, la télévision en particulier, ont tenté de monter un scénario  à partir de la visite du Président Sarkozy auprès des cheminots. Un président courageux, affrontant le fauve dans son antre, un homme seul faisant face….C’était un montage qui cachait  l’entourage du président, la nuée des cameramens, une armée de CRS,  une mise en scène… Tout ce monde  était là comme au zoo,  pour voir le dompteur Sarkozy montrer « qu’il en avait » au point de défier le cheminot CGTiste dans son antre. D’où la colère des cheminots. Mais à force de faire de la politique spéctacle de prétendre résoudre tout sous l’oeil des caméras, le président s’est pris les pieds dans la moquette. C’est ce que nous explique l’article de libération de CÉDRIC MATHIOT. Mais ce qu’il décrit reste insuffisant pour comprendre ce vers quoi nous conduit l’agitation présidentielle. Mieux ou pire,  l’essentiel reste occulté.

Il y a la personnalité, nous avons élu une sorte de Bernard Tapie, vulgaire, machiste et démagogue, pratiquant l’épate… Il fait le mariole ! Dire cela ne suffit pas même si cela soulage..  L’article de Libération, qui a lemérite, à l’inverse de la télévision, d’explorer la méconnaissance présidentielle des dossiers,  reste néanmoins  en coquetterie comme l’est l’article de l’Express sur Rachida Dati, ou tant d’autres de Marianne. Il y a là une timide opposition qui ne sort pas des rangs…  Il reste à critiquer bien au-delà de la « bourde »…

 L’attitude de Sarkozy ne consiste-t-elle pas  à chercher des boucs émissaires face à l’échec de ses promesses électorales ?… Il est allé se défausser par avance chez les cheminots, ils l’ont compris. Mais la flagornerie des médias plus la politique de Sarkozy risquent de nous mener trés loin…

danielle Bleitrach

 samedi 27 octobre 2007

l’article de Libération

Annonce choc… ou boulette maousse ? En se rendant vendredi matin dans les ateliers du Landy, à Saint-Denis, près de Paris, où sont révisés TGV, TER, Eurostar et trains Corail, pour montrer ses muscles aux cheminots («La rue, elle ne fera pas plier, parce que nous sommes dans une démocratie»), Nicolas Sarkozy a surtout montré quelques lacunes dans le dossier de la réforme des régimes spéciaux de retraite, pourtant phare de son programme. Quelque peu malmené par les salariés présents (le Président a essuyé le refus ostensible de lui serrer la main d’un salarié), Sarkozy, entouré d’une nuée de caméras, s’engage dans une discussion tendue, au milieu de laquelle il finit par lancer : «Les 40 ans [d’annuités] s’appliqueront à tout le monde, en revanche, les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s’appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF.» Une rumeur monte dans la foule, un syndicaliste de FO s’étonne : «Ah, mais ça c’est nouveau !» C’est même énorme.

Le principe de la décote (1) fait partie des trois piliers intangibles du document d’orientation qui a été remis aux syndicats le 10 octobre, au même titre que la durée de cotisation à 40 ans pour la retraite à taux plein et l’indexation des pensions sur les prix. En affirmant que les décotes ne s’appliqueront qu’aux nouveaux entrants et ne toucheront pas les cheminots en poste, Sarkozy lâche donc une annonce explosive.

Les médias présents, Reuters, AFP, France 3 reprennent la phrase. Le souci, c’est qu’au même moment, chez le ministre du Travail Xavier Bertrand, qui concluait une série de rencontres avec les syndicats, les organisations de salariés se voient proposer un tout autre discours. Au point de sortir en déplorant des négociations bloquées.

A la SNCF, le discours est un peu embarrassé : «Je pense que c’est une boulette», glisse un cadre, la direction de l’entreprise préférant pudiquement s’abstenir de toute réaction officielle. Les syndicats, eux, s’en donnent à cœur joie. L’Unsa : «Si le Président le dit, c’est forcément lui qui a raison. Nous n’imaginons pas un instant qu’il ne connaisse pas le dossier.»

Prenant Sarkozy au pied de la lettre, Eric Falempin, secrétaire national de FO, se délectait lui d’une grande victoire : «On vient de gagner sur un des trois points les plus importants.» Même discours de façade de la CGT : «J’ai pris acte», assure Didier Le Reste, secrétaire de la fédération des cheminots, qui lâche : «Quand même, tout cela n’est pas très sérieux. A force d’agitation chronique, à force de vouloir parler sur tout, il en balance pas mal des bourdes. Il s’est déplacé avec une compagnie de CRS, une nuée de caméras, pour un exercice de communication qui relève de la provocation, sur des sujets qui sont quand même sérieux et qui méritent autre chose que ça…»

Dans la soirée, l’entourage de Xavier Bertrand a répondu à Libération que le ministère «confirmait les éléments du document d’orientation du 10 octobre». C’est dit élégamment, pour démentir le Président…

(1) Réduction plus que proportionnelle de la pension pour ceux qui n’auraient pas cotisé pendant le nombre d’années requises.

La méthode Sarkozy , faire le mariole, mais dans quel but?

Gaffer, se rendre insupportable par son goût de la publicité, depuis son élection Nicolas Sarkozy n’a cessé dans ce registre d’irriter les chefs d’Etat étrangers. Il est capable d’aller trés loin… Un exemple parmi tant d’autres:  les médias serviles n’ont pas rapporté ce qui s’est passé à l’Elysée le 30 juillet, quand Peter Amon, l’ambassadeur d’Allemagne fraichement nommé, a remis ses lettres de créance, il est tombé sur un président hystérique qui l’a accusé « d’hypocrisie » et Sarkozy a dit à son interlocuteur blêmissant qu’il « savait ce qu’on disait de lui à Berlin »… Cette crise a été provoquée par la venue du président le 9 juillet à la réunion des ministres des finances de l’Eurogroupe. Le ministre des finances allemand a critiqué « les coûteux cadeaux fiscaux » des Français. Sarkozy a piqué une crise et exigé d’Angela merkel qu’elle blâme publiquement son ministre pour avoir osé ainsi répondre à un président, alors qu’il n’avait pas à être à cette réunion. Ici même nous avons fait état de l’échec en Russie, ce celui au Maroc… Et on se souvient de sa virée à Dakar… On mesure mal le mépris que provoque partout le cirque du président français. Les chefs d’Etat ne sont pas loin d’avoir  sur Sarkozy l’opinion de Didier le Reste rapportée par l’article de Libération: Quand même, tout cela n’est pas très sérieux. A force d’agitation chronique, à force de vouloir parler sur tout, il en balance pas mal des bourdes. Il s’est déplacé avec une compagnie de CRS, une nuée de caméras, pour un exercice de communication qui relève de la provocation, sur des sujets qui sont quand même sérieux et qui méritent autre chose que ça…»

Pourtant le fait central est ailleurs, il est dans l’alignement de la France sur les Etats-Unis, le virage de la politique française… L’essentiel est dans la manière où le mariole dit aux autres chefs d’Etat que grâce à lui le traité repoussé par les Français va passer comme une lettre à la poste… Et là-dessus il peut compter sur le plus large appui du politico-médiatique…

Mais revenons au plan intérieur. Partout des réformes hatives renforcent l’exploitation, dépouillent les travailleurs et favorisent l’accumulation du capital. Ces mesures censées enrayer « le mal français », prises sans concertation avec les syndicats, avec une fermeté d’annonce destinée à plaire à tous les acariâtres, les xénophobes, les anti-fonctionnaires et autres poujadistes, finit par attaquer tout le monde en ordre dispersé. Pratiquer la provocation à l’usage des médias, et tenter de récupérer  une clientèle électorale tout en essayant d’ empêcher l’explosion sociale , donne à la fin ce sentiment d’un numéro d’équilibriste condamné à aller toujours plus loin dans l’improvisation…

 Le fond est que ce gouvernement court à l’échec, son but relancer la confiance par le bouclier fiscal est déjà hors saison, et toujours la presse nous continue à nous exhiber des bulletins de victoire (comme dans le cas des pseudos 3 milliards d’euros signés avec le maroc)  avec une critique amusée des excès et des gaffes présidentielles… Alors que la situation risque d’être de plus en plus dramatique, d’exiger toujours plus de sacrifices des mêmes.

Alors pour faire oublier cela on confond  la danse du ventre avec l’art de gouverner? Pour accélérer la transformation de la société française, rompre le pacte social comme le veut le medef, parce que là est le fond, comment susciter le poujadisme du peuple par un usage immodéré du spectacle, pour mieux le dépouiller ?

C’est là qu’intervient, selon moi,  le danger sur lequel il nous faudra revenir, la presse, les médias qui nous inventent un Nicolas Sarkozy omniscient, omnipotent, sont en train de nous préparer une terrible réaction devant l’échec qui ne manquera pas d’advenir. On songe devant leur irresponsabilité à ce qu’avait analysé Karl Kraus en 1915. La presse  allemande durant la première guerre mondiale jusqu’à la défaite n’avait proclamé que des triomphes de l’armée allemande. Quand les Allemands perdent la guerre, et que s’ensuivent de terribles conséquences, ils sont convaincus qu’il y a eu complot pour leur voler leur victoire, complot des grèves ouvrières, complot des juifs bien sûr, l’armée n’a pas perdu la guerre, elle lui a été volée. hitler fera son nid sur cette frustration. Karl kraus qui n’a cessé de dénoncer cette manipulation de la presse aura en 1933 des mots très durs contre cette presse désormais réduite au silence, il leur refusera le statut de victime du nazisme : »le national socialisme n’a pas anéanti la presse, mais la presse a créé le national socialisme » (1)

Kraus analyse les mensonges des médias en en rendant compte clairement comment dés l’époque de la première guerre mondiale, toutes les conditions ont été » réunies pour la transformation d’une moyenne, qui n’était pas particulièrement doué pour le mal, en une armée de criminels obéissants, inconscients de la monstruosité de leurs actes et persuadés de leur innocence.  » La monstruosité consiste à faire accepter la nécessité de priver ceux qui n’ont rien du peu qui leur reste au profit de ceux qui se vautrent dans le luxe, au plan international comme au plan national. Pour cela il faut des boucs émissaires, les cheminots hier…

Le président, porté par une presse,  qui soit est totalement servile, soit n’est que  gouvernementale, soit est dite « d’opposition » quand elle est en coquetterie avec le pouvoir comme par exemple Libération et Marianne, pour reprendre là encore la classification de karl kraus sur la presse qui fait le lit du nazisme, donc quand la crise va s’aggraver et elle ne peut que s’aggraver, a déjà monté son théâtre. le président aura fait ce qu’il a pu pour réformer la France, mais les méchants syndicats, les ouvriers égoïstes, l’ont empêché de réussir… On voit la logique du théâtre, de la politique spectacle… (2) Nous sommes loin de la coquetterie des critiques médiatiques qui se contentent de caricaturer l’agitation présidentielle, de se moquer de ses déboires conjugaux, et ne voient pas vers quelle haine sociale on nous guide…

DB

(1) Je conseille la lecture du livre de jacques Bouveresse paru chez Agone: Satire et prophétie: les voix de Karl Kraus. Karl Kraus nous donne des concepts pour penser la manipulation, la corruption médiatique. citation p.81.

(2) Nous sommes dans cette description dans l’ordre de la gaffe par agitation médiatique, mais le système du non chiffrage apparaît également comme une manière de redonner au patronat, aux riches, ce qu’à travers des mesures que l’on veut spectaculaire on prétend leur enlever dans un souci d’égalité. Il faudrait également analyser la manière dont à l’Assemblée nationale on annonce des mesures spectaculaires mais aussitôt on crée des mesures non chiffrées qui donnent ce qu’officiellement on a retiré, par exemple la taxe sur les stock-options s’est accompagné d’exonérations de charge aux entreprises dont tout le monde ignore encore  le coût exact et qui va  payer…

20 commentaires

  1. oui, pour poursuivre la discussion entamée hier, je crois bien que les journalistes et leurs entreprises de presse portent une lourde responsabilité. Se gargarisant d’être les piliers de la démocratie, ils ont depuis les années 80 sombré dans l’opportunisme et la pure propagande, non pas que les journalistes soient tous des crétins (même s’ils sont nombreux à l’être-cf leur formation, leur absence fréquente de recul critique),mais ils sont aujourd’hui dans un camp et dans un système de production qui les obligent au mensonge et à la désinformation quotidienne. Sarko le sait bien, puisqu’il leur confie ces images de lui avec les cheminots, sachant qu’ils en feront bon usage.

    Il faut tuer le plus vite possible la presse pourrie, le Monde, Libé,Charlie Hebdo, Marianne… et le service public (sic!) de radio et télé en cessant de les lire, de les écouter et de les regarder et en soutenant toutes les initiatives qui vont dans le sens de l’intelligence et de la compréhension : du Plan B à CQFD, de Zalea aux blogs comme celui-ci. Mais il faut également que les bonnes volontés se regroupent pour créer un véritable journal quotidien qui fasse de l’information, en dehors des contingences des marchands de toute sorte. Peut-être un grand appel issu de la Gauche pour une souscription à un journal dont le projet, le fonctionnement seraient débattus par les souscripteurs, les lecteurs, les auteurs.
    En ce qui me concerne, je suis prêt à m’investir dans un tel projet et je pense que beaucoup d’autres le sont, quand on voit la somme des frustrations dans ce domaine.
    C’est un impératif pour renverser le cours des choses, comme il est impératif de refuser toute compromission avec ces médias en acceptant les 2 minutes d’antenne qu’ils accordent parfois, et de s’organiser en dehors d’eux et contre eux.

    Ces idées sont de plus en plus présentes, on l’a vue lors des manifs contre le CPE, dans les AG qui refusaient la présence des journaleux, lors du débat sur le traité européen. Mais, la duplicité de Bové, du PC et d’une partie de la GAuche mouvementiste comme la LCR est encore un frein à la prise de conscience.Un comble quand même : seul Bayrou a su porté quelques idées un peu réfléchies sur ces questions pendant cette dernière année à la connaissance du peuple. Je crois que cela n’a pas été sans effet sur l’attraction qu’il a pu provoqué dans certains milieux (les salles de profs par exemple).
    Ne laissons pas Bayrou, c’est-à-dire la Droite, récupérer ce combat essentiel pour défaire les marchands.

  2. Il est trés difficile pour les journalistes de se faire entendre. Il faudrait analyser par exemple ce qui se passe en ce moment où les cinq premiers syndicats de journalistes français tentent de vaincre le mur de silence que les rédacteurs en chef batissent autour d’eux. Il y a d’ailleurs une pétition en ligne que je vous conseille d’aller signer.

    Cette pétition peut être signée, en ligne, à cette addresse :

    http://intersj.info

    (le texte de la pétition s’y trouve)

    Je crois qu’il faut les soutenir, je voudrais également dénoncer la manière dont une ONG comme reporters sans frontières tend à monopoliser une hypothétique représentation des journalistes

    Alors qu’en fait non seulement son président autoproclamé Robert Ménard a reconnu être financé par la CIA (par la NED) ce qui explique qu’il ne défende que les journalistes qui ne font pas de peine à la dite CIA. Et surtout, en France comme il l’a dit lui-même, il ne met pas en cause les patrons de presse.

    C’est-à-dire que nous avons un organisme financé par la CIA, qui monopolise l’expression de « la liberté de la presse ». Ce qui est déjà un problème puisque nous devons combattre pour notre droit à l’information et donc les conditions de l’indépendance des journalistes, alors que Robert Ménard défend la même liberté de la presse que celle d’une ONG financée par les trusts de l’agro-alimentaires défendrait la liberté des dits trusts…

    Il me semble qu’il faut bien distinguer de qui relève d’une concentration des pouvoirs chez les rédacteurs en chef, courroie de transmission des grands patrons de presse et des grands annonceurs, et les journalistes. Certes il y a une formation, déformation, beaucoup de cynisme stupide, et un art de coller aux idées reçues, mais comme partout il y a des gens courageux.
    Danielle Bleitrach

  3. Il faut le reconnaître : le pouvoir actuel est passé maître dans l’art de la dissimulation de la lutte des classes par voie médiatique interposée.

    S’inviter parmi les grévistes comme l’a fait Sarkozy, se poser comme l’innocent homme de dialogue prêt à « expliquer » la main sur l’épaule (bah oui, les masses sont toujours très connes, elles ne comprennent jamais rien aux « enjeux »), c’est déjà ex ante aplanir la conflictualité latente et surtout désigner au yeux de la doxa médiatique ce que sont bien ces indécrottables planquets de fonctionnaires, viscéralement arc-boutés sur leurs petits privilèges de caste.

    Franchement, si l’on veut mener le combat (avec quelque espoir de réussite) contre cette bourgeoisie-là, aussi maline que fourbe, et dont Sarkosy est le porte-étendard, il faudra qu’émerge une organisation politique autrement plus décidée et armée que toute la gauche réunie actuelle.

    Khamsin
    (PCF)

  4. Moi, M. Nicolas Sarkozy me fait penser à des patrons que j’ai déjà eus dans diverses missions d’intérim. Sur un coup de tête, il court-circuite toute sa hiérarchie. Il descend de tout haut de sa hiérarchie, pour montrer que lui aussi il est capable de mettre les mains dans le cambouis. Mais alors la conséquence c’est que ça décrédibilise toute la hiérarchie entre, ça fout en l’air toute cette petite organisation et les petits pouvoirs de cette hiérarchie entre. Mais la conséquence la plus grave, c’est que la plupart du temps ils sont incapables de faire correctement le travail. Et souvent, sans le vouloir, ils font de la casse, ils détruisent, ils effacent, etc. le travail de celui (ou celle) qui travaillait avant. Et puis bien sûr la plupart du temps ils sont de mauvaise foi, et il ne reconnaissent pas leurs fautes, leurs erreurs. Reste à savoir s’il va recommencer… et si ça sera en permanence comme ça…

  5. vous avez raison… Si on reprend la crise (parmi d’autres) avec Merkel en juillet, il va à une réunion des ministres des finances à laquelle il n’est pas convié, Christine lagarde est condamnée au silence. Seul Berlusconi (c’est direz la référence) a osé agir ainsi et après il pique une crise… En Russie, c’est une catastrophe, et au Maroc un « fiasco » qui coûte trés cher puisque il est accompagné de 70 patrons et quelques pipoles…

    Au bout de quelques mois il y a une atmosphère de catastrophe que traduit assez bien l’histoire de l’Arche de Zoe qui rend complètement loufoque le projet « humanitaire » du Darfour cher à Kouchner et dans laquelle la France s’est complètement investie… Il y a même quelque chose de stupéfiant dans la manière dont le décor des bons sentiments s’effondre et ne cesse de révéler du sordide… Il y a escroquerie, y a-t-il comme l’affrime le Tchad réseaux pédophiles, en tout cas le piège s’est refermé sur la philanthropie occidentale… C’est l’impérialisme humanitaire… Il faudrait écrire sur tout, brosser des portraits…

    Mais le pire, ce dont personne ne parle c’est la violence de la crise qui rend toute la politique de Sarkozy complètement folle même aux yeux des autres européens… Il a bien besoin de paraître en mesure d’imposer le traité à un pays qui l’a repoussé. on ne peut que s’interroger sur la servilité des médias, mais aussi du parti socialiste…
    Ils sont prétrifiés mais c’est parce qu’ils sont hélas d’accord…

    Bref tout le monde semble s’ingénier à ne pas parler de l’essentiel, comme l’a dit en gaffant Arlette Chabot, « ne parlez pas de choses qui fâchent »… Il y a une complicité qui s’éclaire quand on voit ce que sont les médias, qui les possède, c’est proprement parler effrayant et trés dangereux parce que la logique du système c’est la dénonciation des syndicats, la répression des gens qui ne trouvent plus à se loger alors que ce sont des salariés…

    Alors il faut rester dans le détail, les petites histoire, les ragôts, l’obscénité de déclarer son divorce le jour de la grande grève…

    Il y a une terrible complicité, terrible parce que face à la crise, on forme des monstres, des gens qui se repaissent de la traque du pédophile, mais n’ont pas la moindre compassion pour l’enfant immigré que l’on met en garde à vue… Cela me fait penser à M le maudit… Et Sarkozy surfe là-dessus sur une émotion qui ne débouche sur aucune action, une émotion de voyeur… mais il faudrait aussi qu’il existe des organisations politiques , syndicales, associatives capables de récréer le débat politique au niveau où il devrait être. Un espace s’ouvre devant nous… devant ceux qui ne supportent plus l’ordre des choses tel qu’il va, qui réalisent la manipulation dont ils sont l’objet… J’ai fait ce blog (et il y en d’autres) pour ça…

    Danielle Bleitrach

  6. Vous êtes largement aussi dure que moi sur le fond pour les journalistes (la complicité est en effet terrible). Bien sur que nombre d’entre eux sont pris dans la production impitoyable de l’information, dns le relais de communication des puissants, sous la pression de leur rédac chef, confronté sans cesse à l’autocensure mais bon… Ne sont-ce pas des gens qui font des études supérieures, qui font souvent ces études imprégnés d’une mythologie Albertlondresque…
    Je veux dire que l’acceptation des contraintes au-delà d’un certain niveau (largement dépassé) me semble relever de la pure collaboration. Beaucoup y trouve un intérêt quelqu’il soit. Quant aux organisations syndicales que vous citez, elles auraient tous les jours dix raisons de s’indigner de la sélection des infos, de leur hiérarchisation, de leur traitement. Les avez-vous souvent entendues ?Je ne parle bien sur même pas de ce lamentable Ménard et RSF, dont vous rappeler les troubles financements.
    Il était un temps où les journalistes étaient capable de mettre une distance critique entre eux et leur sujet, ou ceux qui les écoutaient se posaient la question de savoir d’où parlaient ceux qu’ils interrogeaient. Maintenant, ces questions ne se posent plus, ne sont plus posées.
    Le journaliste est devenu un attaché de presse et je crois que nous ne pouvons échapper à la remise en cause de leur place dans la société, ce qui nous permettra de poser à la fois la question de la propriété (la vieille question centrale) comme celle de la démocratie.

  7. Oui, ne lisons plus la presse pourrie, n’écoutons plus les radios et télés à la botte ; alors lisons « Politis ». D’accord, ce n’est pas (encore) un quotidien, mais quand même…

  8. Bonjour,

    Nous sommes entrés dans l’ère du mensonge et de la manipulation généralisée. Ce qui est condamné est ce qui est en fait défendu : l’égoismes (des élites), l’esclavage des masses … Ce qui est encensé est en fait ce qui est combattu : la république, la justice (la vraie), le service, la résistance (la vraie), …

    La liste pourrait être très longue.

    La flatterie des égoismes, et la recherche systématique de boucs émissaires est l’arme des organisations les plus nuisibles (sectes et régimes totalitaires), et dispense de faire le vrai bilan des actions déjà menées. Quel sont les bilans de NS aux différents ministères avant d’être président ?

    La rapidité d’action permet de court_circuiter la réflexion des citoyens et de maintenir le bénéfice du doute dans les esprits mous qui ont toujours fait le lit des dictatures.

    Les déclarations contre-historiques (mai 68, Guy moquet vient d’en faire les frais lui qui a été désigné comme victime par le grand patronat sous l’occupation) ont pour objectif d’effacer progressivement la conscience politique des individus, d’effacer leur mémoire et de les déstructurer afin de les rendre malléables.

    Derrière l’activisme dispersé de surface il y a un plan global de destruction d’une société basée sur la solidarité (services publics, sécurité sociale), un plan global de déprogrammation et de controle des individus (Internet, génétique, libérté de presse, armes policieres, …).

    Organisez la résistance avant qu’il ne soit trop tard.

    PS :

    Il y a bien pire que les journaux classiques : il y a les journaux gratuits qui maintiennent sous perfusion de désinformation les millions de banlieusards…
    Action: tagguez les journaux gratuits au feutre : PROPAGANDE

  9. Voilà l’article le plus intelligent que j’ai lu sur la politique en France depuis 6 mois. Un tantinet paranoiäque mais très très bien pensé et très bien réfléchis, je vais même le relire et mettre ce site dans mes favoris…

    Déjà il faut continuer l’analyse critique, c’est une partie super importante du boulot là…

  10. Bonjour,

    En effet, cet homme est un vrai IRRESPONSABLE. Les 53% d’électeurs français nous ont vraiement mis dans le SARKOZY, expression qui signifie un endroit boueux, marécageux,etc..
    Autrement dit, le bonhomme fait honneur à son patronyme en entrainant la France dans la boue. Les électeurs l’ayant élu avaient-ils tous leurs esprits le 6 mai dernier. A moins que Sarkozy leur ait mis du Sarkozy dans les yeux ? Probable.

    A+

  11. D’accord sur 90% de l’article.

    Toutefois, serait il possible de connaitre:

    d’abord connaitre
    -les cause intrinseques de la dérive journalistique et éditoriale

    puis
    – la définition d’un média indépendant
    – la définition du journalisme indépendant

    enfin
    -les moyens d’en obtenir
    -les moyens de les maintenir puis de les imposer

    Merci d’avance cela permettra au débat d’avancer

  12. Attendu que j’ai déja passé un certain temp sur la planete,je m’autorise
    quel que liberté ,a savoir que j’ai déja dénoncé ce gouvernement de
    collabos,comme le gouvernement de Vichy ,la chasse à l’étranger,
    l’intox,plus fort que goebel,la manipulation y est maitre et roi.
    Quand aux zélus ,prétendant diriger le P.S. en autre,recoler au cul
    de sarcocu,pour un mini-traité,copie du défund t.c.e.!!!???.
    Les médiats n’en parlons plus, je me satisfait des glogs ou plutot
    d’internet comme ici.
    S.F.A.M.Rosay.

  13. Bonsoir,

    Entièrement d’accord avec l’analyse de DB (ainsi qu’avec le codicille de Zak) et le danger que font courir ces merdias : effectivement constater la manipulation, la désinformation permanentes auxquelles ils se livrent sans arrêt partout et à toute heure sans aucune voix discordante ( radios, télés, journaux, zalea y’a pus, Zak…) ne peut qu’inquièter, et encore plus avec les lunettes K.Kraus.

    Ce qui est le plus terrible, ce qu’il y a de terrorisant, c’est le formatage auquel tout ça conduit. Je me passe de télé depuis des années : cet arrêt ne m’a rien coûté tant il est facile. Mais le problème c’est qu’autour de soi chaque conversation y ramène. Pas moyen d’y échapper. Tout se passe comme si on était sommé de s’y référer pour se déterminer. Ce qui est vu à la télé (radios et journaux ont un pouvoir très subalterne ) est vécu comme un moment essentiel, tient lieu de norme, de vérité objective. Ainsi en fut-il pour l’épisode Sarkozy chez les cheminots » : pas moyen d’y échapper. Même sur internet (je l’ai trouvée sur le forum… socialiste ! http://forumsocialiste.free.fr/viewtopic.php?t=14073 et http://forumsocialiste.free.fr/viewtopic.php?t=14097 où on fait par deux fois la pub à un Pernaud et un Morandini !!!) La video est commentée comme une réalité. On ne s’interroge pas sur sa provenance, les conditions de sa « réalisation », la façon de filmer, le choix des passages etc etc

    Qu’on le veuille ou non on baigne dans cette soupe infâme et on a l’impression d’être le seul à lui trouver un goût de chiotte. On se sent seul. On se sent mal. On a envie de vomir. Mais depuis le temps on n’a plus rien à vomir. Alors on ouvre Le Plan B (mais c’est tous les deux mois…)on se console avec Le Canard Enchaîné (mais sur le Venezuela et d’autres sujets c’est même combat que Liberachion et Limmonde, dans le dernier n° ils en sont même à encenser le Béachèle, normal : ils ont récupére tout un paquet de la journaille Liberachion) et puis par inadvertance on allume la radio: « Visite surprise ce matin de NS chez les cheminots… » et le montage nous est ressorti tout chaud, mêmes coupes, mêmes extraits, mêmes commentaires orientés…

    Une colère homicide vous prend et on ne peut s’empêcher de penser : au moins en d’autres temps y’avait Radio Londres… Merci à vous d’en tenir lieu un peu.

  14. En fait, le « sarkozyme » existe depuis bien plus longtemps que certains le disent. Les années 80 sont bien le grand tournant « libéral » comme le disent les nostalgiques de l’époque de l’état providence, du compromis keynésien, qui ont préparés le terrain pour l’arrivée d’un type comme Sarkozy. A cette époque, les intellectuels de variété nous serinaient à longueur d’éditos et de livres que la lutte de classes était finie, qu’on était entré dans l’époque du consensus alors qu’avait à peine commencé la contre-offensive brutale des classes dirigeantes avec comme symbole des plus débiles l’esbroufeur en chef pré-sarkoziste B. Tapie. Simplement, maintenant tout se clarifie : avec Sarkozy, on a la traduction politique de cette nouvelle époque qu’on appelle « le turbo-capitalisme » : un capitalisme pur qui se défait de tous ses oripeaux antérieus (car il n’a plus personne à berner) pour montrer sa réalité crue : la recherche effrennée du taux de profit à n’importe quel prix. Le mythe des trente glorieuses, de l’intégration pour tous, d’un avenir garanti, de la solidarité entre les générations, tout celà est officiellement déclaré mort par l’idéologie officielle de la nouvelle classe dirigeante qui ne craint plus d’afficher son projet de mainmise sur toute la société.

  15. Salut, c’est marrant on est synchro sur pas mal de points sur ce coup:

    http://sauce.over-blog.org/article-13367277.html

  16. le libéralisme et la politique du spectacle : cause ou catalyseur de l’immonde ?

    méditons cette maxime menaçante de l’écrivain-philosophe québécois Jean-Jacques Pelletier : Quand le mépris pour la politique se généralise et que la confiance dans les institutions disparaît,quand les appartenances se dissolvent et que l’intérêt personnel devient la seule motivation,quand l’économie souterraine prolifère et que la débrouillardise est la principale vertu, alors une société est prête à tomber entre les mains de toutes les mafias.
    la fiction s’est faite réalité, mafia s’écrit tout simplement actionariat
    le carburant de l’immonde, c’est quand même la vénalité, et son catalyseur, le mythe de la croissance . hélas, la pénurie n’est pas proche !

  17. Je commencerai par me faire l’avocat du diable. Novomondo stigmatise les journaux gratuits, reprenant à son compte un combat mené par la presse payante, en particulier Libération. Ce matin à Montréal j’ai lu dans le métro et son journal éponyme un article de deux pages donnant des conseils de consommation du type « achetez bio, équitable, sans OGM, évitez l’agrobusiness type Dole à cause de ses pratiques antisyndicales et de ses alliances politiques en Amérique latine ». J’y lis régulièrement des brèves relatant les propositions de l’opposition municipale, d’associations de gauche ou l’arrestation de policiers malhonnêtes, par exemple. Évidemment, plus de la moitié de l’espace y est occupé par de la publicité, mais ce genre de nouvelles, on ne les trouve en France que dans des quotidiens dits de gauche, et encore seulement si elles servent un objectif. En d’autres termes, les journalistes français font de la pédagogie, plus de l’information.

    De la pédagogie… l’usage de ce terme (du grec παιδαγωγία, de παιδός (/’paɪdɔs/) « l’enfant » et ἄγω (/’a.gɔ/) « conduire, mener, accompagner, élever » d’après la wikipedia) laisse rêveur hors du contexte de l’enseignement primaire ou secondaire. J’ai commencé à remarquer son emploi pendant la campagne pour le oui au référendum sur le traité constitutionnel européen, dans la bouche de politiciens ou de chroniqueurs ubiques. Les journaux français ne se reconnaissent donc plus comme mission d’informer, c’est-à-dire de rendre le monde perceptible avec le minimum de déformations possibles, mais plutôt d’éduquer. Outre le mépris dont on se sent la cible à être considéré comme des enfants, c’est-à-dire des êtres irresponsables, l’emploi d’une terminologie issue de l’enseignement vise à justifier une pratique qui serait mieux qualifiée de manipulation. Les mots sont importants (http://lmsi.net/).

    En conclusion, je crois qu’il manque en France un quotidien de référence comme l’était Le Monde avant que Jean-Marie Colombani et Alain Minc n’en détruisent sa substance, un journal qui vise à relater tous les événements significatifs de manière objective. C’est évidemment un idéal hors d’atteinte, puisque l’objectivité est un concept absolu et qu’il faut bien que quelqu’un détermine ce qui est significatif, mais certains ont pu essayé de s’en approcher autrefois. Heureusement, il reste les médias d’analyse (comme le Monde Diplomatique) et les médias alternatifs qui permettent de se créer mentalement une image plus fidèle du monde, mais c’est un pis-aller. J’en profite aussi pour mentionner Bakchich.info qui tâche de renouer avec le journalisme d’investigation, entreprise méritoire.

    Je vous remercie pour ce beau journel et la qualité des commentaires.

  18. je suis à peu près d’accord sur tout, sauf qu’aussi loin que remonte ma mémoire j’ai du mal à me souvenir du Monde comme d’un journal objectif… peut-être du temps de beuve meury après la liberation, mais il m’est difficile d’en juger… autrement que sur ouï dire…
    mais je me souviens assez bien de De Gaulle tonnant contre le Monde qu’il considérait comme « le journal de l’étranger », acquis aux USA. Je me souviens encore mieux du correspondant du Monde au Mexique que les zapatistes avaient interdit car ils pensaient qu’il était purement et simplement l’agent de la CIA du coin… Je ne citerai pas de que Roland Dumas a dit d’Eddy Peynel et du fait qu’il était apointé par la CIA… Non seulement le Monde n’a jamais montré une particulière tendresse pour les luttes ouvrières, mais il n’avait pas trés bonne presse pour cause d’atlantisme et je dois dire que ce n’est pas l’invraisemblable Paranagua aujourd’hui responsable de l’Amérique latine pour ce quotidien qui relevera le niveau…
    Danielle Bleitrach

  19. […] Sarkozy va provoquer les cheminots et il fait une boulette énorme… […]

  20. Blog riche ! Commentaires riches ! Bravo

    Voici ce qu’écrivait Dimitri:
    D’accord sur 90% de l’article.

    Toutefois, serait il possible de connaître:

    d’abord connaître
    -les cause intrinsèques de la dérive journalistique et éditorial
    réponse:
    l’argent, toujours l’argent et son pendant la peur, la menace, le fayotage
    comme dit Anne Roumanoff: « La France est gouvernée par une saucisse et des
    fayots tout autour, c’est un gouvernement cassoulet après la gauche caviar »,
    c’est Louis XVI et sa cour, quoi !
    Les réponses à la question sont dans aussi l’histoire, bien sûr.

    puis
    – la définition d’un média indépendant
    réponse:
    un média indépendant pratique la liberté d’expression dans le respect des
    individus concernant leurs droits ET leurs devoirs avec pour vecteur la vérité.

    – la définition du journalisme indépendant
    réponse:
    le journalisme indépendant est un média indépendant qui donne seulement de
    l’information

    + toute « presse » qui déforme l’information ne tient pas du journalisme
    + le journalisme indépendant doit susciter la réflexion

    enfin
    -les moyens d’en obtenir
    réponse:
    à notre époque, cela devient difficile, voir ci-dessus, tout est multinationalisé,
    même le président

    réponse:
    -les moyens de les maintenir puis de les imposer
    le jour où un pays sera effectivement démocratique, nous en reparlerons.

    Merci d’avance cela permettra au débat d’avancer

    Il semble que l’information intéressante (comme ici, merci Danielle) soit diffuse
    dans les blogs, sites et autres donc accessible à une minorité.
    Peut-être faudrait-il un fédérateur ?
    Michel
    michel.boussekeyt@univ-lille1.fr


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